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La colère d’une majorité trahie

publié dans regards sur le monde le 16 octobre 2014



 la colère d’une majorité trahie

 Sur le blogue d’Anne Smits 15 Oct 2014

Après la publication du document d’étape – relatio post disceptationem– une inhabituelle franchise s’est emparée de nombre de cardinaux de tout premier plan, que ce soit devant les médias ou plus discrètement dans les circuli minores, ou petits groupes, qui débattront du document jusqu’à jeudi matin. Le ton lénifiant du document « kidnappé » par les partisans d’un changement de la « pastorale » de l’Eglise à l’égard des personnes qui s’éloignent de son enseignement sur la famille et la sexualité a manifestement indigné un grand nombre de pères synodaux – une indignation à la mesure de la satisfaction des grands médias acquis à tout ce qui peut affaiblir les positions traditionnelles de l’Eglise sur le mariage.
« Indigne, honteux, complètement faux » : c’est ainsi que le cardinal Müller a désigné le rapport d’étape au cours d’un de ces circuli minores, s’il faut en croire le quotidien La Reppublica. On peut supposer que l’information est exacte : c’est le même préfet pour la Doctrine de la Foi qui avait regretté la semaine dernière que les travaux du synode ne soient pas publics. Il est vrai que s’ils l’avaient été, la supercherie de larelatioauraient été évidente.
Lui, le garant de l’orthodoxie, a peut-être voulu que sa violente critique soit « fuitée » dans la presse, d’autant qu’il n’a pas hésité à participer à la rédaction d’un livre en réponse aux propositions du cardinal Kasper en faveur de la communion pour certains divorcés « remariés ». Le simple fait de la parution de ce livre, Demeurer dans la vérité du Christ, et la qualité de ses signataires montrent s’il le fallait que la tentative de déstabilisation de l’Eglise est très réelle. Les forces en présence se montrent, s’opposent, se mesurent. La relatioa dépassé de loin ce qui était redouté, en ne se bornant pas à demander une fausse « miséricorde » pour les divorcés « remariés », mais en invitant l’Eglise à dégager les aspects « positifs » du concubinage, de l’union civile et de la vie en couple homosexuelle.
Devant de telles énormités le cardinal Müller a accusé – « aujourd’hui mais aussi au cours des journées précédents » – les « responsables du synode de censurer les voix contraires aux ouvertures », assure La Repubblica. Le journal précise que le cardinal Filoni a parlé de la « surprise » des cardinaux devant la manière dont les médias ont présenté le rapport d’étape comme une « décision du synode ». Il lui aurait plu que les médias « aident leurs lecteurs à comprendre » cette « dynamique », cette « richesse du débat ». Y croit-il vraiment, à cette possible honnêteté sur des sujets où les médias s’opposent à la voix de l’Eglise depuis des années, et la travestissent ?
D’après LifeSiteNews, parmi les cardinaux qui se sont manifestés contre la relatio, outre les cardinaux Müller et Burke, se trouvent Goerge Pell, Marc Ouellet, Angelo Scola, André Vingt-Trois, Carlo Caffara, Timothy Dolan et Stanisław Ryłko.
La cardinal Napier a déclaré officiellement lors de la conférence de presse de mardi qu’il avait été comme d’autres « surpris » par la publication du document : le cirque médiatique qui s’en est suivi, a-t-il ajouté, signifie que les pères synodaux « travaillent désormais depuis une position qui est quasement irrécupérable ». « Le message qui a été répandu est que le synode dit tout cela, que l’Eglise catholique dit tout cela, alors que ce n’est pas du tout ce que nous disons. Peu importent nos efforts pour rectifier cela… il n’y a aucun moyen de le récupérer. Le message est parti et ce n’est pas un message véridique. Quoi que nous disions désormais, cela apparaîtra comme une tentative de limiter les dégâts. » Il a annoncé toutefois qu’il faut s’attendre à ce que le document soit complètement révisé en vue du rapport final.
Alors que d’aucuns osent affirmer que la relatio ne fait que reprendre l’enseignement de Jean-Paul II – preuve qu’ils n’ont pas lu la monumentale « Théologie du corps » du saint pape – l’archevêque de Poznań Stanislaw Gądecki a souligné sur Radio Vatican qu’elle s’en éloigne et qu’elle « pèche par omission » en escamotant la doctrine catholique. Le document s’exprime « comme si la vision du monde prévalait et que tout est imperfection, imperfection conduisant vers la perfection » ; et semble accepter « tous les états de faits », y compris l’éducation des enfants au sein de couples homosexuelles. « Il crée l’impression que l’enseignement de l’Eglise a été vide de miséricorde jusqu’ici, comme si l’enseignement de la miséricorde ne commençait qu’aujourd’hui. »
Ce point de vue a également été exprimé par le Dr Thomas Ward, membre correspondant de l’Académie pontificale pour la vie, fondateur de l’Association nationale des familles catholiques d’Angleterre : larelatiomarque une rupture radicale par rapport à l’enseignement de saint Jean-Paul II, a-t-il déclaré : « C’est une révolution contre cet enseignement. Et une insulte contre un grand saint, un saint de nos familles. Il est clairement temps pour que les gens du monde entier se réveillent et reconnaissent qu’il s’agit d’une révolution anticatholique. »
Pour la énième fois depuis l’élection du pape François, le père jésuite Lombardi, en tant que responsable de la Salle de Presse, a rectifiéle tir, faisant part des critiques au sein du synode « pour le compte » de son secrétariat général :
« A la suite des réactions et débats ayant suivi la publication de la Relatio post disceptationem, à laquelle on a attribué un poids qui ne lui appartient pas, le Secrétariat rappelle qu’il s’agit d’un document de travail résumant les interventions et la discussion de la première semaine synodale. Ce texte est maintenant soumis à l’attention des Circuli Minores, en conformité au règlement du Synode. »
Un communiqué rectificatif a également été publié ici.
Qu’il n’ait pas ce poids qui ne lui appartient pas, c’est clair et c’est même rassurant, tout comme les réactions contraires viennent souligner que rien n’est joué. Mais si ce document de travail a été diffusé à la presse – avant même que nombre de cardinaux en aient eu connaissance selon Michael Voris – c’est bien qu’une frange du synode l’a voulu, sans pouvoir ignorer la réception médiatique dont il jouirait.
On en vient à se demander si le ballon d’essai sur les divorcés « remariés » n’était pas une manière d’obtenir un changement général d’attitude de l’Eglise, comme semble l’indiquer l’ouverture d’une logique semblable aux autres situations traditionnellement dénoncées par l’Eglise : la vie maritale sans engagement sacramentel, le concubinage, les actes homosexuels. A croire que c’est la reconnaissance de l’homosexualité qui est sans conteste au centre des attaques actuelles contre l’Eglise et contre toute forme de moralité traditionnelle n’est pas la véritable issue recherchée.
La main de Benoît XVI est-elle derrière la prise de parole par son secrétaire, Mgr Georg Gänswein ? Celui-ci a créé la surprise en donnant une interview au magazine Chi la semaine dernière où il a rappelé, comme si c’était nécessaire, que « l’Eglise a toujours déclaré, sur le fondement de l’Ecriture sainte et de la tradition, que les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés… contraires à la loi naturelle parce qu’ils empêchent le don de la vie qui est la finalité de l’acte sexuel ». Il a également souligné que l’inclination homosexuelle est une épreuve et que ceux qui la vivent dont appelés à « unir leur sacrifice à celui de la croix du Seigneur, à travers les difficultés qu’ils rencontrent en raison de leur condition ».
Mgr Gänswein a également rappelé que si l’Eglise « ne ferme pas les yeux » sur la situation difficile de nombre de fidèles, notamment les divorcés remariés, « s’engager dans une nouvelle union est contraire à ce que Notre Seigneur a indiqué ». « L’Eglise doit proposer des réponses sincères qui renvoient non à l’esprit du temps mais à l’Evangile, à la parole de Jésus-Christ qui est le Fils de Dieu », a-t-il poursuivi.
Pour compléter ce résumé très incomplet, au vu de l’effervescence romaine, il faut lire l’interview du cardinal Burke à Il Foglio, heureusement traduite par benoitetmoi : une parole claire, confiante mais nette. Avec cette réponse au prétendu « changement anthropologique » dont l’homme serait l’objet d’après la relatio « On dit que les temps ont tellement changé, qu’on ne peut plus parler de la loi naturelle, de l’indissolubilité du mariage … Mais l’homme n’a pas changé, il continue à être comme Dieu l’a voulu. Bien sûr, le monde s’est sécularisé, mais c’est une raison de plus pour dire la vérité haut et fort. »
Et de rappeler que les questions mises en avant font que le synode puisse « se perdre dans des discussions inutiles sur des questions qui ne peuvent être abordées dans une tentative de changer des vérités qui ne peuvent pas être changées », des questions « qui ne sont pas disponibles ».
Lundi, le même cardinal Burke déclaraità Carl Olsen de Catholic World Reportqu’« une déclaration du pape François » pour défendre la foi catholique « n’a que trop tardé ». « Le débat sur ces questions se prolonge maintenant depuis neuf mois, spécialement dans les médias laïques mais aussi à travers les déclarations et interviews du cardinal Kasper et de ceux qui soutiennent ses positions ».
« Les fidèles et leurs bons pasteurs se tournent vers le Vicaire du Christ pour qu’il confirme la foi et la pratique catholique en ce qui concerne le mariage qui est la première cellule de la vie de l’Eglise », a-t-il précisé, ajoutant dès sa sortie que la relatiocomprend de nombreux points de vue que beaucoup de pères synodaux « ne peuvent accepter », qu’ils « ne peuvent accepter en tant que fidèles pasteurs du troupeau ». Il a accusé le secrétariat général du synode de « contrôler toute l’information » relative au synode alors qu’il favorise depuis le début les points de vue exprimés dans la relatio. « Il n’est pas besoin d’être spécialiste en science des fusées pour comprendre quelle est l’approche, et celle-ci n’est certainement pas de l’Eglise

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