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L’hymne de Sexte: Rector potens, verax Deux

publié dans paroisse saint michel le 2 mai 2019


Hymne et psaumes du dimanche à Sexte

T6

L’hymne 

Rector potens, verax Deus

« Rector potens, verax Deus, Qui temperas rerum vices, Splendore mane illuminas et ignibus meridiem Extingue flamms litium »

« Chef puissant, Dieu de vérité, qui réglez les changements du monde, qui donnez au matin sa lumineuse splendeur et au midi ses feux ».

« Exstingue flammas litium, Aufer calorem noxium, confer salutem corporum, Veramque pacem cordium »

“Eteignez les flammes de nos querelles, dissipez toute chaleur mauvaise, donnez à nos corps la santé et à nos cœurs la paix véritable”

« Praesta, Pater, pissime, Patrique compar Unice, Cum Spiritum Paraclito regnans per omne saeculum. Amen.

« Exaucez-nous, Père très bon et vous l’unique égal au Père avec l’Esprit Paraclet régnant dans tous les siècles. Amen »

Comme vous le voyez par cette lecture, cette hymne est très belle et poignante. Elle confesse dans la première strophe, la tout puissance de Dieu. Et puisqu’il en est ainsi, l’âme ose réclamer que ce Dieu exerce sa toute-puissance sur notre société, sur nos âmes et nos corps. Qu’il vienne à notre secours pour chasser de nos relations sociales, familiales, toutes querelles, toute envie, « toute chaleur mauvaise » ; qu’Il donne à nos corps toute santé et à nos cœurs « la paix véritable ». Il le peut. Il est le Tout puissant.

Telle est la signification de cette hymne.

Voyons cela en détail !

Et tout d’abord la première strophe : de la toute-puissance de Dieu.

« Rector potens » : Dieu est défini comme le « rector ». « Rector » vient du verbe « regere » dont le supin est « rectum ». Ce verbe veut dire « diriger », « conduire », « guider », « piloter », « régir », et même « remettre dans la bonne voie ». On utilisera l’expression « regere navem », « conduire un navire » et en ce sens « commander ». D’où le terme de « commandant », de « gouvernement », de « Seigneur » et « Maître ». C’est le sens même de « rector » : « directeur, conducteur », « commandant d’une armée », et même « souverain ». Ce mot implique également le sens de « droit ». C’est le sens de l’adverbe latin « recte » : « droit », « bon » « honnêtement », « honorablement ». Tel sera le gouvernement de ce « rector » : « un gouvernement bon, digne et même magnifique ». Tel sera le gouvernement de ce Dieu, un gouvernement « droit ». L’adjectif « rectus » (de rego-ere) veut dire précisément « droit », « raisonnable », « sensé ». Ainsi du gouvernement divin.

Mais, ici ce « rector » est défini comme  « potens ». Il n’est pas seulement « juste », pas seulement « Seigneur » et « Maître », il est « potens » « puissant ».

Du reste « potens » a, à peu près, le même sens que « rector ». C’est un peu une redondance. Il veut dire « qui a droit de commander », « qui est puissant », « qui est maître de » «qui commande à ». Ainsi sur le point strictement linguistique, on pourra dire que Dieu est le « Souverain Maitre de toutes choses » en ce sens qu’Il gouverne toutes choses. L’univers est l’œuvre de ses mains. Il a fait toutes choses par Lui-même et pour Lui-même et pour sa gloire et par amour, selon l’adage : « Bonum diffusivum sui », le bien se donne, l’amour se donne, se communique. Dieu communique l’être, analogiquement, qu’Il est lui-même. Ainsi lorsqu’on se pose la question de la fin de la création, il faut dire que la fin à laquelle Dieu conduit tous les êtres qu’Il a créés, c’est Lui-même ou sa propre gloire. Ainsi la création de tout manifeste la gloire de Dieu au dehors. Dès lors il faut dire que la création est un reflet de Dieu et permet de connaître que Dieu est et ce qu’Il est : tout puissant, « rector potens ».

« verax Deus ». C’est la définition même que l’Apocalypse donne au Dieu fidèle : « il est vrai ». Voyez le chapitre 19 verset 11 : « Puis je vis le ciel ouvert, et il parut un cheval blanc ; celui qui le montait s’appelle Fidèle et Véritable ; il juge et combat avec justice. Ses yeux étaient comme une flamme ardente ; il avait sur la tête plusieurs diadèmes, et portait un nom écrit que nul ne connaît que lui-même ; il était revêtu d’un vêtement teint de sang : son nom est le Verbe de Dieu. Les armées du ciel le suivaient sur des chevaux blancs, vêtues de fin lin, blanc et pur. De sa bouche sortait un glaive affilé [à deux tranchants], pour en frapper les nations ; c’est lui qui les gouvernera avec un sceptre de fer, et c’est lui qui foulera la cuve du vin de l’ardente colère du Dieu tout-puissant. Sur son vêtement et sur sa cuisse, il portait écrit ce nom : Roi des rois et Seigneur des seigneurs ». (Apoc 19 11-16) Ici on traduit « Fidèle et Véritable ». Dans le texte latin de saint Jérôme on a bien « …fidelis et verax » : « Et vidi caelum apertum, et ecce equus albus, et qui sedebat super eum vocabatur Fedelis et Verax et cum justitia et pugnat » (Apoc 19 11)

Quelle unité entre l’Ancien et le Nouveau Testament. C’est merveilleux !

 

« Qui temperas rerum vices » « vous qui réglez les changements du monde ». Il est le tout puissant, avons-nous dit. Il a créé toute chose. Tout est en ses mains. Il est le Seigneur et Maître. Il gouverne toutes choses. Dès lors, il peut commander les changements du monde, le changement des choses. C’est le sens même d verbe latin « tempero, are » : qui veut dire « organiser », « régler », « gouverner ». Vous gouvernez les mouvements (vices) du monde. Et cela en raison de votre  toute-puissance. Tout est en vos mains. Il est Provident.

« Splendore mane illuminas » «  vous qui donnez au matin sa lumineuse splendeur » Oui ! Rien de ce  qui est, échappe à sa puissance. C’est lui qui donne au matin sa lumineuse splendeur. C’est bien dit, c’est dit avec poésie et beaucoup de charme et de délicatesse. C’est le charme poétique. Cela vaut tous les langages philosophiques. Le philosophe n’ajoutera rien à cette expression.

De même que cette autre expression : « et ignibus meridiem » « c’est vous qui donnez au midi, au plein midi, ses feux » Toute créature est en ses mains. Il se joue de tout, tant du matin que du soleil. Sa créature est merveilleuse. C’est ce que nous dit notre auteur. Vous imaginez la joie du séminariste qui à midi (12 heures) se retrouve à la chapelle pour chanter ces psaumes de Sexte et particulièrement cette hymne. Qui ne prendrait le chemin du séminaire ! Ou du moins quelle grâce le Seigneur fait à ce jeune homme de le prendre par la main pour le conduire au séminaire de saint Vincent de Paul, à Courtalain….

Cette création et sa maitrise montrent la tout puissance de ce « rector potens », de ce « verax Deus ».

A ce titre, on comprend que l’auteur de l’hymne puisse interpeller un si grand Dieu pour mettre de l’ordre dans la maison : « Eteignez les flammes de nos querelles », « dissipez toute chaleur mauvaise, donnez à nos corps la santé et à nos cœurs la paix véritable ». C’est l’aspect moral de cette hymne. Et toute prière peut se faire supplique. « Demandez et l’on vous donnera » « Frappez et l’on vous ouvrira ».  Ne sont-ce pas là des paroles de NSJC, du « verax Deus » ? Sachons les utiliser. Soyons, comme nous y encourage NSJC, être les amis importuns de l’Evangile.

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Entretien par Novopress le 17/07/2011

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