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« Le manifeste du 22 septembre »

publié dans nouvelles de chrétienté le 12 novembre 2010


« Le manifeste du 22 septembre »

- Jean Madiran, Présent, 8 octobre 2010

Le manifeste du 22 septembre contre le catéchisme catholique est celui de la nouvelle religion incrustée dans les structures administratives et médiatiques de l’Église.
Il occupe trois pages du journal La Croix : la une, la deux et la trois.
En une, son slogan de ralliement : « A publics nouveaux, caté (sic) nouveau. »
Ce n’est pas l’annonce d’un projet mais la proclamation éditoriale d’une situation désormais installée presque partout dans l’enseignement diocésain. Depuis quarante ans la nouvelle religion se contentait souvent d’avoir supprimé le petit catéchisme pour enfants baptisés et de veiller à ce qu’il ne soit remplacé par rien. Maintenant c’est fait, assure le manifeste : « Le catéchisme nouveau n’a rien à voir avec le catéchisme d’hier ». Rien à voir, rien, c’est radical. Et c’est dit carrément.

Il s’agit d’une contre-attaque massive de la nouvelle religion, et d’une vengeance qui se veut éclatante contre le motu proprio du 07.07.07 ; en somme une tentative particulièrement agressive de reprise en main du terrain perdu depuis trois ans. Le manifeste proclame que la catéchèse est « indissociable de la vie liturgique », et c’est vrai, mais en l’occurrence cela veut dire que le nouveau catéchisme implique une vie liturgique n’ayant elle non plus « rien à voir » avec celle « d’hier ».

Le catéchisme « d’hier » est souvent présenté par les modernistes comme le « catéchisme tridentin », c’est-à-dire comme une invention circonstancielle issue du concile de Trente. En réalité, comme pour la messe, ce catéchisme tridentin n’a fait que confirmer la pédagogie millénaire de l’Eglise, déjà traditionnelle quand saint Thomas d’Aquin l’énonçait : une instruction religieuse des enfants baptisés en quatre parties, les trois connaissances nécessaires au salut et l’explication des sacrements. Le « rien à voir » de La Croix exprime l’hostilité rageuse du noyau dirigeant de l’épiscopat à l’égard de la manière dont Benoît XVI s’efforce de pratiquer une « herméneutique de continuité ».

Le manifeste expose le contenu et la finalité du nouveau catéchisme par une averse de vagues abstractions : la transmission de valeurs comme l’amour et le partage », la « quête du sens », les « nouveaux rapports de l’individu au temps, à l’espace, à autrui ». Ces valeurs anonymes ont, paraît-il, fait « évoluer les formes et les pratiques catéchétiques parce que les manières de vivre évoluent ». En foi de quoi la nouvelle religion met ensemble, dans sa catéchèse, enfants et adultes, croyants et incroyants, bref, l’embrouillamini total. Aucune mention, bien entendu, des trois connaissances nécessaires au salut selon la doctrine constante maintenue identique par l’Église à travers l’écoulement des siècles et les transformations des manières de vivre. Mais bien plutôt « connaître Jésus comme un copain ». Désacralisation et vulgarité
Les auteurs du manifeste entendent montrer qu’ils n’ignorent pas l’existence d’oppositions à leur idéologie, mais qu’ils les méprisent :

« Un prêtre (un seul?) s’inquiète. » Il observe, selon La Croix :
- On propose le même « produit » à deux populations différentes, les pratiquants et les autres. (Plus de deux différentes en réalité : il y a aussi les adultes et les enfants mis ensemble dans le « caté nouveau »).
- Le prêtre mentionné « s’inquiète de voir certains enfants, ceux issus de familles très pratiquantes et ayant déjà une bonne culture chrétienne tourner en rond et se décourager dans cette forme de catéchisme pour tous. »

La réponse du manifeste est qu’ « il serait dommage d’en revenir à une catéchèse à deux (sic) niveaux », point c’est tout, cela suffit. Car le critère décisif n’est plus celui du vrai et du faux, du bien et du mal, mais celui de l’ancien et du nouveau, qui exclut d’avance d’ « en revenir » à ce qui est ancien.

La nouvelle religion veut, selon l’idéal de la démocratie moderne, n’être qu’une opinion choisie parmi d’autres et seulement à l’âge adulte.

Jean Madiran

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