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Le retour du « consubstantiel »

publié dans nouvelles de chrétienté le 15 novembre 2019


Liturgie : enfin le retour du « consubstantiel » !Rome vient de valider la nouvelle traduction du missel romain, dans sa forme dite ordinaire, appelé encore « messe de Paul VI. » La traduction en vigueur étant fautive en une vingtaine d’occurrences au moins, cette révision s’imposait. La principale faute était la disparition, dans le credo Nicée-Constantinople, de l’affirmation, contre l’hérésie arienne, que le Fils est « engendré, non pas créé, consubstantiel au Père », remplacé par « de même nature que le Père. » C’était le désir de Jean-Paul II que le texte en vernaculaire fût modifié dans le sens d’une plus grande fidélité à l’original latin. Ce travail, en France, a mollement commencé en 2002 – les évêques d’alors traînant les pieds – en application de l’ins-truction Liturgiam authenticam « pour la correcte application de la constitution sur la sainte liturgie du concile Vatican II » de Jean-Paul II. Il a donc fallu dix-sept ans et trois papes pour que cette révision, qui n’apparaît pas titanesque, aboutisse et il faudra encore que les fidèles du rite ordinaire attendent le 24 mai 2021 pour bénéficier de la nouvelle traduction à la messe. Après Jean-Paul II, le pape François a publié une nouvelle instruction, en 2017, Magnum principium, par laquelle il dé-charge la Congrégation du culte divin de la traduction pour s’en remettre aux conférences épiscopales, la Congrégation idoine n’opérant qu’un contrôle a posteriori. L’objectif étant d’ « assouplir les règles de traduction des textes liturgiques » pour mieux les adapter aux mentalités locales alors que la priorité de Jean-Paul II était la fidélité au texte latin authentique. Nous n’avons pas encore la totalité du nouveau rituel révisé mais il contient donc la restauration du « consubstantiel » réclamée depuis des décennies par des fidèles, des théologiens et des philosophes comme Etienne Gilson et Jacques Maritain, ce dernier ayant demandé, en vain, à son ami Paul VI qui voulait le faire cardinal tout laïc qu’il était ,le réta-blissement du « consubstantiel » Maritain exposait que la traduction « de même nature » est pour le moins « incomplète. » En effet, moi et mon fils, nous sommes hommes et, par conséquent, de même nature mais nous ne sommes évidem-ment pas « consubstantiels » étant deux personnes distinctes. Si nous professons que le Père et le Fils sont de même nature, mais non de la même substance, nous donnons aux musulmans des verges pour nous faire fouetter car ils auraient des motifs de penser que les chrétiens sont polythéistes. Il aura fallu près de vingt ans pour restaurer la vraie doctrine catholique ! Néanmoins, Mgr Guy de Kérimel, évêque de Grenoble et Vienne, président de la commission épiscopale pour la litur-gie, juge que c’est « peu de chose » !A la question de La Croix: « Concrètement, qu’est-ce ce que cette nouvelle traduction change pour les fidèles ? » Il répond: « Cela change peu de chose. Par exemple, dans le Credo, le « de même nature » est rem-placé par « consubstantiel. » Dans l’anamnèse, « Nous proclamons ta mort, nous annonçons ta résurrection » devient « Nous an-nonçons ta mort, nous proclamons ta résurrection. » Il met sur le même plan le « consubstantiel », remplaçant le « de même natu-re » et l’interversion du « annonçons » et du « proclamons » pour la mort et la résurrection, « peu de chose » dans les deux cas ! Si le rite désormais appelé « extraordinaire » était resté, en latin, la messe ordinaire de toutes les paroisses catholi-ques, ces problèmes de traduction ne se poseraient pas, ni les erreurs doctrinales qu’ils introduisent. A l’époque, dans le sillage du Concile, on a justifié le passage au vernaculaire, dont la messe nouvelle est un fruit, par l’assurance qu’en comprenant plus clairement les paroles du rituel, la messe serait plus « attractive » et le peuple y participerait davantage en étant plus « actif » tandis que ceux qui se sont éloignés de l’Eglise y reviendraient, séduits aussi par «l’ouverture au monde » de Vatican II. Cinquante ans plus tard, force est de constater qu’il s’agissait-là d’une catastrophique illusion. Les chiffres, accablants, parlent d’eux-mêmes : en 1962, à la veille du Concile, il y avait 34 % de pratiquants domini-caux en France ; en 2019, il y en a tout juste 4 %. La nouvelle liturgie non seulement n’a pas permis de reconquérir les fidèles perdus mais elle a été l’occasion de déserter la messe pour ceux qu’elle a déçus. P.R

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