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Attentats à Paris: la responsabilité écrasante de l’exécutif français

publié dans regards sur le monde le 21 novembre 2015


Attentats de Paris : la responsabilité écrasante de l’exécutif français
Nous payons aujourd’hui au prix fort l’incompétence, la lâcheté et les mensonges de ce prétendu « exécutif ».
Dirigeant d’entreprise

 

La vague d’attentats sans précédent qui a touché Paris est la conséquence directe de la politique étrangère menée par la France en Syrie et qui vise moins la lutte contre le terrorisme salafiste que la destruction de ce pays et le renversement du président Bachar el-Assad.

Plusieurs auteurs du carnage perpétré dans la salle de concert du Bataclan auraient déclaré, selon des témoins : « C’est la faute de Hollande, c’est la faute de votre Président, il n’a pas à intervenir en Syrie. » Il faut donc ici rappeler quelle a été la réalité de la politique française dans ce pays depuis le début du conflit en 2011.

La République française, comme le révèle François Hollande dans un entretien avec le journaliste Xavier Panon, a en effet fourni des armes aux « rebelles » syriens dès 2012. Par l’intermédiaire de la DGSE, ce sont des canons de 20 mm, mitrailleuses, lance-roquettes, missiles anti-chars qui auraient été livrés aux rebelles dits « modérés », en violation de l’embargo mis en place l’été 2011 par l’Union européenne.

La France aurait également envoyé des forces spéciales sur le terrain, destinées à la formation et au soutien opérationnel des combattants. En mars 2012, treize officiers français ont ainsi été capturés par l’armée syrienne lors de la reprise du califat islamique instauré dans le quartier de Baba Amr à Homs par la brigade Al-Farsouq et Al-Waleed. Cette dernière a ensuite rejoint les rangs de l’État islamique.

Hollande, cité par Le Monde, a encore confié en août 2014 : « Nous ne devons pas relâcher le soutien que nous avions accordé à ces rebelles qui sont les seuls à participer à l’esprit démocratique. » Alors que le président syrien Bachar el-Assad a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’y avait pas de rebelles « modérés » sur le terrain, on peut s’interroger sur la véritable nature des groupes rebelles soutenus et armés par l’État français depuis 2012. Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a déclaré à ce propos, en 2012, que le Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, « faisait du bon boulot »

Il est malheureusement fort peu probable que le soutien de l’exécutif français aux groupes djihadistes en Syrie soit dénoncé à la lumière de cette vague d’attentats sans précédent, qui constitue pourtant son aboutissement logique et prévisible. Le chaos auquel a été réduit la Syrie et la prolifération des groupes djihadistes sont en effet le résultat direct de la politique étrangère française au Proche et Moyen-Orient : une commission d’enquête parlementaire pourrait-elle être constituée ? On peut en douter.

Alors que, lors des précédents attentats de janvier dernier, l’exécutif avait érigé le réseau Internet – qui aurait favorisé « l’autoradicalisation » des terroristes, présentés à l’époque de manière mensongère comme des « loups solitaires » – en bouc émissaire et instauré des dispositifs de surveillance de masse des citoyens, cette politique visant essentiellement les libertés individuelles a montré aujourd’hui son inanité. Il est pour autant fort peu probable que les responsables des services de sécurité (dont le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve), qui ont une fois de plus failli à leur mission, aient à rendre des comptes. Le même Bernard Cazeneuve qui déclarait également à l’été 2014 : « Ce n’est pas un délit de prôner le djihad. »

Pourtant, les mêmes qui, aujourd’hui, ont décrété l’état d’urgence et le rétablissement des contrôles aux frontières s’engageaient, il y a quelques semaines à peine, à participer à l’accueil des migrants syriens au nom de principes humanitaires et ce, malgré les réserves de l’agence de coopération européenne Eurojust qui affirmait que le trafic clandestin entretenait des liens étroits avec les organisations terroristes en Syrie.

Nous payons aujourd’hui au prix fort l’incompétence, la lâcheté et les mensonges de ce prétendu « exécutif ».

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