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Un jugement du Professeur de Mattei sur le coronavirus

publié dans regards sur le monde le 7 septembre 2020


Roberto de Mattei: « En cette ‘ère de Covid’, quelque chose est en train de changer profondément dans les coutumes et la vie de chacun d’entre nous, mais peu s’efforcent de déchiffrer, derrière ce qui se passe, les mystérieux desseins de la Divine Providence, qui est la main de Dieu qui opère dans le temps ce que son Esprit Divin a pensé et voulu depuis l’éternité ».

Au cours des dernières décennies, la société moderne a alimenté un culte obsessionnel du corps, qui nous a fait oublier que le corps tire sa vie de l’âme, qui a un destin éternel. Par ailleurs, quand on dit que les problèmes auxquels le débat politique doit faire face ne sont que ceux de l’emploi et du travail, on reste dans le même horizon matérialiste, en oubliant que tout ce qui se passe ne peut pas s’expliquer en termes d’économie.

Une épidémie légère derrière laquelle on entrevoit la main divine

Roberto de Mattei
Corrispondenza Romana
2 septembre 2020
Ma traduction

2020 restera dans les mémoires comme l’année d’un tournant historique dans la vie quotidienne du monde. Et s’il semble de plus en plus probable que le coronavirus ait été produit par l’ingénierie génétique de la Chine communiste (le livre de Joseph TrittoCina Covid-19. La Chimera che ha cambiato il Mondo est plus que convaincante à cet égard), il semble tout aussi clair qu’il existe une « ingénierie sociale » à grande échelle pour piloter l’opinion publique dans une situation peut-être inattendue par les mêmes forces très révolutionnaires qui prétendent diriger les destinées du monde.

L’un des résultats les plus efficaces de cette ingénierie sociale est le fossé artificiel créé par les médias entre ceux qui vivent dans la terreur d’être infectés et ceux qui, craignant les conséquences économiques de la pandémie, minimisent la réalité de la contagion. Les premiers se définissent comme « prudents » et appellent les autres « négationnistes ». Les seconds accusent les « prudents » de vouloir se soumettre à une « dictature sanitaire » sur la société. Pour les uns, la priorité est la santé, car pour eux le bien suprême est la vie physique et tout doit être fait pour éviter de mourir; pour les autres, la priorité est l’économie, car le bien suprême est le bien-être matériel et tout doit être fait pour vivre confortablement. Ce que les deux parties ont en commun, c’est un horizon culturel dont l’esprit de sacrifice et la dimension surnaturelle ont été définitivement supprimés. La formule « mourir de coronavirus ou de faim » résume la fausse alternative, présentée comme un dilemme angoissant.

Au cours des dernières décennies, la société moderne a alimenté un culte obsessionnel du corps, qui nous a fait oublier que le corps tire sa vie de l’âme, qui a un destin éternel. D’autre part, quand on dit que les problèmes auxquels le débat politique doit faire face ne sont que ceux de l’emploi et du travail, on reste dans le même horizon matérialiste, en oubliant que tout ce qui se passe ne peut pas s’expliquer en termes d’économie.

Aujourd’hui, s’il y a une question primordiale qui concerne la vie de l’individu, c’est bien celle de l’avortement. Chaque année, des centaines de milliers de personnes en Italie, des millions dans le monde, sont victimes d’un massacre systématique qui se multiplie en Occident depuis les années 70. L’avortement et la contraception sont la principale cause de l’effondrement démographique, qui est à son tour à l’origine de la crise économique que connaît notre société. Sur tout cela, on garde le silence car on ne veut pas admettre que le vrai problème est la perte des principes sur lesquels l’Occident a construit son histoire. Le silence le plus dramatique est celui des pasteurs de l’Église qui, lors de la soi-disant « urgence sanitaire », ont accepté de renoncer à l’administration des sacrements, qui sont la véritable source de vie des âmes et des corps. La conséquence en a été l’éloignement des fidèles des églises après leur réouverture et une augmentation dramatique des [actes] sacrilèges envers l’Eucharistie après l’imposition de la communion dans la main. Et pourtant, tous les prêtres connaissent et récitent les paroles d’avertissement du prophète : « Les brebis, par la faute du berger, se sont dispersées et sont la proie de toutes les bêtes sauvages : elles sont égarées. Toutes mes brebis errent dans le pays, et personne ne les cherche et ne s’occupe d’elles » (Ezéchiel 34, 6-7).

En cette « ère de Covid », quelque chose est en train de changer profondément dans les coutumes et la vie de chacun d’entre nous, mais peu s’efforcent de déchiffrer, derrière ce qui se passe, les mystérieux desseins de la Divine Providence, qui est la main de Dieu qui opère dans le temps ce que son Esprit Divin a pensé et voulu depuis l’éternité. Dieu, en effet, avec sa Providence, protège et gouverne tout ce qu’il a créé, car sa Sagesse « s’étend d’une frontière à l’autre avec force, et gouverne tout avec bonté » (Sg 8, 1).

Le coronavirus est une maladie pour l’instant clémente, bien différente des fléaux qui ont fauché l’Empire romain dans les premiers siècles après Jésus-Christ ou le christianisme médiéval au XIVe siècle. Mais c’est précisément cela qui révèle la Sagesse divine, qui montre à l’homme faible et arrogant, lâche et arrogant du XXIe siècle, combien il suffit de peu pour l’humilier et le confondre. Il n’y a besoin ni de peste noire ni de guerre nucléaire. Une légère épidémie suffit à briser les certitudes, à susciter mille peurs, à démolir les projets planétaires, à créer une situation de confusion psychologique et mentale, ce qui est le pire châtiment mérité par les peuples qui tournent le dos à Dieu et par les bergers qui abandonnent leurs moutons. Mais ce n’est pas encore le dernier acte de la tragédie qui nous attend…

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