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Entraide et Tradition

T 8 Ch 17 Psaumes du dimanche à Matines Ps 111

publié dans couvent saint-paul le 29 mars 2020


Tome 8

Chapitre 17

Psaumes du dimanche à Matines

Psaume 111

Bonheur de l’homme religieux et miséricordieux.

 

« Beatus vir qui timet Dominum ; in mandatis eius volet nimis » « Heureux l’homme qui craint le Seigneur et qui met ses délices dans ses commandements »

Quelle est le sens général de ce psaume ? Il fait l’éloge du juste et fait entrevoir sa récompense  et en ce monde et dans l’autre.

Quel est tout d’abord cet homme juste ? Quelles en sont les vertus?  Quelles sont celles qu’il pratique ? Le psalmiste répond : il pratique d’abord « la crainte de Dieu : « beatus vir qui timent Dominum ». Il est celui qui « craint le Seigneur ». Il n’y a pas de juste sans la crainte du Seigneur, non seulement la crainte filiale, mais même la crainte servile. La crainte filiale : le juste cherche et pratique  le bien par amour de Dieu. La crainte servile, moins noble, certes, mais combien utile, le juste fait le bien par crainte de la punition possible. Encore que, nous dira saint Jean, l’amour bannit la crainte ! Devant le jugement et la colère de Dieu, seules ont à trembler les pécheurs endurcis dans le mal. Pour les autres, les justes,  même s’ils se savent pécheurs  – que celui qui est sans péché lui lance la première pierre dira Jésus aux Juifs – ils connaissent la miséricorde du Seigneur qui a institué son « Royaume » où la crainte de l’esclave est bannie au bénéfice de l’esprit filial, où règne l’esprit de fils adoptifs.

Et d’une manière plus positive : le juste est celui qui « met ses délices (à garder) les  commandements de Dieu » « in mandatis eius volet nimis ». Littéralement, le juste est celui  qui met son vouloir, sa volonté à observer les commandements de Dieu. Et surtout, n’oublions pas l’adverbe : « nimis » qui veut dire, « trop, beaucoup ». Ici il faudrait traduire, me semble-t-il : « absolument » : le juste est celui qui veut garder absolument les commandements de Dieu. Saint Bruno insiste joliment sur ce sentiment intérieur, sur ce vouloir, sur cet amour absolu des commandements de Dieu. Il écrit « Et cet homme heureux voudra très fort, persistant dans ses commandements, ceux du Seigneur, i.e. il aura une très grande volonté d’amour dans ces commandements » (Ib. p. 885) La traduction semble un peu lourde, mais elle exprime bien le « volet nimis » du psaume. Dès lors pour mériter cette béatitude, il ne suffit pas d’avoir la crainte de Dieu, soit filiale soit servile, il faut aussi obéir avec grand amour

Et n’oublions pas que le commandement par excellence que nous a laissé NSJC, et qui fait le « juste » n’est rien d’autre que celui d’aimer Dieu et son prochain comme soi-même pour l’amour de Dieu. Aussi n’est-il pas étonnant que ce soit sur ce commandement que le jugement final portera et qui constituera « le juste ». . Souvenez-vous de l’Evangile de saint Matthieu : « Lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, il s’assiéra sur le trône de sa gloire. Et, toutes les nations étant rassemblées devant lui, il séparera les uns d’avec les autres, comme le pasteur sépare les brebis d’avec les boucs. Et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui sont à sa droite : Venez, les bénis de mon Père : prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès l’origine du monde. Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli ; nu, et vous m’avez vêtu ; malade, et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi. Les justes lui répondront : Seigneur, quand vous avons-nous vu avoir faim, et vous avons-nous donné à manger ; avoir soif, et vous avons-nous donné à boire ? Quand vous avons-nous vu étranger, et vous avons-nous recueilli ; nu, et vous avons-nous vêtu ? Quand vous avons-nous vu malade ou en prison, et sommes-nous venus à vous ? Et le Roi leur répondra : En vérité, je vous le dis, toutes les fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.

S’adressant ensuite à ceux qui seront à sa gauche, il dira : Retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel, qui a été préparé pour le diable et ses anges. Car j’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais étranger, et vous ne m’avez pas recueilli ; nu, et vous ne m’avez pas vêtu ; malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité. Alors eux aussi lui diront : Seigneur, quand vous avons-nous vu avoir faim ou soif, ou être étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne vous avons-nous pas assisté ? Et il leur répondra : En vérité, je vous le dis, chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. Et ceux-ci s’en iront à l’éternel supplice, et les justes à la vie éternelle. » (Mt 25 31-41)

« Potens in terra erit semen eius : generatio rectorum benedicetur »« sa race sera puissante sur la terre, la postérité des justes sera bénie »

De cette fidélité et de cet amour dans l’observance des commandements, le psalmiste en indique aussitôt les conséquences,  les récompenses pour les générations « semen eius » : c’est la puissance et la bénédiction qui s’en suivront pour les générations. « in terra », non pas dans l’univers, mais là où elle sera,  pourvu qu’elle reste fidèle à la Loi.

« Gloria et divitiae in domo eius et justitia eius manet in saeculum » « La gloire et les richesses sont dans sa main et sa justice demeure dans tous les siècles ».

Le juste connaitra « gloire et richesses ». On sait que Dieu avait promis de récompenser la fidélité de son peuple par des biens matériels, gage et figure de la félicité future. C’est ainsi qu’on lit dans  le Deutéronome  : « Si tu obéis exactement à la voix de Yahweh, ton Dieu, en observant et en mettant en pratique tous ses commandements que je te prescris aujourd’hui, Yahweh, ton Dieu, te donnera la supériorité sur toutes les nations de la terre.

Voici toutes les bénédictions qui viendront sur toi et t’atteindront, si tu obéis à la voix de Yahweh, ton Dieu : Tu seras béni dans la ville et tu seras béni dans les champs. Béni sera le fruit de tes entrailles, le fruit de ton sol, le fruit de tes troupeaux, les portées de ton gros et de ton menu bétail. Bénies seront ta corbeille et ta huche.Tu seras béni à ton entrée, et tu seras béni à ta sortie. Yahweh fera que les ennemis qui s’élèveront contre toi soient mis en déroute devant toi ; venus contre toi par un seul chemin, ils s’enfuiront devant toi par sept chemins. Yahweh commandera à la bénédiction d’être avec toi dans tes greniers et dans tout travail de tes mains ! Il te bénira dans le pays que te donne Yahweh, ton Dieu. Yahweh te fera subsister pour lui comme un peuple saint, ainsi qu’il te l’a juré, si tu observes les commandements de Yahweh, ton Dieu, et si tu marches dans ses voies ; et tous les peuples verront que le nom de Yahweh est nommé sur toi, et ils te craindront.  Yahweh te comblera de biens, en multipliant le fruit de tes entrailles, le fruit de tes troupeaux et le fruit de ton sol, dans le pays que Yahweh a juré à tes pères de te donner. Yahweh t’ouvrira son bon trésor, le ciel, pour envoyer à ton pays la pluie en son temps, et pour bénir tout le travail de tes mains. Tu prêteras à beaucoup de nations, et tu n’emprunteras point.Yahweh te mettra à la tête, et non à la queue ; tu seras toujours en haut, et tu ne seras jamais en bas, si tu obéis aux commandements de Yahweh, ton Dieu, que je te prescris aujourd’hui, si tu les observes et les mets en pratique, et si tu ne t’écartes, ni à droite ni à gauche, de tous les commandements que je vous prescris aujourd’hui, pour aller après d’autres dieux et les servir.

Mais si tu n’obéis pas à la voix de Yahweh, ton Dieu, pour observer et mettre en pratique tous ses commandements et toutes ses lois que je te prescris aujourd’hui, voici toutes les malédictions qui viendront sur toi et t’atteindront :Tu seras maudit dans la ville et tu seras maudit dans les champs. Seront maudites ta corbeille et ta huche. Seront maudits le fruit de tes entrailles, le fruit de ton sol, les portées de ton gros et de ton menu bétail. Tu seras maudit à ton entrée, et tu seras maudit à ta sortie…Voici les paroles de l’alliance que Yahweh ordonna à Moïse de conclure avec les enfants d’Israël au pays de Moab, outre l’alliance qu’il avait conclue avec eux en Horeb. (Deut. 28 1-20….69)

Les versets suivants indiquent de nouveau quelles sont les vertus qui constituent particulièrement l’homme juste. C’est sa lumière. L’homme juste est lumineux. Venez voir au séminaire si ce n’est pas le cas des séminaristes. C’est une de leurs caractéristiques : ils sont « lumineux ». Leurs yeux sont le reflet de la pureté de leur âme.

« Exortum est in tenebris lumen rectis et miserricors et miserator et justus » « une lumière s’est levée dans les ténébres pour les hommes droits, il est miséricordieux, compatissant et juste ».

Il n’est pas seulement « lumineux », mais il est « miséricordieux et compatissant ». C’est l’attitude de Notre Seigneur Jésus-Christ touché de compassion devant la veuve de Naïm qui vient de perdre son fils unique. Il est touché de compassion devant cette situation douloureuse : « Le Seigneur, l’ayant vue, nous dit l’Evangile,  fut touché de compassion » « Quam cum vidisset Dominus, misericordia motus super eam , dixit illi : Noli flere » . Il  fit arrêter le convoi funèbre et ressuscite l’enfant et le remet à sa mère. « dedit illum matri suae ». Quel beau geste !

C’est l’attitude du samaritain qui, lui aussi est touché de compassion à la simple vue de cet homme tombé dans les mains de brigands. Saint Luc utilise aussi l’expression : « videns eum, misericordia motus est » (Lc 10 33. C’est également l’attitude du père de l’enfant prodigue : « son père le vit (le fils) et tout ému, il accourut ». En latin, nous retrouvons le « misericordia motus est….) (Lc 15 20).

Et l’on pourrait multiplier bien des exemples…

« Jucundus homo qui miseretur et commodat, disponet sermonem suos in judicio quia in aeternum non commovebitur » « Heureux l’homme qui compatit et qui prête, qui règle ses discours avec jugement, car il ne sera jamais ébranlé ».

Ce verset formule une nouvelle béatitude pour le juste. Elle est conditionnée par une attitude miséricordieuse qui va jusqu’à prêter ses biens propres aux pauvres. C’est une interprétation possible donné par saint Bruno. Il écrit : «  Le juste fait non seulement miséricorde mais même va jusqu’à prêter ses biens à ceux qui souffrent la nécessité , comme Dieu lui octroie de nombreux bienfaits » (p. 886) ou encore, dit Saint Bruno, s’il ne peut lui prêter ses biens, il lui « distribue ses discours » « disponet sermones » ou encore « en l’exhortant en quelque façon à bien vivre ». Et c’est pourquoi ce juste « ne sera jamais ébranlé », i.e. « il sera en mémoire éternelle ». Il n’aura pas à craindre de rien entendre de fâcheux soit ici-bas soit dans l’au-delà, entendre l’annonce et la condamnation au feu éternel. C’est  l’interprétation de saint Bruno : « Et s’il ne sera pas ébranlé, c’est parce que lui-même, étant juste, sera en mémoire éternelle auprès du Seigneur, i.e. sera toujours aidé par la grâce du Seigneur afin qu’il ne défaille pas ; et parce qu’il sera en mémoire, il ne craindra pas l’audition mauvaise i.e. d’entendre la menace des persécuteurs, i.e. il ne craindra pas lorsque les persécuteurs le menaceront de mort » (p 887)

« Paratum cor eius sperare in Domino, confirmatum est cor eius ; non commovebiteur donec despiciat inimicos suos » « Son cœur est disposer à espérer au Seigneur. Son cœur est affermi : il ne sera point ébranlé, jusqu’à ce qu’il contemple ses ennemis avec mépris »

Ce verset nous dit pourquoi le juste ne craint rien, quoiqu’il arrive ou quoique l’on dise car son cœur est affermi et confiant en Dieu. Son cœur est soutenu, « il ne craint pas jusqu’à ce qu’il voie la ruine de ses adversaires.  « ad » sa confiance en Dieu ne fera que s’augmenter tandis qu’il assistera à la ruine de ses ennemis.

« Dispersit, dedit pauperibus : justitia eius manet in saeculum saeculi, cornu eius exaltabirur in gloria » « Il répand ses largesses, il donne aux pauvres. Sa justice demeure. Sa puissance sera éleva dans la gloire ».

Ces deux derniers versets mettent face à face la destinée du juste et celle du méchant. Le juste distribue librement, il donne aux indigents.  Sa « corne » i.e. symbole de la puissance, se dressera avec gloire. L’impie le verra et s’en irritera ; il grincera des dents et séchera d’envie. Mais l’envie des impies périra.

On peut penser ici à la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare. Le mauvais riche connut le feu éternel alors que Lazare, « le sein d’Abraham ».

Peccatoir dvidebit et irracetur, dentibus suis fremet et tabescet ; desiderium peccatorum peribit. » « le pécheur le verra et s’irritera ; il grincera des dents et échera de dépit ; le désir des pécheurs périra ».

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