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Autour du Synode sur l’Amazonie: les avants et les après Synode. On est en plein délire

publié dans nouvelles de chrétienté le 30 octobre 2019


La prière à Pachamama de la Fondation des missions des évêques italiens

Une prière à Pachamama, la « Terre Mère » vénérée par des tribus indigènes telles que les Aymaras et les Quechua dans les Andes mais aussi dans les plaines du nord de l’Argentine et au Brésil, près de la Bolivie et du Pérou, se trouve en bonne place dans un livret officiel de la Fondazione Missio de la Conférence des évêques d’Italie.

La prière est présentée sans la moindre mise en garde quant au fait qu’elle ne s’adresse pas au vrai Dieu. D’ailleurs, une autre prière qui est présentée dans cette brochure avec la même typographie et dans le même contexte illustratif s’adresse à la « Très Sainte Trinité ».

La prière à Pachamama, elle, a pour sujet une divinité païenne, à laquelle on demande la prospérité matérielle et qui dans la religion indigène vise à calmer les esprits de la Terre.

La brochure fait partie d’une série de ressources présentant le travail et les objectifs de la mission catholique et de ses missionnaires, avec un accent particulier sur le Synode de l’Amazonie qui a eu lieu à Rome du 6 au 27 octobre.
Le livret dont il est question a été publié bien avant l’ouverture du synode, au mois d’avril dernier semble-t-il. La présence de la « Pachamama » dans une publication officielle de l’agence missionnaire des évêques italiens consacrée au synode suggère que le groupe des indigènes de la région amazonienne et leurs accompagnateurs de type européen, aussi bien que la hiérarchie catholique à Rome étaient pleinement conscients de la nature du culte à la « Terre Mère » aux accents chrétiens syncrétiques qui s’est déroulé dans les jardins du Vatican et à l’église Santa Maria in Traspontina, à la Basilique Saint Pierre, dans une Via Crucis « amazonienne » et peut-être ailleurs.

Cela éclaire d’un jour nouveau la présence d’images en bois sculpté de femmes enceintes et nues que le pape François lui-même a désignées comme des statuettes de la « Pachamama ».

Les 30 pages du livret consacré à « l’animation » et à la « formation » des fidèles en vue du Synode amazonien sont disponibles ici (en italien) sous letitre Sinodo sull’Amazzonia. Le livret explique comment le REPAM, le réseau ecclésiastique de la région panamazonienne, a été créé en 2014 pour aider l’Église à « marcher ensemble » avec ses habitants, en particulier les tribus indigènes qui y vivent encore selon leurs traditions ancestrales, et dont certaines refusent tout contact avec le reste du monde.

Il contient des déclarations étonnantes, comme celle-ci : « Le bassin amazonien contient 20 % de l’eau douce non gelée de la planète. Sur 5 verres d’eau que vous buvez, un vient du fleuve Amazone. »

Remarquablement, le livret utilise aussi de multiples phrases et concepts qui se retrouvent désormais dans le Document final du Synode, tiré du Document préparatoire (2018) et du Document de travail (Instrumentum laboris, juin 2019). Ni l’un ni l’autre n’employait le mot « Pachamama » mais le second mentionnait fréquemment la Madre Tierra qui est la traduction espagnole du concept de Pachamama, « Terre Mère » ou « Mère de l’Univers ».

Les cérémonies indigènes à la Pachamama comportent différents rites, dont le plus important a lieu au début du mois d’août, lorsque la « Terre Mère » est censée être fatiguée et usée. Le rite consiste à chanter, danser et boire autour d’une couverture sur laquelle sont déposées des offrandes, certaines brûlées ou fumées rituellement, pour « nourrir » la Terre qui nourrit, mais qui détruit et tue aussi par tremblements de terre et autres catastrophes quand les hommes utilisent par trop ses ressources, comme l’expliquent les légendes païennes – et le discours sur le réchauffement climatique d’origine anthropique et celui sur l’épuisement de la planète. Le rituel est dirigé par un chaman local.

Souvent, un trou est creusé dans le sol, symbolisant l’utérus de la Pachamama, et les offrandes, éventuellement brûlées – y compris les très recherchés fœtus de lama censés apporter chance et richesse – sont rituellement versées dans ce trou.

Des chamans, hommes et femmes, participent à la conduite de ces cérémonies.
Historiquement, avant l’arrivée des conquérants espagnols, le culte inca à Pachamama s’accompagnait de sacrifices humains, souvent des enfants de 7 ou 8 ans dont la mort était censée apaiser la « divinité » terrestre, pour éviter sa colère et obtenir la prospérité. C’est ainsi que 200 jeunes ont été sacrifiés à l’occasion du couronnement de Pachacutec à Cuzco, quelque part entre 1430 et 1440. Le sacrifice consistait souvent à congeler les enfants qui mouraient de froid après avoir été drogués à la coca, la plante sacrée de nombreuses tribus indigènes d’Amérique du Sud. Des momies d’enfants sacrifiés ont été retrouvées, qui confirment la réalité de la pratique du sacrifice humain à Pachamama en particulier.

Dans les années 1960 on rencontrait des vestiges du culte de la Pachamama, mais depuis lors, la rhétorique de la « Terre Mère » est devenue plus présente, à défaut d’être dominante, parmi certaines communautés indigènes des régions andines. Evo Morales, président autochtone de Bolivie depuis 2006, a joué un rôle important dans la remise à l’honneur des coutumes et des rites précolombiens ; il est même allé jusqu’à faire mentionner la « cosmogonie » syncrétique des autochtones dans la constitution bolivienne.

En novembre 2014, le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical pour la culture, a participé à un rite pachamama au cours duquel le principal officiant et représentant de l’Institut des cultures autochtones (ICA), Victor Acebo, présentait un long discours plaintif sur la « spiritualité » païenne de la « Terre Mère ». Le discours, en espagnol, était clairement compréhensible sur le site Internet « Atrio de los gentiles », dans la vidéo mise en ligne par ses responsables ; elle semble avoir été retirée du site depuis. Le « Parvis des Gentils » (2009) était une initiative du Pape Benoît XVI par laquelle il cherchait à inviter les intellectuels non-catholiques et les athées à découvrir la foi catholique. En Argentine, en 2014, c’est donc l’inverse qui s’est produit.
La Pachamama n’était donc pas tout à fait inconnue à Rome lorsqu’une série de statuettes brunes et noires de femmes autochtones, nues, enceintes, avec leurs utérus rouge sang et leurs fœtus clairement visibles – comme dans les représentations modernes de la Terre Mère – a envahi la Ville.

On ne peut pas non plus ignorer la signification et le sens de la « prière » à la Pachamama incluse dans un livret officiel de l’agence missionnaire de la Conférence épiscopale italienne, d’autant plus que l’on peut trouver ce document sur certains sites web des diocèses italiens, comme celui de Bergame.
MichaelHichborn de l’Institut Lepanto aux Etats-Unis a publié une traduction anglaise du texte italien de la prière sur sa page Facebook.

Voici la prière complète, telle que traduite de l’italien :
Pachamama de ces lieux,

bois et mange autant que tu le voudras de ces offrandes,

afin que cette terre soit féconde.
Pachamama, bonne Mère

Sois propice ! Sois propice !
Que les bœufs marchent bien,

et qu’ils ne se fatiguent pas.

Donnez un bon goût à la graine,
que rien de mal ne lui arrive,
que le gel ne puisse le perturber,
qu’il produise de la bonne nourriture.

Nous te le demandons :

donne-nous tout.

Sois propice ! Sois propice !
(Prière à la Terre Mère des peuples Incas)

Il est intéressant de noter que la version originale quechua de la prière et sa traduction espagnole contemporaine sont légèrement différentes.

Les deux premières lignes se lisent comme suit dans la prière quechua :
Pachamama de ces lieux,

Bois, mâche de la coca et mange autant que tu voudras de ces offrandes…
Apparemment, la Fondazione Missio s’est méfiée des mots évoquant la mastication de
la coca, la coca étant illégale dans presque tous les pays de monde, sauf en Bolivie et quelques autres où son utilisation traditionnelle est autorisée. Considérée par l’ONU comme une substance addictive, la feuille de coca est tenue pour sacrée par les tribus indigènes des Andes et sa mastication est créditée de nombreuses vertus : elle est riche en vitamines, elle réduit l’appétit et agit comme un stimulant.
D’autre part, bien que la production de cocaïne à partir de la feuille de coca nécessite un certain nombre de processus chimiques complexes, elle agit comme une drogue même lorsqu’elle est simplement mâchée, provoquant des hallucinations et d’autres effets qui sont ceux d’un stupéfiant naturel. En tant que tel, le coca était largement utilisé dans les rites indigènes traditionnels. Il joue un rôle important dans le rituel de la Pachamama, en particulier en raison de ses caractéristiques « stimulantes », et il est aussi utilisé pour prévoir l’avenir. Cela fait désordre, alors on censure !
La version expurgée de la prière à la Pachamama a été utilisée lors d’une veillée missionnaire à Vérone, selon une photo d’une partie du dépliant de la cérémonie publiée par un commentateur sous le message Facebook de Michael Hichborn.

Mise à jour : Infovaticana nous apprend qu’un chant à la Pachamama a accompagné la procession d’entrée de la messe en la cathédrale de Lima au Pérou le 1er septembre dernier, présidée par Mgr Carlos Castillo, archevêque du lieu. C’est par ici, avec le texte complet du chant en espagnol et la video.

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Entretien par Novopress le 17/07/2011

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