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Fête de la Sainte Famille

publié dans paroisse saint michel le 9 janvier 2011


Fête de la Sainte Famille

Je m’adresserai aujourd’hui, en cette fête de la sainte famille, plus particulièrement, aux enfants de vos belles familles.

Chers enfants, Vous trouverez, il est vrai, dans la sainte famille, celle composée par Saint Joseph, Notre Dame et l’enfant Jésus, le modèle de la famille chrétienne. On peut en imaginer facilement les vertus : la bonté, le dévouement, l’esprit de service, l’ordre, la paix. Vous trouverez en l’enfant Jésus, le modèle de la sainte obéissance. Comment, en effet, imaginer plus belle obéissance que celle de l’enfant Jésus à ses parents ? Son obéissance était prompte, intelligente, docile, spontanée. Vous trouverez en l’enfant Jésus le modèle de la piété filiale, celle que tout enfant bien né doit avoir pour son père et sa mère.

N’oubliez pas que vous êtes des « héritiers », et pas seulement d’un patrimoine matériel ; vous avez tout reçu de vos parents, la vie du corps mais aussi de l’esprit.

Et à ce seul titre, vous devez à vos parents, en justice, respect et amour, déférence et admiration, obéissance et droiture. C’est d’eux que vous avez reçu le don de la vie, vous étiez « infans », comme l’enfant de la crèche dans son berceau… que, déjà, un dévouement empressé se multipliait autour de vous sans que vous le sachiez. Et vous n’avez vécu, survécu que grâce à ce dévouement actif. Avant que vous soyez instruits des premiers mots, avant même vos premiers pas, vous avez été protégé « de risques mortels ». Oui ! vous avez tout reçu d’abord de vos parents.

Vous vagissiez dans votre petit lit, vous étiez né, mais votre volonté n’était pas née encore. Vous n’aviez pas encore dit « moi » ou « je » qu’un cercle d’actions prévenantes se dessinait autour de vous et vous n’avez vécu que grâce à ces actions attentives, clémentes et humaines de vos parents. Vous n’avez vécu que parce que vous étiez, de votre famille, « le petit citoyen », le petit « roi », « la petite reine ». Ainsi votre existence, à tous, que vous le vouliez ou non, a commencé par cet afflux de services extérieurs gratuits. Vous êtes tous le fruit de ces libéralités que vous n’avez pu méritées ni demandées sinon par quelques larmes parfois trop instantes. Il a fallu l’intuition de votre mère, de votre père pour déceler votre « langage » encore mystérieux. Ils savaient pour vous ce qui vous était nécessaire. Vous avez attiré leurs attentions, leurs fatigues. Vous dépendiez de cette première cellule sociale, la famille, autant que de votre mère lorsque vous étiez en son sein.

De là, il vous faut tirer une conclusion absolument certaine ; vous avez reçu, vous dis-je, vous avez tout reçu dans votre famille, sans aucune « réciprocité ». Oui ! Et il n’y eut aucune « réciprocité ». Le don fut en sens unique. Il provenait d’un même principe: vos parents. Vous existiez, vous étiez certes, mais votre volonté n’était pas encore, vous étiez muets, « infans » et dénués de liberté comme de pouvoir. La famille, dans ses premiers instants, est donc parfaitement pure de toute « égalité ». La famille existe certes, mais aucun pacte possible n’a pu être conclu pour lui donner vie, rien qui ressemble, là, à un contrat. « Ces accords moraux veulent que l’on soit deux ». « Le moral de l’un n’existait pas encore ». Votre famille, toute famille, vous donne ainsi le spectacle d’une autorité pure, d’une hiérarchie absolument net. Ainsi l’a voulu le Créateur de toutes choses. Aussi se sont trompés, fortement trompés ces philosophes, « ceux des Lumières » qui ont voulu décrire les commencements de la société humaine comme le fruit de conventions établies entre « égaux ». Tout cela est pur verbiage. Les choses ne se passent pas comme cela. Tout procède d’autorité et d’inégalité. Vous n’êtes en vie que parce que vous avez été protégé par l’autorité parentale. Vos parents ont mis en œuvre leurs forces, selon leur goût, selon leur amour, en toute arbitraire, pour votre bien à la seule fin de vous empêcher de périr. Vous constatez ainsi, dès l’aurore de votre existence, « une inégalité sans mesure, une nécessité sans réserve ». Inégalité. Nécessité : ce sont les deux lois dont vous avez du subir le génie, la puissance, pour être conservé dans l’être.
Et ce n’est que moyennant cet ordre, moyennant ces lois qui sont, je dirais, physiques, naturelles que vous avez pu croître en votre corps et en votre esprit.

Vous n’avez grandi, tous, que par la vertu de ces inégalités nécessaires. Et les grands adolescents de vos familles le voient bien lorsqu’ils regardent comment s’y prennent leurs parents avec leurs petits frères ou sœurs.

Mais ne voyez pas dans ce jeu d’inégalités nécessaires qui vous permet d’être, l’expression d’une contrainte, d’une dureté, d’une guerre même. Bien au contraire ! Bénigne fut votre accueil dans le sein familiale, charitable, doux. Cette hiérarchie n’a rien de farouche. C’est au contraire une « entraide pour la vie qui s’exerce dès l’origine auprès de l’enfant nu, affamé, éploré qui n’a même pas en sa bouche une obole qui lui paye sa bienvenue. Vos parents ne se sont occupés que de vous secourir. Vous étiez en larmes, ils vous caressaient et vous berçaient s’efforçant même de vous faire sourire. Oui, à l’origine de la famille, inégalité, certes, hiérarchie certes, mais nulle bagarre, mais pluie de bienfaits sur le nouveau né, expression multiple et constante de tendresse. Et l’enfant ne grandit que parce qu’il en est le bénéficiaire bienheureux…

Et « le petit homme » que vous étiez, a grandi….Mais dans ce développement vous n’avez cessé de recevoir de vos parents. Vous avez reçu d’abord d’eux le baptême et tous ses trésors, la grâce sanctifiante, et avec elle, la filiation divine et avec cette filiation, l’héritage éternel, le ciel et l’espérance ; et si, pour certains d’entre vous, il est retardé de quelques temps, pour ceux-là aussi, leurs parents se promettent bien, – ils le montrent déjà -, qu’ils leur  en faciliteront la réception puisque  le désir de leurs enfants est tel…Mais tout autant que le baptême, ils vous ont donné une langue – le français – langue riche et savante avec le grave héritage spirituel qu’elle apporte et dont vous serez à votre tour responsables, vous avez reçu, grâce à leurs préoccupations, instruction et apprentissage.

L’effort vous étant devenu possible, il vous a été demandé. Aux premières douceurs reçues, a succédé un « mâle amour » pour vous exciter au labeur, le prescrire et le récompenser. La contrainte fut parfois employée car vous pouviez vous opposer à votre propre bien. Il faut peiner et la peine peut coûter. Mais vous savez que le labeur donne des fruits…ainsi du laboureur et de son champ, après les labours, il récolte. Ainsi avez-vous reçu de vos parents, de vos grands parents, l’éducation du caractère, l’éducation du cœur qui a permis de limiter votre égoïsme né, qui a permis d’adoucir votre dureté, peut-être même une certaine cruauté animale, freiner des passions folles et c’est ainsi que déjà certains d’entre vous sont devenus adolescents, le plus charment des êtres, garçons ou filles, parce que bien élevés et bien civilisés. Mais là aussi, dans ce labeur de votre édification, vous devez reconnaître que vous avez tout reçu, vous n’avez rien pu acheter, vous avez reçu les immenses avoirs : la culture, la littérature, l’histoire, la géographies, les explorations…Vous avez eu communication de tout cela tel que tout cela a été capitalisé par vos ascendants, vos parents, lourds de beaucoup plus de siècles que vous n’avez d’années. Où serait, là encore, l’égalité contractuelle dont nous parle nos « philosophes » libéraux ? Un échange a lieu, certes, mais c’est celui de l’ignorance contre la science, celui de l’inexpérience contre l’enseignement de la langue, qui véhicule tout un patrimoine de littératures, d’Arts et des Métiers et de Sciences. Oui ! Dans l’éducation et l’instruction, tout est don…

Ne l’oubliez pas, vous êtes « héritiers »…Vous trouvez dans votre famille incomparablement plus que vous ne lui apportez. La disproportion est infinie. Vous êtes en conséquence « débiteurs » et votre dette est aussi infinie. Vous ne pourrez jamais la solder.

Et c’est dans la mesure où vous comprendrez cela, où vous le comprendrez toujours mieux, que vous grandirez dans la maturité, la liberté. Je dis bien dans la « liberté », non point dans « le libre arbitre ». On naît libre, On est libre. Mais aussi on le devient. Ne confondez pas ces deux notions…ce que l’on fait aujourd’hui si fréquemment. Libre arbitre et liberté. L’un n’est pas l’autre. Libres, vous l’êtes par suite de votre intelligence et de votre volonté. Vous êtes une créature créée à la ressemblance de Dieu, une créature libre. L’instinct n’est pas la loi de votre nature comme pour l’animal qui est sans intelligence. Son « intelligence » est son instinct. Libres, vous l’êtes. C’est votre nature. C’est votre dignité. Le Bon Dieu vous a créé libres. Il vous a donné les facultés, l’intelligence et la volonté qui font que vous pouvez vous mouvoir librement. Le « libre arbitre » est une donnée « originel » de votre être. Vous êtes tels par création. C’est aussi ce qu’on appelle la liberté « ontologique », i.e. qui caractérise votre être. On parlera aussi de liberté physique. Mais cette liberté originel, physique, ontologique, métaphysique est différente de la « liberté morale ». Si la première vient avec votre être et fait votre dignité d’être humain, la seconde, la « liberté morale » vient ensuite de votre agir moral. Elle fait votre noblesse et votre grandeur d’âme. On peut se dégrader comme on peut s’ennoblir. Et sous ce rapport, la liberté morale n’est pas au commencement, mais à la fin. Elle n’est pas à la racine, mais aux fleurs et aux fruits de la nature humaine ou pour mieux dire de la vertu humaine. « On est plus libre en proportion qu’on est meilleur ». « Il faut le devenir ». La liberté est le prix de l’effort, de l’agir vertueux. Et sous ce rapport, en s’amusant avec le verbe « naître » et le verbe « être » : on peut dire que si l’on naît libre sous un certain rapport, i.e. sous celui de l’identité, on le devient aussi sous un autre rapport. i.e. sous celui de la vertu morale. La liberté, principe métaphysique, est une chose, les libertés en sont une autre. Diriez vous que la liberté du fou est vraie liberté ? Non, elle s’appelle folie. La liberté du sot, de l’ivrogne est-elle liberté ? Non. Elle s’appelle sottise, ivrognerie. Ils sont légions aujourd’hui. Celle du bandit, s’appelle banditisme, celle du traite, trahison. Croyiez vous qu’elle le grandit ? Non point. Elle le dégrade. Croyez-vous qu’elle soit un bien ? Nullement. Le militaire peut trahir son pays, l’ingénieur peut trahir son employeur « Renault », en livrant à l’étranger des secrets de fabrication. Croyez vous que de telles libertés soient nobles ? La « liberté morale » est au terme de la vertu morale. Dès lors, la liberté conçue comme régime politique ou comme principe politique et qui affirme en même temps son émancipation du vrai et du beau, devient un chaos généralement douloureux. Voyez l’avortement qui est mort. La liberté est donc un pouvoir, une force qui vaut ce que valent les sujets ou ce que valent les objets recherchés. Si l’objet recherché est noble, si c’est le bien, noble sera la personne, noble sa liberté, bonifiée sera-t-elle ! Il y a donc nécessairement une relation à établir entre la liberté et la vérité recherchée. La liberté est nécessairement mesurée par la vérité. La vérité, le bien feront la noblesse de la liberté, de l’agir libre. « La liberté est ordonnée à la vérité, et elle se réalise dans la recherche et la mise en œuvre de la vérité » (Jean Paul II). Séparée de la vérité, elle se dégrade en licence, dans la vie individuelle, en arbitraire et en totalitarisme dans la vie politique. Ainsi, il faut reconnaître que la référence à la vérité est réellement une garantie de l’avenir de la liberté, mais aussi de la civilisation puisque toute civilisation est liée au vrai, au beau, au bien. Le danger est grand et pour la liberté et pour la civilisation et pour tout homme, lorsque le relativisme philosophique règne dans une société. Car « le relativiste » doute de tout, même et surtout de la vérité : « Qu’est-ce que la vérité » répondait Pilate à Jésus.

Et c’est pourquoi le danger dans lequel vous vivez, chers enfants, est grand. Votre liberté est menacée puisque l’on prétend faire abstraction de la dimension éthique, i.e. de la considération du bien et du mal moral, et donc du vrai. Oui ! Si votre attention est détachée des dimensions éthiques dans votre agir, si vous vous détachez du vrai, vous courrez le plus grand des dangers. Vous entendrez sans cesse de vos camarades aujourd’hui dire, « je suis libre », « je fais ce que je veux » et « pense ce que je veux ». Ils vous diront : « il suffit d’être libres », « ce qui importe c’est d’être libres, détachés de tous liens afin de pouvoir agir selon son propre jugement qui sont souvent, en réalité que des caprices ». Non ! Il faut agir conformément à la vérité, au bien. Une liberté qui est déconnecté de tout jugement moral est « potentiellement dévastatrice », nous disait Jean-Paul II. Et le 20ème siècle a connu et le communisme et le national socialisme, deux totalitarismes atroces. Que votre siècle en soit épargné. Mais pour cela, aimez le vrai et faites le aimer autour de vous. Vous serez alors les vrais pourvoyeurs de liberté.

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