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Un regard sur les élections présidentielles

publié dans regards sur le monde le 20 mars 2017


Pourquoi Fillon reste-t-il optimiste ?

 (Source: Bulletin d’André Noël n° 2509)

François Fillon l’a assuré : « Je ne serai pas troisième, je serai présent au second tour. » En l’état actuel, les sondages semblent infirmer ce pronostic. Il plafonne autour de 20% tandis qu’Emmanuel Macron accroît son avance sur l’ancien premier ministre. Les dernières révélations sur les costumes dispendieux de Fillon, réglés par un avocat à la réputation sulfureuse, ne peuvent qu’aggraver sa situation.

 

Toutefois il faut remarquer que, depuis les premiers articles du Canard enchaîné qui lui ont fait perdre entre 8 et 10 points, il ne baisse plus, quelles que soient les nouvelles informations sur son train de vie. Tout se passe comme si, ce qu’il devait perdre, il l’a déjà perdu pour solde de tout compte. Ceux qui restent, ce sont les fidèles qui ne renonceront pas à voter pour lui. Non pas qu’ils ne soient troublés, si ce n’est indignés parfois, par ce qu’ils apprennent. Mais ils mettent en balance ces faits avec les conséquences d’un échec de Fillon qui, pour eux, reste le seul à présenter un programme qui puisse sortir la France de la situation économique catastrophique où François Hollande l’a plongée.

 

Certes on ne saurait, disent-ils, cautionner les pratiques de Fillon si elles sont avérées – il est présumé innocent – mais doit-on pour autant se priver de l’alternance à cause d’elles et en reprendre pour cinq ans avec cet avatar, cet hologramme de Hollande qui a pour nom Macron ?

 

Quoiqu’il ne faille plus exclure désormais une victoire de Marine Le Pen grâce à ses mesures anti-immigration drastiques bien que certaines lignes de son programme économique et social soient aux antipodes de ce que pense l’aile droite de son parti pour restaurer notre santé économique, financière et sociale. Sans oublier que, dans la foulée, suivront les élections législatives qui aboutiraient probablement, dans ce cas, à une… cohabitation. [On se souvient encore du résultat des dernières élections régionales ! Largement majoritaire, sans proportionnelle, sans accord et solitaire, face au « plafond de verre » le FN n’a pas pu hisser son drapeau dans une seule région.]

 

Si Fillon demeure optimiste, non sans mérite, c’est qu’il a toujours en tête le précédent des primaires où personne ne l’avait vu venir, surtout pas les sondeurs. Son optimisme n’est pas feint, ses amis en témoignent, et, quand il est sur les tréteaux, il manifeste toujours un moral d’acier malgré l’avalanche quotidienne de mauvaises nouvelles.

Pourquoi ?

 

A cause des sondages : ce qui devrait l’accabler nourrit son optimisme.

 

Pourquoi ?

 

C’est qu’il pense toujours qu’il est sous-estimé par les instituts et Macron surestimé.

 

Pourquoi l’erreur éventuelle des sondeurs ?

 

Parce que, désormais, tous les sondages, ou peu s’en faut, sont effectués via internet, ce qui n’était pas le cas en 2012 où tous ne l’étaient pas. Cela va plus vite et c’est meilleur marché. Mais ce mode de consultation comporte un « biais », un élément qui fausse les résultats. Il suppose d’être abonné à Internet, vouloir répondre et, l’étant, à en avoir la maîtrise. Il se trouve que les personnes âgées sont les moins bien équipées en ordinateur et qu’elles n’aiment guère s’en servir. D’où la difficulté de trouver un échantillon représentatif d’électeurs du troisième ou du quatrième âge qui puisse être consulté par internet. L’échantillon est faible, disent les spécialistes, et souvent faussé par de mauvaises manœuvres et la volonté, pour les sondés, de ne point être encartés dans un fichier informatique.

 

Or il se trouve, d’une part, que cette catégorie d’électeurs est la moins abstentionniste et, d’autre part, qu’elle est celle qui vote le plus pour la droite dite modérée, c’est-à-dire les Républicains en ce moment. En revanche, les électeurs de Macron sont des jeunes, ou moins jeunes « bobos », nés ou ayant grandi avec un ordinateur dans les mains. Et puis, il y a les « troisième et quatrième tour », une équation aux multiples inconnues, à savoir les législatives qui suivront la présidentielle. Malgré les divisions internes chez les Républicains et l’UDI, Fillon est le seul à pouvoir disposer d’une majorité cohérente immédiatement.

C’est un argument qu’il compte développer au cours des débats télévisés dont le premier est fixé au lundi 20. Avec onze concurrents, il ne sera pas possible de faire passer des messages très développés ; il devra donc se concentrer sur un seul d’entre eux qu’il entend marteler inlassablement. En effet – va-t-il expliquer – l’élection de Marine Le Pen, comme celle d’Emmanuel Macron, ouvrirait une période de turbulences et d’activisme politicien, donc d’instabilité, pour tenter de constituer une majorité susceptible de soutenir l’action du nouveau chef de l’Etat. Et les Français, après une campagne abracadabrantesque comme eût dit Jacques Chirac, voudront une équipe immédiatement opérationnelle et efficace ».

 

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Bruxelles intervient dans la campagne électorale

Les eurocrates de Bruxelles, un instant assommés par la décision du peuple britannique de quitter l’Union européenne, relèvent la tête. Loin d’assimiler la leçon comme il le faudrait, en faisant profil bas, ils ont décidé d’aller à l’affrontement avec les peuples susceptibles de s’émanciper de leur tutelle.

En sortant de leur champ de compétences les commissaires prennent position dans les élections d’un Etat membre.

Ainsi Pierre Moscovici, chargé des affaires économiques (et non pas politiques !) a déclaré dans les colonnes du journal allemand Die Zeit, le 8 mars : « Je fais de la politique depuis plusieurs années et mon expérience politique me dit : il ne faut pas préparer de plan B. Si vous le faites, c’est que vous ne croyez plus au plan A. Notre plan A est qu’elle [Marine Le Pen] perdra. » Normalement, en tant que commissaire européen, il ne devrait plus faire de politique. Il dit « notre » : c’est le plan de la secte bruxelloise. Leur candidat, c’est Macron que le même Moscovici évoque en ces termes : « Ce que dit Emmanuel Macron sur l’Europe rejoint largement des propositions que j’ai faites depuis un certain temps, sur un budget de la zone euro, un Trésor européen, un ministre des Finances de la zone euro ou encore sur le sé- rieux budgétaire et le lien particulier avec l’Allemagne. »

En visite au Salon de l’Agriculture, Phil Hogan, commissaire européen à l’agriculture et au développement rural, s’est posé en défenseur des paysans, accusant Marine Le Pen de vouloir leur faire peur en reprenant les arguments des partisans du Brexit.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Junker, interrogé sur sa réaction à l’élection éventuelle de Mme Le Pen à la présidence de la République française, dans une interview à la chaîne de télévision allemande ZDF, a répondu : « Alors, je porterais des vêtements de deuil. »

C’est évidemment faire fi de la démocratie ! N’oublions pas que, parmi les promesses des europhiles, il y avait celle de faire de l’Union européenne, non seulement un îlot de prospérité, mais aussi un espace on ne peut plus démocratique !

Or, Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE) a affirmé, à l’issue de la réunion du Conseil des gouverneurs, que l’existence de la monnaie unique était « irrévocable » ! En vertu de quoi ? De la décision souveraine d’un haut fonctionnaire européen sans se soucier de ce que décideront les peuples, notamment en France, le programme de Marine Le Pen comportant la sortie de l’euro ! Ce qui, de fait, entraînerait sa fin. Puisque c’est démocratiquement que les électeurs ont accepté l’euro, quoique ce fût dans l’indigeste et incompréhensible traité de Maastricht, ce devrait être, aussi démocratiquement, qu’ils devraient pouvoir l’abroger. Pas du tout, réplique Draghi, c’est gravé dans le marbre, irrévocable, irréversible !

Quel cynisme ! Comment s’étonner de ce que les Européens s’éloignent chaque jour davantage de cette arrogance ? Rappelons que, selon ses statuts, le président de la Banque européenne a pour seule mission d’assurer « la stabilité des prix » et de lutter contre l’inflation, et non pas de se prononcer, à la place des politiques et des électeurs, sur la pérennité, ou non, de l’euro. Mais tous les technocrates européens sont dans l’abus de pouvoir ! Bien entendu, tous ces gens-là nous promettent mille maux si nous osons penser différemment d’eux et nous affranchir de leur pesante tutelle. Ils avaient déjà essayé de faire peur aux Britanniques pour les dissuader de voter en faveur du Brexit, mais en vain. Puis – souvenez-vous – à Bruxelles, ils s’étaient ravisés en se disant : la catastrophe que sera le Brexit dissuadera d’autres peuples de quitter l’UE, notamment les Français.

Là encore, erreur !

 A quelques jours de la mise en œuvre de l’article 50 par le gouvernement britannique, attendue pour avant la fin mars, le ministre des Finances de Theresa May – le chancelier de l’Echiquier Philip Hammond – s’est félicité de la bonne santé économique du pays qui « continue à étonner les commentateurs avec sa croissance robuste ». Très loin de certaines prophéties catastrophiques envisagées pour les lendemains du référendum du 23 juin ! Les prévisions de croissance pour 2017, notamment, ont été revues à la hausse, passant de 1,7% annoncées en novembre à 2%. De même, les emprunts du gouvernement britannique pour 2016-2017 ont été revus à la baisse à 51,7 milliards de livres sterling (59,5 milliards d’euros). Le chômage en Grande-Bretagne est au plus bas depuis 1975 à 4,7%, deux fois moins qu’en France. Ces bonnes nouvelles ont permis au chancelier d’annoncer notamment l’injection de deux milliards de livres dans les services sociaux des collectivités locales ! En prévision des aléas des négociations avec Bruxelles et du renchérissement de certains produits importés, suite au Brexit, le ministre des finances a mis quelques milliards de côté. L’Amérique après l’é- lection de Trump ne connaît pas non plus de catastrophe : la croissance et la bourse sont au plus haut et le chômage au plus bas ! Du coup, à Bruxelles, on ne parle plus de la Grande-Bretagne et du contre-exemple qu’elle serait pour nous Français !

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Billet

 

La gauche la plus bête du monde

 

Les media n’en finissent plus de dauber sur cette droite qui est accablée par la situation de François Fillon laquelle, assure-t-on, risque de faire perdre une élection présidentielle considérée jusqu’ici comme acquise d’avance. En revanche, nul ne s’attarde sur cette gauche socialiste, celle des Hamon et Mélenchon, qui, elle aussi, est sur le point de perdre alors que la situation de la droite lui offrait une occasion inespérée d’avoir un champion pour succéder à Hollande. En effet, si l’on totalise les voix que les sondages attribuent à ses deux candidats, elles égalent, voire dépassent, celles de Macron. Et, selon les augures, celui qui affrontera Marine Le Pen au second tour deviendra président de la République. Mais aucun des deux socialos ne veut s’effacer devant l’autre alors que, politiquement, on peine à distinguer ce qui les sépare, trop peu en tout cas pour faire perdre leur camp. Il ne s’agit que d’une querelle d’ego, leur « moi » fera perdre le « nous », l’individualisme petit bourgeois supplantant la solidarité idéologique. On parle parfois de la droite « la plus bête du monde ». Actuellement, elle est sévèrement concurrencée par la gauche la plus bête du monde… G.B.

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