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« Le jugement dernier ». Heureux rappel à la veille de la fête de la Toussaint

publié dans paroisse saint michel le 31 octobre 2018


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Église catholique: Jugement dernier : le rappel à l’ordre de Mgr Viganò

 

L’archevêque Carlo Maria Viganò vient à nouveau briser le climat de silence. Ou plus exactement d’omertà, qui règne dans l’Eglise. Par une réplique au cardinal Marc Ouellet : “Le scandale de McCormick n’est que la pointe de l’iceberg que représente l’hégémonie au sein de l’Eglise d’un puissant lobby homosexuel”.

Sans vouloir m’attarder sur cette réalité tragique, ce qui me semble important ici au contraire, c’est ce qui illumine d’une lumière surnaturelle ce témoignage de Mgr Viganò : un rappel à la responsabilité, dont chacun de nous devra rendre compte au Jugement dernier.

Voici ce qu’il écrit à ses confrères, évêques et prêtres : « Vous êtes vous aussi confrontés à un choix: Soit vous retirer de la bataille, continuer dans la conspiration du silence, et fermer les yeux sur la corruption qui s’amplifie. Libre à vous de vous inventer des excuses, des compromis, des justifications, procrastinant ainsi jusqu’au jour où il vous faudra rendre des comptes. Libre à vous de vous consoler pensant que la duplicité et l’illusion vous aident pour ne dire la vérité que demain plutôt, au après-demain. Soit, au contraire, vous pouvez choisir de prendre la parole. Remettez-vous-en à Celui qui a dit : “La vérité vous rendra libres”. Certes, je ne dis pas qu’il vous sera facile de décider entre vous taire, ou parler. Je vous exhorte à bien considérer le choix dont vous n’aurez pas à vous repentir sur votre lit de mort et devant le juste Juge. ».

Personne de nos jours ne parle des destins suprêmes de l’homme, que l’on appelait autrefois les “fins dernières” : la Mort, le Jugement, l’Enfer, le Paradis.D’où la diffusion dans notre société actuelle du relativisme et du nihilisme. L’homme a perdu la conscience de sa propre identité et de sa propre finalité ; et chaque jour il se précipite vers l’abîme du vide.

Pourtant, aucun homme doué de raison ne peut ignorer que la vie terrestre n’est pas tout. L’homme n’est pas un amas de cellules. Il est composé et d’un corps, et d’une âme. Et après la mort il y a une autre vie, qui ne pourra pas être la même pour ceux qui ont fait le bien et pour ceux qui ont fait le mal. Actuellement, y compris au sein même de l’Eglise, nombreux sont les évêques et les prêtres qui vivent, plongés dans un athéisme pratique, comme s’il n’existait pas de vie future. Or ils ne peuvent oublier qu’un jugement suprême nous attend.

Ce jugement aura lieu en deux temps.

Le premier jugement, dit “jugement particulier”, intervient au moment de notre mort. À ce moment, un rai de lumière pénètrera notre âme jusque dans ses tréfonds, pour lui montrer ce qu’elle est, et pour fixer à jamais son sort : heureux ou malheureux. C’est dans cet instant que le scénario de notre vie défilera devant nos yeux.

Depuis le moment où Dieu nous a tirés du néant vers la condition d’être, Il nous a gardés en vie avec un Amour infini, nous offrant jour après jour, instant après instant, les grâces nécessaires pour faire notre salut. Dans ce jugement particulier nous verrons clairement ce qui nous était demandé de par notre vocation particulière : celle de mère, de père, de prêtre. Notre âme, illuminée par la Lumière divine, prononcera sur elle-même son jugement définitif qui coïncidera avec le jugement de Dieu.

La sentence sera : soit celle de la vie éternelle, soit celle du châtiment éternel. Il n’existe pas de tribunal supérieur auprès duquel faire appel. Car le Christ est le Juge ultime, suprême. Et comme nous l’enseigne saint Thomas : « illuminée par cette lumière sur ses propres mérites ou démérites, l’âme s’en va, comme d’elle-même, au lieu de son éternité, semblable à ces corps légers ou lourds qui montent et descendent là où leur mouvement doit s’achever. » (Summa Theologiae,Suppl. q. 69, a. 2). « Ceci– comme l’explique le Père Garrigou Lagrange – se produit dans le premier instant où l’âme est séparée du corps, si bien qu’il est tout aussi juste de dire d’une personne qu’elle est morte que de dire qu’elle est jugée » (extrait en italien de : La vita eterna e le profondità dell’anima, Fede e Cultura, Verona 2018, p. 94).

Au cours d’une révélation que Dieu permit, une religieuse a recueilli ce témoignage d’une jeune amie qui s’était damnée, où l’on peut lire : « Au moment de mon trépas, je sortis brusquement de l’obscurité. Je me vis inondée d’une lumière aveuglante exactement à l’endroit où mon cadavre gisait. Tout se déroula comme au théâtre, quand les lumières s’éteignent et que le rideau se lève sur un scénario imprévu, terriblement lumineux… la scène de ma vie. Je vis comme dans un miroir mon âme, je vis les grâces foulées au pied à partir de ma jeunesse jusqu’à mon ultime “non!”.Je me sentis comme un assassin à qui l’on montrait sa victime : “ Me repentir? Jamais! – Avoir honte?  Jamais !” Pourtant, je ne pouvais résister au regard de ce Dieu que j’avais rejeté. Il ne me restait plus qu’une seule chose à faire : fuir. Tout comme Caïn avait fui, mon âme fut chassée loin de la vue de cette horreur… Ce fut le jugement particulier. Le Juge invisible dit : “ Loin de moi! ” Alors, mon âme, comme une ombre jaune de soufre, tomba dans le lieu de l’éternel tourment ». 

Mais l’Enseignement divin ne s’arrête pas là et nous révèle qu’une second jugement, le “Jugement universel”, nous attend lorsque, à l’achèvement des choses terrestres, Dieu, dans Sa Toute-Puissance, fera ressusciter nos corps. Au moment du premier jugement, c’est seulementl’âme qu est jugée. Lors du Jugement universel, c’est l’homme tout entier, dans son âme et dans son corps. Ce second jugement sera public parce que l’homme naît et vit en société et chacune de ses actions a une répercussion sociale.

La vie de chaque être humain sera révélée, car « Il n’y a rien de caché qui ne doive être révélé, rien de secret qui ne doive être connu.  » (Lc 12, 2). Aucune circonstance ne sera oubliée : pas une action, pas un mot, pas un désir. Comme le rappelle le Père Francesco M. Gaetani (I supremi destini dell’uomo, Università Gregoriana Roma 1951), tous les scandales, les intrigues, les projets ténébreux, les péchés secrets effacés de la mémoire seront rendus publics. Tous les masques tomberont, les hypocrites et les Pharisiens seront démasqués. Ceux qui avaient tenté de se cacher à eux-mêmes la gravité de leur péché seront onfondus en voyant la vanité de toutes les excuses qu’ils avaient échafaudées : les passions, les circonstances, les obstacles.

Contre eux témoignera l’exemple des élus, des hommes peut-être plus faibles et plus éprouvés, moins dotés de dons par la Nature et la Grâce, qui auront réussi malgré tout à rester fidèles à leur devoir et à la vertu. Dieu ne déposera un voile de Miséricorde que sur les péchés des bons.

Au jour du Jugement final, les bons seront publiquement séparés des mauvais, et avec leur corps glorieux ils iront avec le Christ posséder le Règne préparé pour eux par le Père depuis la fondation du monde, tandis que les dépravés iront, maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et les autres anges rebelles. Chacun de nous sera jugé selon les talents qu’il avait reçus, selon le rôle que Dieu nous a assigné dans la société. Ceux qui seront traités le plus sévèrement seront les Pasteurs de l’Eglise qui ont trahi leur troupeau. Pas seulement ceux qui ont ouvert l’enclos aux loups, mais aussi ceux qui, pendant que ces loups dévoraient leur troupeau, ont haussé les épaules, ont détourné la tête, ont levé les yeux au ciel, sont restés sans rien dire, rejetant sur Dieu une responsabilité qui était en réalité la leur. Or la vie est une prise de responsabilités et le témoignage de Mgr Viganò vient nous le rappeler aujourd’hui.

Les paroles de ce courageux évêque sont une remontrance publique pour les Pasteurs qui restent muets. Dieu leur montre que le silence n’est pas un choix obligé. On peut parler, et parfois on a le devoir de parler.

Mais le témoignage de Mgr Viganò est également un rappel pour chaque catholique : un appel à réfléchir sur son destin futur. Dieu seul connaît l’heure du Jugement qui nous attend. C’est pourquoi Jésus nous dit : « Montez la garde, veillez donc et priez, parce que vous ne savez ni le jour ni l’heure. Et ce que je vous dis à vous, je le dis à tous : Veillez. » (Mt 24, 36 et ss).

L’époque que nous vivons exige la vigilance et nous impose de savoir effectuer des choix. Nous vivons une heure historique : celle de la force; et de la confiance en Dieu infiniment juste, mais aussi infiniment miséricordieux envers ceux qui, malgré leur faiblesse, Le serviront à visage découvert. (Roberto de Mattei)

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