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Excellent dossier sur le célibat ecclésiastique présenté par la Fraternité sacerdotale saint Pie X.

publié dans nouvelles de chrétienté, regards sur le monde le 23 février 2019


Je donne tout d’abord la vraie raison du célibat ecclesiastqiue, telle que Mgr Lefebvre nous l’a enseignée au séminaire d’Ecône. Suit le dossier de la FSSPX

A- la doctrine catholique

Pas de prêtres mariés, mais des hommes mariés prêtres ?

 

PROVENANCE: FSSPX.NEWS

Caroline Pigozzi et le pape François.

De retour des Journées mondiales de la jeunesse au Panama, le 28 janvier 2019, lors de sa conférence de presse aérienne, le pape François répondait – de façon décousue, comme souvent – aux questions de Caroline Pigozzi de Paris Match, sur une éventuelle autorisation du mariage des prêtres.

« Dans le rite latin… Il me revient une phrase de saint Paul VI : “Je donnerais ma vie plutôt que de modifier la loi du célibat”. Cette phrase m’est revenue et je voudrais la citer, parce que c’est une phrase courageuse, à une époque plus difficile qu’aujourd’hui… Personnellement, je pense que le célibat est un cadeau pour l’Eglise. Deuxièmement, je ne suis pas d’accord pour autoriser un célibat optionnel. Non. Cela pourrait rester une possibilité dans des endroits très reculés – je pense aux îles du Pacifique… Mais il faut aussi considérer que lorsqu’il y a une nécessité pastorale, le pasteur doit penser aux croyants. Il y a un livre de Lobinger (Mgr Fritz Lobinger, voir le dernier paragraphe de cet article. NDLR), il est intéressant – c’est une matière à discussion entre les théologiens. Il n’y a pas de décision de ma part. Ma décision c’est : non au célibat optionnel avant le diaconat. C’est mon avis personnel, je ne le ferai pas, cela doit être clair. Suis-je pour autant quelqu’un de “fermé” ? Peut-être, mais je ne veux pas avoir à me présenter devant Dieu avec cette décision. Revenons à Lobinger, qui a dit : “L’eucharistie fait l’Eglise et l’Eglise fait l’Eucharistie”. Mais là où il n’y a pas d’eucharistie, dans les communautés, – pensez-y vous-même, Caroline, dans les îles du Pacifique…Encouragée, Caroline Pigozzi suggère : « En Amazonie aussi… ». Et François répond : « Là-bas, peut-être… en beaucoup d’endroits… ce que dit Lobinger : qui fait l’Eucharistie ? Dans ces communautés, les “chefs”, disons les organisateurs de ces communautés, sont des diacres, des religieuses ou même des laïcs. Et Lobinger dit : on peut ordonner un “ancien” qui est marié, – c’est là sa thèse : que l’on puisse ordonner un ancien qui est marié, mais seulement pour qu’il exerce le munus sanctificandi, donc qu’il célèbre la messe, administre le sacrement de la réconciliation et donne l’onction des malades. L’ordination sacerdotale confère trois munera : d’abord regendi (diriger), qui est la tâche du pasteur ; puis docendi (enseigner) et sanctificandi. Cela vient par l’ordination. L’évêque donnerait seulement le pouvoir pour le munus sanctificandi : voilà la thèse. Le livre est intéressant. Peut-être cela peut-il aider à envisager ce problème. Je crois que le problème doit être pensé avec une ouverture sur les cas où il y a un problème pastoral, en raison du manque de prêtres. Je ne dis pas qu’on doit le faire, parce que je n’ai pas encore réfléchi là-dessus et que je n’ai pas encore suffisamment prié. Mais les théologiens doivent étudier la question. Lobinger est un exemple… il était prêtre fidei donum en Afrique du Sud ; il est âgé … Je cite cet exemple pour mettre en évidence ce qui doit l’être. J’ai parlé avec un official de la secrétairerie d’Etat, un évêque qui a dû travailler au début de la révolution dans un pays communiste. Quand on a vu comment se déroulait la révolution, autour des années 50, les évêques ont ordonné en secret de braves paysans qui étaient des hommes religieux.

« Quand la crise était passée, trente ans plus tard, l’affaire était résolue. Il m’a dit ce qu’il ressentait quand, dans une concélébration, il voyait ces paysans, avec leurs mains de paysans, s’habiller pour concélébrer avec les évêques. Dans l’histoire de l’Eglise, cela s’est produit ; c’est une chose à étudier ; il faut y réfléchir et prier ».

La stratégie du « non, oui-non, oui »

Le lendemain, 29 janvier, sur le site Katholisches, Giuseppe Nardi démonte « la stratégie non, oui-non, oui », à laquelle François est parfaitement rompu : « C’est la troisième fois au cours de son pontificat, comme on peut le démontrer, que le pape François exécute à propos des sacrements, ce genre de pirouettes cryptées. Puisque, dans les deux autres cas, on sait comment cela s’est terminé, il n’est pas difficile de prévoir que c’est le même développement que vise sa réponse à la journaliste française. (…)

« D’abord, il affirme que, dans les Eglises orientales uniates, des hommes mariés peuvent être ordonnés diacres et prêtres. Puis il explique ne pas avoir l’intention de jamais autoriser cela dans l’Eglise latine. Il parle du célibat sacerdotal – comme le font aussi, d’ailleurs, les adversaires du célibat – comme d’une loi de l’Eglise seulement. Et il insiste sur le fait que ce “non” à l’abrogation du célibat n’est que son opinion “personnelle”. (…) Des prêtres mariés ? Non, sauf… Sauf dans les îles exotiques du Pacifique. Pigozzi évoque alors l’Amazonie, à propos de laquelle François a convoqué un synode extraordinaire qui se tiendra en octobre. Et vous voyez : “oui, aussi en Amazonie… en beaucoup d’endroits”, dit François, en glissant le nom de l’évêque Lobinger, que les adversaires du célibat présentent comme le donneur de mots d’ordre et l’avocat principal de l’abolition du célibat parmi les promoteurs du Synode sur l’Amazonie.

« Le pape François le sait, naturellement, et pourtant il cite Lobinger, et seulement lui, avec force détails. On peut difficilement croire aussi qu’il n’ait pas réfléchi là-dessus. Alors qu’il connaît très précisément les thèses de Lobinger et manifeste à leur égard une approbation sans équivoque, en disant à plusieurs reprises qu’elles sont “intéressantes”. (…) On voit bien, là encore, que les lectures du pape François comportent de préférence des auteurs de la frange progressiste et gauchiste. On cherchera probablement en vain, parmi ceux qu’il cite, un auteur orthodoxe.

« François ne veut pas – et cela, tout son pontificat jusqu’ici nous l’apprend – se laisser prendre en flagrant délit de rupture avec la tradition. Il se lave les mains dans l’innocence. L’impulsion et l’autorisation viennent de lui, mais pas d’une manière réellement repérable. La communion pour les divorcés remariés tient dans une note de bas de page d’Amoris lætitia, dans un jargon obscur. C’est seulement l’interprétation par les évêques – telle que François la tolère et l’encourage –, qui transforme cette note en une nouveauté qui rompt avec la tradition.

La même chose s’est produite avec la communion pour les conjoints luthériens. Il a donné l’impulsion et montré le chemin. Les évêques allemands, dans leur majorité, ont saisi au vol l’occasion offerte par le pape. François, bien qu’interpellé sur le sujet par une minorité d’évêques, est resté muet ; ainsi, couverte par lui sur ses arrières, la majorité a-t-elle pu s’imposer et introduire dans la pratique officielle l’administration de la communion à des non-catholiques. François rend cela possible sans qu’aucun document qui l’autorise, ne porte sa signature.

« Et maintenant, avec le Synode sur l’Amazonie, on nous prépare la même chose : le troisième petit tour. Les organisateurs de ce synode, en tout premier lieu le cardinal Claudio Hummes et l’évêque missionnaire émérite Erwin Kraütler, d’origine autrichienne, tous deux partisans de la thèse de Lobinger et adversaires du célibat sacerdotal, préparent depuis des années l’attaque contre le célibat. Elle se produira dans une région “reculée” : l’Amazonie. Les thèses de Lobinger servent de base. François convoque le synode. Sans lui rien ne marcherait, absolument rien. Le synode parlera surtout d’un “état d’urgence pastoral”, alléguant la pénurie de prêtres. François répondra à ce prétendu “cri du peuple” pour avoir l’eucharistie et, non, il n’autorisera aucune abolition du célibat, mais trouvera, cette fois encore, une formulation obscure, qui permettra aux évêques proches de lui, qui le souhaitent, d’ordonner des prêtres mariés. Les évêques porteront la responsabilité et, ici encore, aucun document officiel d’autorisation ne portera la signature du pape ».

Mgr Fritz Lobinger.

Vers un sacerdoce à tiers temps ?

Pour finir, Riccardo Nardi s’interroge sur ce que la réponse du pape révèle de sa conception du sacerdoce : « A plusieurs reprises, au cours de ce pontificat, on a soulevé la question de savoir quelle conception de l’Eglise et du prêtre se faisait le pape François. La question tourmente aujourd’hui beaucoup de catholiques. Elle s’impose avec d’autant plus d’insistance que le Synode sur l’Amazonie approche à grand pas.

« Le pape tente d’engourdir son public par un flot verbal dialectique, en essayant de transformer les trois munera (fonctions) du sacerdoce en un sacerdoce tripartite, et en faisant comme si les prêtres mariés ne recevaient qu’un “tiers du sacerdoce”. On a là la pilule tranquillisante bien connue que François administre aux conservateurs assoupis. “Cela n’est pas, en fait, le sacerdoce plénier”, va-t-on dire. Ce que vont s’empresser de gober avec joie ceux à qui leur repos importe plus que tout, et qui accueillent avec reconnaissance tout argument, si bête soit-il, que François leur jette, et qui les dispense d’agir.

« Hier, dans l’avion qui le ramenait de Panama, le pape François a, de facto, donné le feu vert aux prêtres mariés. L’“état d’urgence” pastorale sera décrété demain, non seulement dans les lointaines îles du Pacifique, mais aussi en Allemagne, en Autriche, en Suisse…, et cela bien plus rapidement que beaucoup ne peuvent le penser et le souhaiter. Cela n’est désormais plus qu’un petit pas.

« François et ses confidents les plus proches ont défini son pontificat comme un temps de changements qui doivent s’accomplir de telle sorte qu’ils soient rendus irréversibles. C’est précisément à cela que François s’applique. Maintenant pour le sacrement de l’ordre ».

A ceux qui éventuellement se demanderaient qui est l’auteur du « livre intéressant », selon François, sur les prêtres mariés : Mgr Fritz Lobinger, évêque émérite d’Aliwal (Afrique du Sud), est à l’origine de l’expression « prêtres de communauté » qu’il a exposée en 2007 dans Teams of Elders. Moving beyond Viri probati, (Des équipes d’aînés. Au-delà des Viri probati), où il souhaite l’introduction dans l’Eglise de deux types de prêtres : les prêtres diocésains et les prêtres de communauté, les premiers célibataires, à temps plein, les seconds mariés, avec une famille, à la disposition de la communauté dans laquelle ils vivent et travaillent. Les thèses hétérodoxes de Mgr Lobinger sont exposées en français dans son livre : Qui ordonner ? Vers une nouvelle figure de prêtres, Lumen vitæ éd., 2008.

(Sources : Zenit/ katholisches.info/Figaro – trad. à partir de benoitetmoi – FSSPX.Actualités – 23/02/2019)

 

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Entretien par Novopress le 17/07/2011

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