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Chevènement et l’Islam

publié dans regards sur le monde le 4 février 2018


Chevènement et son « coup de pouce » à l’islam

 

On croyait Jean-Pierre Chevènement plus fin connaisseur de l’histoire de France et, plus particulièrement, de celle de la IIIe République sous laquelle fut votée la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’Etat ! Dans un entretien avec le Parisien, il rappelle d’abord qu’il fut à l’origine du Conseil français du culte musulman (CFCM) qui est d’ailleurs un fiasco sur toute la ligne, ce qu’il reconnaît d’ailleurs, imputant l’échec de cette instance, qui se voulait représentative, à la « domination » par les « trois fédérations de mosquées des principaux pays à l’origine de l’immigration, Algérie, Maroc, Turquie. » Il se demande ensuite, pour remédier à cet échec, s’il ne faut pas prévoir une autre approche: « Ne peut-on pas donner un coup de pouce à l’islam ? » L’ancien ministre de l’Intérieur attribue la propagation de l’islamisme à une absence de formation adéquate des musulmans en général et des imans en particulier, point de vue qui méconnaît ceci : ceux qui versent dans le terrorisme sont « radicalisés » par des prêches sur Internet ou des « frères » des cités qui méprisent la plupart des mosquées établies, celles de « traîtres » vendus aux « croisés ». Donc, partant de là, il veut fournir aux musulmans un cadre solide pour avoir une « bonne » formation afin, explique-t-il : « de favoriser l’émergence en France d’un islam cultivé qui sera la meilleure réponse à l’idéologie frustre et brutale du salafisme. » Ils feraient ainsi « des études longues, comme cela est le cas pour les curés et les rabbins qui sont formés à bac +5. » Il oublie de dire que ces études sont financées par les catholiques et les juifs mais lui ne songe nullement à exhorter les cinq millions de musulmans à casser leur tirelire pour payer la formation de leurs imans. Chevènement entend qu’elle le soit par les contribuables puisqu’il propose que l’État, quoique laïc, s’en charge : c’est le « coup de pouce » qu’il propose. Et, pour le justifier, il expose ceci : « Je regrette que l’islam soit installé en France seulement après la loi de 1905. Parce que toutes les religions ont bénéficié d’un coup de pouce initial de la part de l’Etat. » Chevènement a la mémoire courte ou singulièrement défaillante. En 1905, la loi de séparation des églises et de l’Etat, ne fut pas un « coup de pouce » mais un coup de sabre. Rafraîchissons-lui la mémoire ainsi qu’à ceux, nombreux, hélas, qui tiennent le même discours ! 1905 en fut le point culminant, mais la persécution des catholiques par la Troisième République franc-maçonne commence bien avant. Dès le 29 juin 1880, les catholiques vont assister à des scènes honteuses, devant lesquelles nombre d’entre eux ne resteront pas passifs. Du 16 octobre au 9 novembre 1880, ce seront six mille religieux qui seront chassés, et deux cent soixante et un couvents fermés par les forces de l’ordre. La loi de 1905 spolie l’Eglise de ses lieux de culte et de ses biens, les congrégations religieuses sont interdites et condamnées à l’exil. Pire encore : le gouvernement ordonne aux agents de l’administration procéder aux inventaires des biens ecclésiastiques spécifiés par cette loi, et de demander aux « prêtres présents l’ouverture des tabernacles. » A Montregard, en Haute-Loire, un catholique, André Régis, est froidement abattu lors des inventaires auxquels il s‘opposait Les églises, séminaires, évêchés, presbytères et d’autres propriétés de l’Eglise passent sous le contrôle de l’Etat, y compris des objets liturgiques ou des édifices religieux intégralement financés par les fidèles. Plus tard, l’usage des églises sera affecté aux paroissiens, dans le cadre d’une association cultuelle. Arrêtons-là ! Si l’ancien ministre veut que l’islam bénéficie de ce qu’il appelle le « coup de pouce » que serait la loi de 1905, il lui faut demander l’expropriation des mosquées existantes, comme des lieux de formation, l’expulsion des imans et les condamner à l’exil, l’appropriation des objets du culte, tapis, coran, livres de prières et, éventuellement, abattre les fidèles qui s’y opposeraient. Ce dont a « bénéficié » l’Eglise catholique de la part de la République. Ainsi l’égalité de traitement entre catholiques et musulmans en France serait établie. Chiche, monsieur le ministre, pour ce « coup de pouce » -là ? P.R. (Source Bulletin d’André Noël)

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