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Hymne des Matines du Temps de l’Ascension

publié dans couvent saint-paul le 24 juin 2020


Hymnes du temps de l’Ascension

Hymne des Matimes

Aeterne Rex altissime

«  Ætérne Rex altíssime, Redémptor et fidélium, quo mors solúta déperit, datur triúmphus grátiæ. » « Roi éternel des cieux, rédempteur de tous les croyants, vous avez détruit la mort et fait triompher la grâce ».

 Voilà encore une hymne et une strophe pleine de foi et de science théologique. Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est bien à la fois, le  «  Roi éternel des cieux » et le «  rédempteur de tous les croyants ». C’est ainsi, de fait, que le contemple Saint Jean dans l’Apocalypse, en son chapitre 5. Il lie en effet à la fois « sa royauté éternel » et « sa rédemption ».   Il le voit assis à la droite du Père sur le trône de gloire en tant que  « rejeton de David », c’est-à-dire Roi, mais aussi en tant « qu’Agneau immolé » ayant seul pu « ouvrir le livre de vie » et sanctifier par sa mort tous « ses frères ». Et c’est à ce titre, à la fois de « Roi » et de « Rédempteur » que tous les anges et les élus chantent au ciel éternellement sa divinité, sa royauté, sa puissance : « l’Agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse et la force, l’honneur, la gloire et la bénédictiobn » (Ap Jn 5  12). Tous qualificatifs de la royauté.

Il faut sans cesse relire ce chapitre tellement à la gloire du Christ, dans sa royauté et sa rédemption : « Puis je vis dans la main droite de Celui qui était assis sur le trône un livre écrit en dedans et en dehors, et scellé de sept sceaux.
2 Et je vis un ange puissant qui criait d’une voix forte :  » Qui est digne d’ouvrir le livre et d’en rompre les sceaux ?  » 3 Et personne ni dans le ciel, ni sur la terre, ne pouvait ouvrir le livre ni le regarder. 4 Et moi je pleurais beaucoup de ce qu’il ne se trouvait personne qui fût digne d’ouvrir le livre, ni de le regarder. 5 Alors un des vieillards me dit :  » Ne pleure point ; voici que le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu, de manière à pouvoir ouvrir le livre et ses sept sceaux.  » 6 Et je vis, et voici qu’au milieu du trône et des quatre animaux, et au milieu des vieillards, un Agneau était debout : il semblait avoir été immolé ; il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu envoyés par toute la terre. 7 Il vint, et reçut le livre de la main droite de Celui qui était assis sur le trône. 8 Quand il eut reçu le livre, les quatre animaux et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l’Agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d’or pleines de parfums, qui sont les prières des saints. 9 Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant :  » Vous êtes digne de recevoir le livre et d’en ouvrir les sceaux ; car vous avez été immolé et vous avez racheté pour Dieu, par votre sang, des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation. 10 et vous les avez faits rois et prêtres, et ils régneront sur la terre.  » 11 Puis je vis, et j’entendis autour du trône, autour des animaux et des vieillards, la voix d’une multitude d’anges, et leur nombre était des myriades et des milliers de milliers. 12 Ils disaient d’une voix forte :  » L’Agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire et la bénédiction.  » 13 Et toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre et dans la mer, et toutes les choses qui s’y trouvent, je les entendis qui disaient :  » A Celui qui est assis sur le trône et à l’Agneau, louange, honneur, gloire et puissance dans les siècles des siècles !  » 14 Et les quatre animaux disaient :  » Amen !  » Et les vieillards se prosternèrent et adorèrent [Celui qui vit aux siècles des siècles] ».

Ces acclamations sont de vraies acclamations royales qu’on est heureux de lire sous la  plume de  de Pie XI dans son Encyclique : « Quas Primas ». Le Christ n’est pas seulement Roi parce que Dieu en raison de l’union hypostatique. Mais  il est Roi parce que, par sa Passion, il a acquis une royauté éternelle. « Quoi de plus délectable, dit-il, de plus suave que de penser que le Christ, en outre, règne sur nous non seulement par droit de nature, mais encore par droit acquis, puisqu’il nous a rachetés? Ah! Puissent tous les hommes qui l’oublient se souvenir du prix que nous avons coûté à notre Sauveur : Vous n’avez pas été rachetés avec de l’or ou de l’argent corruptibles, mais par le sang précieux du Christ, le sang d’un agneau sans tache et sans défaut. Le Christ nous a achetés à grand prix ; nous ne nous appartenons plus. Nos corps eux-mêmes sont des membres du Christ ».

L’Apocalypse n’est pas la seule source scripturaire qui exalte et la royauté et la rédemption du Christ, on peut citer également la magnifique Epître aux Hébreux. Les passages sont nombreux où saint Paul exalte et la royauté et la rédemption du Christ. Citons seulement ces quelques versets du chapitre 2 : 7 Vous l’avez abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges; vous l’avez couronné de gloire et d’honneur, [vous l’avez établi sur les ouvrages de vos mains], 8 vous avez mis toutes choses sous ses pieds.  » En effet, en lui soumettant toutes choses, Dieu n’a rien laissé en dehors de son empire. Or à présent nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient soumises.9 Mais celui qui  » a été abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges,  » Jésus, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur à cause de la mort qu’il a soufferte, afin que, par la grâce de Dieu, il goûtât la mort pour tous. »

Voilà des belles affirmations qui font sonner aux oreilles des fidèles et la royauté du Christ et sa rédemption.

« vous avez détruit la mort et fait triompher la grâce » « quo mors solúta déperit, datur triúmphus grátiæ. Il ne faut pas oublier le « quo », ce qu’oublie la  traduction française. Le « quo » de la phrase latine nous rapporte à la Rédemption et nous permet de comprendre que c’est bien la Rédemption, la Passion du Christ, qui a « détruit la mort et fait triompher la grâce ». C’est directement affirmé par l’Epître aux Hébreux dans le passage cité plus haut : « 11 Car celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés, tous sont d’un seul. C’est pourquoi Jésus-Christ ne rougit point de les appeler frères, 12 lorsqu’il dit :  » J’annoncerai ton nom à mes frères, je te louerai au milieu de l’assemblée.  » 13 Et encore :  » Je mettrai ma confiance en lui.  » Et encore :  » Me voici, moi et les enfants que Dieu m’a donnés. « 14 Puis donc que les  » enfants  » ont eu en partage le sang et la chair, lui aussi y a participé également, afin de briser par sa mort la puissance de celui qui a l’empire de la mort, c’est-à-dire du diable, 15 et de délivrer ceux que la crainte de la mort retenait toute leur vie assujettis à la servitude.16 Car certes ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide, mais c’est à la postérité d’Abraham. 17 De là vient qu’il a dû être fait semblable en tout à ses frères, afin d’être un Pontife miséricordieux et qui s’acquittât fidèlement de ce qu’il faut auprès de Dieu, pour expier les péchés du peuple; 18 car, c’est parce qu’il a souffert, et a été lui-même éprouvé, qu’il peut secourir ceux qui sont éprouvés » (Hb 2 11-18).

  1. Scandens tribúnal déxteræ Patris : potéstas ómnium colláta Jesu cǽlitus, quae non erat humánitus.» « Montant siéger à la droite du Père, Jésus reçoit du ciel la toute-puissance qui ne lui appartenait pas comme homme ».

C’est là encore confesser la foi dans toute sa pureté. C’est le mystère de l’Ascension. Notre Credo affirme bien que « Jésus-Christ est monté au Cieux », « qu’Il est assis à la droite de Dieu, le Père tout-Puissant ». En effet après avoir achevé et consommé le mystère de notre Rédemption, il est monté au Ciel, comme homme en corps et en âme, et comme Dieu, par sa propre vertu, sous les yeux de ses Apôtres. Saint Paul, aux Ephésiens est formel : « son Père, après l’avoir ressuscité d’entre les morts, l’a fait assoir à sa droite dans le ciel, au-dessus de toutes les principautés, de toutes les puissances, de toutes les Vertus, de toutes les Dominations et de tout ce que l’on peut trouver de plus grand soit dans le siècle présent, soit dans le siècle futur, et il a mis toutes choses  sous ses pieds »  (Eph 1 20). De telles paroles font voir clairement que cette gloire est tellement propre et particulière à NSJC qu’elle ne peut convenir à aucune autre créature. Et c’est ce qui a fait dire au même Apôtre dans un autre endroit : « Qui est celui des Anges à qui Dieu a jamais dit : asseyez-vous à ma droite » (Hb 1 13)

C’est donc à juste titre que notre auteur peut confesser que là, au Ciel, il reçoit toute puissance, ce qui ne lui convenait pas comme homme, sur la terre ; la terre, pour lui, fut « le lieu de la faiblesse »,  comme l’affirme très souvent  l’Epître aux Hébreux. « Jésus reçoit du ciel la toute-puissance qui ne lui appartenait pas comme homme. »

 « 3. Ut trina rerum máchina, cæléstium, terréstrium, et inferórum cóndita, flectat genu jam súbdita. » « Les trois parties de l’univers créé, ciel, terre, enfers, à présent soumises, fléchissent le genou devant vous ».

Dans la strophe précédente, notre auteur fait encore allusion à la faiblesse du Christ qu’il accepta comme homme : « en effet, dit le Catéchisme du Concile de Trente, on ne saurait rien imaginer de plus bas et de plus abject pour le Fils de Dieu que d’avoir pris notre nature avec toutes ses faiblesses et d’avoir bien voulu souffrir et mourir pour nous ».  Mais en proclamant, ici,  « qu’il est monté au Cieux, qu’il est  assis à la droite de Dieu son Père », nous ne pouvons rien dire de plus magnifique ni de plus admirable pour célébrer sa gloire et sa majesté divine. Et c’est pourquoi, parce qu’il est Dieu, toute la créature, terre, ciel, mer et même « les enfers »  « fléchit le genou devant le Christ glorieux ». C’est encore affirmé par nos écritures. Et c’est repris ici, dans cette strophe. Et si NSJC a voulu descendre « aux enfers », c’est qu’il voulait y manifester sa force et sa Puissance, aussi bien qu’au Ciel et sur la terre afin qu’il fut absolument vrai de dire « qu’à son nom tout genou fléchsse au Ciel, sur la Terre et dans les Enfers » ( Ph 2 10)

 « 4. Tremunt vidéntes Angeli versam vicem mortálium : culpat caro, purgat caro, regnat Deus Dei caro » – « Les Anges tremblent en voyant le rôle nouveau d’une chair mortelle : la chair blâme le péché, la chair justifie, la chair règne dans la Personne du Verbe »

Cette strophe exprime le réalisme du mystère de l’Ascension : c’est bien en son corps, en son âme, en son humanité, comme homme que le Christ est monté au Ciel. Saint Luc, dans les Actes de Apôtres est formel.  Et donc sont très justes ces affirmations de notre auteur disant que les Anges tremblent, i.e. sont dans l’étonnement et l’allégresse, si je reste fidèle à l’Apocalypse, en voyant le « rôle nouveau d’une chair mortelle » : « la chair blâme le péché », « la chair justifie » «  la chair règne dans la Personne du Verbe ».  En effet il fallait que le Dieu de miséricorde assume la chair – caro – dans le sein de la Vierge Marie pour pouvoir offrir à Dieu un sacrifice d’agréable odeur et propitiatoire. En effet il fallait qu’une personne d’une dignité infinie s’incarne pour réparer l’infinie malice du péché original, en raison du principe thomiste : à savoir que l’injure se mesure à la personne injuriée : injurio est in injuriato. Oui ! Il faut pour réparer la faute grave, une personne d’une dignité infinie. Mais cela ne suffit pas. Restant en lui-même,  Dieu peut bien pardonner et remettre l’injure infinie, mais il ne saurait satisfaire. Car les satisfactions, les réparations, les honneurs s’adressent à un supérieur et Dieu ne peut relever que de lui-même. Il faut donc qu’une personne d’une dignité infinie prenne une nature créée, dépendante, soumisse à un maître. Parce qu’il y a nature inférieure, les actes peuvent aller à un supérieur ; parce qu’il y a personne infinie et que toutes les actions appartiennent à la personne, les satisfactions et les mérites ont une infinie valeur. En tant que subsistant dans la nature humaine, la personne du Verbe endosse ses  devoirs et comme inférieure peut et doit adorer. C’est la grande valeur de l’acte du Christ à Gethsémani : « Père que votre volonté soit faite et non la mienne ».  Elle peut au même titre offrir à Dieu des réparations. Celles-ci, maintenant, seront égales à l’offense. Mesurée à la dignité infinie de la personne outragée, l’offense est infinie, mesurée à la dignité infinie de la personne qui répare, la satisfaction est infinie. Il y a paiement rigoureux et total ; la réparation est de condigno. Voilà pourquoi les anges peuvent et doivent même s’exclamer devant le Christ glorieux, en sa chair glorifiée : «  la chair blâme le péché, la chair justifie, la chair règne dans la Personne du Verbe » « culpat caro, purgat caro, regnat Deus Dei caro ».

C’est vraiment splendide et de belle théologie. Il est bien juste de dire que : «  Les Anges tremblent en voyant le rôle nouveau d’une chair mortelle ». C’est le beau mystère de l’Incarnation, affirmé dans une grande originalité. .  

 « 5. Tu esto nostrum gáudium, manens olýmpo prǽdium : mundi regis qui fábricam, mundána vincens gáudia » « O Christ, soyez notre joie, notre récompense établie dans les cieux : vous régissez le cours du monde, et triomphez des attraits de la terre ».

Cette strophe nous rappelle tout d’abord certains bienfaits du mystère de l’Ascension. Tout d’abord, il est la cause de notre joie, nous dit l’auteur : « soyez notre joie ». Saint Jean, en effet, nous explique  que le Christ est monté au Ciel « afin de se présenter maintenant pour nous devant la face de Dieu, et de remplir auprès de son Père,  l’office d’Avocat. Mes petits-enfants, « je vous écris ceci afin que vous ne péchiez point ; mais si quelqu’un pèche, nous avons pour Avocat auprès du Père, Jésus-Christ qui est juste et qui est Lui-même la victime de propitiation pour nos péchés »  (Jn 2 1). Or nous dit le catéchisme du Concile de Trente : « rien n’est plus propre à inspirer une joie solide et véritable aux fidèles, que de voir Jésus-Christ devenu le défenseur de leur cause et leur intercesseur dans l’affaire du salut, Lui qui jouit auprès de son Père d’un pouvoir et d’une faveur sans bornes ».  (p. 76) Notre auteur dit juste !

Cette Ascension du Seigneur nous donne également la certitude de posséder, un jour « notre récompense dans les cieux », mieux, c’est Lui « notre récompense ».  Il est donc non seulement notre « joie » mais également notre récompense « praedium » qui demeure dans les cieux : « manens olympo ». C’est dit dans un langage poétique : « olympio »,  « l’Olympe » ou le « séjour des dieux ». Cette certitude  de le posséder un jour est aussi raison de notre joie. La joie, nous dit saint Thomas, a pour raison la possession ou la présence du bien aimé.

Mais plus encore, il est notre joie parce qu’Il veut nous apprendre et nous persuader que tout en restant ici-bas, nous devons par la pensée nous transporter jusque dans le ciel, et reconnaître, comme dit Saint Paul, que nous ne sommes sur la terre  que des hôtes et des étrangers, à la recherche de notre patrie ((Heb 11 13), et comme les membres de la cité des Saints et de la maison de Dieu. Qu’est-ce qui peut mieux que cela, nous mettre dans la joie. En effet, dit encore le même Apôtre, nous vivons déjà dans le ciel. (Phil 3 20). « Nostra conversatio, in coelis est » « Notre patrie est dans les cieux ».

Enfin  du Ciel il a versé  ses dons sur les hommes. Dix jours après son Ascension, Il envoya le Saint-Esprit qui, par sa vertu et sa fécondité, produisit cette multitude de fidèles que nous voyons. Ainsi Il accomplit véritablement les magnifiques promesses qu’Il avait faites en disant à ses Apôtres: « Il vous est avantageux que Je m’en aille, car si Je ne m’en vais point, le Consolateur ne viendra point vers vous, mais si Je m’en vais, Je vous L’enverrai » (Jn 16 7-8).

Enfin notre auteur confesse dans cette strophe 5, une autre vérité très importante qui peut légitimement nous consoler : « mundi regis qui fábricam » « vous régissez le cours du monde ».  Même si Jésus-Christ est monté au ciel pour prouver que son Royaume n’était réellement pas de ce monde (Jn 18.36), il est spirituel et éternel, il n’en reste pas moins qu’il est le Seigneur et Maître  de toutes choses  et que l’histoire, le temps  est  dans ses mains. Avant  même de remonter au Ciel, Il dit à ses disciples : « Tout pouvoir m’a été donné au Ciel et sur la terre, allez enseigner toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du saint Esprit », ou encore « Rassurez-vous petit troupeau j’ai vaincu le monde », et terrassé l’ennemi du genre humain, Satan. Et les méchants le savent…Leur temps est compté.

Mais surtout la joie règne dans nos cœur parce que Jésus-Christ est allé nous  préparer dans le ciel la place qu’Il nous y avait promise (Jn 14 2)  et c’est au nom de tous et comme notre Chef qu’Il a pris possession de la gloire céleste. En entrant dans le ciel, Il nous en a ouvert les portes, que le péché d’Adam avait fermées, et Il nous a préparé un chemin sûr pour nous conduire au bonheur éternel, par la garde des commandements. Et ce fut pour montrer encore mieux la sincérité de ses promesses par leur accomplissement, qu’après avoir arraché à l’enfer les âmes des Saints, Il les emmena avec Lui dans le séjour de la béatitude éternelle. Voilà ce que confesse le catéchisme du Concile de Trente et nous avec lui.

Mais il ne faut pas oublier de dire, en plus, sur ce même sujet de la joie que  l’Ascension  confirme en nous la vertu d’Espérance. C’est qu’en effet, si nous croyons que Jésus-Christ, comme homme, est monté au ciel, et qu’Il a fait asseoir la nature humaine à la droite de Dieu le Père, nous avons un puissant motif d’espérer que nous, qui sommes ses membres, nous y monterons aussi, et que nous nous réunirons à notre Chef. Lui-même d’ailleurs nous en a donné l’assurance par ces paroles: « Mon Père, Je veux que là où Je suis, ceux que Vous M’avez donnés soient avec moi ». Quelle source de joie !

Enfin notre auteur termine cette 5ème strophe en disant : « vous qui  triomphez des attraits de la terre ». « Mundana vincens gaudia ». Et de fait, par son Ascension, le Christ Seigneur se détache de la terre et de ces  « délices »  pour rejoindre la gloire céleste et « être assis à la droite de son Père ». C’est-à-dire qu’il prit possession ferme et constante de la puissance royale et de la gloire infinie que Jésus-Christ a reçue de son Père. C’est ce que veut exprimer l’expression « être assis à la droite de son Père ».  Car, dit l’Apôtre « son Père après l’avoir ressuscité d’entre les morts, L’a fait asseoir à sa droite dans le ciel au-dessus de toutes les Vertus, de toutes les Dominations et de tout ce que l’on peut trouver de plus grand, soit dans le siècle présent, soit dans le siècle futur et Il a mis toutes choses sous ses pieds » (Eph 1 20) et donc également toutes «  les affaires de la terre ». De telles paroles font voir clairement, continue le catéchisme du Concile de Trente,  que cette gloire est tellement propre et particulière à Notre Seigneur, qu’elle ne peut convenir à aucune autre créature. Et c’est ce qui a  fait dire au même Apôtre dans un autre endroit : « Qui est celui des Anges à qui Dieu a jamais dit : asseyez-vous à ma droite » (Hb 1 13)

  1. Hinc te precántes, quǽsumus, ignósce culpis ómnibus, et corda sursum súbleva ad te supérna grátia », « Aussi, nous vous en prions, pardonnez toutes nos fautes, et élevez nos cœurs vers vous par la grâce d’en-haut».

C’est une sublime prière : « hinc te precantes » « nous vous en prions »  parfaitement en situation après cette méditation du mystère de l’Ascension de NSJC : « pardonnez toutes nos fautes, et élevez nos cœurs vers vous par la grâce d’en-haut ».

« Pardonnez toutes nos fautes », « ignosce culpis omnibus ». En effet ce pouvoir du pardon a bien été confié par NSJC le jour même de l’apparition de Jésus aux Apôtre quelques temps avant son Ascension. Le témoignage de saint Jean est formel : «19 Le soir de ce même jour, le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, parce qu’ils craignaient les Juifs, Jésus vint, et se présentant au milieu d’eux, il leur dit :  » Paix avec vous ! « 20 Ayant ainsi parlé, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.21 Il leur dit une seconde fois :  » Paix avec vous !  » Comme mon Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. « 22 Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit :  » Recevez l’Esprit-Saint.23 Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. «  (Jn 20 19-23: C’est donc bien légitime que notre auteur puisse prier ici pour demander le pardon. Enfin ultime prière de notre auteur: « élevez nos cœurs vers vous par la grâce d’en-haut »  « et corda sursum súbleva ad te supérna grátia ». On retrouve le « sursum corda » de notre messe ainsi que la finalité de notre prière en cette fête de l’Ascension tellement bien exprimée dans la Préface de l’Ascension du missel romain: « et ipsis cernetibus est elevatus in coelum, ut nos divinitatis suae tribueret esse participes. Et ideo cum Angelis et Archangelis, cum Tronis et Dominationibus, cumque omni militia coelestis exercitus, hymnum gloriae tuae canimus, sine dicentes : sanstus sanctus sanctus ».

« Et à leurs yeux, (les disciples)  Il(NSJC) s’est élevé au ciel, afin de nous rendre participants de sa divinité. C’est pourquoi, unis aux Anges et aux Archanges, aux Trônes et aux Dominations, à la milice entière de l’armée céleste, nous chantons une hymne à votre gloire en disant sans cesse : Saint Saint Saint…. ». 

7 « Ut, cum repénte cœperis clarére nube iúdicis, pœnas repéllas débitas, reddas corónas pérditas » « Lorsque soudain vous viendrez nous juger sur la nuée, remettez la peine de nos péchés, rendez-nous les couronnes perdues ».

Cette ultime prière est  aussi parfaitement en situation car NSJC a bien enseigné à ses disciples, quelques jours avant son Ascension, son  retour en gloire pour juger les vivants et les morts.  En effet cette prière, vous dis-je,  est, parfaitement, en situation d’autant que Notre Seigneur annonça qu’il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts. Saint Mathieu l’affirme : « 31  » Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, il s’assiéra sur le trône de sa gloire. 32 Et, toutes les nations étant rassemblées devant lui, il séparera les uns d’avec les autres, comme le pasteur sépare les brebis d’avec les boucs. 33 Et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche. 34 Alors le Roi dira à ceux qui sont à sa droite : Venez, les bénis de mon Père : prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès l’origine du monde. 35 Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; 36 nu, et vous m’avez vêtu ; malade, et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi. 37 Les justes lui répondront : Seigneur, quand vous avons-nous vu avoir faim, et vous avons-nous donné à manger ; avoir soif, et vous avons-nous donné à boire ? 38 Quand vous avons-nous vu étranger, et vous avons-nous recueilli ; nu, et vous avons-nous vêtu ? 39 Quand vous avons-nous vu malade ou en prison, et sommes-nous venus à vous ? 40 Et le Roi leur répondra : En vérité, je vous le dis, toutes les fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. 41 S’adressant ensuite à ceux qui seront à sa gauche, il dira : Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel, qui a été préparé pour le diable et ses anges. 42 Car j’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;43 j’étais étranger, et vous ne m’avez pas recueilli ; nu, et vous ne m’avez pas vêtu ; malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité. 44 Alors eux aussi lui diront : Seigneur, quand vous avons-nous vu avoir faim ou soif, ou être étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne vous avons-nous pas assisté ? 45 Et il leur répondra : En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. 46 Et ceux-ci s’en iront à l’éternel supplice, et les justes à la vie éternelle.  » (Mt 25 31-46)

  1. Glória tibi, Dómine, qui scandis supra sídera, cum Patre, et Sancto Spíritu, in sempitérna sǽcula. Amen.» « Gloire à vous, Seigneur, qui vous élevez au-dessus des cieux, ainsi qu’au Père et au Saint-Esprit, dans les siècles éternels. Amen.

Voilà encore une belle hymne toute à la gloire du Christ et de la Trinité Sainte.

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