La Revue Item - « La Tradition sans peur »
Abonnements
Newsletter

Entrez votre adresse email

Dieu et son « dessein bienveillant »

publié dans paroisse saint michel le 7 décembre 2012


Deuxième dimanche de l’Avent

Dieu et son « dessein bienveillant »

Le pape, dans son homélie du mercredi 5 décembre 2012, dans le cadre de l’année de la foi, a eu la bonne idée de commenter les premiers versets de la lettre aux Ephésiens de saint Paul. C’est certainement un des plus beaux textes de saint Pau que je vous ai souvent commenté. C’est de plus parfaitement adapté au temps de l’Avent.
Ce texte de saint Paul, c’est « un hymne de louange », « une prière de bénédiction » : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis dans le Christ de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les cieux ». Cet hymne, on le comprend, est plein de joie, d’admiration, d’action de grâce.
Mais pourquoi l’Apôtre ressent-il tant de joie, d’admiration et d’action de grâce ?
Il ressent tant de joie, il exprime tant d’action de grâce en raison du « projet de Dieu à l’égard de l’homme ». Ce projet est un « dessein de bienveillance » (v. 9), « un dessein de miséricorde et d’amour ». Dans son Epître à Timothée, saint Paul explicitera et dira que « Dieu veut sauver tous les hommes et veut qu’ils viennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim 2 3) Or ce salut s’opère dans et par le Christ, vrai homme et vrai Dieu, par son Incarnation rédemptrice, dans « la mort et la résurrection de Jésus ». Le Concile de Trente expliquera cette vérité en disant que face au péché originel et à son infinité de malice, l’incarnation du Verbe était requise. Jésus-Christ est donc le médiateur de toutes grâces, de toute sainteté, de toute sanctification, de toute filiation.
Saint Paul s’en émerveille, il chante son allégresse parce qu’ « il voit que le Père céleste nous a choisis avant même la création du monde, pour être ses fils adoptifs, dans son Fils unique, Jésus Christ » (cf. Rm 8, 14s ; Ga 4, 4s). Le Christ, son avènement, sa médiation, ses dons, son œuvre rédemptrice sont donc au cœur de la pensée divine, au cœur de toute restauration. Voilà la raison de l’allégresse paulinienne : devenir fils adoptifs de Dieu dans son Fils unique, Jésus-Christ! Nous existons, nous dit saint Paul, dès l’éternité, dans l’esprit de Dieu, dans un grand projet d’amour que Dieu a conservé en lui et qu’il a décidé de réaliser et de révéler « quand les temps seraient accomplis » (cf. Ep 1, 10). Et Ils le furent lors de la Nativité du Seigneur.
Alors le pape a cette merveilleuse phrase : « Notre vocation, MBCF, n’est pas simplement d’exister dans le monde, d’être insérés dans une histoire, ni même d’être uniquement des créatures de Dieu ; c’est quelque chose de beaucoup plus grand : c’est être choisis par Dieu, avant même la création du monde, dans le Fils, Jésus Christ. En Lui, donc, nous existons déjà, pour ainsi dire, depuis toujours. Dieu nous contemple dans le Christ, comme des fils adoptifs ».
Voilà le « mystère » de la volonté divine (v. 9), caché en Dieu et, à présent, manifesté dans la Personne et dans l’œuvre du Christ.
Voila quelle est l’initiative divine à notre endroit, à savoir notre filiation divine. Et cette filiation divine est un pur don, «un don, comme le dit saint Paul, parfaitement gratuit ; un don de son amour qui nous enveloppe et nous transforme », dit Benoît XVI. Saint Jean l’affirmait bien avant lorsqu’il disait : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle ». Or ce monde était un monde pécheur. C’est ce qui oblige saint Paul de confesser son admiration, sa stupeur même et son action de grâce !
Ne cessons pas nous aussi de dire en nos cœurs, notre allégresse pour cette filiation divine qui est la volonté divine et qui est un don gratuit de Dieu, Ne cessons pas nous aussi de dire en nos cœurs, notre allégresse pour cette vie éternelle qui est un don gratuit de Dieu. Voilà l’objet essentiel du plan divin. Il concerne notre filiation divine et notre vie éternelle. L’objet du secret divin est donc le bonheur du ciel.
Et comprenons surtout que tout cela, cette filiation, cette éternité, ce « dessein de bienveillance » se réalise dans le Christ Seigneur, « en Lui et par Lui ». Il est au cœur de toute cette réalisation divine, réalisation qui est une restauration. De cette restauration, le Christ en est le principe. Le Christ est au centre de ce plan divin. Vers Lui tout converge. Le Christ est visiblement l’expression et comme le porteur de ce plan caché de Dieu. En ce sens qu’Il le notifie et en exécute les desseins et en quelque sorte le résume en sa personne. De fait si Dieu veut sanctifier tous les hommes et les conduire à la vie éternelle, c’est le Christ qui le réalise. Il est l’unique médiateur.
C’est pourquoi Saint Paul ne craint pas de dire, au verste 10 que Dieu s’est proposé de « tout réunir dans le Christ », « de ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ » (v. 10) de « récapituler » toutes les réalités dans le Christ Dans « son dessein bienveillant » de salut, Dieu a décrété que le Christs serait le centre, le lien vivant, le principe de convergence, d’harmonie, d’unité de toutes les créatures quelles qu’elles soient, terrestres, humaines, célestes. Le Christ est le principe d’unité et le principe de toute restauration « Dans cette expression, nous trouvons, dit le pape, l’une des formules centrales du Nouveau Testament ». « Récapituler » « instaurare omnia » toute la réalité dans le Christ, in Christo. « Cette expression, dit encore le pape, nous fait comprendre le dessein de Dieu, son projet d’amour à l’égard de l’humanité tout entière », « Récapituler l’univers dans le Christ » : cela signifie que, dans le grand dessein de la création et de l’histoire, le Christ s’élève « comme centre du chemin du monde », comme « axe porteur de tout », seul, « il conduite tout à la plénitude voulue par Dieu » (cf. Ep 1, 23). « Instaurare omnia in Christo » ne se trouve pas seulement dans les écrits de Saint Irénée mais aussi plus récemment dans les écrits de saint Pie X et tout particulièrement dans sa première encyclique « E supremi apostolatus ». Il n’est pas si fréquent de voir citer saint Pie X pour ne pas le noter au passage. « Certains de vous se souviennent peut-être de la formule utilisée par le Pape saint Pie X « Instaurare omnia in Christo », formule qui rappelle cette expression de saint Paul et qui était également la devise de ce saint Pape ».
Ce « dessein bienveillant » n’est pas resté dans « le silence de Dieu », vous dis-je, « dans les sommets de son Ciel », mais Il l’a fait connaître en entrant en relation avec l’homme. « Il lui a plu dans sa bonté et sa sagesse de se révéler en personne (dans son Verbe) et de faire connaître le mystère de sa volonté de nous rendre « participants de la nature divine » .Dieu se communique, et nous attire dans la nature divine si bien que nous sommes introduits en elle, divinisés par le baptême. « Il nous invite à partager sa propre vie ». Voilà la révélation de Dieu en son Fils. Voilà ce qui attire l’admiration de saint Paul et lui fait chanter son chant de bénédiction !
Et saint Jean Chrysostome, dans une page célèbre qui commente, lui aussi, le début de la Lettre aux Éphésiens, invite à goûter toute la beauté de ce « dessein bienveillant » de Dieu révélé dans le Christ, par ces mots : « Qu’est-ce qui te manque ? Tu es devenu immortel, tu es devenu libre, tu es devenu fils, tu es devenu juste, tu es devenu frère, tu es devenu cohéritier, tu règnes avec le Christ, tu es glorifié avec le Christ. Tout nous a été donné et — comme il est écrit — “comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ?” (Rm 8, 32). Tes prémisses (cf. 1 Co 15, 20.23) sont adorées par les anges [...] : qu’est-ce qu’il te manque ? » (PG 62, 11).
Ainsi, ce « dessein bienveillant » est l’objet de la foi. Il est seul capable de me permettre de comprendre mon propre mystère, « le mystère de mon existence ».
Je ne suis pas seulement une créature. Je suis une créature au destin divin. La foi va me permettre d’accueillir dans ma propre vie ce dessein bienveillant de Dieu, la vision de Dieu sur moi, Elle va me permettre de vivre en Dieu selon le plan bienveillant de Dieu sur moi. .

Revue-Item.com

article précédent

Le relativisme

article suivant

Commentaire du catéchisme du Concile de Trente. leçon 1: Introduction

 

 

articles liés

Imprimer cet article Imprimer cet article

partager cette page

bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark

 

Videos
Entretien par Novopress le 17/07/2011

Entretien par Franck Abed le 01/02/2011
Rechercher

Actualités RSS