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Prédication pour le 11ème dimanche après la Pentecôte

Prédication pour le 11ème dimanche après la Pentecôte

publié dans paroisse saint michel le 14 août 2009


MBCF,

Nous célébrions, hier, la fête de l’Assomption de ND au ciel. Nous avons essayé, à la lumière du document de Pie XII « Munificentissimus Deus » de goûter la beauté et la cohérence de ce mystère avec les autres mystères de ND : Celle, qui fut si proche et si unie à la mission de son Fils, le Rédempteur : Celle, qui fut au pied de la Croix où Il terrassa le péché et la mort, devait aussi sans retard participer à son triomphe et être exaltée au ciel tout proche de Lui, son Fils.

Nous avons trouvé, à cette occasion, toujours dans le document de Pie XII, des paroles que je n’ai pas citées, des paroles qui, à prime abord, peuvent surprendre. Juste avant la déclaration « ex cathédra » du dogme, Pie XII avait ces paroles : « Nous avons une entière confiance que cette proclamation et définition solennelle de l’Assomption de ND apportera un profit non négligeable à la société humaine ».

Que veut dire Pie XII ? Quel rapport peut-il y avoir entre le dogme et le bien de la société humaine ?

Pie XII explicite sa pensée.
« Il faut en effet espérer que tous les fidèles seront portés à une piété plus grande envers leur céleste Mère…qu’ils augmentent leur amour envers Celle qui …garde un cœur maternel. Il faut également espérer que ceux qui méditent les glorieux exemples de Marie se persuaderont de plus en plus de quelle grande valeur est la vie humaine si elle est entièrement vouée à l’accomplissement de la volonté du Père céleste et au bien à procurer au prochain ; que alors que les inventions du matérialisme et la corruption des mœurs qui en découle, menacent de submerger l’existence de la vertu et, en excitant les guerres, de perdre les vies humaines, sera manifesté le plus clairement possible, en pleine lumière, aux yeux de tous, à quel but sublime sont destinés notre âme et notre corps ».

Merveilleuses paroles, MBCF, sur lesquelles je voudrais arrêter quelques instants ma réflexion.

Pour Pie XII, le dogme de l’Assomption a pour conséquence de manifester à tous, de la manière la plus claire possible, le but sublime de notre destinée : le ciel. Notre âme et notre corps sont destinés au ciel. Notre vie ne se termine pas au tombeau…Mais elle « s’éclatera », comme disent les jeunes, au ciel, qui est le but sublime de notre vie, de notre âme et de notre corps. Ce dogme de l’Assomption a pour conséquence aussi de mettre en lumière pour tous « la grande valeur » de la vie humaine. La vie humaine, fondamentalement, est pour Dieu, ordonnée à Dieu. Elle est la propriété de Dieu qui me la donne pour que je puisse un jour jouir éternellement de Lui.

Valeur sublime de la vie humaine.
Destinée fabuleuse de la vie humaine
car elle s’épanouira, en son âme et en son corps, dans la mesure de sa fidélité à Dieu, dans le « paradis céleste », notre fin, comme ND aujourd’hui. Son Assomption en est la preuve. Son Assomption est l’espérance de notre propre résurrection. Elle est de notre race.

Valeur sublime de la vie humaine en raison de sa sublime destinée : voilà des affirmations capitales, essentielles, qu’il faut répéter aux hommes politiques. Des affirmations qu’ils doivent respecter dans leur politique, dans leur législation.
Voilà pourquoi le pape a l’intime conviction que cette proclamation et définition solennelle de l’Assomption de ND apporteront un profit non négligeable à la société humaine.

Comme le dit, à plusieurs reprises, Benoît XVI dans sa dernière encyclique, on ne peut séparer le politique du théologique. Le politique n’est pas le théologique ni le théologique le politique, nous ne sommes pas dans l’Islam, mais le théologique peut donner la lumière au politique, pour que le politique fasse une bonne politique. Ces biens que sont la vie et la destinée humaine, sont mis à mal par le matérialisme actuel. Il faut que le politique respecte plus que jamais la valeur de la vie humaine et n’oublie pas que le terme de la vie humaine, c’est le ciel…et que tout doit être fait, par le politique aussi, pour que le regard des humains ne manque pas à la Lumière de Dieu. Et c’est ainsi que l’Assomption de ND, le dogme de l’Assomption, peut avoir une dimension, une implication politique, sociale : « Nous avons une entière confiance que cette proclamation de l’Assomption, dit le Pape, apportera un profit non négligeable à la société humaine ».

A cette lumière, vous comprendrez aisément la justesse des phrases de Blanc de Saint Bonnet dans son livre, un chef d’œuvre, « Politique réelle » : « D’une pareille société retirez la théologie, c’est comme si vous retirez la vie ou l’affinité d’un corps, il retombe en dissolution…n’espérons pas vivre sur un miracle ». Mais le matérialisme, l’âme de notre temps, n’a que mépris pour la théologie, la science de Dieu, la dissolution de la société en sera l’effet, en est l’effet.
Ou encore « en repoussant l’Eglise (et ses dogmes) nous nous sommes ruinés. En perdant de vue le ciel (que le mystère de l’Assomption campe devant nos yeux) l’âme s’est elle-même perdue. Elle a rendu sa vie de plus en plus douloureuse et impossible bientôt sur la terre….Otez l’Infaillibilité (ôtez l’Eglise) et les devoirs, les consciences, les mœurs, les lois, les institutions, tout disparaît successivement…Je le répéterai jusqu’à la fin à ceux qui désirent sauver la civilisation moderne : tout pouvoir et toute obéissance viennent de Dieu, mais la mort comme l’orgueil, vient de l’homme (perdu en son seul horizon). Vous sentez qu’il est un esprit et qu’il lui faut une logique… », (J’ajouterais la logique de l’Assomption ).
Oui ! « L’homme abandonné à lui-même (sans la logique de l’Assomption) retombe vers l’état sauvage, vers l’état naturel… Les races qui ont péché longtemps contre le Saint Esprit (contre l’Eglise) ne sont jamais remontés sur le trône de la civilisation ».
Oui ! « Le christianisme (et ses dogmes, celui particulièrement de l’Assomption qui oriente notre regard vers le ciel) est la plus grande des merveilles. L’Eglise en est la plus précieuse, elle qui nous l’a conservé ! C’est ce christianisme divinement conservé dans la coupe sacrée de l’Eglise, que les peuples nomment le catholicisme, du nom de la vérité qui est universelle, ou plus simplement encore l’Eglise catholique. Que serait-ce, o philosophie, si nous abordions la donnée d’une création inexplicable aujourd’hui sans l’Eglise ; inexplicable sans un établissement de la vérité parmi les êtres intelligents ? » Je me permettrais de répondre : elle serait avortement, travail obligatoire tous les jours de la semaine, on y va…l’homme étant transformé  en bête de somme, une ruine ! et en consommateur. « Retranchez l’Eglise (et ses dogmes) de la Création, c’est en retrancher l’homme…sa liberté, sa haute inviolabilité spirituelle. L’Eglise c’est la vérité. Elle nous donne le sens de l’homme ici-bas : une être d’éternité ». L’Assomption nous le prouve !
Ainsi, « L’Eglise, non seulement est l’âme de la civilisation par cette ordonnance morale dans laquelle elle établit elle-même les hommes et nous offre la société intérieure faite, mais politiquement, elle est la vie des Etats soit par la loi qu’elle met dans les âmes soit par la direction qu’elle imprime aux esprits » : une direction eschatologique par le miracle de l’Assomption, entre autres. « Il faudra en convenir le jour où l’on réfléchira à l’instabilité de la situation de l’Europe ».
Oui, on ne peut nier la dimension politique de l’enseignement de l’Eglise. Voilà pourquoi Pie XII exprimait sa juste espérance de voir son dogme apporter un profit non négligeable à la société humaine.

Et il est d’autant plus important d’affirmer cette proclamation de l’Assomption attirant l’attention de la société sur la valeur de la vie et de sa destinée sublime, lumière politique de l’Assomption, que nous sommes dans une période où triomphe le « matérialisme ». C’était l’angoisse de Pie XII. Il l’écrivait : « alors que les inventions du matérialisme et la corruption des mœurs qui en découle, menacent de submerger l’existence de la vertu »

E c’est aujourd’hui encore ce que craint le pape régnant, Benoît XVI , lorsqu’il dit dans son Angelus du dimanche 9 Août 2009, au sujet de l’humanisme athée : « de comporteIl y a des philosophies et des idéologies, mais de plus en plus aussi des manières de penser et d’agir, qui exaltent la liberté en tant qu’unique principe de l’homme, en alternative à Dieu, et qui, de cette manière, transforment l’homme en un dieu, mais en un dieu déchu, qui fait de l’arbitraire leur propre système de comportement ». J’ai commenté cette phrase dans mon dernier « Regard sur le monde politique et religieux » dans mon nouveau site. Je vous y renvoie. En un mot, la liberté absolue, étant le principe unique de l’homme, fait de l’homme le principe de tout, de toute vérité. Rien n’est qui ne soit le fruit de sa propre pensée, de son propre vouloir, de son propre agir. Il est indépendant de tout et surtout de Dieu. Il est libre. L’arbitraire est son système de comportement. Il est son dieu, le seul dieu qui s’adore dans le temple de son propre moi, dans sa propre subjectivité. Il est au centre de l’univers. Cet humanisme athée est un anthropocentrisme qui referme l’homme sur lui-même. Mais lorsque l’homme oublie Dieu, se substitue à lui, il lui usurpe le droit de décider ce qui est bien et ce qui est mal. Il se fait dieu à la place du vrai Dieu et décide à sa guise de la vie et de la mort. Ainsi du régime national-socialisme. Ainsi du régime bolchevique. Ainsi des régimes démocratiques laïques et athées se permettant de légiférer scandaleusement sur l’avortement.

Oui ! Face à ce drame moderne, à son irrespect de la vie et à sa négation de la sublimité de la vie humaine, irrespect et négation, fruits du matérialisme et de l’humanisme athée – mais peut-il encore porter le beau nom d’humanisme ? – le pape Pie XII élève haut le dogme de l’Assomption. Il affirme ainsi de la plus éclatante manière, aux yeux de tous, « à quel but sublime sont destinés notre âme et notre corps » : à la vie, la Vie éternelle

L’Eglise, c’est la vérité. Il faut avoir la vérité pour résister à la mort. Mais la mort ne prévaudra pas sur ceux qui prennent leur appui en Elle.

O que j’aime ce mystère de l’Assomption de ND : il est principe de vie, de vie éternelle.

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