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La Franc-Maçonnerie à ciel ouvert

La Franc-Maçonnerie à ciel ouvert

publié dans regards sur le monde le 1 septembre 2009


Le 26 août dernier, huit anciens Grands Maîtres du Grand Orient de France publiaient et signaient un article dans le journal « Le Monde ». Ils exprimaient, à cœur ouvert, leur philosophie, non point leur philosophie personnelle, mais celle du Grand Orient, leurs actions politiques et sociales, leur rôle dans la République française.

Ce témoignage est à étudier soigneusement. Nous allons en tirer la substantifique moelle. Ce sera notre première partie. Et nous verrons ensuite combien les Pontifes romains, qui ont souvent parlé de la Franc-maçonnerie, pour la condamner et mettre en garde la chrétienté, étaient bien informés de la « secte » et de sa philosophie.

Cueillons, au fil de la lecture de ce « manifeste », les grandes affirmations des francs-maçons.

Une des idées fortes de la Franc-maçonnerie c’est son attachement inéluctable à « la liberté absolue de conscience ». Le texte est court, à peine 60 lignes, quelque six ou sept paragraphes et nos « Grands Maîtres » maçons en parlent plus de 6 fois.

Tout au début du texte, ils confessent que la « liberté de conscience » est pour eux « la valeur des valeurs « : « Etroitement associés aux conquêtes de la République indivisible, laïque, démocratique et social, fort de ses valeurs communes, au premier rang desquelles la liberté absolue de conscience, (le Grand Orient) est riche de la diversité de ses loges, de la pluralités de ses rites ». Ils considèrent « leur démarche initiatique » comme « une quête d’émancipation individuelle et de sagesse laïque ». Autrement dit, le formel du G.O., c’est « l’émancipation » de l’intelligence de toute vérité, de tout dogme qui s’imposerait de l’extérieur à la conscience individuelle ; « émancipation » disent-ils sous la lumière de la « sagesse laïque ». Mais cette « sagesse laïque » refuse, elle aussi, tout dogme divin, tout dogme de l’Eglise. C’est cela « la sagesse laïque ». Leur « rite » maçonnique « initiatique » oblige donc chaque « affilié » à accepter cette « émancipation » individuel : « La démarche initiatique(…) est une quête d’émancipation individuelle et de sagesse laïque ». On ne peut mieux dire, élégamment, que la « secte maçonnique » veut arracher à l’Eglise les sujets qui lui tombent sous la main ou qu’elle va chercher en son sein. L’Eglise, c’est le dogme catholique révélé. L’Eglise, c’est l’autorité du Magistère, l’autorité de Pierre et de la hiérarchie. La F.M. c’est la liberté de conscience, c’est l’émancipation de toute vérité, de toute autorité tant politique que religieuse. C’est le refus de Dieu et de sa Loi. C’est le refus du décalogue, de la loi naturelle. La raison est libre de croire ou de ne pas croire.

La F.M. est ainsi le règne de la « liberté d’opinion ». Ils l’affirment dans le troisième paragraphe. Ils parlent du « respect de la liberté d’opinion de chacun de ses membres ». Liberté de conscience, liberté d’opinion : c’est la même chose Et c’est pourquoi ils ont toujours cherché, dans leurs actions politiques « à promouvoir la liberté ». C’est le bien absolu.

On comprend combien le pape Benoît XVI a raison quand il dit aux fidèles réunis à Castel Gandolfo, le dimanche 9 août, qu’« il y a des philosophies et des idéologies, mais de plus en plus aussi des manières de penser et d’agir, qui exaltent la liberté en tant qu’unique principe de l’homme, en alternative à Dieu, et qui, de cette manière, transforment l’homme en un dieu, en un dieu déchu, qui fait de l’arbitraire leur propre système de comportement ».

Telle est bien la philosophie de la F.M. C’est dire également combien la F.M. a influencé au fil du temps les comportements…Et combien « sa » philosophie est dangereuse, au antipode de la vérité catholique.

C’est d’autant plus vrai que nos Grands Maîtres affirment, un peu plus avant dans le texte, que la situation mondiale est telle aujourd’hui qu’elle fait « un devoir aux F.M. de réaffirmer l’éthique républicaine, de défendre et d’étendre la démocratie ». Mais dire cela c’est encore faire allusion à la liberté de conscience, puisque « l’éthique républicaine » a, en ce principe, son fondement puisqu’elle émancipe du vrai tout citoyen faisant de la loi non plus l’expression du droit naturel mais de la « volonté générale ». L’homme et son caprice sont au cœur de la cité. Ce n’est plus Dieu et sa loi.

Nous retrouverons de nouveau cette affirmation sur la liberté dans les derniers paragraphes du texte. Il ne s’agira plus, cette fois, de la liberté de conscience en matière sociale et politique, mais en matière religieuse. En F.M. on est libre de « croire » ou de ne pas « croire ». Et si l’on croit, on est libre de « critiquer » sa religion, « une religion ». L’homme devient ainsi le Maître, le seul Maître. Il façonne à sa guise, selon son caprice, son Dieu. Il se fait « Dieu » . C’est une conséquence nécessaire de la liberté « Reine ». Et si, à Dieu ne plaise, ces libertés en matière religieuse, étaient menacées, la F.M. se dresserait là contre au titre du laïcisme pour lequel elle a tant œuvré.

Ils vous diront aussi qu’ils ont tout fait, dans le monde politique, pour que la femme puisse dorénavant « disposer de soi » en toute liberté. Ils font nettement allusion aux lois du divorce, et de l’avortement. La femme est libre. Elle peut disposer de son corps comme bon lui semble, au-delà des lois divines et naturelles.

Nos grands Maîtres, enfin, parleront de leur « éthique humaniste et laïque », de la nécessité de donner un nouveau souffle à « la philosophie de Lumières ». Outre que ces affirmations connotent la doctrine de la « liberté absolue de conscience », elles montrent aussi la pensée philosophique qui les anime, à savoir le rationalisme, le naturalisme. Voilà deux courants philosophiques contre lesquels se dressent l’Eglise et la Chrétienté.

Enfin la F.M. affirme ne connaître qu’un monde : celui des idées « progressistes », celui de « la marche en avant » et à ce titre, ils refusent catégoriquement – il n’y a pas plus sectaire qu’un F.M. – tout « retour à des conceptions idéologiques révolues et rétrogrades » – Lesquelles ? Ils ne le disent pas – « pour aller de l’avant » : « L’histoire sociale, écrivent-ils, comme celle du progrès des idées est une marche en avant ; elles ne peuvent être une régression ». Mais c’est affirmer tout autant que la vérité évolue, qu’elle est en perpétuel mouvement. Ils soutiennent la philosophie d’Héraclite. Tout change. Le perpétuel progrès !

Ils concluent leur papier en revenant encore sur leur idée fondamentale de liberté. C’est leur let motif : « Nous demeurons indéfectiblement attachés à la défense de la liberté de conscience individuelle et de la laïcité sociale ». Du Christ et de son Eglise et de sa vérité, de son repos dominical, de ses Encycliques sociales…ils n’en veulent pas. Entre l’Eglise et la F.M. le combat est total, absolu. C’est ce que nous enseigne Léon XIII dans son Encyclique « Humanum Genus » sur la Franc-Maçonnerie. C’est ce que nous allons voir plus bas.

Ainsi à l’issue de cette lecture du document, nous pouvons dire que les grandes idées, les idées forces de la Maçonnerie sont : la liberté absolue de conscience, l’indifférentisme religieux, l’humanisme athée ou laïque. Leur philosophie est la « philosophie des Lumières » Ils font ainsi hautement professions de rationalisme et naturalisme. C’est cela la philosophie des Lumières.

Nous ne nous trompons pas. On peut s’en convaincre en se souvenant de l’allocution que Jacques Chirac, un connaisseur, adressait à toutes les obédiences maçonniques réunies à l’Elysée, le 23 juin 2003 à l’occasion du 275ème anniversaire de l’ordre maçonnique en France : « Vous inscrivez votre engagement dans l’héritage des Lumières, leur dit-il. Lumières de la raison, de la tolérance, de la solidarité humaine, lumières de la liberté, la liberté absolue de conscience, la liberté de douter, parce que le doute est moteur de progrès….. Bref, la vraie liberté de l’homme parvenu à s’affranchir tant des passions que des carcans sociaux….L’idéal maçonnique, celui d’Isaac Newton, rêvait de substituer aux dogmatismes le débat sur le progrès scientifique, de desserrer l’étreinte, de casser les rigidités, pour instaurer un espace de liberté, hors des tabous et des index de l’époque….Ces convictions, la franc-maçonnerie peut les assumer avec fierté. Elles fondent son engagement. Elles marquent ses traditions. Trois siècles ont passé et vous tenez à ce que vos travaux continuent de s’accomplir dans la liberté, le refus des certitudes, l’ouverture internationale, en recherchant toujours l’indispensable sérénité dans laquelle doit être menée la réflexion, loin de l’agitation du monde. »
Ce sont là les valeurs maçonniques.
Ce sont là aussi les valeurs de la République athée, séparée de l’Eglise.

Cela n’a rien d’étonnant puisque le G.O. de France ainsi que toutes les autres obédiences, affirment avoir été « étroitement associés aux conquêtes de la République indivisible, laïque démocratique et sociale ». Ils vont même jusqu’à dire qu’ils sont « la conscience de la République », qu’ils travaillent très souvent « en amont » – c’est leur mot – de la politique et de ses décisions. « Ils contribuent aux grands débats de société par l’élaboration de propositions concrètes, disent-ils, visant à promouvoir la liberté et l’égalité des droits entre tous les citoyens ». Mais ces propositions faites seront, bien sur, totalement inspirées de leur philosophie athée et rationaliste et totalement « émancipées » du vrai et totalement « arbitraires », comme le dit Benoît XVI dans le passage cité plus haut, à l’égard de Dieu.

Cette influence qu’ils exercent sur la République et qu’ils confessent eux-mêmes exercer sur la République, devient de plus en plus connue, évidente. Jacques Chirac, dans le même discours à l’Elysée de juin 2003 ne craignait pas de le dire : « La République, ils – les F.M. – l’ont aidée à naître, répandant les idées de raison et de progrès. Ils l’ont veillée lorsqu’elle était fragile ou attaquée. Ils l’ont nourrie de leur exigence et de leur réflexion. Ils ont toujours été au premier rang de ses défenseurs. ». On ne peut être plus clair.
Cette influence est encore reconnue dans le journal « Le Point » du 12 mars 2009 tout consacré à la présence de F.M. dans l’entourage du président Sarkozy et de son gouvernement. L’auteur, une certaine Sylvie Pierre-Brossolette écrit : « Les « frères » sont nombreux autour du président » (p. 30), et elle cite le livre « dérangeant » dit-elle, de Sophie Coignard. » (p 30). Et l’on voit une belle photo de Sarkozy suivi de M. Alain Bauer, son conseiller, celui-là même qui avait présenté à Jacques Chirac, l’ensembles des obédience maçonniques le 23 juin 2003 à l’Elysée. Et que Monsieur Jacques Chirac a expressément cité dans son discours. C’est grave pour la politique de la France d’avoir pour conseiller un F.M. notoire.

L’Eglise – et ses Pontifes – ont su attirer l’attention des fidèles sur le danger des sectes maçonniques. Elle a expressément formulé l’interdiction pour tout catholique d’être affilié à un quelconque secte. C’est Léon XIII dans son Encyclique Humanum Genus qui a été le plus clair. Il s’est situé dans la ligne de ses prédécesseurs Léon XII et Pie IX. Et affirme en conclusion de son document : « Aussi, tous les décrets portés par les Pontifes romains, Nos prédécesseurs, en vue de paralyser les efforts et les tentatives de la secte maçonnique, toutes les sentences prononcées par eux pour détourner les hommes de s’affilier à cette secte ou pour les déterminer à en sortir, Nous entendons les ratifier à nouveau, tant en général qu’en particulier. Plein de confiance à cet égard dans la bonne volonté des chrétiens, Nous les supplions, au nom de leur salut éternel, et Nous leur demandons de se faire une obligation sacrée de conscience de ne jamais s’écarter, même d’une seule ligne, des prescriptions promulguées à ce sujet par le Siège apostolique ».

Pourquoi une condamnation si sévère de la part de la papauté ?
Parce que les principes mêmes qui animent les sectes maçonniques et que la papauté a bien signalés, s’opposent radicalement à la pensée de l’Eglise.
L’Eglise ne peut accepter que ses enfants se perdent dans le naturalisme philosophique qui nie purement et simplement le péché originel et ses conséquences sur la nature déchue. L’Eglise ne peut accepter que ses enfants corrompent leur foi au milieu de l’indifférentisme religieux qui nie la vérité de l’Eglise catholique et son dogme qui nous vient par le moyen des Apôtres de NSJC lui-même, Fils de Dieu, la Vérité même : « Celui qui croit et sera baptisé, celui-la sera sauvé ». Le salut des âmes lui est trop chère pour qu’elle démissionne devant un tel ennemi. L’Eglise ne peut accepter le rationalisme philosophique qui anime les sectes maçonniques. Elle ne peut accepter la négation de l’existence de Dieu, la négation de la Providence, la négation de la Révélation. Elle tient trop à l’enseignement de la foi, à l’enseignement de la Tradition pour pouvoir tolérer de voir ses enfants se perdre dans le relativisme philosophique qui engendre, de soi, le relativisme moral et le retour au paganisme. Que voit-on aujourd’hui ?
Aussi se dresse-t-elle de toutes ses forces contre la F.M.

Elle voit là un combat, l’ultime combat qu’elle doit mener car la cité que veut édifier la F.M. n’est rien d’autre que la cité de Satan.
Léon XIII le dit tout au début de son Encyclique. Il est bon de relire ce passage : « Depuis que, par la jalousie du démon, le genre humain s’est misérablement séparé de Dieu auquel il était redevable de son appel à l’existence et des dons surnaturels, il s’est partagé en deux camps ennemis, lesquels ne cessent pas de combattre, l’un pour la vérité et la vertu, l’autre pour tout ce qui est contraire à la vertu et à la vérité. Le premier est le royaume de Dieu sur la terre, à savoir la véritable Eglise de Jésus Christ, dont les membres, s’ils veulent lui appartenir du fond du coeur et de manière à opérer le salut, doivent nécessairement servir Dieu et son Fils unique, de toute leur âme, de toute leur volonté. Le second est le royaume de Satan. Sous son empire et en sa puissance se trouvent tous ceux qui, suivant les funestes exemples de leur chef et de nos premiers parents, refusent d’obéir à la loi divine et multiplient leurs efforts, ici, pour se passer de Dieu, là pour agir directement contre Dieu.

Ces deux royaumes, saint Augustin les a vus et décrits avec une grande perspicacité, sous la forme de deux cités opposées l’une à l’autre, soit par les lois qui les régissent, soit par l’idéal qu’elles poursuivent; et, avec un ingénieux laconisme, il a mis en relief dans les paroles suivantes le principe constitutif de chacune d’elles :  » Deux amours ont donné naissance à deux cités : la cité terrestre procède de l’amour de soi porté jusqu’au mépris de Dieu; la cité céleste procède de l’amour de Dieu porté jusqu’au mépris de soi. » Dans toute la suite des siècles qui nous ont précédés, ces deux cités n’ont pas cessé de lutter l’une contre l’autre, en employant toutes sortes de tactiques et les armes les plus diverses, quoique non toujours avec la même ardeur, ni avec la même impétuosité.

A notre époque, les fauteurs du mal paraissent s’être coalisés dans un immense effort, sous l’impulsion et avec l’aide d’une Société répandue en un grand nombre de lieux et fortement organisée, la Société des francs-maçons. Ceux-ci, en effet, ne prennent plus la peine de dissimuler leurs intentions et ils rivalisent d’audace entre eux contre l’auguste majesté de Dieu. C’est publiquement, à ciel ouvert, qu’ils entreprennent de ruiner la sainte Eglise, afin d’arriver, si c’était possible, à dépouiller complètement les nations chrétiennes des bienfaits dont elles sont redevables au Sauveur Jésus Christ.

Gémissant à la vue des maux et sous l’impulsion de la charité, Nous Nous sentons souvent porté à crier vers Dieu,  » Seigneur, voici que vos ennemis font un grand fracas, ceux qui vous haïssent ont levé la tête. Ils ont ourdi contre votre peuple des complots pleins de malice et ils ont résolu de perdre vos saints. Oui, ont-ils dit, venez et chassons-les du sein des nations « .

Cependant, en un si pressant danger, en présence d’une attaque si cruelle et si opiniâtre du christianisme, c’ est de Notre devoir de signaler le péril, de dénoncer les adversaires, d’opposer toute la résistance possible à leurs projets et à leur industrie, d’abord pour empêcher la perte éternelle des âmes dont le salut Nous a été confié; puis afin que le royaume de Jésus Christ, que Nous sommes chargé de défendre, non seulement demeure debout et dans toute son intégrité, mais fasse par toute la terre de nouveau progrès, de nouvelles conquêtes. »

En bon entendeur, salut !

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