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Il vous est né aujourd’hui…un Sauveur qui est le Christ Seigneur.

publié dans paroisse saint michel le 24 décembre 2010


Prédication pour la messe de minuit

Il vous est né aujourd’hui…un Sauveur qui est le Christ Seigneur.

MBCF, ne cessons pas de méditer, en cette nuit de Noël, les paroles de l’ange aux bergers : « …et l’ange leur dit :  » Ne craignez point, car je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple une grande joie : il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ Seigneur. Et voici ce qui vous en sera le signe : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une crèche.  » Tout à coup se joignit à l’ange une troupe de la milice céleste, louant Dieu et disant :  » Gloire, dans les hauteurs, à Dieu ! Et, sur terre, paix aux hommes de bonne volonté ! ».

Ici, MBCF, l’ange donne le motif de l’Incarnation : « un Sauveur vous est né qui est le Christ Seigneur ». Cette raison est la grande révélation de l’Evangile. C’est la bonne nouvelle de la Nuit de Noël. Et cette bonne nouvelle du salut apportée par le Christ Seigneur est, sera, doit être, bien évidemment, la raison de la joie du peuple : « Je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple une grande joie : Il vous est né aujourd’hui un Sauveur »

Toujours, dans tous les écrits évangéliques, MBCF, l’Incarnation est liée au salut. Le Christ Seigneur est venu nous apporter le salut. C’est l’affirmation de l’ange. Et qui pourrait oser affirmer n’avoir pas besoin du salut de Dieu …Il faudrait être saisi par la perversité de ce monde moderne pour l’oser l’affirmer. Le monde moderne n’éprouve en effet aucune nécessité du salut parce qu’il ne sait pas pécheur. Ca ne lui dit rien ! Il ne sait plus ce qu’est le péché parce qu’il ne sait plus ce qu’est Dieu et sa perfection. Et c’est pourquoi n’ayant aucun sens du péché, il n’éprouve aucune nécessité d’un Sauveur. Et c’est pourquoi il traîne sa vie sans espérance, sans désir du ciel, sans amour de Dieu, sans reconnaissance et sans joie. Il vit seulement la fête, il profite des fêtes chrétiennes pour se divertir un peu mais dans la tristesse et demain dans la casse….Quand on pense que 7000 hommes d’armes sont conviés pour garder cette année, l’ordre dans la cité…On peut mesurer le déclin d’une société…

Mais nous nous le savons. Le péché existe. Le péché originel, les péchés personnels. Pour nous en libérer, le Christ Seigneur est venu en cette Nuit.

Déjà dans l’Ancien Testament, les prophètes lient la venue du Messie à la Rédemption. L’Ancien Testament montre du Christ futur son rôle de Rédempteur. La première promesse de l’Incarnation, faite aussitôt après la chute, prédit un Sauveur qui doit briser la tête du serpent. C’est affirmé dans la Genèse au chapitre 3, verset 15. Vous en connaissez le texte. Les prophètes entrevoient un Messie qui se substitue à nous pour expier. Et c’est pourquoi ils nous le présente – c’est Isaïe – comme un Messie brisé, broyé à cause de nos iniquités. C’est le fameux texte d’Isaïe sur le « serviteur souffrant ». Il mettra fin ainsi au péché, détruira le mal et amènera le règne de la justice éternelle. C’est Daniel qui l’annonce.
Mais le Nouveau Testament est plus explicite encore.
L’ange de l’Annonciation annonce à Marie l’Incarnation et annonce en même temps que le Christ vient comme Sauveur et qu’il faudra l’appeler Jésus : « Voici que vous concevrez, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus », lui dit l’ange. Quand Joseph est dans le trouble, le céleste messager lui révèle que le Fils de Marie est du Saint Esprit, que son nom doit être Jésus parce qu’il sauvera les hommes de leurs péchés : « Joseph, son mari, qui était juste et ne voulait pas la diffamer, se proposa de la répudier secrètement. Comme il était dans cette pensée, voici qu’un ange du Seigneur lui apparut en songe, et lui dit : » Joseph, fils de David, ne craint point de prendre chez toi Marie ton épouse, car ce qui est conçu en elle est du Saint-Esprit. Et elle enfantera un fils, et tu lui donneras pour nom Jésus, car il sauvera son peuple de ses péchés. » Voilà qui est clair ! Après la naissance de Jésus, souvenez vous des paroles de l’ange aux bergers : « Il vous est né aujourd’hui un Sauveur, le Christ Seigneur, dans la cité de David ». Plus tard, Saint Jean Baptiste saluera Jésus comme l’Agneau victime qui efface le péché du monde : « Le lendemain, Jean vit Jésus qui venait vers lui, et il dit: « Voici l’agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde ». Jésus, lui-même, dans toute sa vie publique et ses prédications, se donne comme le médecin qui vient guérir l’humanité malade. Ainsi quand les pharisiens se scandalisent de voir NSJC assister chez Lévi à un grand dîner de publicains et de gens mal famés parmi les scribes, Notre Seigneur leur explique, en ces termes, la raison de sa Mission : « Ce ne sont pas ceux qui sont en bonne santé qui ont besoin de médecin, mais ceux qui sont malades. Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs, afin qu’ils fassent pénitence » (Lc 5 31-32) C’est la même déclaration très nette quand il répond à Zachée : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19 10). C’est aussi l’affirmation de saint Paul à Timothée : « C’est donc une parole certaine et entièrement digne d’adhésion, que Jésus-Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier » (1 Tm 1 15) Et il répète ce même enseignement lorsqu’il s’adresse aux Galates : « Mais lorsque est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, formé d’une femme, né sous la Loi, afin qu’il rachetât ceux qui sont sous la Loi, afin de nous conférer l’adoption ».
Et saint Jean confirme en son évangile même doctrine : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle » (Jn 3 15).

Et les pères de l’Eglise – la Tradition – parlent tous dans le même sens que les Ecritures. Saint Irénée affirme que « si la chair n’avait pas eu besoin d’être sauvée, jamais le Verbe de Dieu ne se serait fait chair » (Adv. Haer. 1. 5, 14).
Saint Augustin dit encore : « Le Christ n’avait aucune raison de venir, sinon pour sauver les pécheurs : pas de maladie, pas de blessures, pas non plus besoin de remède » et ailleurs, il écrit : « Si n’aimait pas vraiment les pécheurs, il ne descendrait pas du ciel sur terre ». On ne peut lier en termes plus formels l’Incarnation d’avec la délivrance de nos péchés. NSJC n’est pas venu pour un autre motif que celui de vivifier, de sauver, de délivrer, de racheter les hommes.

C’est pourquoi, MBCF, en cette Nuit de Noël, il nous faut lever la tête et savourer la paix de Seigneur. C’est ce que nous récitions lors des premiers vêpres de la fête : « Levez la tête : voici qu’approche votre rédemption ». Et au Capitule des premières Vêpres, toujours, l’Eglise nous donner à méditer, le texte de saint Paul : « La bonté de Dieu, notre Sauveur, et son amour pour les hommes ont paru ; il nous a sauvés non à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais en vertu de sa miséricorde » (Tit 3 4-5). Et nous répétons cela dans la merveilleuse hymne des Vêpres : « Jesu Redemptor omnium » Nous chantons que l’espérance du salut n’est qu’en Lui : « O vous, lumière et splendeur du Père, vous, l’éternelle espérance de tous, écoutez les prières que répandent vos serviteurs dans le monde entier….Ce jour, que chaque année nous ramène dans son cycle, est témoin que seul descendu du sein du Père, vous êtes venu pour le salut du monde » (Mundi salus). Mais cette hymne reste parfaitement joyeux et dit : « Les astres, la terre, la mer et tout ce qui est sous le ciel saluent par un cantique nouveau l’auteur de ce nouveau salut » « Salutis auctorem novae Novo salmutat contico » et le poème se termine par cette merveilleuse strophe : « Et nous, que l’onde bienheureuse de votre sang divin a lavés, nous acquittons le tribut de cette hymne en l’honneur de votre jour natal ».
Vraiment l’Eglise exprime merveilleusement la doctrine catholique dans sa liturgie.
Les Matines de ce jour sont vraiment source de joie et de paix.

Le choix des textes et des lectures est absolument formidable.
La première lecture est tirée du prophète Isaïe : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, et sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre de la mort, la lumière a resplendi. Vous avez multiplié votre peuple vous avez rendu grande la joie; il se réjouit devant vous comme on se réjouit à la maison, comme on pousse des cris au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui, la verge qui frappait son épaule, le bâton de son exacteur, vous les avez brisés comme au jour de Madian! Car toute sandale du guerrier dans la mêlée, et tout manteau roulé dans le sang sont livrés à l’incendie; le feu les dévore. Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné; l’empire a été posé sur ses épaules, et on lui donne pour nom: Conseiller admirable, Dieu fort, Père éternel, Prince de la paix ».

La seconde lecture chante la délivrance de Jérusalem. Il en sera ainsi aussi le jour de la Nativité : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au coeur de Jérusalem, et criez-lui: Que sa servitude est finie, que son iniquité est expiée, qu’elle a reçu de la main de Yahweh le double pour ses péchés. Une voix crie: Frayez dans le désert le chemin de Yahweh, aplanissez dans le steppe une route pour notre Dieu ! Que toute vallée soit relevée, toute montagne et toute colline abaissées; que la hauteur devienne une plaine, et les roches escarpées un vallon ! Alors la gloire de Yahweh apparaîtra, et toute chair sans exception la verra; car la bouche de Yahweh a parlé »

Il en est de même de la 3ème lecture :
« Réveille-toi, réveille-toi, revêts ta force, Sion ! Revêts tes habits de fête, Jérusalem, ville sainte !…. Secoue ta poussière, relève-toi, assieds-toi, Jérusalem; détache les chaînes de ton cou, captive, fille de Sion! Car ainsi parle Yahweh: Vous avez été vendus pour rien, et sans argent vous serez rachetés!
Car ainsi parle le Seigneur Yahweh: Mon peuple descendit jadis en Egypte pour y séjourner puis Assur l’opprima sans cause. Et maintenant qu’ai-je à faire ici? — oracle de Yahweh, puisque mon peuple a été enlevé sans droit? Ses tyrans poussent des hurlements, — oracle de Yahweh et sans cesse, tout le jour, mon nom est outragé. C’est pourquoi mon peuple connaîtra mon nom ; oui, il saura en ce jour que c’est moi qui dis : « Me voici ! » Qu’ils sont beaux sur les montagnes les pieds du messager; qui publie la bonne nouvelle de la paix ; de celui qui annonce le bonheur, qui publie le salut; de celui qui dit à Sion: « Ton Dieu règne ! » La voix de tes sentinelles ! Elles élèvent la voix, elles poussent ensemble des cris d’allégresse, car elles voient de leurs yeux le retour de Yahweh en Sion. Eclatez ensemble en cris de joie, ruines de Jérusalem ! Car Yahweh a consolé son peuple, il a racheté Jérusalem. Yahweh a découvert le bras de sa sainteté, aux yeux de toutes les nations; et toutes les extrémités de la terre verront le salut de notre Dieu. Partez, partez, sortez de là ; ne touchez rien d’impur ! Sortez du milieu d’elle ; purifiez-vous; vous qui portez les vases de Yahweh ».

N’appréciez vous pas ces lectures ? Ce son les plus beaux récits que l’on puisse proposer à notre méditation.
Viennent ensuite les belles lectures de saint Léon le Grand, pape. Il nous appelle lui aussi à la joie : « Notre Sauveur est né aujourd’hui : réjouissons nous. Il ne peut y avoir de tristesse au jour où naît la vie, qui dissipant la crainte de la mort, répand en nos âmes la joie, par la promesse de l’éternité. Il n’y a personne qui est sa part de cette allégresse. Tous ont un même motif de se réjouir car notre Seigneur, destructeur du péché et de la mort, nous trouvant tous assujettis au péché, est venu pour nous affranchir tous. Qu’il trésaille celui qui est saint, car la palme approche pour lui. Que le pécheur se réjouisse : voici qu’on l’invite au pardon. Que le Gentil prenne courage : car il est convié à la vie. En effet, le Fils de Dieu dans la plénitude des temps fixés par les impénétrables profondeurs du conseil divin, a pris la nature humaine, pour la réconcilier avec son auteur, afin que l’inventeur de la mort, le diable, fut vaincu par où il avait triomphé ».Pour ne pas allonger, nous en resterons là.Amen.

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