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Des réponses pertinentes de Peter Kwasniewski

publié dans nouvelles de chrétienté le 6 mars 2019


La liturgie traditionnelle, norme de beauté, de prière et de respect

SOURCE – Paix Liturgique – lettre n°685 – 5 mars 2019


Peter Kwasniewski, né en 1971 dans l’Illinois, est une des figures les plus marquantes du catholicisme traditionnel américain, dont on sait qu’il est aujourd’hui, en pointe de la renaissance catholique, extrêmement vigoureux et riche en vocations. Musicien de vocation, Peter Kwasniewski a reçu également une excellente formation en philosophie (sa thèse de doctorat portait sur « L’extase d’amour chez Thomas d’Aquin »).
Il a été professeur à l’Institut international sur le Mariage et la Famille, en Autriche, qui dépend de l’Institut Jean-Paul II, fondé par le cardinal Caffarra. Il a par ailleurs enseigné la musique vocale, dirigé des chœurs, des scholae cantorum, des ateliers musicaux. Il est lui-même compositeur d’une œuvre importante, de messes (la Missa Spiritus Domini, la Missa Spe Salvi, la Missa Brevis, la Missa Hereditas Mihi, la Missa Honorificentia Populi Nostri), de motets, hymnes, chants, antiennes (Sept antiennes pour le Mandatum) et d’acclamations, qui ont été interprétés par le Vittoria Ensemble, l’ensemble Cantiones Sacrae, etc.
Il a publié une foule d’articles sur la philosophie, la liturgie, la musique, en particulier sur le rétablissement et le renouveau de la musique sacrée dans l’Église contemporaine, et une série de livres très marquants, comme : Tradition and Sanity. Conversations and Dialogues of a Postconciliar Exile, Tradition et santé mentale. Conversations et dialogues avec un exilé postconciliaire (Angelico Press, 2018) ; Noble Beauty, Transcendent Holiness: Why the Modern Age Needs the Mass of Ages, Noble beauté, sainteté transcendante : pourquoi l’ère moderne a besoin de la messe ancienne (Angelico Press, 2017) ; Resurgent in the Midst of Crisis: Sacred Liturgy, the Traditional Latin Mass, and Renewal in the Church, Renaissance au sein de la crise : liturgie sacrée, messe traditionnelle en latin et renouveau dans l’Église (Angelico Press, 2015) nous le remercions bien vivement d’avoir accepté de s’entretenir avec nous.

Paix liturgique – Beaucoup de catholiques ne veulent même pas connaître la liturgie traditionnelle parce qu’ils la considèrent comme une chose du passé. Pensez-vous que ce soit une chose du passé ou du présent ou peut-être du futur?

Peter Kwasniewski – Il me semble que c’est un problème fondamental de penser que la liturgie relève exclusivement du passé, du présent ou de l’avenir : les catholiques ont au contraire toujours estimé que la liturgie participait à l’éternel présent de Dieu. Car dans la liturgie nous rencontrons les mystères de Jésus-Christ, qui est le grand Prêtre éternel, qui vit et agit dans l’Eglise en ce moment. La liturgie est donc toujours dans le moment présent. Mais elle nous est évidemment donnée par Notre-Seigneur à la Dernière Cène : c’est la ratification de la Nouvelle Alliance, c’est son Sang sur la Croix. Ainsi, la liturgie regarde toujours vers le passé, obligatoirement vers le passé, mais elle envisage également l’avenir de la seconde venue du Christ, l’eschaton de la Jérusalem céleste. La liturgie est en fait intemporelle dans chaque temps. Une partie du problème des révisions liturgiques postconciliaires est justement qu’elles ont tenté de lier la liturgie à une époque particulière, à savoir l’époque de l’homme moderne et de la modernité, quelles que soient les caractéristiques de cette modernité. Du coup, il y eut un antagonisme entre la liturgie du passé et la liturgie du présent, mais cet antagonisme est complètement étranger à la manière catholique de regarder la liturgie.

Paix liturgique – Vous avez beaucoup écrit sur la transcendance dans la liturgie traditionnelle. Comment cette transcendance répond-elle particulièrement bien aux attentes de l’homme moderne, si occupé par les réseaux sociaux et ne disposant pas de suffisamment de temps pour faire l’expérience du silence?

Peter Kwasniewski – Si j’osais, j’utiliserais cette métaphore : la liturgie traditionnelle est cette nourriture nutritive, riche en vitamines, qui fait particulièrement défaut à l’homme moderne. Vous avez parlé d’activisme affairé : il y a une nette tendance à l’imminence dans l’époque moderne ; les gens sont plongés dans leurs activités quotidiennes et ils sont pris à ce piège ; ils sont presque emprisonnés par le monde contemporain. Et la liturgie est en fait une passerelle, une porte vers un autre royaume. Un royaume qui n’emprisonne pas mais libère. Je pense que la liturgie traditionnelle apporte une rencontre avec une vérité éternelle et des réalités éternelles qui peuvent sauver l’homme moderne de ce piège, de cette prison. L’autre chose qui a été soulignée par beaucoup est que la nature même des êtres humains est d’être extatique, c’est-à-dire qu’ils veulent sortir d’eux-mêmes, ils veulent se donner à une cause, se donner par amour à une autre personne. Ils vont même se donner à une idéologie. Mais il existe de nombreuses extases fausses pour l’homme moderne. Il y a les drogues, qui sont évidemment un des grands moyens par lesquels des personnes essayent de s’échapper, mais faussement, car il ne s’agit que d’une illusion temporaire de libération. Joseph Ratzinger en parle à plusieurs reprises. Il y a aussi les concerts de rock, il y a toutes sortes d’expériences pseudo liturgiques, pseudo mystiques. Eh bien, en tout cela, les gens sont à la recherche de ce que l’Église catholique a toujours offert, à savoir une véritable expérience mystique, une vraie communication de transcendance, une véritable extase, et c’est pourquoi il est plus urgent que jamais d’y retourner.

Paix Liturgique a mené plusieurs sondages d’opinion à travers le monde qui révèlent que plus de 30% des catholiques, qui vont à la messe tous les dimanches, aimeraient vivre leur foi catholique au rythme de la liturgie traditionnelle. Est-ce que cela vous surprend? Pensez-vous que cela devrait surprendre les évêques diocésains?

Peter Kwasniewski – 30% me surprend…parce que je pense que ce serait encore plus si les catholiques étaient au courant de ce qu’est la liturgie traditionnelle. Beaucoup ne la connaissent pas encore et je les rencontre, lors de mes voyages et de mes discussions. Il y a des catholiques qui, aujourd’hui, apprennent qu’il existe une autre liturgie que le Novus Ordo que Paul VI a promulgué. Et je peux comprendre pourquoi : 50 ans après la propagation du Novus Ordo, la grande majorité des catholiques pratiquants n’ont rien vu d’autre. D’autre part, les évêques eux-mêmes sous-estiment constamment le nombre de catholiques attirés par la tradition dans toutes ses manifestations. Ils veulent croire que c’est une infime minorité de catholiques qui ont une sorte de fascination esthétique ou peut-être une envie de l’inhabituel ou de l’étrange, comme une sorte d’excentricité. Or, les gens ne sont plus dans les paradigmes des années 1960 et 70, dans lesquels les évêques semblent toujours coincés. Ce que je pourrais souligner au sujet des vieux paradigmes, c’est que la réforme liturgique reposait sur un principe fondamental, à savoir que la seule façon pour les personnes d’avoir accès à la liturgie ou de participer à la liturgie est la compréhension verbale rationnelle : c’est le principe fondamental. Par conséquent, si vous voulez que les gens comprennent tout ce qui se passe pendant la messe – pensait-on – vous devez la simplifier, vous devez l’abréger, vous devez l’exprimer en langage courant, à haute voix, totalement à haute voix. Tout cela au service de la communication d’un contenu conceptuel rationnel pour les personnes qui sont sur les bancs de l’église. En fait, c’est tout le principe qui sous-tend les réformes. Or, les jeunes d’aujourd’hui, s’ils croient ou s’ils cherchent Dieu, ne cherchent pas initialement un contenu conceptuel rationnel. Peut-être qu’ils étudieront la théologie plus tard, mais ce qu’ils recherchent maintenant c’est le sentiment qu’il y a quelque chose de plus vivant dans le monde que ce que nous regardons, ce que nous voyons dans les médias, qu’il y a davantage que notre expérience quotidienne. Ils veulent que leur vision soit ouverte à quelque chose, je dirais, de céleste. Le paradis existe-t-il vraiment ? La liturgie devrait être une preuve de son existence, et si ce n’est pas le cas, la liturgie est faite simplement des mots. Elle vous donne alors à peu près ce que vous pouvez obtenir partout ailleurs, car le monde est inondé de paroles. C’est ainsi : les évêques appartiennent à une génération qui suppose que la liturgie est une question de compréhension conceptuelle rationnelle. C’est ce que la participation signifie. En quoi, ils loupent le coche, car ce n’est plus là qu’il passe.

Paix liturgique – Dans votre vie, avez-vous vu des personnes changer d’avis sur la messe traditionnelle, c’est-à-dire la haïr et l’aimer après? Et pouvez-vous témoigner des fruits spirituels ou des bénéfices que les fidèles reçoivent avec l’ancienne Messe?

Peter Kwasniewski – Ce que j’ai vu, en général, c’est que tout catholique sérieux, sérieux dans sa doctrine, par une vie moralement honnête, dans sa vie de prière, est attiré vers la liturgie traditionnelle. Dès qu’ils découvrent que cela leur est ouvert, des catholiques de cette sorte sont attirés, car ils vivent en fait d’une manière qui est en accord avec la liturgie traditionnelle. La liturgie traditionnelle est profondément doctrinale, dogmatique même, elle qui consacre les dogmes de l’Église, elle est ascétique, exigeante. Si vous essayez de vivre une vie moralement droite, la liturgie traditionnelle vous soutient en cela. Je pense donc qu’il y a un lien naturel entre une vie catholique sérieuse et la liturgie traditionnelle. Cette harmonie existe, même s’il est évident qu’une vie catholique sérieuse peut exister de différentes manières, dans d’autres contextes. Je ne vois plus d’ailleurs d’hostilité à l’égard de la messe traditionnelle, sauf chez les gens qui se disent libéraux ou progressistes ; c’est-à-dire qu’ils portent une sorte de séparation qui les rend idéologiquement opposés à la messe ancienne. Ils y sont opposés – c’est très intéressant à noter – parce qu’ils ont une vision du monde dogmatique, morale et cosmique en accord avec tout leur paradigme progressiste libéral. Ils voient donc dans la messe traditionnelle une menace pour l’ensemble du « projet Vatican II ». En ce qui concerne les fruits spirituels, j’ai souvent dit que je ne savais pas vraiment comment prier à la messe avant de me rendre à l’ancienne messe. Parce que dans mon expérience de catholique, je supposais que la prière liturgique n’était qu’un acte religieux, une sorte de va-et-vient superficiel entre le prêtre et le peuple, un moment où l’on chantait un tas de chansons, bref quelque chose qui restait à la surface, comme le patinage sur glace. Mais quand j’ai commencé à assister à la liturgie traditionnelle, ça a été comme la plongée en haute mer : il fallait enfiler l’équipement de plongée et aller au fond de l’océan. Car il y a dans cette liturgie une profondeur sans fin. C’est ce qui explique que moi-même et beaucoup de mes amis, nous ne nous lassons jamais d’aller à la messe traditionnelle, nous la recherchons toujours avec impatience partout où nous voulons aller à la messe. Alors qu’au contraire, avec le Novus Ordo, on ressent un manque d’enthousiasme qui fait qu’il est plus facile de sauter l’assistance dominicale, parce qu’il y a moins de bénéfices à en tirer.

Paix liturgique – En quoi le sacrifice sacramentel vous semble-t-il mieux exprimé par la messe traditionnelle?

Peter Kwasniewski – Le Saint Sacrifice de la Messe est la représentation sacramentelle du sacrifice que Notre Seigneur a offert de Son Corps et de Son Sang sur la Croix. Ce n’est pas simplement une opinion, ni un point de vue d’école, c’est l’enseignement dogmatique de fide de l’Eglise au Concile de Trente. Ainsi, la messe n’est pas d’abord un repas, ni principalement une commémoration de la Résurrection. Mais la messe nous met en contact avec le Sang sauveur et rédempteur du Christ, ce dont nous avons besoin pour être sauvé. Il est donc très important que la liturgie de la messe nous confirme qu’elle est bien le mystère, le premier mystère. Saint Thomas dit que l’Eucharistie est le Christus passus, le Christ qui a souffert pour nos péchés et que la liturgie nous livre mystiquement à celui avec lequel nous sommes vraiment en contact sous le voile du pain et du vin consacrés. Mais si la liturgie ressemble à quelque chose de complètement différent de cela, si elle ressemble principalement à un banquet, à un repas fraternel, alors elle nous induit en erreur, elle nous catéchise en un mauvais sens sur ce que nous faisons ensemble. Dans l’ancien rite, pas seulement à cause de l’orientation vers l’est, que l’on peut avoir aussi éventuellement dans la nouvelle messe, mais à tous les égards, l’accent est mis, dans toutes les prières, en particulier celle de l’offertoire, dans les gestes, les cérémonies, sur l’autel du sacrifice. Bien sûr, elle est aussi un banquet, mais c’est un banquet sacrificiel. C’est d’abord un sacrifice, et nous communions ensuite à la victime sacrificielle. La priorité dans la messe est toujours d’offrir à Dieu la pure oblation de l’Agneau. Nous sommes donc privilégiés, si nous sommes en état de grâce et que nous pouvons prendre part à ce festin sacrificiel, à cette offrande sacrificielle.

Paix liturgique – Il n’y a jamais eu, dans l’histoire de l’humanité, autant de personnes aussi éloignées de leur lieu de naissance, soit parce qu’elles habitent dans un autre pays, soit simplement parce qu’elles sont en voyage. La messe en latin ne servirait-elle pas l’objectif pastoral en faisant que chacun ait « sa » messe même s’il y assiste dans un autre pays que le sien ? Pensez-vous que la messe en latin a servi le véritable objectif du « mondialisme » des âges anciens?

Peter Kwasniewski – Il ne fait aucun doute que, si vous regardez la civilisation européenne – je parle de l’Europe occidentale, non de l’Europe orientale qui a sa propre histoire – la présence du rite romain et de divers autres usages latins liés au rite romain et de la langue latine étaient des forces unificatrices importantes, qui maintenaient les gens en communication les uns avec les autres. Cela a fertilisé les arts et la vie intellectuelle à travers toutes ces différentes frontières de langues et de régions. N’est-il pas curieux qu’au XXe siècle, au moment même où les transports aériens permettaient aux gens de voyager plus facilement que jamais, où les automobiles étant omniprésentes, alors que les gens voyageaient de plus en plus, tout d’un coup, il a été décidé de vernaculariser et d’ostraciser tous ceux qui ne font pas partie de la communauté locale ? Dans ma jeunesse j’ai beaucoup voyagé avant de découvrir la messe traditionnelle en latin. J’assistais au Novus Ordo dans la langue dans laquelle il était célébré à l’endroit où je me trouvais, et je comprenais à peine. Je pouvais comprendre Amen, mais c’était à peu près tout. Il ne s’agit pas d’abord – comme je le disais auparavant – d’avoir une compréhension rationnelle, mais il est tout de même très frustrant d’aller à une liturgie qui est faite pour vous faire comprendre et qui parle avec des mots que vous ne pouvez comprendre ! S’il devait y avoir une liturgie en latin ce devrait être le nouvel Ordo, à défaut de quoi il exclut beaucoup de monde ! Mais l’autre remarque que je voudrais faire, tout aussi ironique, est qu’on constate qu’à un moment de l’histoire du monde où les gens savent mieux lire et écrire que jamais, et où tout le monde peut facilement avoir accès à ce que disent les prières, c’est à ce moment qu’il a été décidé : « Eh bien non, nous devons mettre les choses dans une langue vernaculaire de tous les jours, au lieu d’utiliser cette langue riche en théologie, riche et poétique, que les liturgies ont toujours utilisée ; maintenant, il nous faut tout simplifier. » Mais pourquoi donc ? Cela me semble donc être un autre exemple de jugement historique erroné et de confusion culturelle de la part des réformateurs liturgiques.

Paix liturgique – D’habitude, la gens commence par connaître la messe traditionnelle, puis le chant grégorien, mais pour vous ça été le contraire. Pensez-vous que la musique sacrée peut jouer un rôle dans le renouveau liturgique?

Peter Kwasniewski – Absolument ! Vous avez raison de dire que j’ai adhéré à la tradition liturgique par la musique sacrée et en particulier par le chant grégorien. Je n’avais jamais connu le culte en latin avant de découvrir le chant grégorien. Je n’avais même jamais pensé à prier en latin. Ainsi, même en prenant conscience du latin en tant que langue, cela s’est passé à travers le chant grégorien. La beauté du chant m’a fasciné, elle a saisi mon cœur, elle m’a inspiré. Au départ, je ne le comprenais même pas comme un langage musical, mais je savais qu’il y avait là quelque chose de lumineux, de divin, de très spécial et de très différent et qui me fascinait. C’est comme ce dont parlait Rudolf Otto: le mysterium tremendum et fascinans. Il y a quelque chose de très puissant et d’un autre monde dans le chant. Au début, c’était comme l’hameçon qui entraînait le poisson, à travers le chant. Quand j’ai découvert la liturgie traditionnelle, ce que j’ai rapidement vu est la chose suivante : la liturgie traditionnelle a grandi avec le chant, le chant et l’ancien rite romain sont comme un corps et une âme, ils ont une relation très intime ensemble. Il n’y a pas d’abord eu la liturgie puis plus tard le chant comme un vêtement extrinsèque, mais la liturgie romaine et le chant ont grandi ensemble, main dans la main. Le chant grégorien c’est la liturgie romaine chantée. Il a la même forme que la liturgie romaine. Ce que j’ai vu très vite c’est que le chant convient, il est chez lui dans la liturgie traditionnelle. Le rythme de la liturgie est parfaitement calculé, les chants sont juste assez longs pour couvrir les actions. Il y a donc un ajustement étroit entre la musique et la liturgie. Vous voyez également cela avec la polyphonie : la grande polyphonie a pu être composée car elle avait sa place dans la liturgie, l’offertoire permettant par exemple aux grands compositeurs d’écrire de longs motets pour cette partie de la messe. Le Novus Ordo est tellement rationaliste, verbal et bref que le chant grégorien et la polyphonie y semblent gênants. Ils sont toujours vécus comme une sorte d’interruption et de retard. Par exemple, si vous assistez à une messe selon le Novus Ordo et que le lecteur laïc fais une lecture en langue vernaculaire, à laquelle tout le monde répond en disant : « Nous rendons grâces à Dieu », et qu’ensuite une schola chante le graduel en latin, cela fait très bizarre, ça ne marche pas du tout. Alors que, dans la liturgie traditionnelle, il y a ce beau flux naturel où tout s’accorde bien. Je pense donc que renouer avec la beauté de la musique sacrée est presque la même chose que de renouer avec la liturgie traditionnelle, précisément pour ces raisons. Cela ne signifie pas que nous ne devons pas utiliser le chant grégorien et la polyphonie dans toutes les liturgies, mais cela signifie simplement que le chant sacré a une maison et une place naturelle : la liturgie traditionnelle.

Paix liturgique – Pour finir, pourriez-vous donner un message aux jeunes familles soucieuses de se préserver et de préserver leur enfance de toute la confusion qui règne dans la société actuelle?

Peter Kwasniewski – Je dirais que rien n’est plus important pour les jeunes familles catholiques que de trouver une bonne communauté de fidèles catholiques à l’esprit traditionnel. Et même de faire tous les sacrifices nécessaires pour amener leur famille à la messe dans une telle église avec une telle communauté. Les familles qui assistent à la liturgie traditionnelle veulent glorifier Dieu, sanctifier leurs âmes, offrir à leurs enfants la beauté et la richesse de la tradition catholique, et rencontrer ainsi d’autres personnes aux vues similaires qui deviendront leur réseau de soutien et d’amitié. Leurs enfants vont en rencontrer d’autres, des enfants avec lesquels ils peuvent jouer en toute sécurité, qui ne visionnent pas de vidéos épouvantables ni d’autres choses de ce genre. Dans le monde moderne nous devons être très réalistes et ne plus présumer que la plupart des lieux sont des lieux sûrs. La plupart des endroits sont dangereux d’un point de vue moral. J’ajouterais que, d’un point de vue intellectuel également, l’erreur et la dépravation sont la norme pour la société occidentale moderne. Nous devons donc faire tout ce qui est en notre pouvoir pour trouver des communautés où la norme est la beauté, la prière et le respect. Tout cela, nous le trouvons avec la liturgie traditionnelle.

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Entretien par Novopress le 17/07/2011

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