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Doctrine de saint Thomas d’Aquin sur le baptême. Sixième leçon

publié dans la doctrine catholique le 30 mars 2018


Le baptême

 6ème leçon

Des effets du baptême

L’étude de ce chapitre doit faire naître dans le  cœur du fidèle  « le feu du véritable amour de Dieu », tant ce sacrement l’a élevé « à un très haut degré  de dignité ». Aussi ne doit-il « jamais souffrir que les artifices, ou la violence de Satan l’en fasse  déchoir ».

A-  Le premier effet : il n’y a plus de trace de péché dans celui qui est baptisé 

La première chose à apprendre au fidèle sur ce point, « c’est que tous. nos péchés, soit le péché originel qui nous vient de nos premiers parents, soit le péché actuel que nous commettons par notre propre volonté, — quand même ce péché dépasserait en malice tout ce qu’on peut imaginer, — tous nos péchés, disons-nous, nous sont remis et pardonnés par la vertu merveilleuse du Sacrement de Baptême ». (p. 177)

Telle est la doctrine constante de l’Eglise.

Le catéchisme fonde cette certitude sur l’Ancien et le Nouveau testament.

Sur Ezéchiel d’abord : Ezéchiel avait prédit cet effet: Je verserai sur vous une eau pure, dit Dieu Lui-même, par la bouche du Prophète, et vous serez purifiés de toutes vos souillures. (Ezech 36 25)

Sur saint Paul ensuite : saint Paul, après avoir fait aux Corinthiens une longue énumération de diverses sortes de péchés, ajoute: C’est ce que vous avez été autrefois: mais vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés. (1 Cor 6 11)

Mais aussi sur la Tradition  des Père :

Sur  Saint Augustin. Saint Augustin, dans son livre du Baptême des enfants, dit que par la génération du Saint-Esprit, on obtient la rémission des péchés volontaires, avec celle du péché originel.

Et saint Jérôme à Océanus: Tous les crimes, dit-il, sont pardonnés dans le Baptême.

La sainte Assemblée de Trente confirme tous les Conciles qui se sont exprimés sur ce sujet : « la sainte assemblée de Trente a prononcé l’anathème contre ceux qui oseraient penser autrement, et qui auraient la témérité de soutenir que la rémission des péchés par le Baptême n’est pas entière, et qu’ils ne sont pas absolument effacés et comme déracinés de l’âme, mais seulement coupés et rasés en quelques sortes, de manière que les racines en demeurent encore dans notre cœur. Car, pour employer les propres expressions du Concile, Dieu ne hait rien dans ceux qui sont régénérés, parce qu’il n’y a aucune cause de condamnation dans ceux qui ont été véritablement ensevelis avec Jésus-Christ par le Baptême, pour mourir ait péché ; qui ne vivent plus selon la chair ; qui ont dépouillé le vieil homme ; qui se sont revêtus de l’homme nouveau qui a été créé selon Dieu ; et qui sont devenus innocents, purs, sans tache, et agréables à Dieu »(Sessions 5 canon 5)

Nous trouvons la même doctrine dans saint Grégoire: Si quelqu’un prétend, dit-il, que par le baptême les péchés sont remis seulement jusqu’à la surface, qu’y a-t-il de moins chrétien que cette opinion ? Car, par le sacrement de la Foi, l’âme, entièrement dégagée de ses fautes, n’est plus attachée qu’à Dieu. Puis, en preuve de ce qu’il affirme, il rapporte les paroles de Notre Sauveur dans saint Jean: Celui qui a été lavé, n’a plus besoin que de se laver les pieds, et il est pur dans tout le reste. » 

Mais comment se fait-il que le baptisé connaisse encore la concupiscence. C’est bien que le foyer du péché subsiste encore dans le baptisé ?

Le catéchisme répond d’une façon catégorique :

« La concupiscence n’est point le péché. Saint Augustin enseigne que chez les enfants le Baptême remet la faute de la concupiscence, mais qu’il leur laisse la concupiscence, pour les exercer. Et ailleurs il dit positivement que la faute est détruite dans le Baptême, mais que la faiblesse reste. La concupiscence qui vient du péché n’est autre chose en effet qu’une inclination ou tendance de l’âme, essentiellement contraire à la raison ; mais cette tendance cependant est bien différente de la véritable nature du péché, quand il ne s’y joint ni consentement de la volonté pour la suivre, ni négligence pour la combattre.

Le catéchisme confirme cette vérité de l’abolition de tout péché par le beau récit de Naaman, le lépreux de Syrie

« Si l’on veut une image sensible et une figure frappante de cette vérité, il n’y a à considérer ce que l’Ecriture rapporte de Naaman, le lépreux de Syrie. Après s’être baigné sept fois dans le Jourdain, il fut si parfaitement guéri que sa chair semblait être celle d’un enfant. »

Ainsi, conclut le catéchisme : « l’effet propre du Baptême est de nous remettre tous nos péchés, aussi bien le péché originel que ceux que nous avons commis par notre propre faute.

C’est pour cette fin-là même que notre Sauveur l’a institué. Le Prince des Apôtres, pour n’en point citer d’autres, nous l’apprend formellement, quand il dit: « Faites pénitence, et que chacun de vous reçoive le Baptême au nom de Jésus-Christ, pour la rémission de ses péchés ».

Voila ce que confirme aussi saint Thomas dans son article 1 de la question 69 :

L’Apôtre dit aux Romains (6, 3)  » Nous tous qui avons été baptisés dans le Christ Jésus, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. » Et plus loin (6, 11) il conclut : « Aussi vous-mêmes regardez-vous comme morts au péché et vivant pour Dieu en Jésus Christ notre Seigneur. » Cela montre que par le baptême l’homme meurt à la vétusté du péché, et commence à vivre dans la nouveauté de la grâce. Or tout péché appartient à cette vétusté passée. Tout péché, par conséquent, est effacé par le baptême.

B-  Le baptême non seulement remet tous les péchés mais aussi les peines  qui lui sont dues.

Voilà la doctrine du catéchisme : « Et non seulement le Baptême remet tous les péchés, mais grâce à l’infinie bonté de Dieu, il remet en même temps toutes les peines qui leur sont dues.

Voici le merveilleux argument de saint Thomas :

« Nous l’avons déjà dit le baptême nous incorpore à la passion et à la mort du Christ; comme dit S. Paul (Rm 6, 8) : « Si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. » Cela montre que tout baptisé participe à la passion du Christ pour y trouver un remède, aussi bien que s’il avait souffert et était mort lui-même. Or la passion du Christ, nous l’avons dit est une satisfaction suffisante pour tous les péchés de tous les hommes. Ainsi le baptisé est libéré de la peine qu’il devait acquitter pour ses péchés, comme si lui-même avait pleinement satisfait pour tous ses péchés. »

Le baptême nous incorpore au Christ et donc nous fait participer à la Passion du Christ qui a amplement satisfait à la justice divine  pour chaque baptisé. « Voilà pourquoi la sainte Eglise a toujours compris qu’on ne pouvait, sans faire une très grande injure à ce Sacrement, imposer à celui qui doit le recevoir et être purifié par lui, ces œuvres de piété que les saints Pères appellent communément des œuvres satisfactoires ». (p  179)

N’invoquons pas contre notre argument, « l’usage de la primitive Eglise, qui ordonnait aux Juifs, lorsqu’ils recevaient le Baptême, de jeûner pendant quarante jours. Ce jeune n’avait point rapport à la satisfaction ; mais c’était un moyen de rappeler à ceux qui recevaient le Baptême, que par respect pour la dignité de ce Sacrement, ils devaient se livrer sans interruption pendant quelque temps au jeûne et à la prière ». (p. 179-180)

Que pensez alors des châtiments infligés aux coupables ?

Saint Thomas aborde cette question dans III 69 2 ad tertium : Il dit : «  Une fois sa peine remise, l’homme ne mérite plus de châtiment, et il serait injuste de le punir. Donc, si le baptême remet la peine, il serait injuste de pendre après le baptême le brigand qui aurait auparavant commis un homicide. Ainsi le baptême relâcherait la rigueur de la justice humaine, ce qui ne convient pas. Le baptême ne remet donc pas la peine. »

Saint Thomas répond : « Dans les châtiments infligés par la justice humaine, on ne doit pas considérer seulement la peine que le coupable a méritée devant Dieu, mais aussi la dette qu’il a contractée envers les hommes, qui ont été lésés et scandalisés par son péché. Ainsi, bien qu’un assassin soit par le baptême libéré de toute peine devant Dieu, il demeure cependant lié devant les hommes, qu’il doit édifier en subissant son châtiment comme il les a scandalisés par sa faute. Cependant le prince pourrait par miséricorde lui remettre sa peine. »

Le catéchisme reprend intégralement la pensée de saint Thomas. Il dit : « Mais s’il est absolument certain que le Baptême remet toutes les peines dues aux péchés, cependant il n’exempte point de ces châtiments que les tribunaux humains infligent aux grands criminels. Ainsi celui qui aurait mérité la mort ne pourrait se soustraire par le Baptême au supplice ordonné par la loi. Mais on ne saurait trop louer la religion et la piété de ces princes qui, pour faire éclater davantage la gloire de Dieu dans ses Sacrements, accorderaient sa grâce au coupable en cette circonstance, et lui remettraient sa peine ». (p.180)

C-   De plus le Baptême, après le court passage de cette vie, nous délivre de toutes les peines qui sont dues au péché originel.

« C’est une grâce que la mort de Jésus-Christ nous a méritée. Comme nous l’avons dit plus haut, par le Baptême nous mourons avec Jésus-Christ ; or, dit l’Apôtre, si nous sommes entés en Lui, par la ressemblance de sa Mort, nous le serons aussi par la ressemblance de sa Résurrection. » (p 180)

D-  Mais alors pourquoi les peines de cette vie mortelle ?

« Pourquoi donc, dira peut-être quelqu’un, ne sommes-nous pas, aussitôt après le Baptême, et dès cette vie mortelle, délivrés de tous les inconvénients qui l’accompagnent et rétablis par la vertu de l’ablution sacrée dans cet état de dignité et de perfection, où Adam le père du genre humain avait été placé avant son péché ?

On peut répondre avec le catéchisme : en droit, même, toutes les pénalités de la vie présente sont enlevées par le baptême ; mais Dieu les laisse jusqu’à la résurrection, afin que les baptisés puissent

-ressembler à Jésus-Christ,

-acquérir de nombreux mérites,

-témoigner qu’ils viennent au baptême, non pour les commodités de la vie présente, mais en vue de la gloire future.

Voilà les paroles du catéchisme lui-même :

La première raison, c’est que nous sommes unis au corps de Jésus-Christ, et que nous en devenons les membres par le Baptême. Or il ne convenait pas de nous accorder plus de privilèges qu’à notre Chef lui-même. Notre-Seigneur Jésus-Christ, tout en possédant dès le premier instant de sa conception, la plénitude de la Grâce et de la Vérité, n’a point déposé pour cela la fragilité de la nature humaine qu’il avait prise, avant d’avoir enduré les tourments de sa Passion et de sa Mort, et avant de s’être ressuscité Lui-même à la vie glorieuse de l’immortalité. Dès lors, qui pourrait s’étonner de voir les Fidèles, qui possèdent déjà par le Baptême la grâce de la justice céleste, continuer de vivre encore dans une chair périssable et fragile ? Quand ils auront supporté pour Jésus-Christ toutes sortes de peines et de travaux, quand ils auront subi la mort, et qu’ils seront ensuite revenus à la vie, alors ils seront dignes de jouir avec Lui de l’éternité bienheureuse.

La seconde raison qui a fait laisser en nous après le Baptême l’infirmité du corps, les maladies, le sentiment de la douleur et les mouvements de la concupiscence, c’est que Dieu voulait nous ménager comme une ample moisson de mérites de toute sorte, et par ce moyen, nous faire obtenir un jour des fruits plus abondants de gloire, et de plus magnifiques récompenses. Si nous souffrons patiemment toutes les misères de la vie, si avec l’aide de Dieu, nous soumettons les affections déréglées de notre cœur à l’empire de la raison, nous avons le droit d’espérer fermement, avec l’Apôtre, que,  ayant bien combattu, achevé notre course et conservé la Foi, le Seigneur nous réservera la couronne de justice, et que ce juste Juge nous la rendra au dernier jour. (2 Tim 4 7) «

Le catéchisme prend ensuite pour illustrer ce mode divin, l’exemple de Dieu vis-à-vis du  peuple juif : « C’est de la même manière que Dieu semble avoir agi avec les enfants d’Israël. Il les délivra de la servitude d’Egypte, de la poursuite de Pharaon et de son armée, qu’Il précipita dans la mer ; et cependant Il ne les introduisit point immédiatement dans l’heureuse terre de la promesse ; mais auparavant, Il les fit passer par plusieurs épreuves, et les exposa à de nombreux périls. Et plus tard, lorsqu’Il les mit en possession de la terre promise, Il chassa, il est vrai, de cette terre la plupart de ses habitants, mais II y conserva cependant quelques nations, qu’on ne put jamais détruire, afin que le peuple de Dieu eût sans cesse l’occasion d’exercer son courage, et sa vertu guerrière ».

Et enfin voici la troisième raison : « Joignons à cela que si le Baptême, tout en ornant l’âme des dons célestes, procurait en même temps les biens du corps, plusieurs probablement voudraient le recevoir, plutôt à cause de ces avantages temporels et présents, que par l’espérance de la gloire future. Et cependant les biens que le Chrétien ne doit jamais perdre de vue, ne sont pas ces biens faux et incertains qui se voient, mais les biens véritables et éternels qui ne se voient pas ».

Je voudrais vous faire toucher du doigt combien les auteurs du catéchisme sont fidèles à la pensée de saint Thomas. Sai nt Thomas aborde ce sujet dans l’article 3 de la question 69  intitulé : Le baptême enlève-t-il les maux de cette vie? »

Il répond :

« Le baptême a la puissance d’enlever les peines de la vie présente; cependant il ne les enlève pas en cette vie, mais c’est par sa vertu que les justes en seront libérés à la résurrection,  » quand ce corps mortel revêtira l’immortalité  » (1 Co 15, 54). Et il est raisonnable qu’il en soit ainsi.

D’abord, parce que l’homme est incorporé au Christ par le baptême et devient ainsi l’un de ses membres. Il convient donc que ce qui s’est passé pour la tête se passe aussi pour les membres. Or, si le Christ a été depuis sa conception plein de grâce et de vérité, il a eu cependant un corps passible qui par sa passion et sa mort est ressuscité à la vie glorieuse. Ainsi le chrétien reçoit-il par le baptême la grâce en son âme, alors qu’il a un corps passible, dans lequel il peut souffrir pour le Christ; mais à la fin il ressuscitera pour une vie impassible. Aussi l’Apôtre dit-il (Rm 8, 11) : « Celui qui a ressuscité Jésus Christ d’entre les morts rendra aussi la vie à nos corps mortels à cause de son Esprit qui habite en nous. » Et plus loin (v. 17) : « Nous sommes les héritiers de Dieu et les cohéritiers du Christ, si toutefois nous souffrons avec lui pour être glorifiés avec lui. »

De plus, cela convient aussi pour l’exercice de la vie spirituelle : c’est en luttant contre la convoitise et les autres faiblesses que l’homme recevra la couronne de la victoire. Aussi sur ce mot de S. Paul (Rm 6, 6) : « Pour que soit détruit le corps du péché », la Glose dit : « Si après le baptême l’homme vit encore dans la chair, il garde la convoitise qu’il doit combattre, et vaincre avec l’aide de Dieu. » C’est ce que figure cette parole (Jg 3, 1-2) : « Voici les nations que le Seigneur a laissées pour éprouver par elles Israël, et pour qu’ensuite leurs fils apprennent à combattre les ennemis et qu’ils gardent l’habite combat. »

Enfin cela convient aussi pour que les hommes ne viennent pas au baptême en vue d’obtenir l’impassibilité dans la vie présente, plutôt que la gloire de la vie éternelle. C’est ce que dit l’Apôtre (1 Co 15, 19) : « Si nous n’avons d’espérance dans le Christ que pour cette vie seulement, nous sommes les plus malheureux des hommes. » »

Reconnaissons que la vie présente malgré ses labeurs est aussi pleine de joie :

« Toutefois, la vie présente, si remplie de misères qu’elle soit, n’est pas sans joies et sans douceurs. Pour nous en effet, qui sommes comme des branches entées sur Jésus-Christ par le Baptême, que peut-il y avoir de plus doux, et de plus désirable, que de prendre la croix sur nos épaules, de suivre notre Sauveur comme un chef, sans nous laisser ni rebuter par la fatigue, ni arrêter par les dangers, et de tendre sans cesse de toutes nos forces à la récompense céleste à laquelle Dieu nous appelle, pour recevoir de sa main, ceux-ci le laurier de la virginité, ceux-là, la couronne de la science et de la prédication, les uns la palme du martyre, les autres enfin les récompenses dues à leurs vertus ? Or, tous ces titres et tous ces insignes ne pourraient nous être accordés, si auparavant nous ne nous étions point exercés dans la carrière de cette vie si pénible, et si nous n’avions pas remporté la victoire dans le combat » (p. 182).

 

E-   Mais plus que cela encore, le baptême remplit notre âme de cette « Grâce divine qui nous rend justes, et nous fait enfants de Dieu, héritiers du salut éternel ».

C’est l’enseignement du Concile de Trente.

En effet d’après le décret du Concile de Trente, qui nous oblige de le croire sous peine d’anathème, la grâce reçue dans le Baptême n’efface pas seulement nos péchés, mais elle est encore comme une qualité divine qui s’attache à l’âme, c’est comme un rayon, une lumière qui en absorbe toutes les taches, et qui la rend plus belle et plus brillante.

Cette vérité se déduit aussi très clairement de l’Ecriture Sainte qui nous dit que « la grâce est répandue dans nos cœurs »(Rm 5 5)  et qu’elle est « un gage du Saint-Esprit. »(Eph 1 14)

Saint Thomas l’explique fort bien : « Comme dit S. Augustin. le baptême a pour effet d’incorporer les baptisés au Christ comme ses membres. Or, de la tête qui est le Christ découle en tous ses membres la plénitude de la grâce et de la vertu, comme dit S. Jean (1, 16) : « De sa plénitude nous avons tous reçu. » Il est donc évident que par le baptême on reçoit la grâce et les vertus » (III 69 4).

Ainsi le catéchisme affirme également,

F-   Mais cette grâce que le Baptême communique est accompagnée du glorieux cortège de toutes les vertus qui, par un don spécial de Dieu, pénètrent dans l’âme en même temps qu’elle.

L’Apôtre écrivait à Tite: « Dieu nous a sauvés par l’eau de la régénération et du renouvellement du Saint-Esprit, qu’Il a répandu sur nous avec abondance, par Jésus-Christ notre Sauveur. » Et Saint Augustin affirme que ces paroles, Il a répandu en abondance, doivent s’entendre de toute la rémission des péchés et de l’abondance de toutes les vertus.

Voici l’argument théologique :

« Le Baptême nous unit aussi et nous attache à Jésus-Christ comme des membres à leur chef. C’est la tête qui communique à chaque partie du corps la force et le mouvement nécessaires pour remplir les fonctions qui lui sont propres. De même aussi c’est de la plénitude de notre Seigneur Jésus-Christ que se répand sur tous ceux qui sont justifiés, cette Vertu, cette Grâce divine qui nous rend capables d’accomplir tous les devoirs de la Piété chrétienne ».

Objection ! S’il en est ainsi, pourquoi tant de difficultés pour  pratiquer la vertu en ce monde

Réponse du catéchisme : la même que celle de plus haut

« Personne ne doit trouver étrange qu’avec une aussi grande abondance de vertus qui viennent orner et fortifier notre âme, nous ne puissions cependant commencer ou du moins achever aucune bonne œuvre, sans les peines et les difficultés les plus grandes. Ce n’est pas que Dieu dans sa bonté ne nous ait accordé réellement les vertus qui engendrent les bonnes œuvres. Mais c’est que même après le Baptême, la lutte acharnée de la chair contre l’esprit n’est pas finie. Au contraire. Et il serait indigne d’un Chrétien de se décourager dans cette lutte, ou de se laisser abattre. S’il s’appuie sur la bonté de Dieu, et s’il s’applique chaque jour à bien vivre, il doit garder dans son cœur l’espérance certaine que bientôt il trouvera facile et agréable tout ce qui est honnête, tout ce qui est juste, tout ce qui est saint.(Phil 4 8) Méditons souvent ces saintes pensées, pratiquons avec joie ce qu’elles nous enseignent, et le Dieu de la paix sera avec nous ».(2 Cor 13 11)

G-  En outre le Baptême imprime dans notre âme un caractère ineffaçable. Le baptême ne peut donc être réitère. (Voir ici ce que nous avons dit du caractère dans l’étude du Sacrement en général)

H-   Enfin après tous les avantages que nous retirons du Baptême, il en est un dernier auquel tous les autres se rapportent, c’est de nous ouvrir la porte du ciel, que le péché nous tenait auparavant fermée.

Ainsi doit-on dire que d’ouvrir la porte du Royaume céleste est l’effet propre du baptême ?

Oui,  parce que qu’il ne laisse rien du péché ou de la peine due au péché ; et que c’est l’unique obstacle empêchant d’entrer au ciel, depuis que le ciel nous a été ouvert par la Passion de Jésus-Christ. C’est l’argument de l’article 7 de saint thomas .

Voici l’argument de saint Thomas dans l’article 7 : « c’est enlever l’obstacle qui empêche d’y entrer. Cet obstacle, c’est la faute et la peine qui lui est due. Or on a montré que le baptême remet absolument tous les péchés, et toutes les peines. Par conséquent, il a pour effet d’ouvrir le royaume des cieux ».

Le catéchisme présente ensuite un argument général pour expliquer tous les effets du baptême. Il parle du baptême de Jésus au Jourdain et de la théophanie qui l’a suivi : « nous pouvons parfaitement les inférer de ceux qui, au témoignage de l’Evangile, se manifestèrent au Baptême de Notre-Seigneur. Les cieux s’ouvrirent alors, (Mt 3 16) et l’on vit le Saint-Esprit descendre sur Jésus-Christ sous la forme d’une colombe. Ce prodige signifiait que ceux qui sont baptisés reçoivent les dons du Saint-Esprit, et que la porte du ciel leur est ouverte, non à la vérité pour qu’ils entrent dans la jouissance de la gloire céleste, immédiatement après leur Baptême, mais quand le temps sera venu ; c’est-à-dire, lorsque délivrés de toutes les misères terrestres, qui ne sauraient atteindre la vie des bienheureux, ils se dépouilleront de leur condition mortelle, pour jouir de l’immortalité ».

Tels sont les effets du Baptême.

A ne considérer que la vertu du Sacrement, ils sont, sans aucun doute, les mêmes pour tous. Même pour les  enfants : ils reçoivent grâce et vertus mais tout cela n’est en eux qu’à l’état de germe ou à l’état habituel, attendant pour se manifester d’une façon actuelle qu’ils soient à même de vivre de la vie de la grâce et des vertus ( III 69 6)

Mais si l’on s’arrête aux dispositions de ceux qui le reçoivent, il est bien certain que chacun en tire une grâce céleste, et des fruits plus ou moins abondants, suivant l’état particulier de son cœur.

 

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