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La rencontre du 14 septembre 2011 entre Rome et la FSSPX

publié dans nouvelles de chrétienté le 19 septembre 2011


Comme tout le monde le sait maintenant, Mgr Fellay a été reçu au siège de la Congrégation de la Doctrine de la Foi, le 14 septembre 2011.

Vous trouverez ci-dessous les documents importants sur cette réunion:

A-le communiqué de presse du Saint-Siège,

B-l’entretien que Mgr Fellay a donné à DICI,

C-le commentaire de M l’abbé Barthe, 

D-un point de vue intéressant de Martin Droit,

E- in fine, la lettre de Mgr Lefebvre remise u cardinal Gagnon du 21 novembre 1987

—————–

A- Communiqué de presse du Saint-Siège (14 septembre 2011)

Le 14 septembre 2011, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a eu lieu une rencontre de Son Éminence Révérendissime le Cardinal William Levada, Préfet de cette Congrégation et Président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, Son Excellence Monseigneur Luis Ladaria, s.j., Secrétaire de cette Congrégation, et Monseigneur Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, avec Son Excellence Monseigneur Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité sacerdotale saint Pie X, et Messieurs les Abbés Niklaus Pfluger et Alain-Marc Nély, Assistants généraux de la Fraternité.

À la suite de la supplique adressée le 15 décembre 2008 par le Supérieur général de la Fraternité sacerdotale saint Pie X à Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, le Saint-Père avait pris la décision de lever l’excommunication des quatre évêques consacrés par Monseigneur Marcel Lefebvre et d’ouvrir en même temps des colloques doctrinaux avec la Fraternité, afin de surmonter les difficultés et les problèmes d’ordre doctrinal, et de parvenir à la réduction de la fracture existante.

Obéissant à la volonté du Saint-Père, une commission mixte d’études, composée d’experts de la Fraternité sacerdotale saint Pie X et d’experts de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, s’est réunie à huit reprises pour des rencontres qui ont eu lieu à Rome entre le mois d’octobre 2009 et le mois d’avril 2011. Ces colloques, dont l’objectif était d’exposer et d’approfondir les difficultés doctrinales majeures sur des thèmes controversés, ont atteint leur but, qui était de clarifier les positions respectives et leurs motivations.

Compte tenu des préoccupations et des instances présentées par la Fraternité sacerdotale saint Pie X à propos du respect de l’intégrité de la foi catholique face à l’herméneutique de la rupture du Concile Vatican II à l’égard de la Tradition – herméneutique mentionnée par le Pape Benoît XVI dans son Discours à la Curie romaine en date du 22 décembre 2005 –, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi prend pour base fondamentale de la pleine réconciliation avec le Siège apostolique l’acceptation du Préambule doctrinal qui a été remis au cours de la rencontre du 14 septembre 2011. Ce préambule énonce certains des principes doctrinaux et des critères d’interprétation de la doctrine catholique nécessaires pour garantir la fidélité au Magistère de l’Église et au sentire cum Ecclesia, tout en laissant ouvertes à une légitime discussion l’étude et l’explication théologique d’expressions ou de formulations particulières présentes dans les textes du Concile Vatican II et du Magistère qui a suivi.

Au cours de la même réunion ont été proposés quelques éléments en vue d’une solution canonique pour la Fraternité sacerdotale saint Pie X, qui suivrait la réconciliation éventuelle et espérée.

B-Entretien avec Mgr bernard Fellay après sa rencontre avec le cardinal William Levada

 

A l’issue de l’entretien que Mgr Bernard Fellay et ses deux Assistants généraux ont eu, au Vatican, avec le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le 14 septembre 2011, à 10 h., le Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X a répondu à nos questions.

Comment s’est déroulée cette rencontre ?

L’entretien a été d’une grande courtoisie et d’une aussi grande franchise, car par loyauté la Fraternité Saint-Pie X se refuse à éluder les problèmes qui demeurent. C’est d’ailleurs dans cet esprit que s’étaient déroulés les entretiens théologiques qui ont eu lieu ces deux dernières années.

Lorsque j’ai déclaré, le 15 août dernier, que nous étions d’accord sur le fait que nous n’étions pas d’accord à propos du concile Vatican II, j’ai également tenu à préciser que lorsqu’il s’agit de dogmes, comme celui de la Trinité, nous sommes bien évidemment d’accord quand on en trouve le rappel dans Vatican II. Une phrase ne doit pas être isolée de son contexte. Nos entretiens théologiques ont eu le grand mérite d’approfondir sérieusement  et d’éclaircir tous ces problèmes doctrinaux.

Le communiqué officiel commun au Vatican et à la Fraternité annonce qu’un document doctrinal vous a été remis et qu’une solution canonique vous a été proposée. Pouvez-vous nous donner quelques précisions ?

Ce document s’intitule Préambule doctrinal, il nous a été remis pour une étude approfondie. De ce fait, il est confidentiel, et vous comprendrez que je ne vous en dise pas plus. Cependant le terme préambule indique bien que son acceptation constitue une condition préalable à toute reconnaissance canonique de la Fraternité Saint-Pie X de la part du Saint-Siège.

A propos de ce préambule doctrinal, dans la mesure où cela ne touche pas à sa confidentialité, pouvez-nous confirmer qu’il s’y trouve, comme annoncé dans la presse, une distinction entre ce qui est de foi – et à quoi la Fraternité adhère pleinement -, et ce qui relevant d’un concile pastoral, comme Vatican II s’est voulu lui-même, pourrait être soumis à une critique, sans remettre en cause la foi ?

Cette distinction nouvelle n’a pas été annoncée par la presse seulement, je l’ai personnellement entendue de sources diverses. Déjà en 2005, le cardinal Castrillon Hoyos me déclarait après que je lui eus exposé pendant cinq heures toutes les objections que la Fraternité Saint-Pie X formulait contre Vatican II : « Je ne peux pas dire que je sois d’accord avec tout ce que vous avez dit, mais ce que vous avez dit ne fait pas que vous êtes en dehors de l’Eglise. Ecrivez donc au pape pour qu’il enlève l’excommunication ».

Aujourd’hui je dois à l’objectivité de reconnaître qu’on ne trouve pas, dans le préambule doctrinal, une distinction tranchée entre le domaine dogmatique intangible et le domaine pastoral soumis à discussion. La seule chose que je puis déclarer parce que cela figure dans le communiqué de presse, c’est que ce préambule contient « des principes doctrinaux et des critères d’interprétation de la doctrine catholique nécessaires pour garantir la fidélité au Magistère de l’Eglise et au ‘sentire cum Ecclesia’, tout en laissant ouvertes à une légitime discussion l’étude et l’explication théologique d’expressions ou de formulations particulières présentes dans les textes du Concile Vatican II et du Magistère qui a suivi ». Voilà, pas plus pas moins.

Au sujet du statut canonique qui serait proposé à la Fraternité Saint-Pie X, sous condition de l’adhésion au préambule doctrinal ? On a parlé de prélature plutôt que d’ordinariat, est-ce exact ?

 

Comme vous le rappelez justement, ce statut canonique est conditionné ; sa modalité exacte ne peut être vue qu’ultérieurement et reste encore objet de discussion.

Quand pensez-vous donner votre réponse à la proposition de préambule doctrinal ?

 

Sitôt que j’aurai pris le temps nécessaire pour étudier ce document, et consulter les principaux responsables de la Fraternité Saint-Pie X, car sur une matière aussi importante je me suis engagé auprès de mes confrères à ne pas prendre de décision sans les avoir consultés auparavant.

Mais je puis vous assurer que notre décision sera prise pour le bien de l’Eglise et des âmes. Notre croisade du rosaire qui se poursuit sur plusieurs mois encore doit s’intensifier pour nous permettre d’obtenir, par l’intercession de Marie, Mère de l’Eglise, les grâces de lumière et de force dont nous avons besoin plus que jamais. (DICI n°240 du 14/09/11)

C- Analyse de M l’abbé Barthe sur la rencontre entre le cardinal Levada et Mgr Fellay. (publiée dans SPO)

 


Mgr Fellay et l’avenir du post-Concile : la légitimité de la critique de Vatican II -Par l’abbé Claude Barthe
 

La régularisation canonique de la FSSPX est donc désormais, théoriquement « sur les rails ». Cette nouvelle qu’une reconnaissance juridique est désormais à portée de main réjouit grandement. On souhaite vivement qu’elle se concrétise, car elle sera très profitable à l’Église dans le contexte présent.
Une tentative d’interprétation
Le « préambule doctrinal » qu’il est demandé à Mgr Fellay de préalablement valider n’est, en effet, qu’une tentative d’interprétation, qui laisse elle-même une large marge d’interprétation. Les mots du communique de la Salle de Presse vaticane sont au reste très pesés : le préambule conditionne non pas « la pleine communion », mais seulement, « la pleine réconciliation », pour résorber « une fracture » et non « un schisme ». Il n’est nullement une « formule d’adhésion ». Il renforce singulièrement la jurisprudence désormais établie depuis 1988, sous des formulations diverses en précisant pour l’ensemble de la FSSPX que sont laissées « à une légitime discussion l’étude et l’explication théologique d’expressions ou de formulations particulières présentes dans les textes du Concile Vatican II et du Magistère qui a suivi ». Pour le dire clairement : un droit à la discussion est obtenu par la FSSPX. « Ce qui signifie en clair, dit Jean-Marie Guénois dans Le Figaro, que le Vatican considère qu’un accord sur l’essentiel de la foi catholique peut être passé avec les lefebvristes, tout en considérant en parallèle que d’autres points liés au Concile Vatican II peuvent être sujet à des interprétations différentes chez les catholiques sans que le noyau de leur foi en soit altéré. Une telle distinction, ouvre d’ores et déjà, un débat considérable à l’intérieur de l’Église catholique car elle touche à l’autorité même du Concile Vatican II jusque là perçu comme un bloc à prendre ou à laisser. Le Vatican, pour la première fois, admet que certains aspects de ce Concile peuvent être soumis à un débat «légitime». Tout donc devient désormais politique et se trouve entre les mains et sur les épaules de Mgr Bernard Fellay, qui vient d’opérer une brèche non négligeable dans l’idéologie de « l’esprit du Concile ».
Le contexte général
Nous disons que cette reconnaissance juridique de la FSSPX sera très heureuse dans l’actuel contexte. Quel est-il ? Il est celui des revendications ouvertes d’une part du catholicisme autrichien (mais aussi allemand, mais aussi belge, etc.) : au-delà de l’émiettement du Credo dans le relativisme, la revendication d’une Église plurielle. C’est aussi celui que pointe Nani Moretti dans son film Habemus papam : à plus de 40 ans du Concile (au sens global) et de Mai 68, il semble que l’exercice d’une autorité suprême de type pontifical soit devenu obsolète (comme d’ailleurs toutes les autorités de remplacement).
La FSSPX est perçue comme la pointe avancée du refus de « l’esprit du Concile » (œcuménisme, liberté religieuse, principes du dialogue interreligieux). De ce fait, comme on le sait, elle s’est trouvée en rupture canonique depuis le 6 mai 1975 (retrait de l’approbation canonique du diocèse de Fribourg) et surtout depuis le 30 juin 1988 (consécration de quatre évêques sans mandat pontifical entraînant une excommunication des consacrés et consécrateurs). Cependant, sa régularisation était devenue tout à fait concevable depuis dix ans, et elle était attendue comme pratiquement inéluctable depuis deux ans, lors de la levée des excommunications de ses évêques.
Trois propositions
On peut rappeler qu’entre 2001 et 2009, outre le « geste » de la réception de Mgr Fellay par Benoît XVI à Castel Gandofo, le 29 août 2006, le Saint-Siège avait fait trois propositions successives à la FSSPX pour ré-officialiser son statut. Mais avant que ne soient faites ces propositions, Mgr Fellay, le 16 janvier 2001, avait posé deux « préalables » à tout accord canonique : que la messe tridentine soit accordée à tous les prêtres du monde entier et que les censures qui frappent les évêques de la FSSPX soient annulées. Les propositions romaines furent faites au nom du pape par le cardinal Castrillón, alors Président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, en vertu de pouvoirs spéciaux à lui conférés à cet effet par le Souverain Pontife :
– proposition sèche du 19 février 2001 de transformer la FSSPX en Administration apostolique ;
– proposition du 4 juin 2008 (ou plus exactement, annonce d’une proposition) après le Motu Proprio Summorum Pontificum, du 7 juillet 2007 permettant à tout prêtre de rite latin de célébrer la messe selon l’ancien missel (1er préalable), d’une Prélature personnelle universelle ;
– enfin, propositions réitérées, de janvier à mars 2009, en suite de la levée des excommunications des 4 évêques de la FSSPX par décret du 21 janvier 2009 (2ème préalable), de conférer à la FSSPX, à titre de premier stade de reconnaissance, un statut d’Institut de droit pontifical, et ce malgré la « pollution » opérée par l’affaire Williamson.
Du fait de l’échec de ces tentatives infructueuses successives, la démission du cardinal Castrillón fut acceptée par Benoît XVI lequel, par le Motu Proprio Ecclesiae Unitatem, du 2 juillet 2009, rattachait la Commission Pontificale Ecclesia Dei à la Congrégation pour la Doctrine de la foi. Le Président de la Commission devenait le cardinal Levada et le Secrétaire, en charge de la poursuite du processus engagé par la levée des excommunications, Mgr Pozzo, fidèle ratzinguérien d’entre les fidèles.
Pas plus que Mgr Fellay, le Pape, contrairement à ce que l’on a affirmé, ne posait un 3ème préalable, qui eût été l’avènement d’une concordance doctrinale sur les points contestés par la FSSPX. Il disait seulement dans ce Motu Proprio : « Cependant, les questions doctrinales, bien évidemment, demeurent et, tant qu’elles ne seront pas résolues, la Fraternité ne jouira d’aucun statut canonique dans l’Église ». Selon les usages de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, il s’agissait de savoir si les positions théologiques de la FSSPX, une fois examinées par des colloques avec les intéressés, s’accordaient ou non avec la foi catholique, au jugement de la Congrégation : « Les cas principaux et les questions à caractère doctrinal [concernant la FSSPX] à l’étude et au discernement des instances ordinaires de la Congrégation pour la Doctrine de la foi ».
Tolérance du refus
Le communiqué de ce jour précise que ces colloques « ont atteint leur but, qui était de clarifier les positions respectives et leurs motivations ». En clair, et dans le cas considéré, selon les termes employés par le P. Morerod, op, l’un des théologiens romains en charge du dossier, lors d’une conférence à Paris, le 21 février 2008 : dans quelles limites une « tolérance » du refus de certains points de Vatican II était-elle aujourd’hui supportable par Rome ? Une proposition de ce qu’on pourrait appeler un pacte de tolérance réciproque est énoncée dans le « préambule doctrinal » remis aujourd’hui à Mgr Fellay et qu’il lui est demandé de valider avant de régler rapidement les questions canoniques.
Ces colloques de clarification se déroulèrent sur une durée d’une année et demie, du 26 octobre 2009 au 11 avril 2011, avec 8 réunions et de nombreux échanges entre les réunions. Mais en novembre 2010, la plenaria de la Congrégation pour la Doctrine de la foi avait déjà donné un avis favorable à l’accord d’une solution canonique de type ordinariat à la FSSPX. Après rédaction des synthèses de ces colloques, selon les échanges classiques en ce domaine, le supérieur de la FSSPX a été convoqué par le cardinal Levada, Préfet de la Congrégation de la Doctrine de la foi et Président de la Commission Ecclesia Dei au Palais du Saint-Office, avec ses deux assistants, en ce 14 septembre, la rencontre aboutissant à une « mise sur orbite » de la régularisation.
Sur l’événement lui-même, certes encore à venir, qui sera – qui est déjà du seul fait de la proposition – l’un des plus importants dans l’histoire de l’après-Concile, on peut faire d’ores et déjà faire quelques premières et brèves remarques :
Un événement inéluctable
Pour les observateurs attentifs, cet événement semblait inéluctable : l’état d’apesanteur canonique dans laquelle avait été placée et s’était placée la FSSPX, lié à la crise sans précédent provoqué par le mode d’être nouveau du magistère et de la liturgie de l’Église depuis Vatican II, était devenu graduellement moins compréhensible, quel que soit l’aire catholique dans laquelle on se plaçait, dès lors qu’un infléchissement « restaurationniste » se manifestait à la tête de l’Église romaine, très emblématiquement par la reddition croissante du droit de Cité à la liturgie d’avant le Concile (indult du 3 octobre 1984 ; Motu Proprio du 2 juillet 1988 ; Motu Proprio du 7 juillet 2007). De sorte que, la levée de l’excommunication de 1988 en 2009 contenait virtuellement la reconnaissance canonique qui se prépare désormais activement.
Dans l’état présent de crise de l’Église, que résume la crise catéchétique, à savoir une espèce d’interruption de la transmission de foi, tous les remèdes chocs, comme dans une crise financière, sont les bienvenus. On peut estimer que l’ébranlement que va provoquer ce « retour », s’il se confirme, aurait été beaucoup plus fort s’il était intervenu en suite du « retour » de la liturgie traditionnelle avec le Motu Proprio Summorum Pontificum, en 2007. Cependant, du côté de la FSSPX, les risques d’éclatement, et du côté du Saint-Siège, les dangers des réactions défavorables des épiscopats, auraient certainement été beaucoup plus importants. Sur sa signification ecclésiale profonde, et qui dépasse infiniment le statut canonique qui pourrait être accordé à une communauté, l’évaluation est beaucoup plus difficile à faire, et l’on ne peut qu’avancer prudemment quelques pistes de réflexion :
Deux formes…
La reconnaissance canonique de la FSSPX, si elle intervient, sera au fond assez semblable à la déclaration par Summorum Pontificum qu’un rite liturgique nouveau n’avait nullement aboli le rite liturgique précédent. De même, une communauté qui s’en tient à certaines doctrines remplacées par des doctrines nouvelles, peut le faire légitimement. En quelque sorte, il y a deux « formes » concernant certaines doctrines, comme il y a deux « formes » concernant l’usage liturgique romain. Situation intrinsèquement provisoire.
Mais cette relativisation de l’esprit du Concile et de la liturgie du Concile va intervenir au sein d’une relativisation générale du magistère qui a été, non pas provoqué purement et simplement, mais largement activé par le nouveau corpus liturgico-doctrinal. Paradoxalement, la revendication antimoderne (liturgie tridentine, communauté « tridentine »), dans la mesure où elle obtient droit de cité, est en quelque sorte digérée par la modernité liturgico-doctrinale : la liberté est laissée aux ennemis de la liberté, lesquels en contrepartie, doivent baisser un peu la garde dans la manière. Le tout – recul de la modernité liturgico-doctrinale et style plus soft des attaques des anti-modernes – et en raison du rapport de force qui lui est de moins en moins favorable à l’esprit du Concile au sein d’une modernité bien plus radicale que celle, timide et désuète, qu’il a cru inventer.
Vers l’union des forces vives
En revanche, pourrait réellement devenir une réalité ce que l’on a appelé l’union des « forces vives », ou du « nouveau catholicisme », pas si considérable en nombre, il faut bien le dire, qui se rassemble lors des déplacements de Benoît XVI : communautés nouvelles, traditionalismes de toutes sensibilités, écoles catholiques renaissantes, scoutismes, nouveaux mouvements de jeunesses, petits bataillons d’un nouveau clergé.
Faut-il se réjouir de l’infléchissement partout sensible en un sens traditionnel de cette union, spécialement grâce au Motu Proprio ? Ou bien faut-il se lamenter du danger de laminage que court ce « petit reste », tant en raison de l’accélération prodigieuse de la pression sur lui du monde ambiant, que de l’absence de mesures ecclésiales vraiment appropriées pour enrayer le mal ?
Un pontificat de transition
L’Église est comme une forêt ancestrale ravagée par les coupes toujours plus larges de modernes déboiseurs insatiables. D’une certaine manière, le reboisement tardant à venir, chaque zone préservée doit tenter et de subsister, et bien entendu de s’étendre, car il n’y a pas de vie ecclésiale sans mission. Pour filer la métaphore, on pourrait dire que le Pontificat actuel, Pontificat de transition, prépare activement la jonction de ces lieux de vie et de verdure en un tout à nouveau compact, bien que sans doute fort réduit.
Pour parler sans métaphore, il est permis de souhaiter, car c’est une question de vie ou de mort, non pour l’Église du Christ qui ne peut mourir, mais pour l’Église d’Occident, que le schisme latent qui l’affecte devienne le plus vite possible une séparation ouverte et clarificatrice. Sachant que cette séparation – qui ne se réalisera pas d’elle-même, et qu’on ne fera pas l’économie de déclarer avec autorité ne portera pas tant sur l’émiettement du Credo, comme les fractures anciennes, y compris la fracture jamais vraiment prononcée du modernisme, mais cette séparation portera plus radicalement sur la revendication d’une Église plurielle. Autrement dit, elle ne fera pas le partage entre ceux qui croient, par exemple, que le Christ est Dieu et ceux qui ne le croient pas, mais entre, d’une part, ceux qui croient qu’on ne peut pas être catholique en niant la divinité du Christ, et d’autre part, ceux qui croient qu’on peut être catholique aussi bien en affirmant la divinité du Christ qu’en l’infirmant.
 
D- » Sans jouer à Madame Irma! de Martin  Droit. 
 
Depuis quelques jours, le « Tradiland » et même les observateurs de l’Eglise catholique s’interrogent sur la rencontre du 14 septembre, entre le Cardinal Levada et la direction de la Fraternité Saint Pie X. A travers ces quelques lignes, je n’entends ni lire dans le marc de café, ni faire une démonstration scientifique par A + B, mais livrer mon impression du moment, au regard du droit canonique et de la praxis romaine que je crois connaître un peu.Des faits, il ressort que Mgr Fellay, le Supérieur général de la FSSPX, s’est vu remettre le 14.09 un « préambule doctrinal » et une proposition de statut canonique conditionnée à l’acception dudit Préambule[1]. A coup sûr, ce dernier relève habilement ce qu’on appelle en classe de mathématiques du PPDC (le « plus petit dénominateur commun), c’est-à-dire que les deux parties peuvent s’entendre dessus. Reste adjoint à ce Préambule, la proposition de statut canonique. Et je crois que c’est au fond là-dessus que tout va se jouer. Pourquoi ?
Parce que tout d’abord, les longs de discussions théologiques entre les deux parties sont maintenant derrière nous. S’ils avaient abouti à une impasse, il n’y aurait pas eu la réunion du 14 ; et Rome n’a aucun intérêt à proposer un Préambule à priori inacceptable pour la FSSPX : Cela n’aurait aucun sens eu égard à tout ce qui s’est passé depuis le début de l’année 2008. C’est pourquoi tout se joue sur ce que l’on pourrait appeler les Articles organiques, la solution canonique.

Celle-ci se doit d’être acceptable pour tout le monde : Pour le Saint-Siège tout d’abord, qui ne doit pas donner l’impression d’offrir un « pont d’or » qui scandaliseraient les opposants à la « réintégration » de la FSSPX, d’où je crois qu’il faut exclure la solution de l’Ordinariat. Pour la Fraternité elle-même ensuite, qui n’acceptera pas une structure qui permette aux évêques diocésains de leur couper l’herbe sous le pied en suspendant ad casum tel prêtre ou empêchant la progression ou l’installation de cette communauté, d’où me semble-t-il qu’il faille écarter des propositions telles que la Prélature personnelle ou l’administration apostolique.
« Que reste-t-il ? » me rétorquera-t-on… Je puis vous assurer que le Code de droit canonique ne manque pas de ressources, et on ne prête pas assez attention à tout le panel existant : les prélatures territoriales ; les vicariats ou préfectures apostoliques ; les missions « sui iuris » ; etc. On me répondra que toutes ces structures ne concernent que les « terres de missions ». C’est oublier trop vite que les canons régissant toutes ses circonscriptions sont très superficiels, et qu’on peut y mettre toutes sortes d’aménagements spécifiques. Je pense notamment à la Prélature territoriale, que l’on a considérablement adaptée pour correspondre aux besoins de la Mission de France… et surtout à l’énigmatique « diocèse personnel » qui n’existe que sur le papier, et qui ne demande qu’à être pratiqué en cas de ‘coup dur’.
Bref, je fais confiance au Saint-Siège pour trouver une solution « sur-mesure », qui permettra de satisfaire les autorités romaines qui pourront répondre qu’il n’y a pas à paniquer et que la structure n’est pas un ‘boulevard’ du type Ordinariat, et la Fraternité qui aura l’opportunité de répondre qu’elle n’est pas tombée dans l’accord pratico-pratique, puisque sa structure lui permet de se maintenir et même de progresser sans avoir à quémander l’accord des autorités locales, ce dont personne ne peut se prévaloir aujourd’hui dans le « monde tradi ».

Et le « Tradiland » justement… Que va-t-il devenir dans ce cas de figure ? Car si la FSSPX n’a pas le monopole de la posture « tradi », il est n’en est pas moins vrai qu’elle en constitue la principale ‘Armada’. Et dès lors où elle serait canoniquement reconnue, quelle place peut-elle laisser aux autres sociétés ou instituts perçus, à tord ou à raison, comme concurrents ? La question mérite d’être posée, et je suis convaincu qu’elle l’est par les Supérieurs de ces dites communautés…
Je crois qu’il faut distinguer du point de vue canonique les sociétés reconnues de façon définitive, de celle ad probatum qui doivent encore faire leurs preuves (et elles sont nombreuses : Aux Etats-Unis – en Californie notamment -, en Autriche, en Allemagne – avec l’Oratoire Saint-Philippe-Néri, en Amérique du Sud – avec la Fraternity of Saint-John -, en France même avec l’IBP, etc.).
Pour les premières, il n’y a guère de souci à se poser : Ce que le Saint-Siège a reconnu de façon définitive, est quasi indestructible, sauf raison gravissime. Restera le problème de leur recrutement et de leur extension face au « paquebot FSSPX » une fois reconnu. Ils pourront soit opposer une spécificité propre, je pense à l’Institut du Christ-Roi qui a misé sur une liturgie qui l’a fait remarquer par rapport aux deux Fraternités, soit/et recruter de nouveaux séminaristes et membres grâce aux contacts personnels : Telle jeune vocation ayant connu telle communauté ; tel évêque ayant un contact privilégié avec telle société. Mais institutionnellement, il n’y a pas de doute que la FSSPX raflera la mise comme étant le phare de l’institut ‘tradi’ par excellence.
Pour les autres, ceux reconnus encore ad experimentum… c’est beaucoup plus compliqué ! Surtout s’ils n’arrivent pas à se développer ou marquer une spécificité claire et singulière. Rome leur répondra aisément que face à un manque de raison d’exister, ils devront rejoindre l’une des structures reconnues définitivement ou les diocèses. Ce serait même une garantie offerte par Rome face aux évêques peu enclins à la Tradition : « On va vous clarifier le terrain ! » Ces communautés, faute d’identité réelle auront du mal à survivre. Si elles invoquent l’argument de réflexion théologique ou doctrinale, on les renverra vers la toute-puissante et (nouvellement) légitime FSSPX ; si elles allèguent la liturgie, on les aiguillera vers l’Institut du Christ-Roi ; si elles avancent le canal historique de la fidélité romaine, il leur restera la Fraternité Saint-Pierre. Et surtout qu’elles ne mettent pas en avant l’argument humain du « il y a trop de blessures personnelles », car on n’a jamais vu Rome ériger ou maintenir quelque communauté pour raison de « mauvaise entente humaine ». Voilà donc un défi pour ces sociétés : Soit croître très très vite, soit se trouver une véritable identité. Sans quoi, il n’y a ni objectivement ni politiquement aucune raison de les laisser ‘vivoter’.

Certes, tout ça est pour l’heure pure conjecture, me dira-t-on ! Il n’empêche… Si la rencontre du 14 n’était qu’un jeu de dupes après de si longs mois de discussions théologiques… Pourquoi les deux parties se livrent avec autant de complaisance à la publicité (avant et après la rencontre, cf. la déclaration commune) de l’évènement ? Pourquoi présenter d’ores et déjà, avant même la ratification du Préambule, LA solution canonique ? Pourquoi le Cardinal Ricard dit-il sur les ondes radiophoniques que tout sera clair d’ici 6 mois, date à laquelle le Cardinal Levada prendra sa retraite, laissant ainsi son successeur vierge d’un tel dénouement pour les éventuels mécontents ?

Pourquoi ? Parce qu’à mon sens, tout est déjà fait… Et parce que l’Eglise unie me plait beaucoup plus que quand elle est déchirée, je m’en réjouis !

[1] Cf. La Communication sur la rencontre entre la Congr. Pour la Doctrine de la Foi et la Fraternité Saint-Pie X, 14.09.2011 (référencée 01275-03.01) et l’entretien accordé par Mgr Fellay à DICI (n°240 du 14/09/11).

 
E- la lettre de Mgr Lefebvre au cardinal Gagnon du 21 novembre 1987

LA LETTRE DEMGR LEFEBVRE AU CARDINAL GAGNON

Séminaire International Saint-Pie X,

le 21 novembre 1987

En la fête dela Présentationdela T. S.Vierge Marie

 Éminence,

Vous avez pu voir et entendre les membres dela Fraternité, examiner leur formation, les rejoindre dans leur ministère, écouter les fidèles qui s’adressent à eux pour leur sanctification.

Vous avez également conversé avec des religieux, des religieuses qui trouvent dansla Fraternitéou leur origine ou leurs secours spirituels, ou les grâces des ordinations et des professions religieuses.

Sans doute, vous avez pu remarquer ici ou là quelque exagération, un peu d’amertume. Mais je ne puis douter que vous ayez retrouvé un climat de foi, de dévotion, de zèle pour la vérité etla Saintetéque vous avez connu autrefois et dont vous reconnaissez la valeur aux fruits extraordinaires que produit ce climat dela Traditioncatholique.

Nous formons donc une grande famille, vivant dans cette ambiance et cette atmosphère catholique, attachée à l’Église Romaine, attachée à Pierre et à ses successeurs, mais absolument et radicalement allergique à l’esprit conciliaire, de la liberté religieuse, de l’œcuménisme, de la collégialité, à l’esprit d’Assise, fruits du modernisme, du libéralisme tant de fois condamnés par le Saint-Siège.

Les conséquences de cet esprit sont désastreuses et nous les fuyons comme la peste de nos esprits et de nos cœurs ; nous faisons tout pour nous en protéger et en protéger la jeunesse de nos foyers catholiques. Comparez-nous à Israël au milieu des nations perverses, aux Macchabées et encore à tous ces saints réformateurs du clergé : saint Charles Borromée, saint Vincent de Paul, saint Jean Eudes, Monsieur Olier.

Voilà la réalité, nous formons une armada décidée à tout prix à demeurer catholique face à la déchristianisation qui s’opère à l’extérieur et à l’intérieur de l’Église. Nous acceptons volontiers d’être reconnus par le Pape tels que nous sommes et d’avoir un siège dansla VilleÉternelle, d’apporter notre collaboration au renouveau de l’Église ; nous n’avons jamais voulu rompre avec le Successeur de Pierre, ni considérer que le Saint-Siège est vacant, malgré les épreuves que cela nous a values. Nous vous soumettons un projet de réintégration et de normalisation de nos rapports avec Rome. Consi – dérant ce que désormais vous connaissez de nous et de nos œuvres, vous ne serez pas surpris de nos exigences, uniquement fondées sur le zèle pour le bien de l’Église et le salut des âmes pour la gloire de Dieu. C’est seulement dans cet esprit et en tenant compte de ces considérations qu’une solution peut être valable et stable.

Si, dans ces conditions, une solution est impossible, alors nous poursuivrons notre chemin comme à présent, en attendant des circonstances plus favorables, pereseverantes in oratione et praedicatione verbi.

Cependant, nous vous garderons une profonde gratitude, quoi qu’il arrive, pour votre charité, votre aménité, votre compréhension, votre patience et dès à présent, nous prions Notre Dame de Fatima de vous rendre en bénédictions ce que vous avez pour nous.

Daignez agréer, Éminence, mes respectueuses et fraternelles salutations en Notre Seigneur et Notre Dame.

Écône, le 21 novembre 1897.

Mgr LEFEBVRE Archevêque-Évêque de Tulle Fondateur dela FSSPX.

 

Les propositions de règlement apportant une solution au problèmes des œuvres et des initiatives en faveur de la liturgie traditionnelle dans l’Église

1. Nous référant à la suggestion du Concile dans le texte « Presbyterorum ordinis » n° 10, dont voici la teneur : « Là où les conditions de l’apostolat le réclameront, on facilitera non seulement une répartition adaptée des prêtres, mais encore des activités pastorales particulières pour les différents milieux sociaux à l’échelle d’une région, d’une nation ou d’un continent. Il pourra être utile de créer à cette fin des séminaires internationaux, diocèses particuliers, prélatures personnelles et autres institutions auxquelles les prêtres pourront être affectés ou incardinés pour le bien commun de toute l’Église, suivant des modalités à établir pour chaque cas, et toujours dans le respect des droits des ordinaires locaux » et à la lettre du Cardinal Ratzinger du 28 juillet 1987, il apparaît qu’une solution peut être trouvée pour le problème qui nous préoccupe.

2. En conformité avec la position du Cardinal Ratzinger dans la lettre précitée, un visiteur – le Cardinal Gagnon – a accompli une visite prolongée des œuvres dela Fraternitédu 11 novembre au 7 décembre.

3. Sans préjuger des conclusions de la visite, mais dans l’espoir qu’elles seront positives, il nous semble indispensable avant d’aller plus avant dans les entretiens avec le Saint-Siège d’exprimer une condition sine qua non, nous faisant l’écho de tous les prêtres et fidèles attachés àla Tradition.

4. Si le Saint-Siège désire sincèrement que nous devenions officiellement des collaborateurs efficaces pour le renouveau de l’Église, sous son autorité, il est de toute nécessité que nous soyons reçus comme nous sommes,  qu’on ne nous demande pas de modifier notre enseignement, ni nos moyens de sanctification, qui sont ceux de l’Église de toujours.

5. Il nous apparaît donc absolument nécessaire, pour que de bonnes relations s’instaurent avec le Saint-Siège que ces relations soient confiées à des personnes, à la fois très respectueuses et attachées au Saint-Siège, mais aussi convaincues de l’urgente nécessité pour l’Église, de favoriser les initiatives qui maintiennentla Traditionet de ne rien faire qui les contraignent à s’éloigner de nouveau.

6. Ainsi le Cardinal, le Secrétaire et les « minutanti » du Secrétariat Romain, s’il est accepté, devront être choisis suivant les critères ci-dessus exprimés, sinon ce sera l’échec des efforts entrepris depuis plusieurs mois pour une entente.

I. Le Secrétariat Romain

 1. Nécessité d’une organisation permanente Romaine

7. L’extension mondiale rapide dela Fraternité SacerdotaleSaint-Pie X et la multiplication d’œuvres similaires réclament une organisation qui ait son siège à Rome, à l’instar d’un Secrétariat ou d’une Commission pour le maintien et le développement de la Liturgie latine selon les prescriptions de Jean XXIII

2. Composition de ce Secrétariat

 8. À l’instar des autres secrétariats et commissions de ce genre, c’est-à-dire :

– un Cardinal préfet, nommé par le Pape avec agrément du Supérieur Général dela FSSPX;

– un Archevêque ou Évêque, Secrétaire et Président et quelques « minutanti », présentés par le Supérieur Général dela FSSPX.

3. Les pouvoirs de ce Secrétariat

 9. Ils seraient assez semblables à ceux qu’ont la Propagande vis-à-vis des territoires de Missions et l’Orientale vis-à-vis des Rites Orientaux.

4. But de ces pouvoirs

10. Ces pouvoirs auraient pour but de normaliser les œuvres et les initiatives en faveur dela Traditionet de les aider à remplir leur rôle dans l’Église, dans les circonstances présentes, spécialement pourla FSSPX:

– veiller à leur continuité par l’octroi de l’Épiscopat à plusieurs membres,

– veiller à leur développement harmonieux et dans la paix vis-à-vis des Évêques diocésains et de la part de ceux-ci,

– veiller à amener les Ordinaires des lieux à comprendre le bien de la collaboration, par exemple, pour les séminaires.

 5. Détermination des œuvres et des initiatives acceptées par le Secrétariat

11. Celles qui ont toujours utilisé exclusivement les éditions liturgiques de Jean XXIII et prié pour le Pape, selon les formules publiques dela Liturgie, celles qui s’accordent avec l’esprit et le Droit de l’Église, dans leurs constitutions, esprit des fondateurs, esprit des constitutions originelles, pour le choix des sujets, préparation, spiritualité, doctrine, habit, vie de communauté etc.

 II. Statut canonique des diverses sociétés, des prêtres, religieux ; religieuses isolées. Relations avec le Secré tariat Romain

Note préliminaire

12. Avant de procéder à l’étude et la normalisation de toutes ces sociétés et personnes adonnées àla Tradition, ce qui peut se réaliser avec le temps, il est urgent de lever les suspenses et interdits,

– reconnaître à nouveau les statuts dela FSSPX, comme avant 1975,

– de modifier quelques articles de ses statuts afin de pourvoir à la succession épiscopale de Mgr Lefebvre.

– Canoniquement, il semble que l’on puisse se référer à ce qui a été décidé l’an dernier, le 21 avril 1986, au sujet de l’Ordinariat aux armées.

13. On pourrait d’ailleurs laisser l’application dans tous ces détails à une étude précise entre le Secrétariat ou le Cardinal Visiteur etla Fraternité. Les  différentes étapes à suivre pourraient être les suivantes :

14. 1° Considérer la Fraternitécomme le support de l’Ordinariat pourla Liturgielatine en inscrivant dans ses Constitutions que le Supérieur général, s’il est agréé par Rome à travers le Secrétariat, recevrala Consé- cration épiscopale et pourra présenter deux auxiliaires pour l’aider dans sa charge et qui deviendront Évêques auxiliaires.

15. Toutefois exceptionnellement, pour la première désignation ou présentation des Évêques, elle sera faite par Mgr Lefebvre en accord avec le Cardinal Visiteur.

16. 2° Cette première étape accomplie viendra alors une étude plus approfondie des applications à faire de l’exemple de l’Ordinariat aux armées à la situation dela FSSPX. Ainsi l’application de la jurisprudence cumulative semble très réaliste et résout beaucoup de problèmes.

 17. 3° Il ne semble pas que le fait que le Supérieur général soit Évêque soit un inconvénient : s’il n’est pas réélu, il peut ou devenir auxiliaire ou être chargé d’un diocèse ou être employé au Secrétariat Romain ou occuper d’autres fonctions.

18. 4° Les relations entre les divers œuvres et initiatives, d’une part, etla FSSPX, d’autre part, demeureraient celles qu’elles sont actuellement pour les ordinations, confirmations et autres assistances : bénédictions, retraites, cérémonies de professions etc. Mais tout ce qui concerne le statut canonique et les dispenses à sou – mettre à Rome, irait directement au Secrétaire Romain.

III. Incardination et Juridiction

19. Les Normes dela Constitutionapostolique « Spirituali militum curae » au sujet de l’incardination peuvent bien être appliquées à la FSSPX chargées des soins spirituels d’une petite armée de ceux qui maintiennentla Tradition Apostolique.

20. « Servatis servandis », dans le futur, la possibilité d’incardiner reviendra aux sociétés religieuses intéressées.

 21. La juridiction vis-à-vis des fidèles est confirmée par Rome, c’est-à-dire que les prêtres dela FSSPX reçoivent juridiction de Rome, par le Supérieur Général et que les autres la reçoivent directement du Secrétariat de Rome, sur la demande des divers Supérieurs.

22. Il est évident que ces prêtres doivent observer les prescriptions du Droit pour conférer les sacrements selon les indications du Rituel de 1962. Conclusion

23. Il ne semble pas qu’il doive y avoir de difficultés majeures du point de vue canonique, ni de la part des fidèles dela Tradition, si les indications ci-dessus sont exactement observées.

24. Nous souhaitons ne pas devoir dépasser le dimanche du Bon Pasteur, 17 avril 1988 pour les consécrations épiscopales.

 

NB: c’est le moment de lire le livre: »Playdoyer pour l’unité » de M l’abbé Paul Aulagnier, préfacé du RP Lelong, aux éditions F.X. Guibert.

 

 

 

 

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