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Les Sacrements. Le Sacrement en général. Deuxième leçon. Les raisons qui ont fait instituer les Sacrements.

Les Sacrements. Le Sacrement en général. Deuxième leçon. Les raisons qui ont fait instituer les Sacrements.

publié dans paroisse saint michel le 24 septembre 2010


Les Sacrements

Le Sacrement en général

Deuxième leçon. ( 24 septembre) Les raisons qui ont fait instituer les Sacrements

Dans la précédente leçon, la leçon 1ère, nous avons étudié successivement le sens du mot « sacrement », sa définition et sa signification, trois considérations bien importantes.
Quant au sens du mot « sacrement », nous avons affirmé que son sens est différent dans le monde profane et le monde religieux. Dans le monde profane, il fut utilisé dans le sens de « serment », un serment de « fidélité ». Dans le monde religieux, il a le sens de « mystère », « une chose sacrée mais inconnue et mystérieuse ». Saint Augustin et saint Jérôme utilisaient le mot « sacrement » dans ce sens de « signe sacré », de « signe mystique ». Dès lors, avec saint Augustin, nous avons pu définir le sacrement comme étant « le signe visible d’une Grâce invisible, institué pour notre sanctification », la sanctification de l’homme. Et nous avons dit que puisque les sacrements sont signes de notre sanctification, ils sont vraiment des signes « d’institution divine », puisque la sanctification ne peut relever que de Dieu. Si vous préférez, ils sont moyens de sanctification. Or la sanctification ne dépend que de Dieu. De sorte que la véritable définition du sacrement est celle-là : « c’est une chose sensible à laquelle Dieu a voulu attacher la vertu de signifier et en même temps la vertu de produire la justice et la sainteté ». Ce qui nous a permis de distinguer le sacrement de la simple image : toute image est signe, mais n’est pas sacrement. Si donc le sacrement signifie la grâce et la produit dans l’âme, il signifie la grâce dans sa triple dimension : -dans sa cause, i.e. la passion du Christ en tant qu’elle en est le principe ; -dans sa finalité, la Vie éternelle, la Béatitude céleste à laquelle la sainteté se rapporte comme à sa fin nécessaire ; -dans son essence, la sainteté et la justification. Nous le constations et dans l’Ecriture Sainte elle-même, le texte de saint Paul aux Romains (Rm 6 3-6) et dans la belle strophe de saint Thomas, dans son « Pange Angelorum ». Et nous concluions que si les sacrements ont une telle signification, – « produire la grâce dans l’âme » -, c’est avec beaucoup de respect et de piété que nous devons les considérer et les recevoir.

Dans cette leçon seconde, nous allons considérer :

- les raisons qui ont fait instituer les sacrements.

Cet article du catéchisme du Concile de Trente sur les raisons qui ont fait instituer par Dieu les sacrements, vous allez le voir vous-même, est un vrai petit chef d’œuvre. Je souhaite vraiment que vous le considériez avec beaucoup d’attention. Vous remarquerez le réalisme de l’exposé théologique.

Le catéchisme nous donne six raisons de l’institution des sacrements par Dieu, toutes tirées de la pensée de Saint Thomas dans la Somme. Je constate également que ces raisons, du moins cinq sur six, sont fondées sur la nature humaine, nature humaine que le Bon Dieu respecte. L’institution des sacrements est chose « parfaitement adaptée à la nature humaine » dira saint Thomas dans la Somme à la III 61 4

A- La première raison

Elle est tirée du mode de notre connaissance.

Pour connaître, nous allons toujours du sensible à l’intelligible. C’est ainsi et ainsi seulement que nous connaissons l’être des choses. C’est notre nature humaine qui le veut ainsi. L’homme est un être composé de corps et d’âme. « Le corps et les sens sont pour l’âme, nous dit Jacques Maritain dans son très beau livre : les Trois Réformateurs, le moyen nécessaire de l’acquisition des idées, et donc l’instrument par lequel, elle (l’âme) s’élève à sa perfection propre qui est la vie de l’intelligence, et la contemplation de la vérité. » (p. 91). C’est là sa « grandeur », l’ordre de l’intelligence ; mais c’est aussi sa « faiblesse », sa « misère », sa dépendance des sens. Nous dépendons des sens et du corps pour connaître.

Vous remarquerez ainsi que le catéchisme intitule très justement cette première raison de l’institution des sacrements : en raison « de la faiblesse de l’esprit humain ».

Insistons un peu : Nous ne pouvons rien connaître qui ne soit préalablement appréhendé par les sens. Nous ne pouvons rien connaître des choses que par les sens. Nous sommes ainsi faits. C’est par les choses, par le sensible, que nous allons, grâce à l’abstraction, à la connaissance de l’être des choses. Notre intelligence est dépendante des sens qui appréhende la chose, la « res ». C’est pourquoi la vérité ne peut être pour nous, être sensible et spirituel, que l’adéquation de la chose et de l’intelligence : « adaequatio rei et intellectus ». C’est notre condition proprement humaine. Notre « faiblesse », mais aussi notre « grandeur », vous dis-je. Les anges, eux, ont une connaissance intuitive et indépendante des choses et du sensible. C’est leur grandeur. Nous, nous ne pouvons connaître que par « les sens et l’intellect ensemble ». Notre raison ou notre intelligence ne peut être indépendante du sensible qui est l’origine de nos idées, ne peut être indépendante de l’objet, règne de notre science, ne peut être indépendante à l’égard des natures réelles, terme immédiat de notre intellection. Ainsi, par exemple, ce n’est qu’un exemple entre mille, de notre connaissance de Dieu. Nous ne pouvons connaître rationnellement Dieu, son existence et ses perfections qu’en partant des choses créées, de ce monde, du sensible. C’est du reste ce que nous dit Saint Paul dans son Epître aux Romains : « En effet, la colère de Dieu éclate du haut du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes, qui, par leur injustice, retiennent la vérité captive; car ce qui se peut connaître de Dieu, est manifeste parmi eux : Dieu le leur a manifesté. En effet ses perfections invisibles, son éternelle puissance et sa divinité sont, depuis la création du monde, rendues visibles à l’intelligence par le moyen de ses œuvres ». (Rm 1 18-20).

Comme le dit encore Jacques Maritain : « Si l’intelligence humaine est la dernières des intelligences (par rapport à l’intelligence divine et à l’intelligence angélique) – c’est ce que veut dire notre catéchisme lorsqu’il parle de la « faiblesse de l’esprit humain » – elle a part, – i.e. elle participe – cependant à la vie et à la liberté propres à l’esprit ; que, si elle dépend des sens, c’est pour tirer d’eux de quoi dépasser tout l’univers sensible ; que, si elle dépend de l’objet qui la mesure, c’est pour jaillir en action spontanée, et devenir toutes choses ; que, si elle dépend de l’être qui la féconde c’est pour conquérir l’être même et ne reposer qu’en lui ». (p 114) Voilà bien exprimé le réalisme de la pensée humaine, sa misère et sa sublimité !

Saint Thomas d’Aquin enseigne la même chose. Il dit qu’il est connaturel à l’homme que par les choses sensibles, il parvienne à la connaissance des choses intelligibles » (III 60 5)
Ce principe fondamental du thomisme, principe qui est l’un des pivots de la philosophie et de la théologie thomiste, son réalisme, est repris à la lettre par votre catéchisme : « Le premier motif de l’institution des sacrements est la faiblesse de l’esprit humain. Cette faiblesse est telle, naturellement parlant, qu’il nous est impossible de parvenir à la connaissance des choses spirituelles et purement intelligibles, sans le secours de celles qui sont perçues par quelques-uns de nos sens ».
Or Dieu qui est le créateur de cette nature humaine et qui, en conséquence, la connaît bien, va la respecter dans l’institution des sacrements. Il va instituer ces sacrements, comme des « signes sacrés ». Ainsi de ces « signes sensibles et sacrés » – l’eau, l’huile… l’homme, les recevant, pourra aller à l’effet invisible : la grâce sanctifiante et ainsi en mieux comprendre la signification. C’est ce que dit le catéchisme : « Aussi, le Souverain Auteur de toutes choses, pour nous aider à comprendre plus facilement les effets invisibles et cachés qu’Il opère dans nos âmes, a voulu, dans sa Sagesse et dans sa Bonté infinies, nous les figurer par certains signes qui tombent sous nos sens. Comme l’a si bien dit Saint Jean Chrysostome, « si l’homme n’avait point eu de corps, les vrais Biens lui eussent été offerts et donnés à découvert et sans voile ; mais puisque l’âme est unie à un corps, c’était une nécessité pour elle de s’élever de la notion des choses sensibles, à la connaissance des « choses invisibles ». Ainsi, de l’eau utilisée dans le sacrement de baptême, comme signe, l’homme pourra s’élever à la réalité sublime produite dans l’âme, sa purification.

Je vous ferai remarquer que cette raison exposée ici par le catéchisme de Trente est exprimé dans la Somme à la IIIa q. 60 a 4. Là, Sain t Thomas se pose la question : Si le sacrement est nécessairement une chose sensible ? Il va répondre positivement et il se basera, comme le fait le catéchisme sur la nature humaine, sur le mode de la connaissance humaine. – Vous le voyez, j’ai raison de vous dire que le catéchisme du Concile de Trente est une belle synthèse de la Somme de saint Thomas – . Voilà ce que répond Saint Thomas : « La sagesse divine pourvoit à chaque être selon son mode: « elle dispose tout harmonieusement  » dit le livre de la Sagesse (8, 1). Et en S. Matthieu (25, 15): « Il donne à chacun à la mesure de ses forces. » Or, il est dans la nature de l’homme de parvenir à la connaissance des choses intelligibles au moyen des choses sensibles. Et le signe est le moyen de parvenir à la connaissance d’autre chose. Aussi, puisque les choses sacrées que les sacrements doivent signifier, sont des biens spirituels et intelligibles par lesquels l’homme se sanctifie, c’est au moyen de choses sensibles que la signification sacramentelle sera pleinement accomplie. C’est ainsi encore que la divine Écriture présente les réalités spirituelles au moyen de comparaisons tirées des choses sensibles. (NB Ce sont toutes les paraboles du Christ, dans l’Evangile) Les sacrements requièrent donc des choses sensibles ».

Cette raison, saint Thomas va la reprendre dans III 61 1. Ce sera le premier argument de l’article 1. Il se pose la question si les sacrements sont nécessaires au salut des hommes. Il donne trois raisons. La première est une reprise de ce que nous venons de dire. Il dit : « Les sacrements sont nécessaires au salut de l’homme pour trois raisons:
- La première se tire de la condition de la nature humaine: il lui est propre de s’acheminer par le corporel et le sensible au spirituel et à l’intelligible. Or, il appartient à la providence divine de pourvoir à chaque être selon le mode de sa condition. La sagesse divine agit donc harmonieusement en conférant à l’homme les secours du salut sous des signes corporels et sensibles qu’on appelle les sacrements ».

Ne trouvez-vous pas cette identité de pensée et d’exposé remarquable?

Reprenons notre catéchisme.

B- La seconde raison.

La première raison est bien fondée sur la nature humaine, sur son mode de connaissance.

Ici, dans cette seconde raison, c’est toujours le même principe invoqué : la nature humaine : à savoir le scepticisme humain face aux seules promesses. C’est un fait d’expérience que vous avez déjà, vous-même, connu. Vous vous méfiez des seules promesses. C’est sur ce fait psychologique que le catéchisme construit sa deuxième argumentation :

« Le second motif, c’est que notre esprit n’est pas très porté à croire les choses qui ne lui sont que promises ». Dieu, bon Père, là aussi, s’adapte à ce mode :

« Voilà pourquoi, dès le commencement du monde, Dieu prit soin de rappeler très souvent par des paroles d’abord, ce qu’il avait promis de faire. Et s’il arrivait qu’Il annonçât un événement dont la grandeur et la difficulté pouvaient ébranler la foi à ses promesses, Il ajoutait aux paroles certains autres signes qui revêtaient souvent le caractère du miracle ». On peut penser aux promesse faites par Dieu à Abraham de le rendre père d’un grand peuple. Il lui montra les étoiles du ciel : « aussi nombreux que les étoiles du Ciel, si tu peux les dénombrer. Le catéchisme parle, lui, de l’histoire de Moïse : « Ainsi quand II envoya Moise pour délivrer les Hébreux, (Ex 3 10-11) celui-ci se défiant du secours même de Dieu qui lui donnait des ordres, craignit qu’un tel fardeau ne fût au-dessus de ses forces, ou bien que ce peuple ne refusât d’ajouter foi aux oracles divins. –Ce qui, de fait, ne manqua pas. Souvenez-vous de l’Histoire Sainte, de l’Exode du peuple juif de Egypte. Combien le peuple douta des promesses de Dieu transmises par Moïse, et combien il fallut des signes accomplies par Moïse sur l’ordre de Dieu pour prouver la réalité des promesses faites par Dieu : conduire le peuple en Terre Promise. Ainsi de la traversée de la Mer Rouge, du rocher frappé par le bâton de Moïse d’où jaillit de l’eau en abondance pour le peuple et les troupeaux…- « Alors le Seigneur (Ex 4 12) daigna confirmer sa Promesse par un grand nombre de prodiges divers. Or, de même que Dieu, dans l’Ancien testament, confirmait par des signes miraculeux la certitude de ses plus grandes promesses, de même, dans la Loi nouvelle, Jésus-Christ notre Sauveur, en nous promettant le pardon de nos fautes, la Grâce céleste, et la communication de l’Esprit-Saint, a établi certains signes qui devaient frapper la vue et les autres sens, et nous servir comme de gage des obligations qu’Il contractait, sans nous permettre de douter jamais de sa fidélité à tenir sa promesse ».

Le catéchisme, ici, n’explicite pas la chose pour les sacrements de la Loi Nouvelle. Mais on peut invoquer ici tous les miracles faits par le Christ qui confirme bien sa divinité et donc la réalité de ses pouvoirs et des promesses touchant le « pardon de nos fautes, la Grâce céleste et la communication de l’Esprit-Saint ». Réfléchissez un peu.

C- La troisième raison

Cette troisième raison est toujours prise du même principe : la condition humaine. Quelle est la condition humaine après le péché originel ? Quelle est la condition humaine après la venue du Seigneur ? L’homme après le péché originel est comme cet homme de l’évangile tombé aux mains de brigands, laissé au bord de la route à demi mort. Il est sauvé par les remèdes salutaires du bon Samaritain. Quel est ce bon samaritain, sinon NSJC ? Quels sont les remèdes salutaires ? L’Evangile nous dit que le bon Samaritain, plein de compassion, l’a soigné, lui appliquant de l’huile sur ses plaies etc. Quels sont les remèdes du Christ Seigneur ? Ce sont les sacrements dont la vertu découle de la Passion du Christ qu’il nous a méritée sur l’autel de la Croix. Tels sont les trésors de l’Eglise.

Vous retiendrez bien la dernière phrase : « Il suffit que chacun de nous use avec foi et piété de ce moyen de guérison » que sont les sacrements. Les sacrements sont des « signes sacrés » qui requiert la foi de celui qui les reçoit.

Ces quelques explications données suffisent pour bien comprendre le texte du catéchisme :

« Troisième motif: Dieu voulait que les Sacrements, comme les remèdes salutaires du Samaritain de l’Evangile, selon l’expression de Saint Ambroise, fussent toujours à notre disposition, soit pour entretenir, soit pour recouvrer la santé de l’âme. La Vertu qui découle de la Passion de Jésus-Christ, c’est-à-dire cette Grâce qu’il nous a méritée sur l’autel de la Croix, doit passer par les Sacrements comme par un canal, pour arriver jusqu’à nous. Autrement il n’y a d’espoir de salut pour personne. C’est pourquoi l’infinie Clémence de Notre-Seigneur a voulu laisser dans son Eglise des Sacrements revêtus du sceau de sa Parole et de sa Promesse ; ainsi nous n’aurions pas de peine à croire qu’Il voulait nous communiquer réellement par eux les fruits de sa Passion. Il suffit que chacun de nous use avec foi et piété de ce moyen de guérison ».

D- Quatrième raison.

Voici une quatrième raison qui a rendu nécessaire l’institution des Sacrements.

« Il fallait des marques et certains signes pour distinguer les Fidèles des autres hommes. Jamais, dit Saint Augustin, soit au nom d’une religion vraie, soit au nom d’une religion fausse, jamais société humaine ne saurait faire un corps, si les membres de cette société ne sont pas liés entre eux par quelque signe, ou marque sensible. Or, les sacrements de la Loi nouvelle produisent ce double effet: d’une part ils distinguent les Chrétiens des infidèles ; et d’autre part ils sont comme un lien sacré qui les unit entre eux ».

Voilà bien encore une raison liée à la nature humaine, au fait que l’homme est « un être social », c’est sa nature. Or en société, les hommes aiment les signes pour se distinguer des autres et pour manifester leur appartenance à un corps. Voyez vous-mêmes, vous les scouts. Vous êtes scouts et vous êtes fiers d’appartenir au groupe de Riaumont et vous êtes fiers d’en arborer les insignes. Et bien mutatis mutandis, voilà le rôle des sacrements de la loi nouvelle. Ils distinguent les chrétiens des infidèles. Ils sont comme un lien sacré qui les unissent entre eux. Dans un monde apostat comme l’est devenue notre France, cet argument va prendre de plus en plus de sens.

E- Cinquième raison.

En réalité, c’est la sixième raison que donne le catéchisme :

« Enfin, — précieux avantage pour la Piété chrétienne -les Sacrements domptent et répriment l’orgueil de notre esprit, en même temps qu’ils nous obligent à pratiquer l’humilité. Par eux, en effet, nous sommes contraints de déprendre des éléments de ce monde pour obéir à Dieu, nous qui l’avions abandonné d’une manière outrageante pour nous asservir à ces éléments grossiers ».

Cette ultime raison du catéchisme est encore fondée sur la nature humaine : l’esprit humain est porté à l’orgueil. Ce fut, du reste, la raison du péché originel : « Vous serez comme des dieux » dit l’ange maudit à Eve. Et bien pour étouffer cet orgueil dans le cœur humain et le porter à l’humilité, Dieu va utiliser dans les sacrements, ces signes, ces humbles créature, l’eau, le sel, l’huile… les paroles pour l’élever à la sainteté. L’homme doit se soumettre aux « éléments de ce monde » pour obéir à Dieu alors qu’il a voulu s’en éloigner, l’abandonner en goûtant au fruit défendu. Cela est bien propre à cultiver l’humilité de l’homme. C’est une belle raison. L’homme s’humilie par le recours au corporel dont il reconnaît ainsi la domination.

Saint Thomas exprime cette raison dans la III 61 1. C’est la seconde raison de l’institution par Dieu des sacrements. « La deuxième raison se tire de l’état de fait où se trouve l’homme: en péchant, il s’est soumis par sa sensibilité aux choses corporelles. Or, on doit appliquer le remède à l’endroit du mal. Il convenait donc que Dieu se servit de signes corporels pour administrer à l’homme un remède spirituel qui, présenté à découvert, serait inaccessible à un esprit livré aux intérêts corporels ». III 61 1

F- Sixième raison.

C’est effectivement la cinquième raison que nous donne le catéchisme.
Je l’ai mise à la fin parce qu’elle développe une explication qui me semble plus fondée sur la vie théologale que sur la condition humaine comme les précédentes.

Voici l’argument

« On trouve encore un excellent motif de l’institution des sacrements dans ces paroles de l’Apôtre saint Paul: par le cœur on croit pour être justifié, mais on professe de bouche pour être sauvé.( RM 10 10) Par les Sacrements nous professons extérieurement notre Foi, et nous la faisons connaître devant les hommes. Ainsi en allant recevoir le Baptême, nous faisons publiquement profession de croire que par la Vertu de cette eau qui lave notre corps, notre âme est purifiée de ses souillures spirituelles. Les sacrements d’ailleurs ont une grande efficacité, non seulement pour exciter et nourrir la Foi dans nos esprits, mais encore pour allumer dans nos cœurs le feu de cette Charité que nous devons avoir les uns pour les autres, en nous souvenant que la participation aux mêmes Sacrements nous unit tous par les liens les plus étroits, et qu’elle nous fait membres d’un seul et même corps ».

Cet argument est fondé sur la vie théologale : la foi et la charité. Les sacrements sont pour nous l’occasion de professer notre foi ainsi que d’allumer en nous le feu de la charité. C’est ainsi que la vie divine croît en nous. Il en est ainsi, du reste, de tous les mystères chrétiens : ils sont tous essentiellement des mystères de foi ; sans la foi nous ne pouvons en accepter ni en contempler aucun. Leur acceptation est donc l’occasion pour nous de grandir dans la foi et dans la charité, dans la vie chrétienne. La foi et la charité se nourrissent ainsi et des mystères chrétiens et des sacrements. Les sacrements sont donc nécessaires à la vie chrétienne pour sa croissance. Il était juste de les instituer. Il faut en remercier le Bon Dieu.

Ainsi accepter le sacrement de baptême, c’est nécessairement faire une profession de foi : « Par les Sacrements nous professons extérieurement notre Foi, et nous la faisons connaître devant les hommes. Ainsi en allant recevoir le Baptême, nous faisons publiquement profession de croire que par la Vertu de cette eau qui lave notre corps, notre âme est purifiée de ses souillures spirituelles »
Il en est de même de la charité : « Les sacrements d’ailleurs ont une grande efficacité, non seulement pour exciter et nourrir la Foi dans nos esprits, mais encore pour allumer dans nos cœurs le feu de cette Charité que nous devons avoir les uns pour les autres, en nous souvenant que la participation aux mêmes Sacrements nous unit tous par les liens les plus étroits, et qu’elle nous fait membres d’un seul et même corps ».

Concluons: les sacrements sont nécessaires pour « allumer » en nous et la foi et la charité. Ils sont, sous ce rapport, i. e. sous le rapport de la croissance de notre vie théologale, nécessaires. Voyez le sacrement de l’Eucharistie. Ce sacrement provoque, comme aucun autre sacrement, notre foi puisque c’est uniquement sur la parole de NSJC que nous pouvons croire à la présence réelle du Christ sous les apparences du pain et du vin. Il provoque notre charité puisque devant ce sacrement nous sommes confondus d’un tel amour : Dieu s’humiliant de cette manière pour rester parmi nous.
C’est une belle raison de l’institution des sacrements. Ils nous permettent de croître et dans la foi et dans la charité.

Nous venons de dire que la foi est nécessaire pour recevoir les sacrements. Mais qu’en est-il des sacrements avant et après la Passion de NSJC puisque nous enseignons que NSJC est le seul Sauveur et que nul ne peut être sanctifié après le péché si ce n’est par le Christ « établi par Dieu comme auteur de la propitiation par la foi en son nom » ? (Rm 3 25)

Parce qu’il en est ainsi, parce que le Christ est le seul Sauveur, il faut dire que dès avant l’avènement du Christ, par conséquent, il fallait quelques signes visibles par lesquels l’homme pût exprimer sa foi en la venue future du Sauveur. C’étaient les sacrements de l’Ancienne Loi »

C’est ce que dit saint Thomas dans III 61 3:

« Les sacrements sont nécessaires au salut de l’homme à titre de signes sensibles des réalités invisibles par lesquelles l’homme est sanctifié. Or nul ne peut être sanctifié après le péché, si ce n’est par le Christ  » que Dieu a établi d’avance comme auteur de la propitiation par la foi en son sang pour la manifestation de sa justice… pour se montrer juste en justifiant celui qui s’attache à la foi en Jésus Christ » (Rm 3, 25-26). C’est pourquoi, avant la venue du Christ, il fallait déjà des signes visibles par lesquels l’homme professerait sa foi en la venue future du Sauveur. Ce sont ces signes qu’on appelle sacrements. Ainsi est-il évident que l’institution de certains sacrements s’imposait avant la venue du Christ ».

Comme les anciens furent sauvés par la foi dans le Christ à venir, nous sommes maintenant sauvés par la foi dans le Christ né et crucifié. Mais il faut bien exprimer par des signes différents les faits passés, présents et futurs. C’est pourquoi, aux sacrements de l’ancienne loi qui annonçaient les événements futurs, ont succédé les sacrements de la loi qui rappellent les événements jadis accomplis par le Christ. C’est l’article 4:

« De même que les anciens Pères ont été sauvés par la foi dans le Christ à venir, ainsi sommes-nous sauvés par la foi au Christ qui, maintenant, est né et a souffert. Les sacrements sont des signes professant cette foi qui justifie. Or, il faut des signes différents pour signifier des réalités futures, des réalités passées ou des réalités présentes. » On énonce différemment la même chose selon qu’elle est à faire ou déjà faite, dit S. Augustin c’est ainsi que les mots même « qui souffrira » ou « qui a souffert » n’ont pas le même son. » C’est pourquoi il faut, dans la loi nouvelle, pour signifier les actions du Christ déjà accomplies, des sacrements différents de ceux de l’ancienne loi qui annonçaient des réalités à venir ».

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