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Je crois en Notre Seigneur Jésus Christ comme je crois en son Eglise.

publié dans paroisse saint michel le 22 janvier 2011


3ème dimanche après l’Epiphanie.

Je crois en Notre Seigneur Jésus Christ comme je crois en son Eglise.

Ainsi que le dit saint Paul dans son épître aux Hébreux : « Celui qui vient à Dieu doit croire » (Hb 11 6). C’est l’attitude et du lépreux de l’Evangile de ce dimanche et de ce centurion. Le lépreux vient au Christ parce qu’il croit qu’il a la puissance de le guérir. Le Centurion fait le même chemin vers le Christ parce qu’il sait qu’un seul mot prononcé de sa bouche suffira à la guérison de son enfant. « Sed tantum dic verbo et sanabitur puer meus ». Celui qui vient vers Dieu doit croire, nous dit saint Thomas. C’est merveilleusement illustré par l’exemple et du lépreux et du centurion, vous dis-je. Mais nul ne peut croire, MBCF, que si la vérité qu’il doit croire lui est proposée. Et voilà pourquoi il est nécessaire que la vérité de la foi soit dite. (IIa IIae 1 9) Aussi permettez-moi aujourd’hui de vous présenter une sorte de « protestation de foi » toute sur l’Eglise. Ne pensez-vous pas que le Centurion ainsi que le lépreux guéri s’en sont retournés cher eux louant et chantant les merveilles de NSJC. Permettez moi de chanter les merveilles de l’Eglise, une partie de ma foi, pour vous y attacher tout également.

Je suis dans l’Eglise et y resterai ma vie durant.
L’Eglise catholique est le tout de ma vie. Il en sera toujours ainsi. J’ai reçu d’elle la foi, le saint baptême, et, par elle, le plus beau des trésors, la vie éternelle par le péché originel effacé, et si je reste fidèle à cette filiation divine communiquée, je recevrai un jour la vision de gloire. Par elle, j’ai connu le Christ, le Fils de Dieu fait homme en le sein de la Vierge Marie. « Et Verbum caro factum est ». Les Apôtres par le Christ ont reçu la Révélation, leurs successeurs en continuent fidèlement la transmission. L’Eglise apostolique peut dire avec saint Paul « accepi quod et tradidi », « j’ai reçu ce que j’ai transmis ». Par elle, j’ai connu le plan de salut voulu par Dieu depuis toujours et réalisé « à la plénitude des temps » en son Fils, plein d’amour et de vérité. Grâce à la réalisation de ce plan, je sais que le Christ est pour moi « l’espérance de la gloire ». Par elle et en elle, je suis devenu prêtre, prêtre catholique par les mains de Mgr Lefebvre ayant obtenu toute lettre « démissoriale » nécessaire à une ordination non seulement valide mais licite et par elle au service de l’Eglise dans la FSSPX, d’abord, de nombreuses années et aujourd’hui au service du Bon Pasteur. L’exercice pastoral en l’Eglise est la joie de ma vie, la plénitude de mon cœur. L’étude du mystère de Dieu, sa prédication aux fidèles mis sur ma route, est le ravissement de mon intelligence. J’aimerais le mieux comprendre, pour le mieux annoncer. Chaque dimanche est un jour de bonheur parce que le Seigneur est prêché. Que m’importe le reste, cette prédication est importante. Par l’Eglise et en elle, grâce au sacerdoce, chaque jour, je monte à l’autel pour célébrer les saints mystères, le saint sacrifice de la Croix renouvelé sacramentellement sur l’autel. Je célèbre ainsi la charité du Christ qui surpasse toute connaissance. Je la contemple. J’enivre mon cœur à cette charité ineffable et j’entretiens ainsi en mon âme, comme le dit joliment saint Bernard, « les aiguillons de l’amour ». J’aime non seulement la réalité de ce sacrifice, celui du Christ, le même que celui du Golgatha, perpétué dans le temps, mais j’aime aussi le rite « tridentin ». Il est cet « écrin » qui me conserve ce joyau, le plus beau joyau de l’Eglise : la messe. J’aime non seulement les mouvements respectueux et pieux qu’il m’impose, son sens hiérarchique, sa belle ordonnance….Par contre et en conséquence, j’ai horreur de ce rite « nouveau » qui se veut populaire mais qui n’est que désordre et confusion, une messe « démocratique », ruine du sacerdoce. J’aime aussi et surtout les prières du rite tridentin, les prières de l’Offertoire qui me rappellent tellement fortement, chaque fois, le sens de cet acte que je pose dans mon ministère sacerdotal. Car la messe est un acte, celui-là même du Christ sur la Croix et nullement un souvenir, une commémoration, comme le voudraient les protestants. Chacune de ces prières me rappellent les finalités de cet acte liturgique, qui est plus qu’un acte liturgique, qui est l’acte même du Christ, le prêtre n’est que son ministre. Cet acte est un acte de louange et d’honneur, c’est la finalité latreutique de la messe. Cet acte est un acte eucharistique. Il est une action expiatoire, propitiatoire, le Christ se faisant victime pour nous, à notre place, pour réparer l’injustice faite à Dieu par le péché originel et nos propres péchés. Souverain Prêtre, Il s’est substitué à nous pour satisfaire la justice de Dieu. C’est un acte d’amour d’une charité insondable, incommensurable. Il est enfin impétratoire. En cet acte et en cet acte seul, je peux satisfaire, de la meilleur des manières, mes obligations envers Dieu. Il est bien légitime que j’aime et ce sacerdoce et cet acte divin et cette Eglise. J’aime son Canon, le Canon de la Messe, le Canon Romain, son caractère ancestral…En sa réalisation, la Sainte Eucharistie est ma nourriture ainsi que la votre. Elle est pour tous, dans la foi, l’espérance du salut, plus, la certitude du salut. « Celui qui mange mon corps et boit mon sang a la vie éternelle ». Cette Eucharistie est vraiment l’esprit et la vie, le cœur des fidèles, le cœur de l’Eglise. En cette liturgie-eucharistie, les familles se constituent, vivent et se développent. Naissant au pied de l’autel, il est bien légitime qu’il en soit ainsi. Ainsi le dimanche est non seulement le jour sacerdotal mais aussi la journée familiale par excellence. Les familles, comme vous le faites, doivent se réunir au pied de l’autel. Oui ! J’aime ce rite, le rite tridentin. J’aime son chant grégorien. J’aime sa langue liturgique, le latin. Mais j’aime tout autant l’Eglise qui m’a donné pour toujours et cet acte et ce rite et cette langue. Mon sacerdoce y trouve son accomplissement. Et nul ne pourrait, avec la grâce de Dieu, ni m’arracher à l’Eglise, ni m’arracher ce trésor, fut-ce un ange du Ciel comme parle saint Paul dans ses Epîtres. Il rencontrerait mâle résistance…à plus forte raison si cette opposition venait de créatures terrestres, même ecclésiastiques.

La messe tridentine, ce trésor condamnée

Or chose étonnant, cette hypothèse, simple hypothèse, devint réalité, un jour, le 3 septembre 1969, mieux encore, le 24 octobre 1974, lors d’un consistoire tenu par le Pontife suprême, Paul VI. Il voulait imposer à la chrétienté son « nouveau missel », dit de Paul VI. Cette volonté allait contre l’être « historique de l’Eglise ». L’Eglise est une tradition. Le rite « tridentin » remonte pour l’essentiel, du moins son Canon, à Saint Grégoire le Grand, au 5ième siècle. Il était, dans l’Eglise, une coutume ancestrale, plus que millénaire…Nulle autorité ne pouvait dès lors l’abolir. Il était légitime et le resterait à jamais. Aussi un combat « acharné » s’en suivit que d’aucuns appelèrent « le combat des dociles ». Ils ne voulaient se laisser arracher ce trésor, garant de l’orthodoxie menacée, d’autant que le modernisme pénétrait et les esprits et les institutions. Maritain disait, à l’époque, dans son livre « le Paysan de la Garonne » que le Modernisme du début du XX ème siècle que décrivit et condamna saint Pie X était « un simple rhume des foins ». C’est dire la gravité de la chose. Une résistance s’organisa. Mgr Lefebvre, soutenu de prêtres et de laïcs, en fut comme le « héraut ». Tout se cristallisa, un temps, autour de sa personne. Il fonda ses séminaires pour garder, entre autres, cette messe tridentine. La réforme liturgique pourtant allait s’imposer « d’un train d’enfer ». Comme Attila, elle écrasait toute résistance. Rien ne devait demeurer de la tradition liturgique. Missel nouveau, rite nouveau, bréviaire nouveau, Lectionnaire nouveau, catéchisme nouveau, Droit canon nouveau. Tout devait correspondre à la nouvelle théologie. Tout devait s’inspirer de « l’esprit conciliaire ». Quel était-il ? On ne le savait pas trop. Toute période révolutionnaire a besoin de slogans pour imposer son idéologie. A nouvelle doctrine, disait Mgr Lefebvre, nouvelle messe, nouveau catéchisme. Le combat fut très dur. Tout l’arsenal « canonique » fut déployé pour mettre les gens au pas. Mais l’amour de l’Eglise, de sa doctrine, de son rite ancestral, cause et raison de cette opposition, fut « intrépide » aussi. Les « suspens a divinis » tombèrent jusqu’à l’excommunication, comme des boulets de canons, chose anachronique en un temps où il était « interdit d’interdire ». Mais la contradiction ne gène jamais le « révolutionnaire ». Les souffrances furent grandes mais toujours portées dans un esprit filial et jamais « révolté ». La fidélité au patrimoine ecclésial justifiait cette résistance. Et ces condamnations étaient manifestement injustes et illégales, fruits d’un abus de pouvoir évident. L’avenir le dira. Et l’avenir l’a dit

Une réconciliation nécessaire.

Après plus de quarante ans de « combat acharné », le Pontife suprême, Benoît XVI, dans un Motu Proprio ayant pour titre « Summorum Pontificum » le reconnaît. Aussi à ce rite tridentin, veut-il lui redonner une place d’honneur dans l’Eglise. Il doit être respecté, vénéré, célébré dans les paroisses, les sanctuaires. Les évêques sont même encouragés à créer à cet usage des paroisses personnelles. Il les incite à aller dans ce sens…C’est la claire intention du Pape dans ce document. Il faut que cesse cette « guerre » des rites. C’est l’heure de la « réconciliation ». Il le veut. Il le dit aux évêques: « Il s’agit de parvenir à une réconciliation interne au sein de l’Eglise. » S’inspirant de l’histoire de l’Eglise et des divisions successives, il leur demande de faire « tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l’unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la trouver de nouveau ». Nous étions en 2007, le 7 juillet 2007. Il régnait depuis seulement deux ans sur le siège de Pierre.

Mais bien avant, dans beaucoup de ses écrits, le problème liturgique fut sa préoccupation. Il regrettait cette « réforme liturgique » de Paul VI. Il voulait la corriger. Elle était une liturgie réalisée hâtivement, et sans respect de la tradition liturgique. Il parlait de liturgie « fabriquée », un comble, car la liturgie de l’Eglise est comme un vivant qui croît dans la continuité de l’être. C’est ainsi que l’on s’éloignait de la pensée de Pie XII et de son Encyclique sur la liturgie « Mediator Dei », un chef d’œuvre, et même du document conciliaire « Sacrosanctum concilium ». Son livre « L’esprit liturgique », disait qu’il était nécessaire de reprendre la célébration de la messe « ad orientem », la langue liturgique, le latin, même dans les parties professées par le peuple, reprendre la communion sur la bouche et à genou par respect et confession du grand mystère de la transsubstantiation. En un mot, reprendre tous les actes qui donnent le caractère sacré de la liturgie, caractère sacré qui doit être cultivé pour donner au peuple le sens de la Transcendance de Dieu et de son amour et qui nourrisse la contemplation. Caractère sacré qui est le propre du rite tridentin, rite qui est l’archétype de toute liturgie !

Mais avant même l’accès de Benoît XVI sur le siège de Pierre, dès la fin du pontificat de Jean-Paul II, nous pouvions constater un réel changement de Rome vis-à-vis de ceux qui voulaient garder la messe tridentine. Ce changement se manifesta déjà en la fameuse lettre de 1984 « Quottuor abhinc annos ». Les évêques avaient la possibilité de concéder un indult pour la célébration de la messe antique. Puis en 1986, Rome reconnaissait que cette messe n’avait pas été abolie. Le cardinal Stickler le confessa publiquement en 1995. Jean Paul II publia enfin son Motu Proprio « Ecclesia Dei Adflicta », en 1986, qui, tout en condamnant Mgr Lefebvre, en raison des sacres accomplis, demandait aux Evêques de se montrer accueillants pour « les fidèles de la tradition »… Le retour était lancé. On ne reviendrait pas en arrière, le cardinal Stickler le certifiait. Et de fait, on ne revint pas en arrière. Il accepta même en 2001, la création d’une administration apostolique pour les pères de Campos, fidèles de Mgr de Castro Mayer, avec exemption de l’ordinaire du lieu, droit exclusif dans leurs églises du rite tridentin, et juridiction propre et personnel sur les fidèles choisissant cette messe.

MBCF, j’aime cette Eglise romaine que l’Esprit Saint ne cesse d’inspirer, de protéger, de garder fidèle au milieu des plus grandes tribulations. C’est auprès d’elle et en elle que je trouve le salut, par ses sacrements, comme le lépreux et le Centurion le trouvèrent auprès du Christ Jésus. Du reste, L’Eglise n’est que Jésus Christ continué dans le temps.

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