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La Turquie. Une analyse pertinante

publié dans regards sur le monde le 24 avril 2017


La Turquie, Etat islamiste aux portes de l’Europe

 

Trucages ou non, fraudes ou non, Erdogan a recueilli 51,2% de « oui » à son referendum pour obtenir des pouvoirs renforcés qui font de lui, ouvertement, un dictateur au service d’un islam qui entend s’imposer non seulement dans le pays mais aussi au-delà. Son objectif a toujours été d’effacer l’œuvre de Mustapha Kemal qui a laïcisé le pays, jusqu’à interdire le voile que porte aujourd’hui l’épouse d’Erdogan. En 1998, Erdogan faisait sienne la formule d’un théoricien turc du nationalisme turc,« Les minarets seront nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées seront nos casernes et les croyants nos soldats. » Zia Gokalp : L’Union européenne et ses dirigeants s’émeuvent de ces pleins pouvoirs nécessaires à l’instauration d’une dictature islamiste aux portes de l’Europe, c’est-à-dire d’un Etat islamiste. Bruxelles s’indigne également du ré- tablissement de la peine de mort envisagé par le maître de la Turquie, soumettant cette restauration à referendum. On voit le paradoxe : c’est le dictateur qui permet à son peuple de se prononcer sur le châtiment suprême et nos démocrates bruxellois qui l’interdisent aux Etats européens ! Junker a expliqué que cela fermerait définitivement la porte de l’Union européenne à Ankara. Mais Erdogan s’en moque désormais. « « Qu’ils nous communiquent leur décision ! » a-t-il lancé. Son but, c’est la restauration de l’Empire Ottoman à la tête duquel il serait. « L’Union européenne menace de geler les négociations ? A vrai dire, ce n’est pas très important  pour nous », a-t-il commenté. C’est pour obtenir la domination sur le monde musulman sunnite qu’il combat Daech et non pas pour faire plaisir aux occidentaux ; l’émir de l’Etat islamique entend lui aussi être à la tête d’un empire musulman. Pour ce qui est de l’Europe, il se contente de prendre son argent. Ne lui a-t-on pas déjà donné 2,5 milliards € pour retenir les « migrants » afin qu’ils ne débarquent plus sur le territoire de l’Union ? Et Erdogan a été efficace. Depuis le 1er janvier, il n’y a eu qu’environ 4.000 « migrants » qui ont réussi à débarquer en Grèce, contre 150.000 un an plus tôt. Les responsables européens croient-ils qu’il ait obtenu ce résultat spectaculaire en étant respectueux des droits de l’homme et par des mesures démocratiques non violentes ? Bien sûr que non, mais Bruxelles ne veut pas le savoir. C’est l’Europe désormais qui a le plus à perdre d’une rupture avec Ankara : un mot d’Erdogan et, de nouveau, les « migrants » déferleront dans nos pays. Cet accord imposé et négocié par Merkel sans même demander l’avis de ses partenaires, c’était la solution de facilité qui la dispensait de mettre le paquet, et tout l’argent donné à la Turquie, pour vraiment sécuriser les frontières de l’UE. Cette manne européenne voulue par l’Allemagne n’a entraîné aucune reconnaissance de la part de l’autocrate turc ; il a dénoncé les « pratiques nazies » d’Angela Merkel parce qu’elle avait refusé que les ministres turcs viennent tenir des meetings électoraux en Allemagne. En revanche, Erdogan a félicité la France qui a accepté que des responsables turcs fassent leur propagande sur notre territoire, ce qui a d’ailleurs suscité des bagarres dans le Nord de la France avec les Kurdes, opposants de toujours à Ankara. Bruxelles, toujours aveugle, ne s’intéresse guère au vote des Turcs de la diaspora ; cela lui paraît sans doute anecdotique et moins important que de se mêler de la peine de mort en Turquie. C’est pourtant très inquiétant. Ces Turcs ont massivement profité de la démocratie en Europe où ils vivent pour l’affaiblir dans leur propre pays ! Ils se sont prononcés pour le « oui » à 77,1 % en Belgique, 73% en Autriche, 60% en Allemagne et 65% en France. Cela signifie que ceux-là ne veulent pas du tout s’intégrer mais être le cheval de Troie de l’islamisme turc en Europe. Ils obéissent, à la lettre, à ce que leur avait demandé Erdogan, alors premier ministre, en 1992, lors d’un meeting au Zénith, à Paris. Là, devant 6.000 de ses compatriotes, n’avait-il pas déclaré : « Personne ne peut vous demander d’être assimilés. Pour moi, le fait de demander l’assimilation est un crime contre l’humanité, personne ne peut vous dire : renonce à tes valeurs ? » Il a ajouté : « La France vous a donné le droit à la double nationalité : pourquoi ne la demandez-vous pas ? Ne soyez pas réticents, ne soyez pas timides, utilisez le droit que la France vous donne. Prendre un passeport français ne vous fait pas perdre votre identité turque. » Et pour cela, il préconise, entre autres, l’arme démographique : « Eduquez vos enfants dans les meilleures écoles, assurez-vous que vos familles vivent dans les meilleurs endroits, conduisez les meilleures voitures, vivez dans les meilleures maisons et faites cinq enfants, pas trois seulement. » On le voit, c’est un leurre de croire que le mode vie occidental et européen va faire en sorte que les immigrés musulmans vont s’assimiler, abandonner peu à peu leurs mœurs et édulcorer leurs exigences religieuses. Dans la communauté turque, dans notre pays, se perpétuent les crimes d’« honneur », frappant les jeunes filles qui refusent de se marier avec celui que leur père a désigné. Si Bruxelles menace de rompre avec la Turquie pour ce qui est de son intégration dans l’Union européenne, c’est que cette intégration éventuelle est toujours d’actualité ! Les négociations sont seulement « interrompues » depuis un an. Mais l’objectif reste le même. Si Bruxelles a mis un bémol à cette folie d’intégrer un pays à 98% musulman, ce n’est pas parce que cette perspective lui apparaît enfin aberrante mais parce qu’elle redoute une nouvelle poussée de « populisme. » C’est par crainte et non par vertu ! On le sait : les gouvernements successifs, depuis une trentaine d’années, voudraient avoir face à eux un Conseil français du culte musulman (CFCM) comme interlocuteur représentatif des musulmans de France. Au sein de celui-ci les Turcs sont discrets…pour l’instant, laissant Algériens, Marocains, Comoriens s’entredévorer, attendant leur heure. Elle arrive ! Le 1er juillet prochain le président actuel du CFCM devra céder sa place à un autre qui sera le responsable du Comité de coordination des musulmans turcs de France, Ahmet Ogras, désigné par l’ambassade de Turquie au détriment d’un opposant préalablement pressenti. L’organisation d’Ogras dépend, de fait, du Comité des affaires religieuses turques qui contrôle la plupart des mosquées et salles de prières turques sur notre territoire. Erdogan aura ainsi aussi la mainmise sur une partie de l’islam en France, via le CFCM.

P.R.

(Source Bulletin d’André Nooël n° 2514

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