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Commentaire des psaumes du bréviaire romain. N°5

publié dans paroisse saint michel le 4 novembre 2018


Commentaire des psaumes du bréviaire romain

de Matines du dimanche

Psaume n° 2

 

Ce psaume 2 expose d’abord la révolte des nations contre le Seigneur  et son Christ : « adversus Dominum et adversus Christum eius ». C’est l’objet des deux premières strophes. Les deux strophes suivantes montrent que Dieu, en raison de sa puissance, « se rira d’eux » « irridebit eos » et leur montrera sa colère : « Il leur parlera dans sa colère et les épouvantera dans sa fureur ». Enfin, le Seigneur donnera toute puissance à son Christ, « il est son Fils » et pour cette raison, « il lui donnera les nations en héritage », rien n’échappera à son domaine et à sa puissance. Alors tous les « juges de la terre », soyez prudents et soumettez-vous « au Fils de Dieu ». Telles sont les idées exprimées dans ce psaume.

On peut dire que ce psaume est vrai de tous les temps, « les nations se sont toujours révoltées contre Dieu ». Ce fut vrai dans l’histoire du peuple juif. C’est toute l’histoire de l’Ancien Testament. Le peuple et ses chefs se sont révoltés même dans la traversée du désert alors que la puissance de Dieu et sa miséricorde  éclataient au grand jour, ne serait-ce que par la traversée de la mer rouge. L’empire romain s’est également dressé contre Dieu. Louis Veuillot ne dit-il pas que l’Empire Romain a péri par « la luxure et la violence », imitant Sodome et Gomorrhe. N’est-ce pas, là, manifestation de la révolte des peuples contre Dieu, lui qui nous appelle à la pureté et à la douceur. « Je suis doux et humble de cœur ».

Mais si cette révolte contre Dieu est vraie de tous les temps, elle est surtout vraie de notre temps.

«  Quare fremuerunt Gentes et populi meditati sunt inania. Astiterunt reges terrae et principes convenerunt in unum adversus Dominum et adversus Christum eius »

« Pourquoi les nations ont-elles frémi et les peuples ont-ils formé de vains desseins ? Les rois de la terre se sont levés et les princes se sont assemblés contre le Seigneur et contre son Christ ».

Illustrons ces deux premières strophes en voyant la révolte contemporaine des nations contre Dieu, son Christ et son Eglise. Et inspirons-nous de l’encyclique de Saint Pie X « E supremi apostolatus »

Il est clair qu’il y a aujourd’hui une lutte contre le Seigneur, son  Christ et son Eglise. C’est tout le travail de la Révolution qui inspire toute la « politique », tout le « droit moderne », toute la « législation » actuelle. Et cela depuis la Renaissance et surtout depuis la Révolution dite française.

La Révolution.

Mgr Gaume la définit joliment :

« Si arrachant son masque, vous lui demandez qui es-tu ? Elle vous dira : je ne suis pas ce que l’on croit. Beaucoup parlent de moi et bien peu me connaissent. Je ne suis ni le carbonarisme… ni l’émeute… ni le changement de la monarchie en république, ni la substitution d’une dynastie en une autre, ni le trouble momentané de l’ordre public. Je ne suis ni les hurlements des Jacobins, ni les fureurs de la Montagne, ni le combat des barricades, ni le pillage, ni l’incendie, ni la loi agraire, ni la guillotine, ni les noyades. Je ne suis ni Marat, ni Robespierre, ni Babeuf, ni Mazzini, ni Kossuth. Ces hommes sont mes fils, ils ne sont pas moi. Ces choses sont mes œuvres, elles ne sont pas moi. Ces hommes et ces choses sont des faits passagers et moi je suis un état permanent. Je suis la haine de tout ordre que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et Dieu tout ensemble. Je suis la proclamation des droits de l’homme sans souci des droits de Dieu. Je suis la fondation de l’état religieux et social sur la volonté de l’homme au lieu de la volonté de Dieu. Je suis Dieu détrôné et l’homme a sa place (l’homme devenant à lui-même sa fin). Voilà pourquoi je m’appelle Révolution, c’est-à-dire renversement ». (PQR p. 122)

La Révolution est, comme vous le comprenez par cette simple citation, une œuvre satanique. Satan refusa de se soumettre à l’ordre divin. Ainsi de la Révolution. Elle a la haine du Christ et de son Eglise. La Révolution a la haine de l’ordre surnaturel, celui fondé et voulu par Dieu, et réalisé dans le Christ, et perpétué par son Eglise. Elle cherche à éliminer l’ordre surnaturel. C’est ce que dit Pie X dans sa première encyclique « E supremi apostolatus ». Il parle « d’apostasie ». Jean Paul II parlera lui aussi de « l’apostasie silencieuse » (Exhortation « Ecclesia in Europa). C’est le refus de la soumission de la créature à la Sainte Trinité. C’est un acharnement inlassable contre l’œuvre de salut et de restauration du Verbe Incarné. Ainsi nous comprenons bien que le résultat de la Révolution sur le plan des idées, c’est le Naturalisme.

La Révolution a donc la haine de l’ordre créé par Dieu. Détruire son œuvre sera son but.

La Révolution a la haine de l’ordre chrétien. Elle s’en prendra au Christ. Et à son Eglise. « Les rois de la terre se sont levés et les princes se sont assemblés contre le Seigneur et contre son Christ ».  Jules Ferry dira : « Mon but est d’organiser l’humanité sans Dieu ». Clémenceau dira dans le même sens : « Depuis la Révolution, nous sommes en révolte contre l’autorité divine et humaine ». Ou encore : « Rien ne sera fait dans ce pays tant qu’on n’aura pas changé l’état d’esprit qui y a introduit l’autorité catholique ». Viviani disait : « Nous ne sommes pas seulement en présence des congrégations, nous sommes en face de l’Eglise Catholique pour la combattre, pour lui livrer une guerre d’extermination ».

La Révolution a la haine du prêtre, parce que c’est l’homme du Sacrifice de la Messe qui est le renouvellement du Sacrifice de la Croix. Et le Sacrifice de la Croix a réconcilié l’homme avec Dieu, l’ordre initial se trouve rétabli par une union nouvelle du surnaturel et du naturel. Union détruite par le péché originel de nos premiers parents et rétablie dans le Christ et son sacrifice. C’est pourquoi le Christ parle de « Novi et Aeterni Testamenti ». On comprend pourquoi la Franc-Maçonnerie qui est la main cachée de la Révolution ne cesse, dans ses loges, de se préoccuper du sacerdoce qu’il faut absolument « dévoyer », détruire. Il fallait lui arracher son habit sacerdotal. C’est fait. Il fallait lui arracher la messe, Mgr Bunigni, dont on découvrit son appartenance à la maçonnerie, se chargea de cette horrible besogne : avec la réforme liturgique bunignienne, ce n’est plus le sacrifice du Christ perpétué dans le temps, c’est davantage la célébration d’une « commémoration », voire même d’un « repas », on ne cesse de parler de la « Cène du Seigneur »…Aujourd’hui on discute dans les loges de l’abolition du célibat ecclésiastique…Le sujet arrive aujourd’hui au grand jour.

La Révolution a non seulement la haine du prêtre, mais aussi la haine de l’homme comme créature de Dieu et cherche avant tout à l’avilir, à le « carnaliser », haine de l’homme parce que cette créature doit, par élection divine, par le baptême,  prendre la place des démons chassés  du ciel…

Elle veut la destruction de l’ordre politique et social pour arriver au super Etat, l’ancien rêve judaïque : « Solve et coagula ». Chose plus que jamais actuelle…

La Révolution, en un mot, c’est l’antéchrist puisque l’antéchrist a la haine de tout ce qu’est le Christ (définition de l’antéchrist par le Cardinal Pie dans Le Cardinal Pie de A à Z, p.84).

Et saint Pie X en parle dans son encyclique : « Qui pèse ces choses a droit de craindre qu’une telle perversion des esprits ne soit le commencement des maux annoncés pour la fin des temps, et comme leur prise de contact avec la terre, et que véritablement « le fils de perdition » dont parle l’Apôtre ( II Thess. II, 3) n’ait déjà fait son avènement parmi nous. Si grande est l’audace et si grande la rage avec lesquelles on se rue partout à l’attaque de la religion, on bat en brèche les dogmes de la foi, on tend d’un effort obstiné à anéantir tout rapport de l’homme avec la Divinité ! En revanche, et c’est là, au dire du même Apôtre, le caractère propre de l’Antéchrist, l’homme, avec une témérité sans nom, a usurpé la place du Créateur en s’élevant « au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu. C’est à tel point que, impuissant à éteindre complètement en soi la notion de Dieu, il secoue cependant le joug de sa majesté, et se dédie à lui-même le monde visible en guise de temple, où il prétend recevoir les adorations de ses semblables. Il siège dans le temple de Dieu, où il se montre comme s’il était Dieu lui-même » (9) (II Thess. II, 2).

C’est une belle analyse des temps présents.

La loi

Mais ce qu’il faut bien comprendre c’est qu’à l’origine de cette doctrine, de cette politique,  il y a la nouvelle définition que la Révolution a donné de la loi.  En effet avec la Révolution dite française, c’est imposé  une conception nouvelle de la loi.

La définition de la loi a été formulée substantiellement de la même manière dans la civilisation « gréco-romaine ». C’était celle que saint Thomas nous résumait comme étant l’expression de la raison : la loi n’est pas autre chose qu’une prescription de la raison pratique chez le chef qui gouverne une communauté parfaite.

Cette conception de la loi fait partie de ce qui a été la « civilisation chrétienne ». C’est une conception, « classique ». Elle se définit, comme on le voit, par une triple caractéristique :

-elle est un commandement de la raison ;

-elle est en vue du bien commun ;

-et elle est promulguée par une autorité légitime.

 

Avec la Révolution dite française nous avons une nouvelle définition de la loi : c’est celle de l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789: « la loi est l’expression de la volonté générale ». Cette nouvelle définition balayait la précédente. Elle imposait le subjectivisme. Elle est la subversion la plus radicale que l’on puisse imaginer. Elle ne laisse rien subsister de l’ordre naturel et de l’ordre surnaturel. Elle implique et appelle une barbarie totale, un dénuement moral complet qui ramène l’humanité plus de quarante siècles avant Jésus-Christ, avant le Déluge. Avec une telle définition, il suffira de laisser passer un peu de temps pour retrouver l’état qu’ont connu Sodome et Gomorrhe ! Nous y sommes !

 

Et c’est pourquoi Pie IX ne put pas ne pas condamner une telle définition, un  tel subjectivisme, dans « Quanta Cura ».

 

« Et parce que là, dit-il,  où la religion est bannie de la société civile, la doctrine et l’autorité de la Révélation divine rejetées, la vraie notion de la justice et du droit humain s’obscurcit et se perd elle-même, et la force matérielle prend la place de la vraie justice et du droit légitime, de là vient précisément que certains hommes, ne tenant aucun compte des principes les plus certains de la raison, osent proclamer que :

 

-«la volonté du peuple, manifestée par ce qu’ils appellent l’opinion publique ou d’une autre manière, constitue la loi suprême, indépendante de tout droit divin et humain, et que, dans l’ordre politique, les faits accomplis, par cela même qu’ils sont accomplis ont la valeur du droit».

 

« Or qui ne voit, qui ne sent très bien qu’une société soustraite aux lois de la religion et de la vraie justice ne peut plus avoir d’autre but que d’amasser, que d’accumuler des richesses, et ne suivre d’autre loi, dans tous ses actes, que l’indomptable désir de satisfaire ses passions et de servir ses intérêts ? »

 

C’était prophétique !

 

La loi est-elle l’expression de la volonté générale ? « Est-elle l’expression de la conscience collective de l’humanité ? »,  de « l’opinion publique » ?

 

Selon la conception classique de la loi, il existe trois grandes lois générales que les lois décrétées par les Etats (les lois civiles) ont pour fonction d’appliquer aux circonstances géographiques, historiques, ethniques particulières à chaque nation :

-la loi naturelle ou obligation morale de nous comporter conformément à notre nature humaine, telle que nous la connaissons par la raison. Son premier principe est qu’on doit faire le bien et éviter le mal, ce qu’implique de ne pas faire à autrui ce que nous ne voudrions pas que l’on nous fasse.

-Le décalogue : ce sont les dix prescriptions morales des Tables de la Loi révélées à Moïse sur le Mont Sinaï.

-La loi d’amour, qui est la loi de NSJC

Ces trois lois communiquent entre elles.

Supérieure aux lois civiles, la loi naturelle est la loi primitivement « non écrite ». Elle est écrite dans le Décalogue. On lui donne aussi le nom de « commandements »  de Dieu pour indiquer que l’auteur de la loi naturelle est le Dieu Créateur de la nature humaine. La loi d’amour du Christ n’est pas venue abolir mais parfaire la loi naturelle : sanans et elevans, soignant et élevant, la loi du Christ guérit la loi naturelle de ses déviations accidentelles et l’élève à l’ordre surnaturel.

L’autorité des lois civiles vient alors de ce qu’elles sont une  application concrète de ces trois lois dont Dieu est l’auteur. Pour les incroyants demeurent la loi naturelle, parce que l’auteur en est le « Dieu des philosophes ». Premier moteur et Fin dernière ; ou au moins parce qu’elle leur apparait conforme à la raison et à l’ordre de la nature humaine.

Tel est l’héritage, plus ou moins loyalement gardé et transmis qui a fait les nations d’Europe  et par elle l’ordre mondiale, le progrès humain et l’histoire du monde jusqu’à la démission d’un Occident infidèle et débilité, oubliant jusqu’à  son visage, qui a laissé la place à la confusion, à la désorientation, à la rencontre de la barbarie. C’est ce qu’annonçait déjà Pie IX dans son « Quanta Cura »…Aujourd’hui, on assiste à des scènes bien pires qu’à Sodome et Gomorrhe…

 

Sans doute la civilisation et le progrès humain avait grandi en s’accompagnant d’imperfections, souvent d’injustices et même de cruautés. Mais transgresser une loi n’est pas la même chose que l’ignorer ou la rejeter. Manquer de fidélité à une loi que néanmoins on reconnait comme devant être obéie n’est pas la même chose que prétendre qu’il n’existe aucune loi devant être universellement observée au-dessus du subjectivisme individuel.  Même les barbares de l’antiquité n’avaient pas, semble-t-il, nié la loi naturelle dans toute sa généralité

 

Or lorsque l’on vous dit que  la loi n’est que  « l’expression de la volonté générale » ou « l’expression de la conscience collective de l’humanité » ou l’expression de l’opinion publique » c’est dire équivalemment que l’humanité ne reconnait plus aucune loi supérieure à l’homme et indépendante de sa volonté. C’est affirmer pour l’homme une indépendance absolue mais insensée. C’est faire de l’homme un Dieu ou vouloir lui donner des pouvoirs divins…Saint Pie X le confesse dans sa première Encyclique et parlera, lui, d « anthropocentrisme ». « Pourquoi les nations ont-elles frémi et les peuples ont-il formé de vains desseins », nous dit le psalmiste

 

Ainsi la loi humaine s’est déclarée affranchie de l’obligation d’être une traduction concrète des principes généraux de la loi de Dieu. S’il lui arrive de ne pas la contredire, ce sera par l’effet d’une coïncidence accidentelle et non par l’effet d’une dépendance librement acceptée.

 

La modernité méconnait par conséquent entièrement le fait qu’il existe une loi de Dieu énoncée d’une part dans le Décalogue et dans l’Evangile. En matière religieuse, elle ne reconnait en somme que des opinions, toutes respectables, mais toutes facultatives ; il n’y a d’obligation morale que subjective, celle que chacun s’est formé selon son expérience et sa réflexion. Entre ces subjectivités, il est souhaitable, certes,   que s’établisse un dialogue permettant des échanges, des remises en cause, des enrichissements réciproques. En dehors de la loi morale que chacun s’impose (ou non) à lui-même et qui reste donc d’une portée strictement individuelle, il ne peut y avoir de loi commune (il en faut bien en société) que résultant d’un consensus obtenu au bout d’un débat. Ainsi la loi civile est l’expression de la volonté générale : «  il n’existe aucune obligation qui soit supérieure à la loi civile. (Chirac)

 

La loi n’est plus une réalité objective et n’a plus le caractère d’une obligation morale.

Ainsi la modernité se rebelle contre tout dogmatisme. Le dogme est frappé de discrédit et d’exclusion, parce qu’il dépasse les conditions mêmes du dialogue, du seul qui soit admis, obligatoirement limité à une rencontre des subjectivités.

 

Avec cette définition de la loi « révolutionnaire », la modernité a perdu la loi naturelle, le Décalogue presque entier et sa signification. Nous avons perdu le sens naturel de son obligation objective, immuable, universelle. C’est la racine et c’est le principe de l’hérésie moderne, de la « Révolte » contre Dieu et son Christ, de ce que l’on pourrait appeler, je me lance… la « dé-création ». Alors nous vivons sans principe et sans principes, nous sommes condamnés à mort, nous retournons au néant. Une vraie apostasie dit Saint Pie X. Et c’est pourquoi sont tellement justes ces paroles de Jean Madiran : « nous vivons quelque chose de beaucoup plus profond qu’une crise politique, intellectuelle ou morale ; de plus profond qu’une crise de civilisation.  Nous vivons ce que Péguy voyait naître et qu’il nommait une « décréation ». Dans l’évolution actuelle du monde, on aperçoit la domination à demi souterraine, d’une haine atroce et générale, une haine de la nation, une haine de la famille, une haine du mariage, une haine de l’homme racheté, une haine de la nature créée .La signature devient plus lisible que jamais. (NdlR Le démon, Satan). Il appartient aux autorités temporelles et aux autorités spirituelles de la dénoncer. Leur carence empêche les peuple de la voir » (Dialogue du pavillon bleu. p.149)

 

Que dirait le Pape aujourd’hui où le mal ne cesse de grandir, où l’avortement ne cesse de tuer des innocents, où l’on va légaliser l’euthanasie, où il est déjà légaliser dans certains pays d’Europe… où on légalise des unions contre nature… la procréation médicalement assistée (PMA)…Et ce n’est pas fini.

 

Le psaume poursuit : « Dirumpamus vincula eorum et projiciamus a nobis jugum isporum. Qui habitat in coelis, irridebit eos et Dominus subsannabit eos. Tunc loquetur ad eos in ira sua et in furore suo conturbabit eos »

« Rompons leurs liens et jetons loin de nous leur joug. Celui qui habite dans les cieux se rira d’eux et le seigneur se moquera d’eux. Alors il leur parlera dans sa colère et il les épouvantera dans sa fureur ».

 

Malgré ce combat acharné contre Dieu et son ordre, Dieu aura, c’est certain, la victoire. C’est ce qu’affirme dans ces deux dernières strophes, le psalmiste. « Il se rira d’eux….Il les épouvantera dans sa fureur ».

C’est ce qu’affirme également le pape dans son Encyclique « E supremi apostolatus » :

« Quelle sera l’issue de ce combat livré à Dieu par de faibles mortels, nul esprit sensé ne le peut mettre en doute. Il est loisible assurément, à l’homme qui veut abuser de sa liberté, de violer les droits et l’autorité suprême du Créateur ; mais au Créateur reste toujours la victoire. Et ce n’est pas encore assez dire : la ruine plane de plus près sur l’homme justement quand il se dresse plus audacieux dans l’espoir du triomphe. C’est de quoi Dieu lui-même nous avertit dans les Saintes Ecritures : « Il ferme les yeux », disent-elles, « sur les péchés des hommes » comme oublieux de sa puissance et de sa majesté; mais bientôt, après ce semblant de recul, « se réveillant ainsi qu’un homme dont l’ivresse a grandi la force », « il brise la tête de ses ennemis » afin que tous sachent que « le roi de toute la terre, c’est Dieu », »et que les peuples comprennent qu’ils ne sont que des hommes »».

Quoi qu’il en soit de ce mal et de sa progression, la victoire appartient à Dieu. Le pape cite les paroles de l’Ecriture : « Il brise la tête de ses ennemis, afin que tous sachent que « le roi de toute la terre, c’est Dieu », « et que les peuples comprennent qu’ils ne sont que des hommes ».

Ce triomphe de Dieu est certain, la foi nous en donne la certitude : « Tout cela, Vénérables Frères, nous le tenons d’une foi certaine et nous l’attendons ».

Mais nous devons travailler pour hâter ce triomphe, non seulement par la prière, mais aussi par l’action des œuvres : « Mais cette confiance ne nous dispense pas, pour ce qui dépend de nous, de hâter l’œuvre divine, non seulement par une prière persévérante : « Levez-vous, Seigneur, et ne permettez pas que l’homme se prévale de sa force » (15), mais encore, et c’est ce qui importe le plus, par la parole et par les œuvres, au grand jour, en affirmant et en revendiquant pour Dieu la plénitude de son domaine sur les hommes et sur toute créature, de sorte que ses droits et son pouvoir de commander soient reconnus par tous avec vénération et pratiquement respectés ».

C’est en d’autres mots, ce qu’enseigne le psalmiste : « Ego autem constitutus sum Rex ab eo super Sion montem sanctum eius, praedicans preceptum eius »

« Moi, j’ai été établi Roi par lui sur Sion, sa Montagne Sainte afin d’annoncer son décret ».

Il faut affirmer pour Dieu et revendiquer « pour Dieu, la plénitude de son domaine sur les hommes et sur toute créature, de sorte que ses droits et son pouvoir de commander soient reconnus par tous avec vénération et pratiquement respecté ».

Tel est le « décret divin » que je dois, moi, son Christ, son Eglise, son prêtre, « annoncer ».

Autrement dit, ce décret divin, c’est le salut par la reconnaissance des droits de Dieu et de Jésus-Christ. C’est équivalemment dit : sa Royauté.

Voilà l’œuvre à accomplir : travailler au règne de Dieu. Il n’est pas question de parler des « droits de l’homme », de parler de « nouvel humanisme », comme le fit Paul VI à la clôture du Concile Vatican II. Non, il s’agit de prêcher Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ, son « dominium » sur toutes choses, sa Seigneurie.  Redonner à Dieu la plénitude de son domaine sur toutes créatures. Et que son souverain domaine, son dominium, soit reconnu et confessé par tous. Alors la paix règnera.

« Redonner à Dieu son dominium » et le « faire reconnaître par tous » : voilà le devoir qu’il faut accomplir. Et c’est ainsi que l’on contribuera à l’établissement de l’ordre et de la paix : « Chasser Dieu, c’est bannir la justice, et la justice écartée, toute espérance de paix devient une chimère ; la paix, c’est l’œuvre de la justice. Pax opus justitiae » C’est donc par la justice que règnera la paix. Rétablir les droits de Dieu et la paix règnera. Il faut donc travailler à fomenter le parti de l’ordre, c’est-à-dire le parti de la paix, c’est-à-dire le parti de Dieu. Il y a comme une trilogie nécessaire : Confesser Dieu, et sa justice, alors l’ordre, la paix sociale, règnera.

 

« Sans doute, le désir de la paix est dans tous les cœurs, et il n’est personne qui ne l’appelle de tous ses vœux. Mais cette paix, insensé qui la cherche en dehors de Dieu ; car chasser Dieu, c’est bannir la justice ; et la justice écartée, toute espérance de paix devient une chimère. « La paix est l’œuvre de la justice » (16). Il en est, et en grand nombre, Nous ne l’ignorons pas, qui, poussés par l’amour de la paix, c’est-à-dire de la tranquillité de l’ordre, s’associent et se groupent pour former ce qu’ils appellent le parti de l’ordre. Hélas ! Vaines espérances, peines perdues ! De partis d’ordre capables de rétablir la tranquillité au milieu de la perturbation des choses, il n’y en a qu’un : le parti de Dieu. C’est donc celui-là qu’il nous faut promouvoir ; c’est à lui qu’il nous faut amener le plus d’adhérents possible, pour peu que nous ayons à cœur la sécurité publique ».

C’était la pensée de Saint Pie X. Quelle logique et quelle force !

 

« Dominus dixit ad me : Filius meus es tu, ego hodie genui te

Postula a me et dabo tibi gentes hereditatem tuam et possessionem tuam terminos terrae

Reges eos in virga ferrea et tamquam vas figuli confringes eos

« Le Seigneur m’a dit : Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui

Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage et pour ton domaine les extrémités de la terre

Tu les gouvernera avec une verge de fer et tu les briseras comme le vase du potier »

Cette strophe a trait au Messie, à l’ « Oint du Seigneur », « son Fils ». Au titre de cette filiation, à lui les « nations, à Lui « les extrémités de la terre », à lui  la puissance, à Lui la domination sur toutes choses, à Lui de faire appliquer les « décrets » divins, le nécessaire retour de tout le créé à Dieu. « Tu les gouvernera avec une verge de fer et tu les briseras comme le vase du potier »

Ainsi la domination de Dieu sur toutes choses viendra par son Christ, le Fils qu’il engendre toujours : « hodie genui te ».

C’est ce que confesse dans son encyclique première, saint Pie X :  « Ce  retour des nations au respect de la majesté et de la souveraineté divine, quelques efforts que nous fassions d’ailleurs pour le réaliser, n’adviendra que par Jésus-Christ. L’Apôtre, en effet, nous avertit que « personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui a été posé et qui est le Christ Jésus ». C’est lui seul « que le Père a sanctifié et envoyé dans ce monde » , « splendeur du Père et figure de sa substance », vrai Dieu et vrai homme, sans lequel nul ne peut connaître Dieu comme il faut, car « personne n’a connu le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils aura voulu le révéler » .

 

Jésus-Christ est le seul qui puisse nous conduire à Dieu. L’Apôtre nous dit que personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui a été posé et qui est le Christ Jésus. C’est lui seul que le Père a sanctifié et a envoyé en ce monde, splendeur du Père et figure de substance, vrai Dieu et vrai homme, sans lequel nul ne peut connaître Dieu « car personne n’a connu le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils aura voulu le révéler » (Mt 11 27).

 

« Et nunc reges intelligite : erudimini qui judicatis terram

Servite Domino in timore : et exultate ei cum tremore

Apprehendite disciplinam, nequando irascatur Dominus et pereatis de via justa »

« Et maintenant ô Rois comprenez ; instruisez-vous, juges de la terre

Servez le Seigneur avec crainte et vous serez dans l’allégresse : « réjouissez-vous en Lui avec tremblement ». C’est que connut la Vierge Marie, dans sa profession de foi, dans son « fiat », dans sa volonté de servir le Seigneur, « je suis l’humble servante du Seigneur »,  « Mon âme exalte le Seigneur, en Dieu mon Sauveur » (Lc 1). On comprend alors que l’on puisse présenter la Vierge Marie comme « archétype » de toute vraie société politique. Elle est, j’ose l’écrire, la contre révolution en acte

 

Ces conseils sont sagesse, ô Hommes politiques. Agissez ainsi, servez le Seigneur avec crainte et vous serez dans l’allégresse : « exultate ei cum tremore », ainsi que votre peuple.

 

Dès lors, « tout restaurer dans le Christ » est la seule voix du salut. « D’où il suit, nous dit saint Pie X, que tout restaurer dans le Christ et ramener les hommes à l’obéissance divine sont une seule et même chose. Et c’est pourquoi le but vers lequel doivent converger tous nos efforts, c’est de ramener le genre humain à l’empire du Christ. Cela fait, l’homme se trouvera, par là même, ramené à Dieu. …à un Dieu vivant et vrai, en trois personnes dans l’unité de nature, auteur du monde, étendant à toute chose son infinie providence, enfin législateur très juste qui punit les coupables et assure aux vertus leur récompense ».

 

 

« Apprehendite disciplinam, nequando irascatur Dominus et pereatis de via justa. Cum exarserit in brevi ira eius, beati omnes qui confidunt in eo »

 

« Attachez-vous à la doctrine, de peur que le Seigneur ne s’irrite et que vous ne périssiez hors de la voie droite. Lorsque bientôt s’enflammera sa colère, heureux tous ceux qui ont confiance en lui »

 

Et lorsque vous lirez ou relirez les paroles de saint Paul aux Thessaloniciens, sa deuxième « Epître », en son chapitre 2, vous trouverez, tout comme moi, je pense, qu’elles sont parfaitement adaptées à ces deux dernières strophes de notre psaume et en font le meilleur commentaire. Et la finale.

Nous sommes à la fin des temps. Saint Paul annonce la venue du Christ et sa victoire sur « l’homme de perdition », insoumis à Dieu et à sa loi. Victoire du Christ qui sera également pour tous ceux qui garderont la foi en Lui, en la Vérité et y seront soumis : « Attachez-vous à la doctrine de peur que le Seigneur ne s’irrite et que vous périssiez hors de la voie droite », « de via justa ». La finale est merveilleuse : « Beati omnes qui confidunt in eo ».

C’est tout à fait ce que dit saint Paul : « ouvrez votre cœur à l’amour de la vérité », autrement vous serez condamné. C’est la même chose que dit le psalmiste. « Attachez-vous à la doctrine de peur que le Seigneur ne s’irrite et que vous périssiez hors de la voie droite », « de via justa ». Ne refusez pas votre intelligence à la vérité et surtout « ne prenez pas plaisir à l’injustice », comme le monde moderne, qui refuse Dieu et sa Loi et qui retient la vérité captive en son cœur  (Rom 1). Voici le texte de saint Paul :

 

« En ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec lui, nous vous prions, frères, de ne pas vous laisser ébranler facilement dans vos sentiments, ni alarmer, soit par quelque esprit, soit par quelque parole ou lettre supposées venir de nous, comme si le jour du Seigneur était imminent. Que personne ne vous égare d’aucune manière ; car auparavant viendra l’apostasie, et se manifestera l’homme de péché, le fils de la perdition,
l’adversaire qui s’élève contre tout ce qui est appelé Dieu ou honoré d’un culte, jusqu’à s’asseoir dans le sanctuaire de Dieu, et à se présenter comme s’il était Dieu. Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous ? Et maintenant vous savez ce qui le retient, pour qu’il se manifeste en son temps.  Car le mystère d’iniquité s’opère déjà, mais seulement jusqu’à ce que celui qui le retient encore paraisse au grand jour.
Et alors se découvrira l’impie, que le Seigneur (Jésus) exterminera par le souffle de sa bouche, et anéantira par l’éclat de son avènement. Dans son apparition cet impie sera, par la puissance de Satan, accompagné de toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, avec toutes les séductions de l’iniquité, pour ceux qui se perdent, parce qu’ils n’ont pas ouvert leur cœur à l’amour de la vérité qui les eût sauvés. C’est pourquoi Dieu leur envoie des illusions puissantes qui les feront croire au mensonge, en sorte qu’ils tombent sous son jugement tous ceux qui ont refusé leur foi à la vérité, et ont au contraire pris plaisir à l’injustice. Pour nous, nous devons rendre à Dieu de continuelles actions de grâces pour vous, frères bien-aimés du Seigneur, de ce que Dieu vous a choisis dès le commencement pour vous sauver par la sanctification de l’Esprit et par la foi en la vérité. C’est à quoi il vous a appelés par notre prédication de l’Evangile, pour vous faire acquérir la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ. Ainsi donc, frères, demeurez fermes et gardez les enseignements que vous avez reçus, soit de vive voix, soit par notre lettre.
Que notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, que Dieu notre Père, qui nous a aimés et nous a donné par sa grâce une consolation éternelle et une bonne espérance, console vos cœurs et vous affermisse en toute bonne œuvre et bonne parole ! » (2 Thess 2 1-17)

 

 

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