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Saint Pierre Chanel

publié dans nouvelles de chrétienté le 22 juillet 2017


SAINT PIERRE CHANEL,

PREMIER MARTYR D’OCÉANIE

 

Saint Pierre Chanel, premier martyr d’Océanie

 

Prêtre du diocèse de Belley (Ain) puis missionnaire à Futuna (Wallis-et-Futuna) avec la Société de Marie, Pierre Chanel (1803-1841) meurt assassiné par des indigènes. « Que meure la religion avec celui qui l’a apportée », dira le roi Niuliki ordonnant le meurtre du missionnaire. Reconnu premier martyr d’Océanie, il est canonisé en 1954 par Pie XII.
NB: J’étais jeune élève de l’école saint Marie à Riom (PD), lorsque fut canonisé Pierre Chanel. Des cérémonies spéciales ont eu lieu à l’école. J’en garde un vif souvenir. C’est pourquoi je suis heureux de proposer aux lecteurs d’ITEM, ce bref récit de la vie de Saint Pierre Chanel pour qu’ils le prient  (PA)
Abbé Pierre Le Bourgeois Recteur du sanctuaire Saint-Pierre Chanel à Cuet

Abbé Pierre Le BourgeoisRecteur du sanctuaire Saint-Pierre Chanel à Cuet
Un enfant pieux devenu curé de paroisse. Alors que le Concordat de 1801 a rétabli la place de la religion catholique en France, Pierre Chanel naît le 12 juillet 1803 à la ferme de la Potière à Cuet (dans l’actuelle commune de Montrevel-en-Bresse), à une vingtaine de kilomètres au nord de Bourg-en-Bresse (Ain). Avec sa petite sœur, il aime jouer à dire la messe. L’abbé Trompier, curé de Cras-sur-Reyssouze, petit village non loin de Cuet, qui remarque rapidement sa piété et son intelligence, lui propose de l’emmener pour servir la messe et étudier avec lui. Pierre intègre l’école de Cras à l’automne 1814, il a 11 ans. Après sa première communion, le 23 mars 1817, il se passionne pour la lecture des lettres des missionnaires envoyés par Monseigneur Guillaume-Valentin Dubourg (1766-1833), de retour d’Amérique où il était évêque de Louisiane. Plus tard, il confiera : « C’est l’année où je formai le dessein d’aller dans les missions lointaines. » À sa confirmation, il prend saint Louis de Gonzague comme second patron. Il entre au petit séminaire de Meximieux (Ain) et intègre le grand séminaire à Brou (Ain). Le 15 juillet 1827, c’est en l’église de Brou que Monseigneur Devie l’ordonne prêtre du diocèse de Belley (Ain). Il a alors plusieurs missions : vicaire à Ambérieu-en-Bugey et curé de Crozet (pays de Gex, proche de Genève), où il laisse les souvenirs les plus impérissables par sa bonté. Mais il porte toujours en lui le désir de voyager pour évangéliser au-delà des océans. Monseigneur Devie refuse de le laisser partir, Pierre Chanel obéit.

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Missionnaire de Marie. Peut-être pour triompher de la résistance de Monseigneur Devie et pouvoir enfin partir évangéliser outre mer, le père Chanel demande à son évêque l’autorisation de rejoindre la Société de Marie, fondée en 1822 par Jean-Claude Colin (1790-1875). Il y entre en 1831. Il espérait que le Saint-Père autoriserait au plus tôt leur constitution en Société missionnaire indépendante et leur ouvrirait les océans… Au lieu de cela, il est professeur au petit séminaire de Belley, où les élèves s’attachent particulièrement à lui. Suite à l’appel du pape Grégoire XVI à envoyer des missionnaires en Océanie, mission particulièrement confiée à la Société de Marie, Pierre Chanel se porte volontaire. Il embarque ainsi à bord de la Delphine le 24 décembre 1836, et part du Havre (Normandie) en direction du Chili puis de l’Océanie.

Martyr à Futuna.
 Après près de 11 mois de voyage, le 7 novembre 1837, le Père Chanel s’installe avec le Frère Marie Nizier à Futuna, dans l’ouest de la Polynésie, tandis qu’un autre groupe de Maristes a débarqué à Wallis. Découverte en 1616 par les Hollandais, l’île de Futuna a été surnommée « l’enfant perdu du Pacifique » par Bougainville en 1768 ; elle n’a jamais été évangélisée. Pendant deux ans, hébergé par le roi Niuliki, le Père Chanel apprend la langue du pays et baptise des enfants mourants. À la suite de saint Paul, il découvre l’île, ses habitants, les coutumes et cherche à se faire Futunien avec eux. Cette démarche d’inculturation personnelle lui permet de commencer son travail d’évangélisation. Avec patience et charité, il soigne les malades et les blessés. Il lutte contre les guerres entre tribus. Ses actions lui valent le surnom d’« homme à l’excellent cœur ». En 18 mois, il permet aux deux royaumes se trouvant sur l’île de faire la paix. Mais suite aux différentes conversions à la foi catholique (moins nombreuses cependant qu’à Wallis, qui devient entièrement chrétienne), le roi Niuliki commence à prendre ombrage. Il décide de ne plus héberger ni nourrir les missionnaires, et une certaine forme de persécution commence pour les pousser à partir. Ils restent malgré tout fidèles à leur ministère, et grâce à leur témoignage, les cœurs sont touchés et on compte toujours quelques conversions, dont celle du fils du roi Niuliki, Meitala, qui se convertit publiquement. C’en est trop, le roi décide d’en finir avec le missionnaire : « Que meure la religion avec celui qui l’a apportée ! » Le 28 avril 1841, des guerriers se rendent dans la case de Pierre Chanel pour le tuer et piller sa demeure. La veille, le Frère Marie Nizier avait été envoyé à l’autre bout de l’île pour célébrer un baptême. Le Père Chanel est battu, puis, d’un coup d’herminette, il meurt le crâne ouvert. Ses dernières paroles furent : « Malie fai ! » (« C’est bien ! »), en écho aux dernières paroles de Jésus sur la croix : « Tout est accompli. » Il aimait dire : « Les missionnaires meurent, mais une mission ne doit pas mourir ».
En effet, un an après ce drame, des missionnaires reviennent et, en 1844, toute l’île de Futuna est convertie, y compris les assassins du Père Chanel, qui demandent sincèrement pardon. Une danse (« eke ») est même créée par les habitants pour se souvenir de celui qui leur avait apporté la Bonne Nouvelle. Premier martyr d’Océanie, Pierre Chanel a été béatifié par Léon XIII le 17 novembre 1889 et canonisé par Pie XII le 13 juin 1954. Fêté le 28 avril, il est le saint patron de l’Océanie et a été l’un des saints patrons des JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse) en 2008 à Sydney (Australie).

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La Vierge Marie dans la vie de Pierre Chanel. La dévotion mariale de saint Pierre Chanel lui venait de sa mère Marie-Anne, qui l’avait déjà consacré à Marie avant sa naissance ; les premiers mots qu’elle lui fit apprendre sont « Jésus » et « Marie ». Il se souvenait aussi avoir été baptisé le 16 juillet, jour de Notre-Dame du Mont Carmel, et fêtait chaque année cet anniversaire. Sa devise était : « Aimer Marie et la faire aimer. » N’oublions pas la petite conjonction de coordination ET. Ainsi, le premier et le dernier composant de cette devise sont en conjonction et s’appellent l’un l’autre. Il y a comme une véritable respiration chrétienne. En inspirant, j’apprends à aimer Marie : je reçois ! En expirant, j’apprends à faire aimer Marie : je donne ! Avec Marie, nous sommes comme à la source et au sommet de notre vie de fidèle du Christ. « Aimer Marie » : afin de la mettre dans notre cœur et ainsi permettre à l’Esprit Saint de trouver un terrain favorable pour faire grandir en nous la vie de Jésus. Cet amour de Marie est à la source de notre vie avec le Christ ! « Faire aimer Marie » : c’est le sommet de notre vie de disciple de Jésus puisqu’il s’agit alors d’être missionnaire, c’est-à-dire des chrétiens vivant et non des disciples de salon ! Bien souvent, nous aimerions voir le fruit de cette vie avec Marie, et il nous arrive dans le quotidien d’avoir éventuellement l’envie de baisser les bras. Dans ce cas, mettons-nous à l’école de saint Pierre Chanel qui vient nous dire : « Courage, le Bon Dieu couronnera vos efforts et non vos succès. » Et surtout, rappelez-vous ces mots : « Laissons faire, la Sainte Vierge saura bien arranger toute chose. » « Frappez à la porte du cœur de Marie, elle en fera jaillir un dessein de missionnaire », écrira notamment saint Pierre Chanel au fondateur des Maristes qui s’apitoyait sur le manque de vocations.

Cuet, un sanctuaire à 
vocation universelleL’Ain peut s’enorgueillir d’avoir eu trois curés canonisés : saint Vincent de Paul, qui a été en poste à Châtillon-sur-Chalaronne, saint Pierre Chanel à Crozet et saint Jean-Marie Vianney à Ars. Ce n’est cependant pas à Crozet, mais à Cuet que saint Pierre Chanel est le plus honoré. Afin de parler du charisme du sanctuaire de Cuet, il faut rapporter une anecdote qui ouvre un chemin de réflexion.Dans les registres de Montrevel-en-Bresse (Ain), on trouve notifié : « Du vingt-quatre Messidor de l’an onze de la République, Acte de naissance de Pierre Chanel, né hier à une heure du matin, fils de Claude François Chanel et de Marie Anne Sibelle, son épouse, cultivateurs domiciliés à la Potière, commune de Montrevel. » La Potière est un hameau de Cuet. Lors de la béatification de Pierre Chanel, les paroisses de Cuet et de Cras-sur-Reyssouze ont revendiqué l’une et l’autre l’honneur d’avoir formé le nouveau bienheureux. C’est l’évêque du diocèse qui trancha en faveur de Cuet. Pourquoi rappeler cela ? Tout simplement parce que nous recevons ce sanctuaire de Cuet de l’Église elle-même. C’est l’Église qui nous invite à venir ici afin de recevoir ce que le Seigneur veut nous donner par la médiation de saint Pierre Chanel. Nous ne sommes pas dans un sanctuaire paroissial, comme il en existe dans notre diocèse, mais dans un sanctuaire diocésain qui a une vocation universelle. En fait, nous sommes sur le lieu des origines de la vie humaine et chrétienne de Pierre Chanel. Si ce sanctuaire est simple, intime, pour ne pas dire intimiste, c’est parce que nous sommes appelés à entrer dans cette réalité des origines, donc de la naissance et des premiers pas qui sont, nous le savons bien, très importants dans la vie humaine et chrétienne.  

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Retourner en Galilée. À l’époque où Pierre était enfant, on se rappelait les moments douloureux de la Révolution française, les réunions secrètes, les messes clandestines dans les fermes bressanes et les trappes par lesquelles les prêtres s’enfuyaient à la moindre alerte. Ces histoires héroïques ont pu certainement impressionner le jeune garçon. De plus, il entendit parler de « mission », mot qui éveilla en lui un désir qui deviendra au fil du temps un appel. On peut ainsi certainement dire que le souhait de partir en mission servir le Christ a été nourri par ses formateurs et ses lectures (les lettres des missionnaires), et par une certaine forme d’héroïsme pastoral et missionnaire dont il a entendu parler enfant. Il en découle que ce sanctuaire de Cuet nous donne la grâce de retrouver notre Galilée, pour reprendre les mots du Saint-Père lors de la vigile pascale 2014, afin de vivre pleinement en disciple de Jésus : « L’évangile est clair : il faut y retourner, pour voir Jésus ressuscité, et devenir témoins de sa résurrection. Ce n’est pas un retour en arrière, ce n’est pas une nostalgie. C’est revenir au premier amour, pour recevoir le feu que Jésus a allumé dans le monde, et le porter à tous, jusqu’aux confins de la terre. »
Notre Galilée pourrait se résumer en deux temps :
-        L’accueil des racines de notre vie.
-        La réalité même de notre baptême qui nous conduit à une rencontre personnelle avec Jésus.
Il est à remarquer qu’une fois revenus en Galilée, les Apôtres font l’expérience de Jésus ressuscité qui les engage à attendre ce que le Père leur a promis, l’Esprit Saint, afin d’être des témoins, des missionnaires. Il en va de même pour nous. Il nous est nécessaire de faire ce petit effort de mémoire, et peut-être de guérison, afin d’accueillir en vérité qui nous sommes dans les racines et l’histoire familiale qui est la nôtre. Puis, il nous faut faire mémoire de la grâce baptismale et de ce qu’elle nous donne de vivre.

Des missionnaires de la Miséricorde.
 Posons-nous quelques questions… Qu’est-ce que le baptême a fait de nous ? Des enfants de Dieu, des chrétiens, des disciples de Jésus. Comment sommes-nous appelés à vivre ce que nous sommes devenus par la grâce de notre baptême ? Par une rencontre personnelle avec Jésus toujours plus vraie et plus profonde. D’où l’importance d’une vie de prière et de service à la suite du Christ Serviteur. En d’autres termes, une vie véritablement conforme à l’Évangile, appuyée sur la grâce des sacrements et l’approfondissement de notre foi. Que deviendrons-nous ? Des témoins du ressuscité qui a transformé nos vies et qui peut, ou plutôt veut, faire de même avec nos frères. Le sanctuaire de Cuet est ce lieu où nous pouvons exécuter ce cheminement pleinement humain, et donc véritablement chrétien, qui nous conduit à devenir des missionnaires de la Miséricorde du Père.

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