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La canonisation de Mère Térésa

publié dans nouvelles de chrétienté le 4 septembre 2016


« Celui qui n’est pas encore né est le plus faible, le plus petit, le plus misérable »

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Extrait de l’homélie du pape François lors de la messe de canonisation de Mère Térésa ce matin, 4 septembre 2016 :

« Mère Teresa, tout au long de son existence, a été une généreuse dispensatrice de la miséricorde divine, en se rendant disponible à travers l’accueil et la défense de la vie humaine, la vie dans le sein maternel comme la vie abandonnée et rejetée. Elle s’est dépensée dans la défense de la vie, en proclamant sans relâche que « celui qui n’est pas encore né est le plus faible, le plus petit, le plus misérable ».Elle s’est penchée sur les personnes abattues qu’on laisse mourir au bord des routes, en reconnaissant la dignité que Dieu leur a donnée ; elle a fait entendre sa voix aux puissants de la terre, afin qu’ils reconnaissent leurs fautes face aux crimes – face aux crimes – de la pauvreté qu’ils ont créée eux-mêmes. La miséricorde a été pour elle le ‘‘sel’’ qui donnait de la saveur à chacune de ses œuvres, et la ‘‘lumière’’ qui éclairait les ténèbres de ceux qui n’avaient même plus de larmes pour pleurer leur pauvreté et leur souffrance. »

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A l’occasion de sa canonisation, nous pouvons relire le discours de Mère Teresa à Oslo lors de la remise de son Prix Nobel le 10 février 1979. Extrait :

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« Et je ressens quelque chose que je voudrais partager avec vous. Le plus grand destructeur de la paix, aujourd’hui, est le crime commis contre l’innocent enfant à naître. Si une mère peut tuer son propre enfant, dans son propre sein, qu’est-ce qui nous empêche, à vous et à moi, de nous entretuer les uns les autres ? L’Écriture déclare elle-même : « Même si une mère peut oublier son enfant, moi, je ne vous oublierai pas. Je vous ai gardés dans la paume de ma main. » Même si une mère pouvait oublier…Mais aujourd’hui on tue des millions d’enfants à naître. Et nous ne disons rien. On lit dans les journaux le nombre de ceux-ci ou de ceux-là qui sont tués, de tout ce qui est détruit, mais personne ne parle des millions de petits êtres qui ont été conçus avec la même vie que vous et moi, avec la vie de Dieu. Et nous ne disons rien. Nous l’admettons pour nous conformer aux vues des pays qui ont légalisé l’avortement. Ces nations sont les plus pauvres. Elles ont peur des petits, elles ont peur de l’enfant à naître et cet enfant doit mourir ; parce qu’elles ne veulent pas nourrir un enfant de plus, élever un enfant de plus, l’enfant doit mourir.

Et ici, je vous demande, au nom de ces petits… car ce fut un enfant à naître qui reconnut la présence de Jésus lorsque Marie vint rendre visite à Elisabeth, sa cousine. Comme nous pouvons le lire dans 1′Evangile, à l’instant où Marie pénétra dans la maison, le petit qui était alors dans le ventre de sa mère tressaillit de joie en reconnaissant le Prince de la Paix.

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C’est pourquoi, aujourd’hui, je vous invite à prendre ici cette forte résolution : nous allons sauver tous les petits enfants, tous les enfants à naître, nous allons leur donner une chance de naître. Et que ferons-nous pour cela ? Nous lutterons contre l’avortement par l’adoption. Le Bon Dieu a déjà si merveilleusement béni le travail que nous avons fait, que nous avons pu sauver des milliers d’enfants. Et des milliers d’enfants ont trouvé un foyer où ils sont aimés. Nous avons apporté tant de joie dans les maisons où il n’y avait pas d’enfant !

C’est pourquoi, aujourd’hui, en présence de Sa Majesté et devant vous tous qui venez de pays différents, je vous le demande : prions tous d’avoir le courage de défendre l’enfant à naître et de donner à l’enfant la possibilité d’aimer et d’être aimé. Et je pense qu’ainsi —avec la grâce de Dieu — nous pourrons apporter la paix dans le monde. Nous en avons la possibilité. Ici, en Norvège, vous êtes — avec la bénédiction de Dieu — vous êtes assez à l’aise. Mais je suis sûre que dans les familles, dans beaucoup de nos maisons, peut-être que nous n’avons pas faim pour un morceau de pain, mais peut-être qu’il y a quelqu’un dans la famille qui n’est pas désiré, qui n’est pas aimé, qui n’est pas soigné, qui est oublié. Il y a l’amour. L’amour commence à la maison. Un amour, pour être vrai, doit faire mal. »

 

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N’oublions pas sa fameuse déclaration sur la communion dans la main:

Le plus grand malheur du monde actuel : la communion dans la main

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A la question d’un journaliste en 1997 :

« Mère Térésa, quel est le plus grand malheur du monde actuel ? »

Voici la Réponse de Mère Térésa :

« Ce n’est pas la misère ou la famine, dont sont victimes tant de pauvres, ce ne sont pas les guerres, et les catastrophes de toutes sortes, c’est la Communion dans la main qui est ce manque de respect, vis à vis de la personne de Jésus-Chris

 

(Source: le salon beige)

 

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Biographie

(Source Radio Vatican)

 

 

En Inde, dix-neuf ans après sa mort, des milliers de chrétiens, d’hindous et de musulmans continuent de venir sur sa tombe à la Mother House, la maison-mère des Missionnaires de la Charité à Calcutta. Celle que certains considéraient de son vivant déjà comme une sainte, Mère Teresa sera canonisée ce dimanche 4 septembre 2016 place Saint-Pierre à Rome, lors d’une messe présidée par le Pape François. Elle avait été béatifiée à Rome par Jean-Paul II, le 19 octobre 2003 à l’occasion de la Journée mondiale des Missions, Mère Teresa était la «Mère des pauvres».

L’hommage de Jean-Paul II

«Par le témoignage de sa vie, Mère Teresa rappelle à tous que la mission évangélisatrice de l’Église passe par la charité, nourrie par la prière et l’écoute de la Parole de Dieu.» Telle est la manière dont Jean-Paul II avait présenté dans son homélie l’action d’Anjezë Gonxhe Bojaxhiu, nom de baptême de celle qui deviendra Mère Teresa, celle qui «s’est rendue partout pour servir le Christ dans les plus pauvres des pauvres».

Quitter ses racines, vivre la radicalité évangélique auprès des plus démunis, répondre à ce «J’ai soif» du Christ en Croix, un chemin de vie et d’accomplissement. Un projet devenu famille religieuse grâce à l’union de forces humaines et de la Providence. Une vie rythmée par l’adoration et le service, mais également éprouvée par une «nuit de la Foi», une nuit vécue dans la fidélité.

Des débuts fondateurs

Né à Skopje en août 1910, Mère Teresa gardera imprimé dans son cœur plusieurs expériences de son enfance, comme la perte de son père commerçant à l’âge de 9 ans, les visites aux plus pauvres avec sa mère, mais également les conseils de cette dernière lui recommandant de partager chaque bouchée reçue.

Deux mois après son entrée dans l’ordre missionnaire des Sœurs de Notre-Dame de Lorette, la jeune Anjezë est envoyée en Inde. Elle est choquée par l’extrême pauvreté de la ville qui l’accueille, Calcutta. A Darjeeling, elle effectue son noviciat à partir de 1929 et prépare parallèlement son diplôme d’enseignante. Lors de ses vœux temporaires en 1931, elle choisit le nom de «Sœur Mary-Teresa», en mémoire de la sainte de Lisieux, patronne des missions et canonisée quelques années plus tôt, en 1925.

Ayant eu la chance de recevoir une éducation structurée, Mère Teresa fait preuve d’une grande pédagogie auprès de ses élèves, que ce soit face à des classes de 300 jeunes ou bien en tant que directrice des études. Mère Teresa, surnommée «Ma» par ses élèves, est aimée des enfants.

Sa vie à Calcutta n’est pas réservée à l’enseignement, elle passe également une partie de son temps dans les bidonvilles auprès des plus démunis.

L’ordre des Sœurs missionnaires de la Charité

Quitter la communauté dans laquelle elle a prononcé ses vœux définitifs en 1937 pour vivre une vie pauvre avec les pauvres, avec une santé fragile, ce projet semble humainement complexe, voire irréalisable. Pourtant, c’est pour répondre à ce «J’ai soif» entendu le 10 septembre 1946, alors qu’elle était dans un train reliant Calcutta à Darjeeling où se tenait la retraite annuelle de sa communauté, qu’elle décide de mûrir ce projet dans la prière. Elle dira même : «C’était un ordre, un devoir, une certitude. Je savais ce que je devais faire, mais je ne savais comment ». Un appel dans l’appel.

Après avoir reçu l’aval du pape Pie XII, Mère Teresa quitte sa congrégation d’origine, avec cinq roupies en poche. Education des enfants dans la rue, accompagnement des malades et des mourants, Mère Teresa organise sa vie entre action et contemplation. Moins d’un an après le début de ses activités, des anciennes élèves la rejoignent et revêtent le sari bleu et blanc, un sari pour se fondre parmi la population. En une nuit, la règle de vie est écrite, et le 7 octobre 1950, Mgr Ferdinand Perier, l’archevêque belge de Calcutta, inaugure le nouvel ordre des Missionnaires de la Charité.

Mère Teresa insiste sur les conditions de vie à tenir : «Comment puis-je regarder les pauvres en face, comment puis-je leur dire ‘je vous aime et je vous comprends’ si je ne vis pas comme eux ? ». Rester pauvre est fondamental pour garder cette légitimité auprès de ceux qui n’ont rien.

Briser les croyances et rendre sa dignité à toute vie humaine

Tel est le programme, vaste, qui attend Mère Teresa et ses sœurs, car à chaque souffrance rencontrée, la jeune congrégation tente d’apporter une solution. Après avoir vu un homme mourir parce qu’un hôpital lui refusait des soins, elle décide de s’occuper des mourants et créée le mouroir de Kaligat. Après avoir vu un enfant abandonné en train d’être mangé par un chien dans la rue, elle décide de l’accueillir. Sa mort la poussera à créer l’orphelinat de Nirmala Shishu Bavan inauguré en 1995.

Pendant près de 10 ans, Mère Teresa et ses sœurs prennent soin des lépreux qui croisent leur chemin, mais ce n’est qu’en 1957, lorsqu’elle rencontre cinq Indiens ayant perdu leur emploi à cause de la maladie que la religieuse souhaite ouvrir un centre dédié aux lépreux. Finalement, des ambulances rejoindront partout les malades pour les soigner.

Infatigable, Mère Teresa s’appuie sur l’adoration du Saint-Sacrement et fait preuve d’une capacité étonnante à la non-résignation, illustrée à merveille par l’une de ses prières, La vie est une chance, dont voici quelques extraits :

«La vie est un défi, fais-lui face.
La vie est précieuse, prends en soin.
La vie est un combat, accepte-le.
La vie est la vie, défends-la

Un ordre international et une reconnaissance planétaire

En 1997, à la mort de leur fondatrice, les sœurs de Mère Teresa étaient environ 4 000, présentes dans 123 pays du monde, soit 610 fondations. Pour en arriver là, les Missionnaires de la Charité ont eu besoin de soutien. Sans jamais rien solliciter d’elles-mêmes, beaucoup se sont enthousiasmés pour cette œuvre et ont souhaité participer, chacun à leur manière : aide financière, cadeaux pour les enfants, médicaments… jusqu’à la limousine de Paul VI ! Le Pape s’en sépare en 1965 lors d’une visite en Inde. Elle sera mise aux enchères pour participer à construction de la «Cité de la Paix» à Asansol où seront soignés des lépreux.

Très favorable à l’action des Missionnaires de la Charité, Paul VI leur demande de s’implanter en Amérique Latine et à Rome. Partout où se trouve la pauvreté, des communautés s’ouvrent, et même les pays plutôt hostiles aux missionnaires chrétiens les accueillent, car les sœurs se positionnent indépendamment de tout courant politique.

La participation à l’action des missionnaires de la Charité n’est pas que matérielle, elle est aussi spirituelle. A tous les souffrants qui le souhaitent, Mère Teresa propose de devenir «coopérateur souffrant», par l’union dans la prière et l’offrande de leur vie.

L’héritage de Mère Teresa s’étend encore plus loin, puisque la famille des missionnaires de la Charité permet de s’y investir quel que soit notre état de vie. Elle se déploie sur plusieurs branches : une congrégation regroupe les sœurs actives et les sœurs contemplatives ; tandis que frères actifs, frères contemplatifs et pères forment trois congrégations distinctes. «Corpus Christi» est, quant à lui, un mouvement pour les prêtres diocésains désirant vivre de la spiritualité des Missionnaires de la Charité. Enfin, les laïcs peuvent également s’engager, comme «coopérateur» ou comme «laïc Missionnaire de la Charité».

La médiatisation de la servante des pauvres

L’impact des Missionnaires de la Charité grandissant, Mère Teresa acquiert malgré elle une notoriété mondiale. Même si elle a dû s’opposer à certains pour parvenir à ses fins, elle est rapidement devenue un symbole reconnu de tous, un modèle et comme le disait Jean-Paul II lors de sa béatification, une «icône du Bon Samaritain».

Elle reçoit en marque de reconnaissance de l’action menée une série de prix, à commencer par le Padma Shri, remis en 1962, par le président indien. En 1971, c’est le tour du pape Paul VI qui lui remet le prix Jean XXIII. Le Nobel de la Paix qu’elle reçoit «au nom des pauvres», lui est remis en 1979. C’est le début d’une très forte médiatisation qui ne faiblira pas jusqu’à sa mort, le 5 septembre 1997 à Calcutta.

La voix de Mère Teresa est écoutée. Cette notoriété l’amène à prendre la parole et à dénoncer ce qui lui semble être la cause du malheur dans le monde, comme la faim spirituelle de l’Occident, la dénaturation de la famille, le non-respect de la vie humaine de son commencement à son terme naturel. «Même l’enfant non encore né a la vie de Dieu en lui. Nous n’avons pas le droit de détruire cette vie pour quelque raison que ce soit», répète-t-elle. Cela lui vaudra bien des critiques en Occident.

Prière, pauvreté et souffrance dans la vie de Mère Teresa

La prière fait partie du service des pauvres. Dans Deus caritas est, Benoît XVI évoque la figure de Mère Teresa comme «un exemple particulièrement manifeste que le temps consacré à Dieu dans la prière, non seulement ne nuit pas à l’efficacité, ni à l’activité de l’amour envers le prochain, mais en est en réalité la source inépuisable. »

Face à un monde désabusé, Mère Teresa résume en quelques lignes le secret du bonheur, tel qu’elle a pu le découvrir au cours de sa vie et au travers des Missionnaires de la Charité :

«Le fruit du silence est la prière.

Le fruit de la prière est la foi.

Le fruit de la foi est l’amour.

Le fruit de l’amour est le service.

Le fruit du service est la paix. »

Des conseils pratiques et accessibles à la compréhension.

La souffrance est difficilement justifiable. Aussi la petite Mère disait aux souffrants : «vous êtes si près de Jésus qu’il peut vous embrasser». Cette phrase de consolation montre à quel point Mère Teresa pensait que les souffrants sont proches du Christ.

A ses frères et sœurs missionnaires de la Charité, Mère Teresa rappelait que la souffrance et la pauvreté consenties permettent de rejoindre le pauvre et de lui témoigner la compassion de Dieu pour lui. «L’amour vrai fait souffrir», car l’amour s’il ressemble à celui de Dieu pour nous doit pouvoir aller jusqu’au bout du don de soi-même.

(MD-HDV)

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