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Commentaire du catéchisme du Concile de Trente. leçon 1: Introduction

publié dans la doctrine catholique le 7 décembre 2012


Commentaire du catéchisme du Concile de Trente

Leçon 1: Introduction

PREFACE DES AUTEURS DU CATECHISME

« Notre intelligence et notre raison sont ainsi faites que lorsque nous voulons étudier les vérités qui regardent Dieu, nous pouvons, grâce à un travail approfondi et une sérieuse application, arriver à la connaissance d’un certain nombre de ces vérités ; mais lorsqu’il s’agit de l’ensemble des moyens capables de nous faire atteindre le salut éternel pour lequel Dieu nous a créés et formés à son image et à sa ressemblance, jamais aucun de nous n’a pu les découvrir ou les apercevoir par la seule lumière naturelle ».

« Sans doute, selon l’enseignement de l’Apôtre on voit se manifester, dans les œuvres visibles de la création, certains attributs de Dieu tels que son éternelle Puissance et sa Divinité. Mais ce mystère, qui est demeuré caché aux générations des siècles antérieurs, dépasse de beaucoup l’intelligence de l’homme ; et si Dieu n’eût pas soin de le manifester à ses Saints — à qui il Lui a plu de révéler avec le don de la foi les richesses et la gloire cachées dans son Verbe fait homme, notre Seigneur Jésus-Christ, — jamais notre esprit n’aurait pu parvenir à la connaissance d’une Sagesse si parfaite ».

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Commentaire :

La raison humaine laissée à son seul pouvoir peut arriver à une certaine connaissance de Dieu, à son existence, à certaines de ses qualités, sa Toute Puissance, son Omniprésence….sa Divine Providence. . Pour cela elle part des choses créées, pour s’élever à une cause première, raison de toutes choses.
C’est ainsi que s’exprime saint Thomas dans la Somme, dans la question sur l’existence de Dieu., la question 2 de la Somme Le Père Pègues résume son argument de la manière suivante :

Dieu existe-t-il ? Oui, Dieu existe (q. 2).
Pourquoi dites-vous que Dieu existe ? Parce que, si Dieu n’existait pas, rien n’existerait (q. 2, a. 3).
Comment montrez-vous que, si Dieu n’existait pas, rien n’existerait ? On le montre par ce raisonnement : – Ce qui n’existe que par Dieu, n’existerait pas si Dieu n’existait pas. Or, tout ce qui existe et qui n’est pas Dieu, n’existe que par Dieu. Donc, si Dieu n’existait pas, rien n’existerait.
Mais comment montrez-vous que ce qui existe et n’est pas Dieu, n’existe que par Dieu ?
Par ce raisonnement : – Ce qui existe et n’existe point par soi, n’existe en dernière analyse que par un autre qui est par soi et que nous appelons Dieu. Or, ce qui existe et n’est pas Dieu, n’existe point par soi. Donc ce qui existe et n’est pas Dieu, n’existe en dernière analyse que par Dieu.
Et comment montrez-vous que ce qui existe et n’est pas Dieu, n’existe point par soi ? Par ce raisonnement : – Rien de ce qui a besoin de quelque chose, n’existe par soi. Or, tout ce qui existe et n’est pas Dieu, a besoin de quelque chose. Donc ce qui existe et n’est pas Dieu, n’existe point par soi.
Pourquoi dites-vous que rien de ce qui a besoin de quelque chose, n’existe par soi ?
Parce que ce qui existe par soi ne dépend ni ne peut dépendre de rien, ni de personne; et que tout ce qui a besoin de quelque chose ou de quel qu’un, dépend de ce quelque chose ou de ce quelqu’un.
Et pourquoi dites-vous que ce qui existe par soi ne dépend ni ne peut dépendre de rien ni de personne ?
Parce qu’existant par soi, il a tout en lui même et par lui-même, et ne peut rien recevoir, de rien ni de personne.
Tout être donc qui existe et qui a besoin de quelque chose prouve manifestement par sa seule existence, que Dieu existe ?
Oui, tout être qui existe et qui a besoin de quelque chose, prouve manifestement, par sa seule existence que Dieu existe.
Que font donc ceux qui nient Dieu ?
Ils affirment équivalemment que ce qui a besoin de tout, n’a besoin de rien.
Mais c’est là une contradiction ? Exactement, et on ne peut nier Dieu sans se contredire.
C’est donc une véritable folie de nier Dieu ?
Oui, c’est une véritable folie de nier Dieu.

Voilà un raisonnement philosophique qui prouve en partant de l’être contingent la nécessaire existence d’un principe premier, cause de toutes choses.
Et de là, la raison laissée à elle-même va pouvoir déduire quelques qualités de Dieu. Elle dira, par exemple que Dieu est, au sens le plus vrai, le plus transcendant et le plus absolu, I’ Etre même (q. 3, a. 4) ; qu’Il est parfait ; car rien ne lui manque (q. 4, a. 1), qu’Il est la Bonté même ; car il est le principe et le terme de tout amour (q. 6) ; qu’Il est infini ; car il n’est limité par rien (q. 7, a. 1), qu’Il est partout; car tout ce qui est, est en lui et par lui (q. 8), qu’Il est immuable ; car il n’a rien à acquérir (q. 9), qu’Il est éternel ; car il n’y a pas de succession en lui (q. 10).

Comme le dit le Catéchisme du Concile de Trente : « Notre intelligence et notre raison peuvent, grâce à un travail approfondi et une sérieuse application, arriver à une certaine connaissance d’un certain nombre de vérités sur Dieu.

C’est ce que confirme également saint Paul dans son Epître aux Romains, le catéchisme le cite : « En effet, la colère de Dieu éclate du haut du ciel contre toute impiété et
toute injustice des hommes, qui, par leur injustice, retiennent la vérité captive; car ce qui se peut connaître de Dieu, est manifeste parmi eux : Dieu le leur a manifesté. En effet ses perfections invisibles, son éternelle puissance et sa divinité sont, depuis la création du monde, rendues visibles à l’intelligence par le moyen de ses œuvres. Ils sont donc inexcusables, puisque, ayant connu Dieu, ils ne l’ont pas glorifié comme Dieu et ne lui ont pas rendu grâces; mais ils sont devenus vains dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence s’est enveloppé de ténèbres. Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous; et ils ont échangé la majesté du Dieu incorruptible pour des images représentant l’homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles ». (Rm 18-23)

Toutefois livrée à ses seules forces, la raison humaine ne peut connaître l’ « aséité » de Dieu, ce qu’est Dieu en Lui-même : un seul Dieu en Trois personne ; ni connaître ce que saint Paul appelle le « plan de salut ». Ce sera l’objet de la Révélation. C’est ce que dit merveilleusement le Catéchisme : « Mais ce mystère, qui est demeuré caché aux générations des siècles antérieurs, – le catéchisme fait allusion ici aux premiers verstes de l’Epître aux Hébreux – dépasse de beaucoup l’intelligence de l’homme ; et si Dieu n’eût pas soin de le manifester à ses Saints —…jamais notre esprit n’aurait pu parvenir à la connaissance d’une Sagesse si parfaite ».

Ce sera le rôle propre de la Révélation du Verbe de Dieu fait homme, notre Seigneur Jésus-Christ.
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§ I. — L’EGLISE A BESOIN DE PASTEURS.

« Mais comme la Foi vient de l’ouïe, il est facile de voir combien, dans tous les temps, il a été nécessaire pour se sauver, d’avoir recours aux soins et au ministère d’un maître autorisé. Car il est écrit: Comment entendront-ils sans prédicateurs ? et comment y aura-t-il des prédicateurs, si on ne les envoie ? Aussi bien depuis que le monde est monde, le Dieu de toute clémence et de toute bonté n’a-t-il jamais manqué à ceux qui sont les siens. Mais Il a parlé à nos pères en plusieurs occasions, et en diverses manières, par les Prophètes, et selon les temps et les circonstances, Il leur a toujours montré un chemin sûr et droit pour les faire arriver au bonheur du ciel. De plus, comme Il avait promis d’envoyer un Docteur de la justice pour éclairer les nations et porter le salut jusqu’aux extrémités de la terre, Il nous a parlé en dernier lieu par la bouche de son Fils, dont Il nous a ordonné d’observer les préceptes, lorsqu’une voix descendue du ciel, partie du trône même de la gloire, est venue nous enjoindre à tous de L’écouter. Puis ce même Fils nous a donné des Apôtres, des Prophètes, des Pasteurs et des Docteurs, pour nous faire entendre la parole du salut, afin qu’on ne nous vit pas comme des enfants, emportés de tous côtés et flottant à tout vent de doctrine, mais qu’en nous tenant fermement attachés au fondement inébranlable de notre Foi, nous fussions comme un véritable édifice de Dieu, dans le Saint-Esprit ».
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Commentaire :

C’est un merveilleux paragraphe. Toutes les affirmations ont un fondement scripturaire :

« Comme la foi vient de l’ouïe » (de l’entendement : Fides ex auditu » : c’est une affirmation de saint Paul aux Romains : Rm 10 17,) il faut pour arriver à la foi et au salut, un prédicateur qui ait autorité.
« Comment entendront-ils sans prédicateurs ? Et comment y aura-t-il des prédicateurs, si on ne les envoie » ? C’est ce que dit encore saint Paul dans le même passage, -cela est encore cité par le catéchisme : « Comment donc invoquera-t-on celui en qui on n’a pas encore cru? Et comment croira-t-on en celui dont on n’a pas entendu parler? Et comment en entendra-t-on parler s’il n’y a pas de prédicateur? Et comment seront-ils prédicateurs, s’ils ne sont pas envoyés? selon qu’il est écrit :  » Qu’ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent le bonheur ! « Rm 10 14-15)
« Aussi bien depuis que le monde est monde, le Dieu de toute clémence et de toute bonté n’a-t-il jamais manqué à ceux qui sont les siens ». C’est une claire allusion ici à toute l’Histoire Sainte. C’est tout à fait dans le contexte puisque immédiatement après, le catéchisme dit : « Mais Il a parlé à nos pères en plusieurs occasions, et en diverses manières, par les Prophètes, et selon les temps et les circonstances, Il leur a toujours montré un chemin sûr et droit pour les faire arriver au bonheur du ciel », dont la Terre promise est le symbole.
« De plus, comme Il avait promis d’envoyer un Docteur de la justice pour éclairer les nations et porter le salut jusqu’aux extrémités de la terre, Il nous a parlé en dernier lieu par la bouche de son Fils ». Là, le catéchisme fait une allusion claire à la promesse d’un Sauveur tout de suite après que le pêché originel ait été commis : « Gen 3 15 : à l’adresse de Satan, Dieu dit : « je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité ; celle-ci te meurtriras à la tête et tu l’as meurtrira au talon »
« Il nous a parlé en dernier lieu par la bouche de son Fils », c’est l’enseignement de saint Paul aux Hébreux : « Après avoir, à plusieurs reprises et en diverses manières, parlé autrefois à nos pères par les Prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses, et par lequel il a aussi créé le monde. Ce Fils, qui est le rayonnement de sa gloire, l’empreinte de sa substance, et qui soutient toutes choses par sa puissante parole, après nous avoir purifiés de nos péchés, s’est assis à la droite de la majesté divine au plus haut des cieux, d’autant plus grand que les anges, que le nom qu’il possède, est plus excellent que le leur ». (Hb 1 1-4)
« De son Fils dont Il nous a ordonné d’observer les préceptes, lorsqu’une voix descendue du ciel, partie du trône même de la gloire, est venue nous enjoindre à tous de L’écouter ». C’est une claire allusion à la théophanie soit du Jourdain, soit du Thabor. Prenons le texte de la transfiguration sur la Thabor de Saint Mathieu 17 1-10 : « Il parlait encore lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit et du sein de la nuée une voix se fit entendre, disant : « Celui-ci est mon ils bien aimé, en qui j’ai mis toutes mes complaisances : écoutez-le. »
« Puis ce même Fils nous a donné des Apôtres, des Prophètes, des Pasteurs et des Docteurs, pour nous faire entendre la parole du salut, afin qu’on ne nous vit pas comme des enfants, emportés de tous côtés et flottant à tout vent de doctrine, mais qu’en nous tenant fermement attachés au fondement inébranlable de notre Foi, nous fussions comme un véritable édifice de Dieu, dans le Saint-Esprit » C’est ainsi qu’Il a établi les Apôtres et sur eux , et plus particulièrement sur Pierre, son Eglise pour qu’ils aillent porter par tout l’univers la Parole de vie. « Allez enseigner toutes les Nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé ; et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». (Mt 28 18-20)
Vraiment c’est un merveilleux enseignement, ce catéchisme. C’est un chef d’œuvre.

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§ II. — AUTORITE DES PASTEURS.

« Et afin que personne ne fût tenté de recevoir la parole de Dieu annoncée par les ministres de l’Eglise comme la parole des hommes, et non comme la parole même de Jésus-Christ, notre Sauveur a voulu attacher une si grande autorité à leur enseignement qu’Il a dit un jour: qui vous écoute, M’écoute, qui vous méprise, Me méprise. Et, sans aucun doute, Il ne voulait pas appliquer cette déclaration à ceux-là seuls à qui Il parlait alors, mais encore à tous ceux qui succéderaient légitimement aux Apôtres dans les fonctions de leur ministère. C’est à tous ceux-là qu’Il a promis son assistance de tous les jours jusqu’à la consommation des siècles ».

Commentaire

L’autorité des Apôtres et de leurs successeurs est telle qu’ils sont revêtus de l’autorité même du Christ. Le catéchisme fonde cette assertion sur la parole même de NSJC : « Qui vous écoute, m’écoute, qui vous méprise me méprise ». « Qui vos audit me audit et qui vos spernit me spernit. Qui autem me spernit, spernit eum qui misit me » (Lc 10 16)

C’est à tous ceux-là qu’Il a promis son assistance de tous les jours jusqu’à la consommation des siècles ». « Et voici que je suis avec vous jusqu’à la fin du monde » (Mt 28 20 : Et ecce ego vobiscum sum omnuibus diebus usque ad consummationen saeculii »

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§ III. — FONCTIONS ET DEVOIRS DES PASTEURS

Jamais la prédication de la parole de Dieu ne doit être interrompue dans l’Eglise. Mais c’est surtout à l’époque où nous vivons que la piété et le zèle doivent se renouveler en quelque sorte et s’augmenter encore, pour nourrir et fortifier les Fidèles avec le pain vivifiant d’une pure et saine doctrine. C’est qu’en effet nous avons vu se répandre dans le monde ces faux prophètes dont le Seigneur a dit: Je ne les envoyais pas, et cependant ils allaient ; Je ne leur parlais pas, et cependant ils prophétisaient. Leur but est de dépraver le cœur des Chrétiens, par des enseignements insolites et étrangers. Leur impiété, fortifiée de tous les artifices de Satan, s’est avancée si loin qu’il paraît presque impossible de l’arrêter et de la borner. Et si nous n’avions pleine confiance dans la promesse remarquable que notre Seigneur a faite de bâtir son Eglise sur un fondement si solide que les portes de l’enfer ne pourront jamais prévaloir contre elle, dans ce temps où elle est attaquée de toutes parts par tant d’ennemis, et battue en brèche sur tant de points, nous aurions raison de craindre de la voir succomber. Car, sans parler de ces belles provinces qui gardaient jadis avec tant de respect et de fermeté la vraie Foi catholique que leurs ancêtres leur avaient transmise, et qui, après avoir déserté le chemin de la vérité, marchent maintenant dans l’erreur, avec la prétention de se rapprocher d’autant plus de la vraie piété, qu’elles s’éloignent davantage de la Foi de nos Pères, y a-t-il une contrée assez lointaine, un lieu assez fortifié, un coin du monde chrétien assez reculé où cette peste n’ait cherché à se répandre par des moyens cachés ?
En effet, ceux qui ont entrepris d’infester l’âme des Chrétiens fidèles ont parfaitement compris qu’ils ne pourraient jamais s’expliquer au grand jour avec eux, ni faire arriver aux oreilles de tous leurs paroles pleines de poison. Aussi ont-ils essayé d’un autre moyen pour semer plus facilement et plus su loin leurs erreurs impies. Outre ces gros livres à l’aide desquels ils ont essayé de détruire la foi catholique — livres faciles à réfuter toutefois, avec un peu de travail et d’habileté, à cause même des hérésies évidentes qu’ils renfermaient — ils ont fait paraître un très grand nombre de petits traités qui, sous les couleurs de la vraie piété, ont surpris et égaré trop facilement la bonne foi des âmes simples.

C’est pourquoi les Pères du Concile oecuménique de Trente, voulant absolument combattre un mal si grand et si funeste par un remède efficace, non seulement ont pris soin de bien définir contre les hérésies de notre temps les points principaux de la doctrine catholique, mais de plus ils se sont fait un devoir de laisser, pour l’instruction des chrétiens sur les vérités de la Foi, une sorte de plan et de méthode que pourraient suivre en toute sûreté dans leurs églises ceux qui auraient la charge de Docteur et de Pasteur légitime.

Un certain nombre d’auteurs, nous le savons, ont déjà traité ces matières avec autant de piété que de science, cependant ces Pères ont cru qu’il importait extrêmement, que par l’autorité du Saint Concile, on vit paraître un livre, où les Pasteurs et tous ceux qui sont chargés d’enseigner pourraient puiser des vérités d’une certitude absolue, et les transmettre ensuite aux Fidèles pour leur édification.

Ainsi comme il n’y a qu’un seul Seigneur et une Foi, il n’y aurait qu’une seule et même manière, une seule et même règle, pour apprendre au peuple la Foi chrétienne et tous les devoirs qu’elle impose.

Les vérités qui entreraient dans ce plan sont très nombreuses. Il ne viendra à l’idée de personne que le Saint Concile ait eu la prétention d’expliquer dans le détail, et en un seul livre, tous les dogmes de notre Foi. Ceci appartient aux théologiens, qui font profession de transmettre par l’enseignement, la religion tout entière, avec son histoire et ses dogmes. Au surplus, c’était un travail énorme et qui n’aurait pas rempli le but du Concile. Cette sainte assemblée en effet (en décrétant ce catéchisme) a voulu simplement donner aux Pasteurs et aux autres Prêtres ayant charge d’âmes, la connaissance des choses qui appartiennent en propre au ministère d’une paroisse, et qui sont le plus à la portée des fidèles. Voilà pourquoi ils n’ont dû s’occuper ici que de ce qui pourrait seconder le zèle et la piété de certains Pasteurs qui peut-être ne seraient pas assez sûrs d’eux-mêmes dans les points les plus difficiles de la science divine.

Mais avant d’en venir à l’explication de chacun des articles qui doivent composer cet abrégé de notre Foi, l’ordre même de notre travail nous oblige à faire ici quelques déclarations que les Pasteurs auront soin de ne pas perdre de vue. Ces explications leur feront connaître exactement quel doit être le terme de leurs pensées, de leurs labeurs et de leurs études, et en même temps les moyens à employer pour arriver sûrement au succès désiré.

Or ce qui semble primer tout le reste, c’est qu’ils n’oublient jamais que toute la science du Chrétien, ou plutôt, comme le dit notre Seigneur, que toute la Vie Eternelle elle-même consiste en ce seul point: Vous connaître, Vous, le seul Dieu véritable et Jésus-Christ que Vous avez envoyé. Aussi le vrai Docteur de l’Eglise s’appliquera-t-il avant toutes choses à faire naître dans l’âme des Fidèles le désir sincère de connaître Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié. Il fera en sorte de leur persuader et de graver dans leur cœur cette Foi inébranlable qu’ il n’existe point sous le ciel d’autre nom par lequel nous puissions nous sauver, puisque c’est Lui qui est l’hostie de propitiation pour nos péchés.

Et comme on ne peut être sûr de Le connaître véritablement qu’autant qu’on observe ses commandements, la deuxième obligation, qui ne peut être séparée de celle que nous venons de marquer, sera de bien mettre en lumière que la vie des Fidèles ne doit point s’écouler dans le repos et l’oisiveté, mais que nous devons marcher sur les traces de notre Sauveur et chercher sans relâche et de toutes nos forces la justice, la piété, la foi, la charité et la douceur. Car si Jésus-Christ s’est livré Lui-même pour nous, Il l’a fait pour nous arracher à toute sorte d’iniquité, pour faire de nous un peuple pur, agréable à ses yeux, ami fervent des bonnes œuvres. C’est ainsi que l’Apôtre ordonne aux Pasteurs de Le faire connaître et de Le proposer en exemple.

Mais notre Maître et Sauveur ne s’est pas contenté de parler, Il a voulu de plus prouver par sa conduite que la Loi et les Prophètes se résumaient tous dans l’amour. D’autre part l’Apôtre a formellement enseigné que l’amour est la fin des commandements, et la plénitude de la Loi. Personne ne peut donc mettre en doute que c’est un devoir, et un devoir primordial d’exhorter le peuple fidèle à l’amour de Dieu et de son infinie bonté pour nous. Ainsi, enflammé d’une véritable ardeur divine, ce peuple pourra s’élancer vers le Bien suprême, le Bien parfait dont l’amour et la possession produisent la vraie et solide félicité dans le cœur de tous ceux qui peuvent s’écrier avec le Prophète: Qu’y a-t-il dans le ciel et qu’ai-je désiré sur la terre, si ce n’est Vous, Seigneur ? C’est là en effet cette voie excellente que nous montrait Saint Paul lorsqu’il résumait toute sa doctrine et toute sa prédication, dans la charité, qui ne périt point. Aussi qu’il soit question de Foi, d’Espérance ou de toute autre vertu, il convient d’insister toujours avec tant de force sur l’amour pour notre Seigneur Jésus-Christ, que chacun soit en quelque sorte obligé de comprendre que toutes les œuvres de perfection et de vertu chrétienne ne peuvent avoir d’autre source et d’autre terme que ce saint Amour. »

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Commentaire

Avec ce paragraphe 3, nous abordons le formel du catéchisme, sa raison d’être, sa finalité.
Parce que l’erreur protestante se multiple par toute sortes de moyens et de libelles, dont « le but est de dépraver le cœur des Chrétiens, par des enseignements insolites et étrangers ». et pour les mieux contredire, le Saint Concile de Trente a ordonné la publication de ce catéchisme. Ainsi outre les précisions de la doctrine apportées sur les points principaux de la doctrine catholique contre le protestantisme, « ils (les Pères conciliaires) se sont fait un devoir (aussi) de laisser, pour l’instruction des chrétiens sur les vérités de la Foi, une sorte de plan et de méthode que pourraient suivre en toute sûreté dans leurs églises ceux qui auraient la charge de Docteur et de Pasteur légitime ».

Vous le voyez ce catéchisme est un instrument pour le clergé qui a charge d’âme. Là, vous trouverez « une sorte de plan et de méthode » surs pour enseigner « en toutes sureté » dans vos église de demain, vous qui aurez la charge d’âme (C’est pour les séminaristes que je fais ce commentaire).
Ce catéchisme est une mine, une source remarquable de théologie pour enseigner le peuple, une source même de sujets de prédication. Je m’en sers en tout temps. Lorsque vous l’aurez bien fréquenté, vous constaterez comme il est un merveilleux résumé de la Somme de Saint Thomas. Tous les arguments de saint Thomas dans la Somme se retrouvent résumés dans ce catéchisme. Mgr Lefebvre disait qu’un prêtre connaissant bien ce catéchisme serait bien armé pour prêcher et enseigner son peuple. J’en suis convaincu.

L’intention des Pères du Conciles est nobles et claire : « ces Pères (conciliaires) ont cru qu’il importait extrêmement, que par l’autorité du Saint Concile, on vit paraître un livre, où les Pasteurs et tous ceux qui sont chargés d’enseigner pourraient puiser des vérités d’une certitude absolue, et les transmettre ensuite aux Fidèles pour leur édification. »

L’unité de l’Eglise sera ainsi assurée : « Ainsi comme il n’y a qu’un seul Seigneur et une Foi, il n’y aurait qu’une seule et même manière, une seule et même règle, pour apprendre au peuple la Foi chrétienne et tous les devoirs qu’elle impose ».

Que trouverez-vous dans ce catéchisme ? Non pas un exposé totale de théologique, mais bien un « abrégé de théologie », un « abrégé de notre Foi ». C’est l’intention expresse des Pères Conciliaires.

Et ils précisent bien l’intention de ce travail. Aux prêtres de s’en inspirer dans l’utilisation qu’ils feront de cet « abrégé de la foi ?

Premièrement : qu’ils n’oublient jamais que le but de la prédication n’est pas une simple culture théologique à transmettre, mais bien une « connaissance intime de NSJC », comme le dirait saint Ignace. Le but est de: « connaître NSJC , Lui le seul Dieu véritable envoyé du Père». Qu’ils fassent naître « dans l’âme des Fidèles le désir sincère de connaître Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié ». Qu’ils fassent naître dans l’âme des fidèles cette foi inébranlable que NSJC est notre unique Sauveur. « Il fera en sorte de leur persuader et de graver dans leur cœur cette Foi inébranlable qu’ il n’existe point sous le ciel d’autre nom par lequel nous puissions nous sauver, puisque c’est Lui qui est l’hostie de propitiation pour nos péchés. » On aimerait citer ici la prédication de saint Pierre après le jour de la Pentecôte : « Alors Pierre, rempli du Saint-Esprit, leur dit :  » Chefs du peuple et Anciens, puisqu’on nous interroge aujourd’hui sur un bienfait (accordé) à un infirme, (pour savoir) comment cet homme a été guéri, sachez-le bien, vous tous, et tout le peuple, d’Israël : C’est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, que Dieu a ressuscité des morts, c’est par lui que cet homme est présent devant vous en pleine santé. C’est lui, la pierre rejetée par vous les constructeurs, qui est devenue tête d’angle. Et le salut n’est en aucun autre, car il n’est sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. « 

Deuxièmement : « la deuxième obligation, c’est que le prêtre appelle le peuple à « marcher sur les traces de notre Sauveur et chercher sans relâche et de toutes (ses) forces la justice, la piété, la foi, la charité et la douceur. Car si Jésus-Christ s’est livré Lui-même pour nous, Il l’a fait pour nous arracher à toute sorte d’iniquité, pour faire de nous un peuple pur, agréable à ses yeux, ami fervent des bonnes œuvres. C’est ainsi que l’Apôtre ordonne aux Pasteurs de Le faire connaître et de Le proposer en exemple ». C’est ce que dit saint Paul ; « Induimini Jesum Christum »

Troisièmement : cet enseignement du peuple doit avoir une autre finalité : faire naître dans les fidèles l’amour de Dieu : « c’est un devoir, et un devoir primordial d’exhorter le peuple fidèle à l’amour de Dieu et de son infinie bonté pour nous. Ainsi, enflammé d’une véritable ardeur divine, ce peuple pourra s’élancer vers le Bien suprême, le Bien parfait dont l’amour et la possession produisent la vraie et solide félicité dans le cœur »des fidèles…. il convient d’insister toujours avec tant de force sur l’amour pour notre Seigneur Jésus-Christ, que chacun soit en quelque sorte obligé de comprendre que toutes les œuvres de perfection et de vertu chrétienne ne peuvent avoir d’autre source et d’autre terme que ce saint Amour. »

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§ IV. — MANIERE D’INSTRUIRE LES FIDELES

« Mais si dans toute espèce d’enseignement, il importe de prendre telle ou telle méthode, cette vérité trouve surtout son application lorsqu’il s’agit d’instruire le peuple chrétien. C’est qu’en effet il faut tenir compte de l’âge, de l’intelligence, des habitudes, de la condition. Celui qui enseigne doit se faire tout à tous, pour gagner tout le monde à Jésus Christ ; il doit se montrer lui-même un ministre et un dispensateur sûr, et à l’exemple du serviteur bon et fidèle, il doit mériter d’être établi par notre Seigneur dans des fonctions plus considérables.
Surtout qu’il ne s’imagine pas qu’une seule sorte d’âmes lui est confiée, et que par conséquent il lui est loisible d’enseigner et de former également tous les Fidèles à la vraie piété, avec une seule et même méthode et toujours la même ! Qu’il sache bien que les uns sont en Jésus-Christ comme des enfants nouvellement nés, d’autres comme des adolescents, quelques-uns enfin, comme en possession de toutes leurs forces. Il devra donc s’appliquer à reconnaître et à distinguer ceux qui ont besoin du lait de la doctrine, et ceux qui demandent une nourriture plus forte. Ainsi, il pourra distribuer à tous et à chacun ces aliments spirituels qui augmentent la vie de l’âme, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité d’une même Foi, d’une même connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’hommes parfaits, et à la mesure de la plénitude de l’âge de Jésus Christ. Au surplus, c’est à tous les Chrétiens que l’Apôtre a voulu se donner lui-même en exemple sur ce point lorsqu’il dit qu’ il se doit aux Grecs et aux Barbares, aux savants et aux ignorants. Il voulait montrer à tous ceux qui sont appelés au ministère de la prédication, qu’ils doivent, en transmettant l’enseignement des mystères de la Foi et des règles des mœurs, proportionner leurs paroles à l’esprit et à l’intelligence de leurs auditeurs. Ainsi, après avoir nourri d’un aliment spirituel les esprits les plus élevés, ils ne laisseront point périr de besoin ceux qui, encore enfants demanderaient un pain qui ne leur serait point rompu.
Personne ne doit donc laisser refroidir son zèle pour instruire, parce que, de temps en temps, il faudra expliquer ces vérités qui paraissent simples et élémentaires- et que l’on aborde avec d’autant moins de plaisir qu’on se plait davantage dans l’étude de vérités plus élevées. Mais si la Sagesse elle-même du Père éternel a bien voulu descendre ici-bas, dans l’abaissement de notre chair, pour nous enseigner les lois de la vie surnaturelle, quel est celui que la charité de Jésus-Christ ne portera pas à se faire petit parmi ses frères, et à imiter comme lui les soins de la mère pour ses enfants ? quel est celui qui ne désirera assez ardemment le salut de son prochain pour vouloir, comme Saint Paul le dit de lui-même, leur donner non seulement l’Evangile de Dieu, mais encore sa propre vie ?

Or, toutes les vérités que l’on doit enseigner aux Fidèles sont contenues dans la parole de Dieu, soit celle qui est écrite, soit celle qui a été conservée par tradition, L’Ecriture et la tradition voilà donc ce que les Pasteurs devront méditer jour et nuit. Et ils n’auront garde d’oublier cet avertissement que Saint Paul adressait à Timothée, et qui s’applique à tous ceux qui ont charge d’âmes: Appliquez-vous à la lecture, à l’exhortation et à l’instruction ; car toute Ecriture inspirée de Dieu est utile pour instruire, pour reprendre, pour corriger, pour former à la justice, pour rendre l’homme de Dieu parfait, et propre à toutes les bonnes œuvres ».

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Commentaire :

Ce paragraphe IV est relatif à la méthode, la manière d’enseigner pour le prêtre. Qu’il prenne soin des grands et des petits, qu’il adapte son enseignement aux circonstances des uns et des autres, qu’il enseigne avec humilité, comme Le Fils de Dieu qui n’ a pas craint de se revêtir d’une chair passible, lui, le Dieu de gloire, pour nous transmettre la vérité de Dieu.
Et cette vérité de Dieu est contenue et dans l’Ecriture et dans la Tradition, les deux sources de cette vérité. Que le prêtre ainsi s’en nourrisse lui-même avant tout.. « Or, toutes les vérités que l’on doit enseigner aux Fidèles sont contenues dans la parole de Dieu, soit celle qui est écrite, soit celle qui a été conservée par tradition, L’Ecriture et la tradition voilà donc ce que les Pasteurs devront méditer jour et nuit »
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§ V. — PRINCIPAUX ARTICLES DE LA DOCTRINE CHRETIENNE.

Tout ce que Dieu nous a révélé est considérable et varié. Et tout, dans cette révélation, ne se comprend point assez facilement, et même, quand on l’a compris, ne reste pas assez bien gravé dans la mémoire, pour qu’on puisse en donner toujours une explication satisfaisante. C’est donc avec une profonde sagesse que nos Pères ont ramené toute la doctrine et toute la science du salut à quatre points principaux qui sont le Symbole des Apôtres, les Sacrements, le Décalogue, et l’Oraison Dominicale.
En effet tout ce que nous devons croire et connaître de la doctrine, de la création et du gouvernement du monde, de la récompense des bons et de la punition des méchants, toute, cela est contenu dans le Symbole.
Quant aux signes et aux moyens que Dieu nous donne pour obtenir sa grâce, nous les trouvons dans les sept Sacrements.
Les préceptes divins qui ont tous pour fin la Charité sont inscrits dans le Décalogue.
Enfin tout ce que nous pouvons désirer, espérer ou demander pour notre bien est renfermé dans l’Oraison Dominicale. Ainsi lorsque nous aurons expliqué ces quatre articles, qui sont comme les lieus communs de la sainte Ecriture, il ne manquera presque plus rien au Chrétien pour connaître ce qu’il est obligé de savoir.
En conséquence, nous croyons devoir avertir les Pasteurs que chaque fois qu’ils auront à mettre en lumière un passage de l’Evangile ou de toute autre partie de l’Ecriture sainte, ils pourront toujours le ramener à l’un de ces quatre points, et y prendre comme à sa source l’explication désirée.
Par exemple, s’il s’agit d’interpréter l’Evangile du premier Dimanche de l’Avent: Il y aura des signes dans le soleil et dans la lune, etc., ils trouveront ce qui se rapporte à cette vérité dans l’article du Symbole: Il viendra juger les vivants et les morts. Par ce moyen ils feront connaître en même temps aux Fidèles, et le Symbole, et l’Evangile. Ainsi, dans tout son enseignement et ses commentaires, le Pasteur pourra prendre et conserver l’habitude de tout ramener à ces quatre points principaux, qui selon nous renferment toute la moelle des Saintes Ecritures et même tout le Christianisme.
Quant à l’ordre de l’enseignement, il y aura lieu de choisir celui qui paraîtra le mieux approprié aux temps et aux personnes.
Pour nous, à l’exemple des saints Pères qui, voulant initier les hommes à la connaissance de Jésus-Christ et de sa doctrine, commencèrent toujours par la Foi, nous avons jugé à propos d’expliquer tout d’abord ce qui regarde cette vertu.

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Ce catéchisme est donc divisé en quatre parties
- le symbole de la foi,
- les Sacrements ;
- le Décalogue, les commandements,
- la prière dominicale. :
Il comprend 46 chapitres. Il vous faut donc en lire et résumer deux chapitres par semaines, puisqu’il y a à peu près 24 semaines de cours par an. Vous n’avez pas de temps à perdre.

Je vous ferai moi-même, j’espère, un résumé des deux premières parties : le symbole de la foi et les sacrements.
Vous serez interrogés sur le petit catéchisme de Saint Pie X qui résume très bien le catéchisme du Concile de Trente. Comme cela, vous vous rafraichirez la mémoire des vérités chrétiennes. Aujourd’hui dans ce « néant » de doctrine, vous serez des lumières. Ce que doit être le Chrétien.

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