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Le dialogue dans l’Eglise

publié dans nouvelles de chrétienté le 14 novembre 2017


 

11 novembre 2017

Dialogue : un théologien renvoyé pour avoir critiqué le pape

Le Père Thomas Weinandy, OFM, Cap.
SOURCE - FSSPX Actualités – 10 novembre 2017

Le 1er novembre 2017, le Père Thomas Weinandy, OFM, Cap., ancien Directeur du Secrétariat pour la doctrine des évêques des États-Unis et membre de la Commission théologique internationale du Vatican, a écrit une lettre au pape François, exprimant son inquiétude à propos de l’approche du pape sur 5 points clés. Le même jour, le père Weinandy a été invité à donner sa démission de son poste de conseiller auprès du Comité pour la doctrine de la Conférence des évêques des États-Unis (USCCB).

« Une opportunité de réfléchir sur la nature du dialogue » 

Dans une déclaration datée du 1er novembre 2017, le cardinal DiNardo, président de l’USCCB, a déclaré, visiblement sans ironie, que la démission du Père Weinandy « nous donne l’occasion de réfléchir sur la nature du dialogue au sein de l’Eglise ».
Il a reconnu qu’un légitime débat théologique se retrouve parfois dans la sphère publique mais il a désapprouvé que « les recensions qui sont faites sont souvent exprimées en termes d’opposition : conservateurs contre libéraux, gauche contre droite, pré-Vatican II contre Vatican II. Ces distinctions ne sont pas toujours très utiles ».
En guise de conseil – peut-être même comme un avertissement – pour ceux qui critiquent le pape François, le cardinal DiNardo a ajouté : « Nous devons toujours garder à l’esprit la ‘présupposition’ de saint Ignace de Loyola dans ses Exercices Spirituels : ‘… Il faut présupposer que tout bon chrétien doit être plus prompt à interpréter en bien les paroles de son prochain qu’à les condamner.’ Cette présupposition devrait s’exercer d’autant plus lorsqu’il s’agit de l’enseignement du Saint-Père. »

La Lettre du Père Weinandy 

La lettre du capucin américain est la dernière en date d’une série de critiques publiques visant le pape François, venant de la part de clercs et de théologiens, comme la récente Correctio Filialis, signée en particulier par Mgr Bernard Fellay.
Le texte complet de la lettre du Père Weinandy a été publié notamment dans les colonnes du Catholic World Report.
Dans sa lettre, le capucin exprime d’abord son « amour pour l’Eglise et son respect sincère » pour la fonction du pape. « L’Eglise, écrit-il, se tourne vers vous dans un esprit de foi, avec l’espoir que vous la guiderez dans l’amour ».
Pourtant, « une confusion chronique » semble être la marque du pape François, dit le Père Weinandy. La lumière de la foi, de l’espérance et de la charité est trop souvent « obscurcie par l’ambiguïté de vos paroles et de vos actions ».

« Un manque de clarté apparemment intentionnel » 

Le premier exemple d’ambiguïté que donne le Père Weinandy est l’enseignement du pape dans le tristement célèbre chapitre 8 d’Amoris Laetitia, qui semble promouvoir des interprétations contradictoires de l’enseignement de l’Eglise sur le mariage. « Enseigner avec un tel manque de clarté, apparemment intentionnel, c’est risquer inévitablement de pécher contre le Saint-Esprit, l’Esprit de vérité », prévient le Père Weinandy.
De plus, ajoute-t-il, « vous semblez censurer et même vous moquer de ceux qui interprètent le chapitre 8 d’Amoris Laetitia en accord avec la tradition de l’Eglise, comme lanceurs de pierre pharisaïques qui incarneraient un rigorisme impitoyable. Ce genre de calomnie est étranger à la nature du ministère pétrinien. Certains de vos conseillers semblent malheureusement faire de même ».
« Un tel comportement, ajoute franchement le Père Weinandy, donne l’impression que vos vues ne peuvent pas survivre à un examen théologique, et doivent donc être soutenues par des arguments ad hominem ».

« Vous présentez la doctrine comme morte et livresque » 

Deuxièmement, la manière de faire du pape, selon le Père Weinandy, « semble rabaisser l’importance de la doctrine de l’Eglise. » François décrit la doctrine comme « morte et livresque » dit Weinandy, tout en accusant les critiques d’en faire une idéologie.
Mais « ceux qui dévaluent les doctrines de l’Eglise se séparent de Jésus, auteur de la vérité » fait-il remarquer. « Ce qu’ils possèdent alors, et ne peuvent que posséder, est une idéologie – celle qui se conforme au monde du péché et de la mort ».

Les catholiques fidèles « déconcertés » quant au choix des nouveaux évêques 

Troisièmement, le Père Weinandy s’interroge sur le choix de certains évêques par le pape François : « des hommes qui semblent non seulement ouverts à ceux qui ont des opinions contraires à la foi chrétienne, mais qui les soutiennent et même les défendent. » La cause du scandale est « que non seulement vous nommez de tels hommes pour être des pasteurs de l’Eglise, mais que vous semblez également silencieux face à leur enseignement et à leur pratique pastorale ».
Pour le Père Weinandy, « ceci affaiblit le zèle » de ceux qui « ont défendu l’enseignement catholique authentique pendant de longues périodes, souvent au risque de leur propre réputation et de leur tranquillité. » Cela a conduit à une perte de confiance généralisée parmi les fidèles.

Confuse promotion des « options doctrinales et morales » 

L’Eglise, rappelle encore le capucin, est le Corps mystique du Christ dont le pape est tenu de défendre l’unité. Pourtant, le pape semble trop souvent vouloir faire le contraire, et à tort : « Encourager une forme de ‘synodalité’ qui permet et promeut diverses options doctrinales et morales au sein de l’Eglise ne peut que conduire à plus de confusion théologique et pastorale ».

Un climat de peur dans l’Eglise 

Tandis que le pape a fréquemment « encouragé, particulièrement pendant les deux synodes passés, toutes les personnes, et spécialement les évêques, à dire ce qu’elles pensent et à ne pas avoir peur de ce que le pape peut penser », le Père Weinandy dénonce une peur généralisée d’être marginalisé – voire pire – qui maintient les évêques silencieux. « Les évêques apprennent vite », ajoute-t-il, « et ce que beaucoup ont appris de votre pontificat, ce n’est pas que vous soyez ouvert à la critique, mais que vous en soyez contrarié ».
Pourquoi Jésus permet-il que tout cela arrive à l’Eglise ?, s’interroge encore le Père Weinandy. Et de répondre que, sans doute, Il veut manifester combien la foi est faible chez beaucoup dans l’Eglise, même parmi les évêques.
Cependant, il y a peut-être un avantage : les opposants à la foi montrent leurs vrais visages. « Avec ironie, votre pontificat a donné à ceux qui détiennent des vues théologiques et pastorales nuisibles, la licence et l’assurance de sortir de leurs ténèbres et d’apparaître en pleine lumière ».

Pourquoi rendre cette lettre publique ? 

A la mi-octobre, le Père Weinandy a reçu confirmation de la part de Mgr Becciu, substitut de la Secrétairerie d’Etat, que sa lettre était parvenue au pape. Celui-ci, cependant, n’a pas répondu.
Quand on lui demande pourquoi il a rendu sa lettre publique, le Père Weinandy répond à l’agence Crux : « La lettre exprime les inquiétudes de beaucoup plus de gens que moi, des gens ordinaires qui sont venus à moi avec leurs questions et leurs appréhensions… Je voulais qu’ils sachent que je les ai écoutés Becciu ».
Enfin, le théologien a déclaré qu’il n’avait pas peur des conséquences que la publication de sa lettre pourrait lui faire encourir : « Je suis plus préoccupé par le bien que ma lettre pourrait faire ».
De son côté, LifeSiteNews a souligné l’ironie du renvoi du Père Weinandy quand l’USCCB continue d’employer des partisans du Planning familial comme Jessica Garrels, coordonnatrice au Catholic Relief Services.
Traduction réalisée par nos soins.

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