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Euthanasie, Franc-Maçonnerie, gouvernement français

publié dans regards sur le monde le 31 octobre 2014


France : sur la question de la fin de vie, le gouvernement fait appel à la franc-maçonnerie

Daniel Keller, Grand Maître du Grand Orient de France

Le rendez-vous était fixé au mercredi 8 octobre à l’Assemblée Nationale, à Paris : c’est là que les députés Alain Clayes et Jean Leonetti ont reçu de façon officielle et même sur demande du premier ministre français Manuel Valls, ni plus ni moins que Daniel Keller, Grand Maître du Grand Orient de France, Dominique Mantion représentant de la Grande Loge de France, et Catherine Jea Nnin-Naltet, présidente de la Grande Loge Féminine de France. Trois sommités de la franc-maçonnerie française, en quelques mots. Pour parler de quel sujet ? D’”accompagnement des personnes en fin de vie”. Sujet stratégique de toute évidence, puisque, dans le jargon dominant, synonyme d’euthanasie.

Tout d’abord cela prouve encore une fois – s’il était encore besoin de le prouver – la considération notoire dont jouissent et l’extrême influence qu’exercent les “tabliers” sur les politiques du gouvernement, ce qu’on avait déjà très bien saisi après la nomination de l’un d’entre eux, Patrick Kanner, à la tête du ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, et la participation de la ministre Taubira à la convention de la Grande Loge de France. Mais ce n’est pas tout.

L’un des deux délégués de Valls en particulier, Leonetti, cardiologue, possède un “pedigree” politique tout à fait particulier qu’il vaut la peine d’analyser: il est membre du Parti Radical français dont la stratégie politique a été depuis toujours – et fortement – influencée par la franc-maçonnerie. Ce n’est pas un hasard si à la base de leur programme on trouve depuis toujours l’humanisme, le laïcisme et le respect jacobin des droits de l’Homme.

En France, le Parti Radical a adhéré, en tant que personne morale, à l’UMP, ce qui lui a permis de conservé sa physionomie juridique distincte, un lien direct avec ses adhérents, l’accès au pouvoir, mais en conditionnant par là-même la ligne politique de l’UMP, dont ce n’est pas par hasard que Leonetti est vice-président depuis février de l’année passée. Leonetti s’est toujours occupé de thèmes bioéthiques et spécialement de la fin de vie : la loi promulguée à ce propos le 22 avril 2005 porte son nom, avec celui d’autres personnalités du gotha français, et également la déclaration des principes du mouvement “France moderne et humaniste”, de fait un courant interne à l’UMP.

Mais ce terme d’humanisme n’est pas ici le fait du hasard ni ne représente un courant philosophique parmi tant d’autres : il a au contraire des connotations idéologiques précises, même sur le thème de la fin de vie, comme c’est bien explicite sur le site officiel de l’European Humanist Federation, qui met en avant justement sur ces questions bioéthiques les différences les plus évidentes par rapport à une approche confessionnelle, approche qu’elle voudrait enfermer dans les sacristies, présentant comme une “ingérence” toute intervention religieuse à ce sujet.

L’humanisme réclame l’euthanasie, la faisant entrer dans les “droits” individuels : chacun serait ainsi libre de décider pour son propre compte et de façon totalement indépendante, sans pressions ni de la famille ni de l’Eglise; en le laissant faire, dans le cas où ça se terminerait par le geste fatal, pour une question de… respect. Muets et inertes à regarder un proche qui nous est cher se suicider. Mais ce n’est pas l’unique aspect critique de l’humanisme : il réclame aussi une séparation nette entre Eglise et Etat, se dresse contre les crucifix aux murs des classes scolaires, contre la manifestation publique de sa foi, contre la tutelle du droit à la vie des enfants à naître, contre tout soutien économique aux écoles et hôpitaux, s’ils sont catholiques.

Voilà, Leonetti se forme et avance politiquement dans ce bouillon de culture. On n’est pas surpris davantage alors que, pour parler de fin de vie, il ait été organisé une rencontre avec les principales loges massoniques françaises. Si ce n’est pas surprenant, ça n’en reste pas moins inquiétant et sombre… (Mauro Faverzani)

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