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Le Pape en Suède…Prochainement

publié dans magistère du pape François le 31 octobre 2016


 

 Lettre ouverte de Louis Veuillot au pape François

SOURCE - Abbé Xavier Beauvais, fsspx – L’Acampado – octobre 2016

Question posée par un journaliste au Pape François, le 27 juin 2016:
«Vous irez en octobre en suède pour commémorer les 500 ans de la réforme. Pensez-vous que ce soit le moment juste (…) pour reconnaître les dons et aussi peut-être pour lever l’excommunication de Luther?»Le Pape répond :
« Je crois que les intentions de Luther n’étaient pas erronées. C’était un réformateur. Peut-être certaines de ses méthodes n’étaient pas justes, mais dans ce temps-là, si nous lisons l ‘Histoire de Pastor – un allemand luthérien converti au catholicisme – nous voyons que l’Église n’est vraiment pas un modèle à imiter : corruption, mondanité,attachement à l’argent et au pouvoir. C’est pour cela qu’il a protesté, il était intelligent et il a fait un pas en avant en justifiant pourquoi il le faisait. Aujourd’hui protestants et catholiques, nous sommes d’accord sur la doctrine de la justification : sur ce point si important il ne s’était pas trompé. Il a fait un médicament pour l’Église, ensuite ce médicament s’est consolidé en un état de choses, en une discipline, en une manière de faire, de croire. Et puis il y avait Zwingli, Calvin et derrière eux il y avait le principe « cuius regio eius religio». Nous devons nous mettre dans l’histoire de ce temps-là, ce n’est pas facile de comprendre. Puis les choses ont été de l’avant, ce document sur la justification est un des plus riches ».
Devant ces propos effarants, ahurissants, insultants envers l’Église, du Pape François, j’ai donc contacté Louis Veuillot, qui, avec la bénédiction de son ami le Pape Pie IX, a bien voulu me laisser transcrire quelques éléments suffisants pour ouvrir l’intelligence, les yeux et le cœur du Pape. Puissent ces propos, avec nos prières, lui obtenir une véritable conversion et renoncer à ce que certains jugent déjà comme la « canonisation» de Luther.
Dans de fortes études sur le protestantisme, Louis Veuillot met en lumière le fait que Luther a ouvert la voie qu’ont suivie tour à tour, Voltaire, Robespierre et Proudhon.
Il y a démontré qu’en émancipant la raison humaine, Luther a été pour ses adeptes une cause immédiate de déchéance intellectuelle et morale. il y démontre que l’émancipation de la raison est devenue le principe des aberrations philosophiques et politiques des temps modernes, non moins que la source des désordres sociaux de l’époque contemporaine.

Il a été une cause immédiate de déchéance intellectuelle et morale.

« Pour pervertir l’homme, il suffisait de le séparer de l’élément divin, c’est-à-dire de le réduire à ses propres forces».
Luther a opéré un prodige plus effrayant, celui « de créer un chrétien qui en présence de l’Eglise, dépositaire et interprète de la vérité de Dieu, proclamât la souveraineté de sa propre raison».
« En proclamant le droit du libre examen, en soumettant la raison de Dieu à la raison souveraine de l’homme, en donnant à chaque individu la faculté, ou plutôt en lui imposant l’obligation de se créer à lui-même sa religion dans les limites de la Bible, Luther a nié la présence sur la terre, de l’autorité divine et par là, il a donné aussitôt l’existence à des religions purement humaines. Puisque la raison a conquis la part de Dieu dans la direction morale de l’humanité, elle doit rester seule maîtresse des croyances, des doctrines, des lois, des moeurs. et aussi a-t-elle revendiqué et exercé ce droit de sa victoire. Dès lors, plus de tradition, plus d’infaillibilité, plus de vérité absolue, plus de droit divin, plus de lien d’unité dans la foi, en d’autres termes, plus de foi».
Que fait cette raison émancipée ?
« Elle passe tout droit à l’indépendance absolue, et cette indépendance se courbe avec une indifférence honteuse sous n’importe quelle dictature, pour sombrer dans l’indifférence et le mépris de toute religion.»
« Le protestantisme « accroît alors la portion animale de l’humanité en y faisant redescendre tous ceux que la connaissance et l’amour de Dieu élevaient jadis à la vie spirituelle».

L’émancipation de la raison humaine par Luther, principe des aberrations philosophiques des temps modernes.

Veuillot constate que « La raison émancipée, c’est-à-dire incrédule, n’a fait autre chose, depuis sa victoire, que travailler à détruire ce que la raison soumise, c’est-à-dire croyante, avait édifié après de longs siècles et de puissants travaux» …
Résultat, explique Veuillot :
il a produit des milliers de sectes religieuses ; il a introduit le désordre dans la conscience.
Un siècle et demi après que Luther eut écarté la philosophie de la « voie large et lumineuse» que suivait la raison catholique, le protestant Leibnitz lui-même n’avait besoin que de considérer « la marche nouvelle et les tendances fatalistes de l’esprit philosophique» pour annoncer cent ans après à l’avance les révolutions dont l’Europe allait être ébranlée.
Epouvanté, il écrivait dès l’année 1670 :
« Puissent tous les savants réunir leurs forces pour terrasser le monstre de l’athéisme et ne pas laisser davantage croître un mal d’où l’on ne peut attendre que l’anarchie universelle».
Hélas, commente Veuillot: «Le mal plus grand et plus terrible qu’on ne le voyait, envahit les sciences politiques.»

L’émancipation de la raison humaine par Luther, principe des aberrations politiques des temps modernes.

« La raison individuelle, souveraine en religion, en philosophie, le devint donc en politique. Après s’être fait, de son plein gré, une religion, unephilosophie, l’individu veut se faire un gouvernement suivant les idées et les goûts qui l’ont guidé dans le choix du reste. En même temps que la notion de Dieu périt dans la conscience et dans l’esprit, la notion de l’autorité, fille du ciel, s’efface, laissant le champ libre aux combats des intérêts individuels, armés les uns contre les autres de toute la force et de tout l’entêtement de l’égoïsme».
« Soustrait aux droits de Dieu, l’homme tombe immédiatement sous le joug de l’homme. Dans ce morcellement, et dans cette contrefaçon de l’autorité, la société,qui était une famille dégénère en un pêle-mêle de tribus dont le plus ardent désir est de s’anéantir réciproquement. Vivante image des sectes du protestantisme et des écoles de philosophie. Même principe, même résultat!»
Louis Veuillot tire cette conséquence que « la politique de la raison souveraine se réduit au maniement de la foule», or « on agite la foule par la passion, par l’erreur, par la crainte, et de cette fermentation se dégage une force qui peut tout, mais qui passe vite et qui par elle-même ne crée rien ; irrésistible comme la vapeur, subtile et stérile comme elle».
C’est ainsi que « la souveraineté de la raison, en détruisant la notion de l’autorité, remplace l’autorité par le despotisme, l’obéissance par la servilité, la liberté par l’esclavage».
Louis Veuillot démontre ensuite, l’histoire en main, que « Dieu n’a rien plus soigneusement enseigné à l’homme que le respect de l’autorité [ ... ] le principe protestant, introduit dans la politique, mine sans cesse cette autorité, par des coups sous lesquels la société elle-même doit périr.L’autorité a en soi quelque chose de si légitime, de si nécessaire, de si divin que rien ne peut l’ébranler sérieusement, sauf elle-même. Tant qu’elle remplit sa mission, tant qu’elle fait son devoir, elle croit fermement à son droit, et elle résiste aux plus redoutables ; épreuves, appuyée sur la conscience publique. Mais l’autorité conspire contre elle-même et se trahit lorsqu’elle se sépare de Dieu. Premièrement, elle se retire ainsi la protection de Celui par qui les rois régnaient ; secondement, elle ne peut se séparer de Dieu sans entreprendre contre les droits de Dieu ; et tout ce qu’elle fait en ce sens tourne nécessairement contre le bien du peuple. Car le droit de Dieu dans ce monde, c’est là véritablement le bien et l’apanage, l’unique bien, l’unique apanage des faibles et des petits.
Après avoir amené l’autorité à se surcharger de pouvoir, le protestantisme, ou si l’on aime mieux, l’esprit protestant l’a corrompu en le séparant de Dieu, en lui ôtant la crainte de Dieu, en l’obligeant à faire entreprise sur entreprise contre les droits de Dieu.»
Cela a conduit finalement à « des flots de sang qui ont inondé la terre».
« Pour moi, je regrette, je l’avoue franchement, c’est qu’on n’ait pas brûlé Luther, c’est qu’il ne se soit pas trouvé quelque prince assez pieux et assez politique pour mouvoir une croisade contre les protestants».
Veuillot se prend à rappeler les « temps à la fois plus vigoureux dans le mal, plus fermes et plus sages dans le bien où il y avait peine de mort contre ceux qui promettaient la paix publique en fabriquant de fausses croyances».
« Nos pères croyaient l’hérésiarque plus dangereux que le voleur et ils avaient raison. une doctrine hérétique était une doctrine révolutionnaire. il en résultait des troubles, des séditions, des pillages, des assassinats, toutes sortes de crimes contre les particuliers et contre l’Etat. On tombait en guerre civile, on faisait alliance avec l’étranger, et la nationalité était menacée en même temps que la vie et la fortune des individus. L’hérésie qui est un très grand crime religieux était donc aussi un très grand crime politique [ ... ] l’hérésiarque, examiné et convaincupar l’Eglise était livré au bras séculier et puni de mort. Rien ne m’a jamais semblé plus naturel et plus nécessaire. Cent mille hommes périrent par suite de l’hérésie de Wyclef, celle de Jean Huss en fit périr davantage ; on ne peut mesurer ce que l’hérésie de Luther a coûté de sang [ ... ] La prompte répression des disciples de Luther, une croisade contre le protestantisme auraient épargné à l’Europe, trois siècles de discordes et de catastrophes où la France et la civilisation peuvent périr».
Un peu plus tard en 1857, Louis Veuillot affirmait que « 89 qui est le libre examen en politique, n’a pas produit moins d’écoles que le libre examen religieux, son ancêtre, n’a produit de sectes».
« Dans le protestantisme politique, comme dans le protestantisme religieux où peut être l’orthodoxie, et où peut-elle n’être pas ? Il y a ce que l’on appelle des établissements, c’est-à-dire des orthodoxies de fait et de force, mais qui ne reposent doctrinalement sur aucune base et qui ne peuvent se soutenir qu’au mépris du principe générateur de tous les protestantismes, principe unique et uniquement admis : la négation de l’autorité».

L’émancipation de la raison humaine par Luther, source de désordres sociaux de l’époque contemporaine.

Dans sa brochure « Le pape et la diplomatie» Louis Veuillot envisageant les désordres sociaux de son temps, et cherchant à démasquer «le dernier acte de la révolte du protestantisme contre l’Eglise de Dieu», révolte « contre la vérité divine» qui se couvrait du «mot» de liberté des peuples, exactement comme elle s’était couverte du «mot» de liberté des consciences au temps de Luther, révélait magistralement que l’attaque du «monstre» offrait bien «le triple caractère qu’elle avait au XVIe siècle, caractère social, caractère politique, caractère religieux».
« Luther attaque l’état social dans sa racine en ébranlant la solidité du mariage, base de la société chrétienne ; il attaque l’état politique dans sa racine par le déplacement des pouvoirs et l’abolition de la hiérarchie, développement de la société chrétienne, il attaque l’état religieux dans sa racine par l’abolition du culte extérieur, expression nécessaire du culte intérieur, couronnement de la société chrétienne. Cette triple attaque se fait au nom de la liberté:
- pour la liberté de la chair : le divorce ;
- pour la liberté de l’âme : le pontificat des princes ; culte extérieur».
or, affirme Louis Veuillot « La Révolution nous présente le développement régulier et logique de ces trois libertés protestantes».
« De même que Luther avait proclamé pontifes les rois, au nom de la liberté religieuse, de même la Révolution proclame les peuples rois au nom de la liberté de conscience politique».
« Luther disait : « Plutôt Mahomet que le Pape». C’est le cri de la Révolution». Certains « philosophes du libre examen» ont osé parler de « progrès au milieu de cette immense misère ; ils ont dit que l’humanité avait grandi, qu’elle était sortie de l’enfance, arrivée à l’âge viril, qu’ellepensait, qu’elle devait désormais marcher sans lisière, sans tutelle, maîtresse d’elle-même dans sa sagesse et dans sa liberté.»
Louis Veuillot convient qu’assurément « l’humanité a vieilli et s’est émancipée». Mais, remarque-t-il, « ce n’est pas tout de vieillir et de s’émanciper ; il faut savoir en quel sens le caractère s’est développé avec l’âge».
Pour ce qui est du progrès moral, assure Veuillot « c’est un progrès à reculons».
Abbé Xavier Beauvais, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X
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Je peux ajouter ces considération-ci que je développais hier, lors de mon sermon sur le Christ-Roi. Il y a bien une identité de pensée. Deo Gratias!

Homélie sur le Christ-Roi

2016

 

Jésus-Christ, Notre Seigneur, est Roi du Ciel et de la Terre. Cette vérité est suffisamment connue de nous tous pour ne pas être obligé  d’insister longuement. Les Mages l’ont confessée le jour de l’Epiphanie. NSJC l’a affirmée également devant Pilate et Pilate, à son tour, devant les Juifs faisant clouer sur la Croix cette inscription, raison de sa condamnation : « Jésus, Roi des Juifs ».

Il est le Créateur de toutes choses. Il est le Rédempteur par son sang qui a coulé sur le bois de la Croix. En tant que Créateur, il est législateur. La loi naturelle qui est inscrite dans tous les cœurs humains venant en ce monde, est son œuvre. Elle doit être suivie. Elle s’exprime d’une manière claire et impérative dans le Décalogue, les commandements donnés par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï. En tant que Rédempteur ; il nous a donné la loi de charité, la loi évangélique, le Sermon sur la Montagne.

La loi naturelle, le Décalogue, la loi de charité, telle fut, jusqu’à la révolution dite française, ce qui inspira la législation des Etats. Ils étaient soumis au Décalogue, à la Loi de l’Evangile. Ils y étaient plus ou moins fidèles, mais ils n’en niaient pas l’existence, ni la force morale.

 

La rupture avec cette conception « classique » a été brutale à partir du moment où, par l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, a été instituée une nouvelle définition de la loi: « la loi est l’expression de la volonté générale ». La volonté générale devenait alors seule la loi. Elle  faisait seule la loi. Elle emportait tout. Elle est la subversion la plus radicale que l’on puisse  imaginer. En ce sens qu’elle ne laisse rien subsister de l’ordre naturel et de l’ordre surnaturel. Elle implique et appelle une barbarie totale, un dénuement moral complet qui ramène l’humanité à l’état qu’a connu « Sodome et Gomorrhe ». On y est !

!

 

Cette conception de la loi fut condamnée par Pie IX dans son Encyclique Quanta Cura et son Syllabus.

-«la volonté du peuple, manifestée par ce qu’ils appellent l’opinion publique ou d’une autre manière, constitue la loi suprême, indépendante de tout droit divin et humain, et que, dans l’ordre politique, les faits accomplis, par cela même qu’ils sont accomplis ont la valeur du droit».

 

De cette nouvelle définition, il en voyait les conséquences :

 

« Or qui ne voit, qui ne sent très bien qu’une société soustraite aux lois de la religion et de la vraie justice ne peut plus avoir d’autre but que d’amasser, que d’accumuler des richesses, et ne suivre d’autre loi, dans tous ses actes, que l’indomptable désir de satisfaire ses passions et de servir ses intérêts ? »

 

C’était prophétique !

 

Non ! La loi n’est pas  l’expression de la volonté générale ; elle n’est pas  l’expression de la conscience collective de l’humanité,  de « l’opinion publique ».

 

La loi est  le décalogue,  les dix prescriptions morales des Tables de la Loi révélées à Moïse sur le Mont Sinaï.

Elle est La loi d’amour, qui est la loi de NSJC

La loi naturelle est la loi primitivement « non écrite ». Elle fut écrite dans le Décalogue. On lui donne aussi le nom de « commandements »  de Dieu. La loi d’amour du Christ n’est pas venue abolir mais parfaire la loi naturelle : sanans et elevans, soignant et élevant ; la loi du Christ guérit la loi naturelle de ses déviations accidentelles et l’élève à l’ordre surnaturel.

L’autorité des lois civiles vient alors de ce qu’elles sont une  application concrète de ces lois dont Dieu est l’auteur.

 

Voilà !

 

Tel est l’héritage, gardé et transmis qui a fait les nations d’Europe  et par elles, l’ordre mondiale, le progrès humain et l’histoire du monde jusqu’à la démission d’un Occident infidèle et débilité, oubliant jusqu’à  son visage, qui a laissé la place à la confusion, à la désorientation, à la rencontre de la barbarie. C’est ce qu’annonçait, je l’ai dit plus haut,  déjà Pie IX dans Quanta Cura…Aujourd’hui, on assiste à des scènes bien pires qu’à « Sodome et Gomorrhe »…Et c’est un Poutine qui nous rappelle le bien et s’oppose au mal…

 

Or lorsque l’on vous dit que  la loi n’est que  « l’expression de la volonté générale » ou « l’expression de la conscience collective de l’humanité » ou l’expression de « l’opinion publique », c’est dire équivalemment que l’humanité ne reconnait plus aucune loi supérieure à l’homme et indépendante de sa volonté. C’est affirmer pour l’homme une indépendance absolue mais insensée. C’est faire de l’homme un Dieu ou vouloir lui donner des pouvoirs divins…

 

Avec la Révolution dite française,  la loi humaine s’est déclarée affranchie de l’obligation d’être une traduction concrète des principes généraux de la loi de Dieu. S’il lui arrive de ne pas la contredire, ce sera par l’effet d’une coïncidence accidentelle et non par l’effet d’une dépendance librement acceptée.

 

Dès lors, La modernité méconnait entièrement le fait qu’il existe une loi de Dieu énoncée d’une part dans le Décalogue et dans l’Evangile. Elle ne reconnait en somme que des opinions, toutes respectables, mais toutes facultatives ; il n’y a d’obligation morale que subjective, celle que chacun s’est formé selon son expérience et sa réflexion, sa subjectivité. Aucune considération de la loi de Dieu ! il ne peut y avoir de loi commune (il en faut bien en société) que résultant d’un consensus obtenu au bout d’un débat. Ainsi la loi civile est bien l’expression de la volonté générale. Dès lors et il n’existe aucune obligation qui soit supérieure à la loi civile.

 

Cet état d’esprit, érigé en doctrine, a fini par estomper toute notion d’une loi de Dieu ayant une réalité objective et le caractère d’une obligation morale.

Et de fait,  la modernité se rebelle contre le dogmatisme, et finalement n’admet comme loi que la seule rencontre des subjectivités.

 

La modernité a ainsi perdu  la loi naturelle, le Décalogue presque entier et sa signification. Elle a  perdu le sens naturel de son obligation objective, immuable, universelle. Et c’est vraisemblablement le sens qu’il faut donner à cet appel au « for interne » dans la résolution finale du Synode du 25 octobre 2015 pour régler les problèmes des mariages de divorcés-remariés.

 

Là, est le principe de l’hérésie moderne, de ce que l’on pourrait appeler la « dé-création ». Le monde moderne – et il en est  peut-être bien ainsi aussi de l’Eglise « moderniste »- vit  sans principe et sans principes, il est  condamné à mort, nous retournons au néant.

 

C’est pourquoi sont tellement justes ces paroles de Jean Madiran : « nous vivons quelque chose de beaucoup plus profond qu’une crise politique, intellectuelle ou morale ; de plus profond qu’une crise de civilisation.  Nous vivons ce que Péguy voyait naître et qu’il nommait une « décréation ». Dans l’évolution actuelle du monde, on aperçoit la domination à demi souterraine, d’une haine atroce et générale, une haine de la nation, une haine de la famille, une haine du mariage, une haine de l’homme racheté, une haine de la nature créée (NdlR la théorie du genre). La signature devient plus lisible que jamais.(NdlR Le démon, Satan). Il appartient aux autorités temporelles et aux autorités spirituelles de la dénoncer. Leur carence empêche les peuple de la voir » (Dialogue du pavillon bleu. p.149)

 

Et comment pourraient-elles dénoncer ce mal, ces  autorités spirituelles. Elles sont pour beaucoup gagnées par le subjectivisme moderne. L’une d’entre eux et pas des moindres, et cet évêque était à l’époque chargé de la direction doctrinale des travaux de l’épiscopat français, c’était l’évêque de Metz, Mgr Schmit. il affirmait dans son bulletin diocésain, numéro 150 du Ier mai 1968, page 2 : « Le droit naturel est l’expression de la conscience collective de l’humanité ». Nous y sommes ! Mais cette proposition a pour corollaire inévitable : Il n’existe pas de loi (morale) naturelle objective, promulguée par Dieu et inscrite dans la nature de l’homme. Recourrons donc « au for interne » et cela suffit pour régler toutes choses?

 

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