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Commentaire du bréviaire romain (Suite 2)

publié dans paroisse saint michel le 24 octobre 2018


L’hymne

 « Nocte surgentes vigilemus omnes »

récitée à Matines jusqu’au 30 septembre.

 

Après le chant de l’Invitatoire, oh combien joyeux, le bréviaire nous fait réciter l’hymne « Noctes surgentes vigilemus omnes, Semper in psalmis meditemur » que l’on récite jusqu’au 30 septembre.

Commentons cette  hymne :

« Noctes surgentes vigilemus omnes, semper in psalmis meditemur »

« Nous levant la nuit, soyons tous vigilants, toujours appliqués à pénétrer les psaumes »

« Noctes surgentes » : c’est, me semble-t-il, une belle définition du moine religieux.  Bien des moines en effet se lèvent la nuit pour assurer l’office divin. L’auteur utilise le verbe « surgere », « noctes surgentes ». Ce verbe exprime une attitude énergique. Ce verbe  est très utilisé dans l’Evangile toujours avec ce sens de vaillance. Permettez-moi de vous rappeler quelques exemples. C’est l’attitude du Christ qui, avant l’institution de la sainte Eucharistie, se leva de table pour laver les pieds de ses disciples. Saint Jean utilise le verbe « surgere » : sachant que le Père lui avait tout remis entre ses mains, qu’il retournait au Père : « ad Deum vadit, surgit a cena – il se lève de table -et ponit vestimenta sua, et, cum accepisset linteum, praecinxit se ». On sent bien qu’il n’y a aucune lenteur dans ce mouvement, ni précipitation cependant, mais bien une énergique attitude.

C’est l’attitude du paralytique  guérit par Saint Pierre à l’entrée du Temple de Jérusalem. Saint Pierre lui dit : je n’ai  ni or ni argent…mais au nom de Jésus-Christ : « lève-toi et marche » « surge et ambula » (Act 3 6). Le « ambula » donne le vrai sens au verbe« surge ». Cet ordre n’est pas donné avec mollesse.

Il en est de même dans l’ordre que le Christ donne à un autre paralytique : il lui dit « lève-toi, prends ton grabat et va dans ta maison ». Là aussi les verbes qui entourent le verbe « surgere » nous en donne le vrai sens. Le « surgere » dénote une action énergique.

Ainsi des moines le matin. Du reste, ils sont réveillés avec énergie, soit à la cloche, soit à la voix « Tu autem Domine », expression à laquelle ils doivent impérativement répondre « Deo Gratias ». « Il n’y a pas de paresseux dans la maison du Père », dit saint Jean Chrysostome commentant l’attitude d’Abraham et de ses serviteurs  au chêne de Mambré. Ainsi des moines.

On pourrait multiplier les exemples évangéliques qui donnent au verbe  « surgere » le même sens volontaire.

« omnes vigilemus » : Cette prière de nuit, mieux « en pleine nuit », est un acte collectif des moines: « omnes vigilantes». C’est du reste un soutien dans l’effort et la pénitence. C’est ainsi que tous les disciples, « omnes », après avoir assisté au miracle de  l’Ascension, revinrent à Jérusalem et « tous » étaient « semper in Templo laudantes et benedicentes Deum » (lc 24 53). Voilà la raison essentielle de la « veille » : la louange et la bénédiction. Il en fut de même le jour de la Pentecôtes,  les Actes des Apôtres sont formels : « Et cum complerentur dies Pentecostes, erant omnes pariter in eodem loco ; et factus est repente de caelo, sonus tanquam advenientis spiritus vehementis et replevit totam domum ubi erant sedentes…Et repleti sunt omnes Spiritu sancto » (Act 2 2-3). C’est dire l’importance du « collectif », du « communautaire »  dans l’Eglise. Même dans la Chartreuse, les moines se retrouvent tous au chœur pour l’office de la louange de Dieu.

« Vigilemus omnes ».

« Soyons tous vigilants ». Mais pourquoi ne pas traduire : « Tous nous veillons » ? Ce serait plus littéral et plus joli.

Cette attitude de « veille » est  une attitude éminemment évangélique. C’est le  conseil que donne saint Paul à Timothée : « Et toi sois vigilant en tout « ‘Tu vero vigila in omnibus, labora, opus fac evangelistae, ministerrium tuum imple » (2 Tim. 4 5)

C’est le conseil sans cesse répété par le Seigneur à ses disciples : « Vigilate ergo quia nescitis qua hora Dominus vester venturus sit » (Mt 24 22) et il poursuit : « Ideo et vos estote parati, quia qua nescitis hora, Filius hominis venturus est ». On ne peut être prêt sans cette vigilance, sans cette veille…Oh ! Comme ce conseil est heureux par ses effets : tout d’abord, elle garantit l’obtention de la béatitude : « beatus ille servus, quem cum venerit dominus eius, invenerit sic facientem » ; ensuite, un tel serviteur veillant sera établi sur tous les biens du Seigneur. C’est la plénitude dans le bien. « Amen, dico vobis, quoniam super omnia bona sua constituet eum ». Comment ne pas  entendre ce discours ? Comment vivre dans l’oubli des fins dernières ? C’est inouï. Dieu vous dit : « Vigilemus omnes ».

Et le Christ y insiste, c’est même un ordre : « Vigilate itaque omne tempore orante « (Lc 21 36). Et alors qu’il commence à entrer en agonie au jardin des Oliviers, Il retourne auprès de ses disciples, et dit à Pierre « sic non potuistis una hora vigilate mecum » (Lc 12 39) :

Cette attitude de « veille » et de « prière » était l’attitude de NSJC. Souvent il se retirait la nuit pour prier : « Et erat (jesus) pernoctans in oratione Dei »(Lc 6 12)

« Semper in psalmis meditemur »

« Toujours appliqués à pénétrer les Psaumes »… Mais pourquoi ne pas traduire plus simplement : « toujours, nous méditons les psaumes ou sur les psaumes ». C’est là, en effet la raison de l’office divin : le chant, la méditation des psaumes. L’objet de la « veille » du moine, de la « veille » du prêtre, tenu lui aussi à la récitation du bréviaire, est la méditation des psaumes. Ils expriment de si belles prières.

La méditation des paumes du bréviaire.

En effet les psaumes sont une prière qui met directement celui qui les médite en contact avec Dieu, et cela en raison de  la forme même du psaume, de leurs objets. Abordons quelques thèmes. Nous aurons l’occasion de les analyser plus à fond dans la suite, dans les prochaines leçons.
Beaucoup de  psaumes nous parlent du Christ, se rapportent au Christ. Nous connaissons le psaume 21: « mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’avez-vous abandonné ? » C’est la prière du Christ sur le bois de la Croix. Ce psaume dit également : « Ils ont percé mes mains et mes pieds, ils se sont partagés mes vêtements et ils ont tiré ma tunique au sort ». Il faut également penser à tous ceux qui sont cités par Jésus d’une façon implicite : « entre vos mains je remets mon esprit » par exemple ou qui se rapportent clairement à sa Passion : « Ils m’ont donné du fiel pour nourriture, et dans ma soif m’ont abreuvé de vinaigre », par exemple, ou à la résurrection : « Exsurrexi et adhuc sum tecum », « je suis ressuscité et je suis encore avec toi ». Ainsi le moine en récitant ces psaumes méditent le Christ en sa Passion.  Ses souffrances font l’objet de sa méditation.

Il y a en bien d’autres qui ne peuvent se rapporter qu’au Christ, à commencer par ceux qui sont censés célébrer le roi David, mais ils le font en des termes qui ne se rapportent qu’à Dieu, David étant ici le symbole du Roi des Cieux. Notamment le psaume 88. C’est celui qui commence par une double évocation de la miséricorde et de la vérité éternelle de Dieu, pour évoquer l’alliance, et particulièrement l’alliance avec David :

« J’ai trouvé David, mon serviteur, je l’ai oint de mon huile sainte. Ma main sera constamment avec lui, et mon bras le fortifiera. L’ennemi ne le surprendra pas, et le fils d’iniquité ne l’emportera pas sur lui. J’écraserai devant lui ses adversaires, et je frapperai ceux qui le haïssent.  Ma fidélité et ma bonté seront avec lui, et par mon nom grandira sa puissance. J’étendrai sa main sur la mer et sa droite sur les fleuves.  » Il m’invoquera : Tu es mon père, mon Dieu et le rocher de mon salut. Et moi je ferai de lui le premier-né,(primogenitum) le plus élevé des rois de la terre. Je lui conserverai ma bonté à jamais, et mon alliance lui sera fidèle. J’établirai sa postérité pour jamais,
et son trône aura les jours des cieux. (…) Sa postérité subsistera éternellement,
son trône sera devant moi comme le soleil ; comme la lune, il est établi pour toujours, et le témoin qui est au ciel est fidèle »-(
Ps 88 21-38).

Je ne peux  pas, non plus, ne pas citer ce passage du psaume 39 : « Tu ne désires ni sacrifice ni oblation; tu ne demandes ni holocauste ni victime expiatoire. Alors j’ai dit :  » Voici que je viens, avec le rouleau du livre écrit pour moi. Je veux faire ta volonté, ô mon Dieu, et ta loi est au fond de mon cœur »(Ps 39 7-9) C’est tout le psaume qu’il faudrait citer. Oui ! Les psaumes parlent du Christ, beau sujet de méditation, d’adoration pour le moine.

Mais de nombreux psaumes, à l’exemple du psaume 50, le Miserere et plus encore le psaume 37, soulignent à quel point le psalmiste est un pécheur, qui a toujours son péché devant lui, qui est couvert de péchés, dont même la chair est corrompu par le péché, etc etc. Ce thème peut largement inspirer la prière du moine…

Mais je suis aussi appelé, par mon baptême, à revêtir le Christ et à devenir « saint et immaculé », comme le Christ. C’est donc toute cette tension de la vie chrétienne qui est mise en prière dans les psaumes et qui fait leur grandeur et leur sublimité et très souvent leur intense émotion. C’est en fixant mon regard sur Dieu comme son esclave, en mendiant la miséricorde comme un pauvre, en exposant mon humilité et ma misère, au sens de l’abaissement, en exposant ma misère à la lumière divine, que peu à peu, je deviens un autre Christ. Ce qui s’appelle la divinisation. Voilà un très beau et fréquent thème des psaumes qui peut retenir l’attention du moine et du prêtre.

Ecoutez le psaume 12 : « Jusques à quand, Yahweh, m’oublieras-tu toujours ?
Jusques à quand me cacheras-tu ta face ? Jusques à quand formerai-je en mon âme des projets, et chaque jour le chagrin remplira-t-il mon cœur ? Jusques à quand mon ennemi s’élèvera-t-il contre moi ?
Regarde, réponds-moi, mon Dieu ! Donne la lumière à mes yeux,
afin que je ne m’endorme pas dans la mort, afin que mon ennemi ne dise pas :  » Je l’ai vaincu !  » et que mes adversaires ne se réjouissent pas en me voyant chanceler. Moi, j’ai confiance en ta bonté ; mon cœur tressaillira à cause de ton salut, je chanterai Dieu pour le bien qu’il m’a fait ».

Le mouvement de ce psaume est magnifique. Celui qui prie commence par interpeller Dieu de façon véhémente, à la limite du blasphème. Mais jusqu’à quand est-ce que vous allez m’oublier ? Puis il rappelle combien il est persécuté par ses ennemis. Mais j’espère en votre miséricorde et vous allez me sauver et je serai dans la plénitude de la joie. Je bondirai de joie. C’est le sens originel d’exsulto : bondir, sauter. « Semper in psalmis meditemur ».

L’espérance est également un des grands thèmes des psaumes. Ce qui peut largement nourrir la pensée des moines. L’espérance, soit comme substantif, soit comme forme verbale, espérer, se trouve 98 fois dans les psaumes.

Citons le psaume 60 : « Tu m’as conduit, car tu t’es fait mon espérance, tu t’es fait une tour de vaillance à la face de l’ennemi ». Le psaume 26 va jusqu’à dire que si l’ennemi se lève pour me combattre, c’est en cela même que j’espère. Ce qui peut faire largement réfléchir le prêtre et le moine…
L’espérance est souvent associée, tout naturellement, à la lutte contre l’ennemi. Le psaume 21 est le psaume de l’espérance : « tu es mon espérance depuis le sein  de ma mère ».

Le psaume 30 est merveilleux. Il chante les merveilles que Dieu fait pour ceux qui espère en Lui.

L’espérance est liée à la miséricorde. Car c’est dans la miséricorde de Dieu que l’on doit espérer. « Moi j’espère en la miséricorde de Dieu » souligne le psaume 51, contrairement à ceux qui espèrent vainement dans leurs richesses ou dans leurs propres forces, et en retour Dieu manifestera les merveilles  de sa miséricorde à ceux qui sont sauvés parce qu’ils ont espéré en lui, comme le dit le psaume 16.

L’espérance est aussi une leçon de confiance, ce qui est souligné dans plusieurs psaumes, notamment par cette image : « j’espère à l’ombre de tes ailes ». Comme cette idée peut faire prier le moine !

Le psaume 118, quant à lui, invente le verbe « superspero », super-espérer, pour évoquer spécifiquement l’espérance chrétienne : « Supersperavi in verbum tuum ». Tout cela, le moine peut en approfondir le sens dans sa prière : « Semper in psalmis meditemur ».

Beaucoup de psaumes également expriment la crainte de Dieu qui n’est pas la peur de Dieu mais une humble confiance en sa miséricorde. Beaucoup expriment aussi la joie. Les psaumes sont remplis de cette joie surnaturelle, de cette joie éternelle. Le moine peut s’en rassasier. On trouvera dans ses psaumes les mots « gaudium », « gaudere », « laetitia » et « laetare », « jubilatio » et « jubilare », « jucundus », « exultatio » et « exultare »…ces mots expriment un vrai transport de joie, « delectatio », « delectare » ajoutent à la joie le plaisir, « psallere » et « cantare » y ajoutent le chant, « confessio » et « confiteri, ou laudatio » et « laudare » y ajoutent la louange. On trouve quatre de ces mots dans le seul verset du psaume 97 : « Jubilate Deo omnis terra, cantate et exultate et psallite »

Oui ! La joie est au cœur des psaumes et le moine qui les chante se met à l’unisson. Cette joie est partout. On la trouve même au cœur du psaume de pénitence par excellence, le psaume 50. Cette joie est la conséquence du don de la miséricorde. Chaque matin, à laudes, précisément, le moine répète ce verset du psaume 89 : « Repleti sumus mane misericordia tua : exultavimus et delecti sumus », « au matin, nous sommes remplis de ta miséricorde, nous exultons et nous sommes dans la joie ». « delectati », cela indique même d’abord le plaisir. Et « rempli » n’est pas trop fort, quand le moine dit, dans le psaume 83 : « Mon cœur et ma chair exultent, sautent de joie, auprès du Dieu vivant ». Le moine fait chanter toute la création qui chante avec lui : les fleuves applaudissent des deux mains, les montagnes bondissent aussi de joie en présence de Dieu. La joie du moine est cosmique. C’est la joie de la création toute entière (psaume 97)

Ce petit aperçu sur les psaumes montrent clairement qu’il n’y a, dans les psaumes aucune philosophie, aucune psychologie, rien qui puisse distraire l’intelligence de la prière du contact avec Dieu. Le psaume n’est rien que contemplation de Dieu et louange divine.

« Atque voce concordi, Domino  canamus dulciter hymnos »

« Et d’une voix unanime, chantons avec suavité les louanges du Seigneur »

Voilà parfaitement définie, la psalmodie des moines au chœur. Les psaumes, les hymnes, en un mot, les louanges du Seigneur,- c’est bien traduit-,  doivent  être chantés d’une seule voix, d’un seul cœur, – concordi voce -.  Ce que nous avons la joie d’entendre lorsque  nous entrons dans une abbaye, à Solesmes, à Fontgombault, à Randol….Les moines chantent les louanges du Seigneur « avec suavité » « dulciter », exactement « avec douceur », mieux « agréablement ».

Les moines obtiennent ce résultat parce qu’ils ont l’intelligence de cette noble fonction. L’office est l’essentiel de la vie du moine, l’apostolat du monastère. Dom Delatte, dans son commentaire de la règle de saint Benoit, explique les raisons de cette unité et  de cette suavité dans la psalmodie. Permettez-moi de vous en donner quelques passages :

«Bien des conditions sont requises pour que l’idéal de N.B. Père soit réalisé. – Qaunt à l’office divin-. Il faut l’estime conventuelle pour l’office divin…il faut encore l’estime personnelle ; et elle s’avive par l’étude et par l’habitude des relations affectueuses avec le Seigneur. Comment l’âme qui s’occupe de tout, sauf de Dieu, en dehors de l’oraison, pourrait-elle se flatter d’éviter au cours de l’office divin la divagation et la torpeur ? La préparation éloignée à la prière est recommandée par tous les maîtres de l’ascétisme. Ils nous parlent aussi d’une préparation prochaine et immédiate ; et nos Constitutions y ont pourvu en nous ménageant, avant chaque office, les quelques minutes de station sous le cloître : elles sont précieuses et il serait difficile d’en exagérer l’importance. C’est alors que nous accordons notre âme, notre instrument spirituel….(Le chant de l’office) doit être précis, et souple, grave et simple…si chacun n’apportait pas toute sa présence d’esprit, toute sa mesure de distinction, de courtoisie surnaturelle, d’abnégation, ( il y aurait bien des fautes dans l’exécution). Nous devons alors surtout prendre conscience de tous et coordonner nos mouvements (et nos voix)  avec  les mouvements  (et les voix) d’autrui…L’abnégation est peut-être plus indispensable encore lorsqu’il s’agit du chant : mieux vaut tolérer un peu d’erreur que de sacrifier le mouvement d’ensemble, l’unanimité vocale, et de transformer le chœur en une arène ou un champ clos. Les Constituions nous demandent de ne pas « épargner » notre voix : ce qui n’est pas une invitation à étouffer toutes les autres ; et quand elles nous décrivent les qualités du vrai chant sacré, son allure virile et tranquille, ce n’est point pour abandonner aux compétences individuelles une interprétation qui est, de droit, réservé au Maître de chœur. Sur ce terrain encore, nous devons apporter tous nos soins et une préparation s’impose : on n’improvise pas l’exécution de certaines pièces du répertoire grégorien…Ce ne sera jamais assez bien pour le Seigneur….Il faut nous souvenir que le chant et la psalmodie sont notre forme d’apostolat et que nous devons aux Ames cette prédication si pénétrante….Mais il faut plus encore : « Il convient que notre intelligence sache à qui s’adressent les paroles  et mélodies ; il convient qu’elle soit attentive à la pensée du psalmiste et de l’Eglise. Il convient que notre cœur s’échauffe réellement tandis que notre voix retentit. Et pour achever l’harmonie, notre vie elle-même se mettra d’accord avec notre pensée, notre amour et notre voix. Alors mais alors seulement, la liturgie aura atteint son double but : honorer Dieu et nous sanctifier » (Commentaire sur le règle de saint Benoît. Chapitre 19 p. 214-215)

Voilà les conditions requises pour assurer un chant liturgique « harmonieux ».

« Ut pio regi pariter canentes, cum suis Sanctis mereamur aulam ingredi caeli, simul et perenem Ducere vitam »

« Chantant à l’unisson en l’honneur du doux Roi, puissions-nous mériter, avec tous les Saints, d’entrer à sa Cour du ciel et d’y mener ensemble l’éternelle vie ».

Cette hymne insiste de nouveau sur le chant des moines, sur son mode d’exécution. Ils doivent l’exécuter « pariter », à l’unisson », de « la même manière », « pareillement », « également », « semblablement », sans discordance.  C’est ainsi qu’ils loueront le doux Roi des cieux, « pio Regi » et par ce chant ainsi mélodieux, ils mériterons d’entrer dans la cour céleste , « aulam coeli » et de mener « avec tous les saints », l’éternelle vie « perenem vitam », « simul », ensemble. C’est tout simplement merveilleux et me fait penser à l’Apocalypse de saint Jean contemplant les anges, les saints dans la cour céleste chantant en l’honneur de Dieu et de « l’Agneau »leurs chants glorieux :« Puis je vis, et j’entendis autour du trône, autour des animaux et des vieillards, la voix d’une multitude d’anges, et leur nombre était des myriades et des milliers de milliers. Ils disaient d’une voix forte :  » L’Agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire et la bénédiction. Et toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre et dans la mer, et toutes les choses qui s’y trouvent, je les entendis qui disaient :  » A Celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau, louange, honneur, gloire et puissance dans les siècles des siècles !Et les quatre animaux disaient : »Amen ! » Et les vieillards se prosternèrent et adorèrent [Celui qui vit aux siècles des siècles »(Apoc 15 11 14)..

« Praestet hoc nobis Deitas beata Patris, ac Nati, pariterque Sancti Spirius, cujus resonat per omnem Gloria mundum »

« Accordez-nous cela, Déité bienheureuse du Père et du Fils et aussi du Saint Esprit, dont la gloire résonne dans le monde entier ».

Cette hymne se termine par une émouvante supplique : « Praestet hoc nobis », « donnez-nous cela ». Ce « hoc » est très sobre pour exprimer l’accès à la cour céleste. Un peu comme le « Supra quae » de la deuxième prière du Canon romain après la Consécration du Corps et du Sang du Christ. Ce « quae » ne désigne rien d’autre que le Fils de Dieu présent réellement, vraiment et substantiellement sous les apparences  du pain et du vin. « Supra quae ».  La liturgie sait être très sobre pour désigner les choses sublimes.

 

 

 

 

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Entretien par Novopress le 17/07/2011

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