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Catéchisme pour adulte. Les sacrements.

Catéchisme pour adulte. Les sacrements.

publié dans paroisse saint michel le 8 octobre 2010


Catéchisme pour adulte.

Les Sacrements

Le sacrement en général

Quatrième leçon. ( 8 octobre)

Du nombre des sacrements.

Après avoir donné la définition du sacrement, (leçon 1), expliqué la nécessité des sacrements et de leurs raisons d’être (leçon 2), puis de leurs éléments constitutifs, de matière et de forme (leçon 3), le Catéchisme du Concile de Trente en arrive à l’étude du nombre des sacrements. Ce sera notre leçon 4 : « le moment est venu, dit-il, de parler du nombre des Sacrements ». Il dit même que cette question est « très utile » à la connaissance des fidèles. En ce sens qu’après en avoir justifié le nombre, ils ne pourront pas ne pas louer ni reconnaître « l’infinie Bonté de Dieu » envers eux. Mais ne précipitons pas les choses. La Sagesse de Dieu, dans l’institution des sacrements, apparaîtra mieux après en avoir justifié le nombre.

La doctrine de l’Eglise

Le catéchisme nous enseigne que « Les Sacrements de l’Eglise catholique, d’après les témoignages de la sainte Ecriture, la tradition des Pères et la décision des Conciles, sont au nombre de sept ».

Notre catéchisme se limite à citer la doctrine du Concile de Trente. Le Concile de Trente en effet a rappelé la doctrine de l’Eglise sur ce sujet dans sa session 7 qui s’est tenue le 3 Mars 1547,

Après un préambule où le Concile rappelle qu’il fonde son enseignement et sur l’Ecriture Sainte, sur les traditions apostoliques et les Pères de l’Eglise,- ce que rappelle aussi les auteurs du Catéchisme -, il donne la doctrine catholique sur ce sujet en 13 canons. Le premier canon, seul, pour l’instant, nous intéresse.

Voici le préambule :

« Pour compléter cette doctrine salutaire sur la justification, promulguée lors de la précédente session avec le consentement unanime de tous les pères, il a paru à propos de traiter des sacrements très saints de l’Eglise. C’est par eux que toute véritable justice ou commence, ou, une fois commencée, s’accroît, ou, perdue, est réparée.
C’est pourquoi le saint concile oecuménique et général de Trente veut éliminer les erreurs et extirper les hérésies qui, apparues de notre temps, concernant les très saints sacrements, sont nées d’hérésies autrefois condamnées par nos Pères ou bien même ont été découvertes, nuisant grandement à la pureté de l’Eglise catholique et, au salut des âmes, attaché à l’enseignement des saintes Ecritures, aux traditions apostoliques et à l’accord unanime des Pères des autres conciles, ce saint concile a décidé de statuer et de décréter les canons suivants. Ceux qui restent encore pour porter à son terme l’oeuvre commencée seront, avec l’aide de l’Esprit Saint, publiés plus tard ».

Voici le canon 1 :

« Si quelqu’un dit que les sacrements de la Loi nouvelle n’ont pas été tous institués par Jésus Christ notre Seigneur ou bien qu’il y en a plus ou moins que sept, à savoir : le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la pénitence, l’extrême-onction, l’ordre et le mariage, ou encore que l’un de ces sept n’est pas vraiment et proprement un sacrement : qu’il soit anathème »

Ainsi l’affirmation des sept sacrements est chose constante dans l’Eglise.

Aussi le saint Concile lance-t-il l’anathème à celui qui ne confesserait pas les sept sacrements de l’Eglise catholique. Il en donne les noms et l’ordre. Il n’y en a ni plus ni moins que sept. A savoir : le baptême, la confirmation, l’eucharistie, la pénitence, l’extrême-onction, l’ordre et le mariage, Il en profite pour dire qu’ils ont tous été institués par NSJC.

Mais notre catéchisme se pose la question : « Mais pourquoi sept, ni plus ni moins ? »

Voilà la question théologique à laquelle il faut répondre.

Le catéchisme nous donne une raison qu’elle dit être « assez plausible ». Vous noterez l’humilité des auteurs du catéchisme. Il n’est pas facile à l’homme de scruter toujours avec certitude les pensées de Dieu…

Ils tirent cette raison « de l’analogie qui existe entre la vie naturelle et la vie spirituelle ».

Ce principe est encore un principe tiré de la Somme de saint Thomas expose dans III 65 1. Il écrit : « la vie spirituelle a une certaine conformité à la vie corporelle ; comme du reste, les autres choses corporelles ont une certaine similitude des choses spirituelles ». De là vient que du monde corporel, on peut s’élever au monde spirituel et découvrir non seulement l’existence de Dieu mais certaines perfections divins, comme sa majesté, sa grandeur, sa gloire. Ne croyez-vous pas que la majesté du ciel, la grandeur de la mer sont comme le reflet des choses divines. Dès lors, rien de plus sage, par conséquent, rien de plus en harmonie avec notre nature et avec les desseins de Dieu dans sa conduite à notre endroit, que de chercher, dans les choses de notre vie corporelle, la similitude et la clef des harmonies instituées par Dieu dans l’économie de notre vie spirituelle.

Le principe thomiste affirmé et ainsi justifié, les auteurs du catéchisme, comme saint Thomas, du reste, dans cette même question, cherche les principes de la vie corporelle qui, par analogie, pourraient être appliqués à la vie spirituelle/

« Pour vivre, pour conserver la vie, nous dit le Catéchisme de Trente, pour l’employer utilement, tant pour lui-même que pour la société, l’homme a besoin de sept choses:

1-Il faut qu’il naisse,
2-qu’il croisse,
3-qu’il se nourrisse,
4-qu’il se guérisse, s’il tombe malade,
5-qu’il répare ses forces, lorsqu’elles ont été affaiblies.

-Ensuite au point de vue social,

6-il faut encore qu’il ne manque jamais de magistrats investis de l’autorité nécessaire pour commander,
7-et enfin qu’il se perpétue, lui-même et le genre humain, par la génération légitime des enfants ».

« Or, ces sept conditions semblent répondre assez bien à la vie spirituelle, c’est-à-dire à la vie de l’âme pour Dieu,

et par conséquent, il est facile de trouver dans ce que nous venons de dire la raison du nombre des Sacrements.

1-Le Baptême, qui est le premier et comme la porte des autres, nous fait naître à Jésus-Christ.
2-La Confirmation vient ensuite. Elle augmente en nous la Grâce de Dieu et nous fortifie par sa vertu. Les Apôtres étaient déjà baptisés, au témoignage de Saint Augustin, lorsque Notre Seigneur Jésus-Christ leur dit: Demeurez dans la ville, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la Vertu d’en haut.(Lc 24 49)
3-Puis l’Eucharistie qui, comme un aliment vraiment céleste, nourrit et soutient nos âmes. C’est d’elle que le Sauveur dit: Ma Chair est véritablement une nourriture, et mon Sang est vraiment un breuvage (Jn 6 55).
4-En quatrième lieu vient la Pénitence, qui rend la santé à nos âmes, quand elles ont été blessées par le péché.
5-Ensuite l’Extrême-Onction, qui enlève les restes du péché, et renouvelle les forces de l’âme. L’Apôtre Saint Jacques a dit de ce Sacrement qu’il remet nos péchés, si nous en avons.
6-Le sixième est l’Ordre. C’est lui qui perpétue dans l’Eglise le ministère des Sacrements, en donnant à ceux qui le reçoivent le pouvoir de les administrer publiquement, et d’exercer toutes les autres fonctions du culte.
7-Enfin le Mariage. Ce sacrement est institué, afin que, dans une union légitime et sanctifiée, l’homme et la femme puissent donner des enfants pour le service de Dieu et pour la conservation du genre humain, et aussi afin qu’ils soient capables de les élever chrétiennement » (ib.p 147-148)

Ainsi les sacrements institués par le Christ et confiés par Lui à son Eglise sont au nombre de sept. Tous les sept ont pour objet ou pour fin d’aider l’homme à refaire sa vie dans le Christ. Cinq doivent l’aider à refaire sa vie individuelle ; les deux autres, à assurer sa vie sociale. Pour sa vie individuelle, à l’effet de la lui donner, de l’y faire grandir, de la lui conserver, il y a les trois sacrements de baptême, de confirmation et d’Eucharistie. Pour la lui rendre s’il l’a perdue et pour l’y rétablir dans sa perfection, deux autres sacrements, la pénitence et l’Extrême Onction s’ajoutent aux trois premiers. Quant à la vie sociale, elle est assurée par l’Ordre et le mariage qui complète le nombre sept.

On a peine à s’expliquer que les Protestants n’aient pas compris l’harmonie et la portée de cet ordre mis en lumière par saint Thomas.

Après avoir justifié et de belle manière en partant du principe de l’harmonie entre la vie corporelle et la vie spirituelle, le catéchisme se pose de nouvelles questions :
-Sont-ils tous, ces sacrements, d’une « égale nécessité ? » ;
-« ont-ils tous « même dignité ? » ;
-« Ont-ils tous même signification ? »

A- Sont-ils tous d’une égale nécessité ?

Le catéchisme répond :

« Il y en a trois qui sont regardés comme vraiment nécessaires quoique à des titres différents.

a- « Le Baptême est absolument nécessaire à tous sans aucune exception: Le Sauveur l’a déclaré Lui-même dans ces paroles: Si quelqu’un ne renaît pas de l’eau et de l’esprit, il ne peut point entrer dans le Royaume de Dieu. ( Jn 3 5)

b- « La Pénitence est nécessaire aussi, mais seulement à ceux qui ont commis quelque péché mortel après leur Baptême. Ils ne sauraient éviter la damnation éternelle, s’ils ne font pas une véritable pénitence ».

c- « Enfin l’Ordre est également d’une nécessité rigoureuse, non pas aux Fidèles en particulier, mais à l’Eglise en général ».

Je trouve ces explications admirables. Ces explications sont confirmées par l’enseignement du Concile de Trente en son canon 3 de la session 7 : « Si quelqu’un dit que ces sept sacrements sont si égaux entre eux que d’aucune façon l’un n’est plus digne que l’autre : qu’il soit anathème ».

B- Ont-ils tous même dignité ?

Non ! Répond le catéchisme : « Si l’on considère dans les Sacrements leur dignité et leur excellence, l’Eucharistie l’emporte de beaucoup sur tous les autres par la sainteté, le nombre et la grandeur des Mystères qu’elle contient.
Tout cela se comprendra mieux, lorsque nous expliquerons ce qui se rapporte à chaque Sacrement en particulier
».

Cette question est merveilleusement expliquée par saint Thomas dans la Somme : III 65 3 qu’il intitule : « de la hiérarchie des sacrements.

Il affirme que l’Eucharistie est le plus important de tous, celui qui achève tous les autres ».

Il écrit : « En thèse absolue, l’eucharistie est le plus important de tous les sacrements. Cela se manifeste de trois façons.

-1° En raison du contenu de ce sacrement l’eucharistie contient substantiellement le Christ lui-même, tandis que les autres sacrements ne contiennent qu’une vertu instrumentale reçue du Christ en participation ; or, en tout domaine, l’être par essence est plus important que l’être participé.

-2° Cela se voit par la connexion interne de l’organisme sacramentel, car tous les autres sacrements sont ordonnés à celui-ci comme à leur fin. En effet, il est évident que le sacrement de l’ordre a pour fin la consécration de l’eucharistie. Le sacrement de baptême est ordonné à la réception de l’eucharistie, et il est perfectionné par la confirmation, qui empêche de se soustraire, par crainte, à un si grand sacrement. Puis, la pénitence et l’extrême-onction préparent l’homme à recevoir dignement le corps du Christ. Le mariage aussi rejoint ce sacrement, au moins par son symbolisme, en tant qu’il représente la conjonction du Christ et de l’Église, dont l’union est figurée par le sacrement de l’eucharistie. D’où la parole de l’Apôtre (Ep 5, 23): « Ce sacrement (le mariage) est grand. Je parle, moi, du Christ et de l’Église. »

-3° Cette supériorité de l’eucharistie apparaît dans les rites sacramentels. Car l’administration de presque tous les sacrements se consomme dans l’eucharistie, comme le remarque Denys (argument en sens contraire); ainsi voit-on les nouveaux ordonnés communier et aussi les nouveaux baptisés s’ils sont adultes.
Quant aux autres sacrements, on peut les hiérarchiser selon de multiples points de vue. Au point de vue de la nécessité, le baptême est le plus important des sacrements; au point de vue de la perfection, c’est l’ordre; et la confirmation se situe entre les deux. Quant à la pénitence et à l’extrême-onction, ils appartiennent à une catégorie inférieure par rapport aux précédents, parce que, nous l’avons dit ils sont ordonnés à la vie chrétienne non pas essentiellement, mais par accident, c’est-à-dire pour remédier à un défaut survenu. Dans cette catégorie, toutefois, l’extrême-onction se rapporte à la pénitence comme la confirmation au baptême; c’est-à-dire que si la pénitence est plus nécessaire, l’extrême-onction confère une perfection plus haute ».

Ainsi parmi les sept sacrements, il en est un qui occupe, dans l’ordre de la dignité ou de l’excellence, une place absolument hors pair. C’est le sacrement de l’Eucharistie. Tous les autres lui sont ordonnés comme à leur fin. Il est le centre et leur sommet. Ce qu’ils ont de vertu salutaire n’est qu’une participation de la plénitude qui est en lui. En lui, en effet, est contenu substantiellement Celui qui est la source même du salut et de la sanctification. Aussi bien, voyons nous que dans la liturgie de l’Eglise, c’est à l’Eucharistie que tout converge, c’est de l’Eucharistie que tout dérive.

Le Concile Vatican II dans son document sur la liturgie et sur l’Eglise a très heureusement rappelé ce principe.

Le Catéchisme de Trente avait débuté sa leçon sur le nombre de sacrements par une phrase que je n’avais pas voulu citer, pensant que vous la comprendrez mieux après l’exposé. La voici maintenant, l’exposé fait : « Le moment est venu de parler du nombre des Sacrements. Il sera très utile aux Fidèles de le connaître. Car ils s’empresseront de louer et de reconnaître l’infinie Bonté de Dieu envers eux, avec une piété d’autant plus sincère et plus vive, qu’ils verront un plus grand nombre de moyens mis à leur disposition par la Sagesse Divine pour les conduire au Salut et à la Vie bienheureuse ».
Je pense, en effet, que vous comprenez mieux maintenant l’importance de ces sept sacrements pour notre vie spirituelle. Ils sont tous autant de moyens mises à notre disposition par la sagesse de Dieu pour nous conduire au salut et à la vie éternelle. Que Dieu soit loué et sa bonté acclamée.

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