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Des ministres du baptême.

publié dans paroisse saint michel le 25 janvier 2011


Les Sacrements.

Le baptême.
Troisième leçon

Des ministres du baptême.

Après avoir étudié l’essence du sacrement de baptême, dans un premier article, puis l’institution du saint Baptême par NSJC alors qu’il sanctifiait l’eau par son propre baptême qu’il recevait dans le Jourdain des mains de saint Jean Baptiste, le catéchisme du Concile de Trente étudie dans son troisième paragraphe « des ministres du sacrement de baptême ».
Par ordre, les ministres sont l’Evêque, le prêtre, le diacre, et tout être humain, homme et femme, tout particulièrement les sages femmes, et même les hérétiques et schismatiques et même les païens. Ces dernières affirmations ne sont pas sans étonner de prime abord. Il en faut donner les explications. Ce que fait, bien sur, le catéchisme. Et là encore, en suivant l’ordre de la Somme de saint Thomas.

Saint Thomas aborde cette question des ministres du baptême dans la question 67 de la IIIa pars. Il lui consacre huit articles. Dans les six premiers articles, saint Thomas traite du ministre proprement dit ; dans les deux derniers, il traite de ce qui est pour ainsi dire le complément du ministre : à savoir du parrain et de la marraine. Ce qui fera l’objet du paragraphe IV du catéchisme.

Suivons donc la pensée de saint Thomas reprise en tous points par le catéchisme de Trente.

Il faut savoir qu’il y a « trois classes de Ministres du Baptême ».
- les Evêques et les Prêtres, c’est la première classe »,
- les diacres, comme ministre auxiliaire. C’est la seconde classe.
- enfin tous les humains, homme ou femmes, même le dernier du peuple et de quelque religion qu’ils soient. C’est la troisième et dernière classe.

Et cet ordre, autrement dit, cette hiérarchie, nous dit le catéchisme de Trente, doit être respecté. L’ordre dans l’Eglise doit régner. Nul ne doit usurper le pouvoir d’autrui, le fidèle, le pouvoir du diacre, le diacre, le pouvoir du prêtre, le prêtre, le pouvoir de l’Evêque. Le catéchisme dit : nulle « personne ne doit sortir des limites de ses attributions, et ne doit chercher à s’introduire à contretemps, ou à pénétrer avec insolence sur le terrain d’autrui. Car, dit l’Apôtre, « il faut garder l’ordre en toutes choses. » (I Cor 14 40). C’est un sage principe qui, aujourd’hui plus que hier, garde, oh combien ! toute son importance.

Alors qu’en est-il du pouvoir du prêtre et de l’Evêque ?

§1 Du ministre du baptême qu’est l’Evêque.

C’est, bien évidemment, de plein droit et non en vertu d’un pouvoir extraordinaire ou délégué que l’Evêque, successeur des Apôtres, est ministre du baptême. C’est l’ordre formel reçu par NSJC. « C’est aux Evêques que Notre Seigneur a dit dans la personne des Apôtres: Allez, baptisez ! (Mtt28 19)

Il est vrai, fait remarquer saint Thomas dans l’article 2 de la question 67 que le devoir de baptiser et d’enseigner fut enjoint tout également par le Seigneur aux Apôtres, dont les évêques aujourd’hui tiennent la place. Pourtant « dès les premiers temps, les apôtres ont pris l’habitude de laisser aux Prêtres l’administration du Baptême ». Pourquoi ? « Pour ne pas être obligés d’abandonner la charge plus importante encore de la prédication », nous dit le catéchisme.

Saint Thomas explique joliment que ces deux fonctions données par NSJC aux Apôtres, de baptiser et d’enseigner, ne le furent pas de la même manière. L’office d’enseigner leur fut confié par le Christ, de manière à ce qu’ils l’exerçassent par eux-mêmes, comme étant leur office principal par excellence ; et aussi bien, les Apôtres eux-mêmes dirent, dans les Actes (6 2) : « Il n’est pas juste que nous laissions la parole de Dieu et que nous servions à table ». L’office de baptiser, au contraire, Il le confia aux Apôtres pour qu’ils l’exerçassent par d’autres ; ce qui fait dire à l’Apôtre dans sa premières épître au Corinthiens : « le Christ ne m’a pas envoyé baptiser mais évangéliser » (1 Cor 1 17). Et cela, explique saint Thomas, « parce que, dans l’acte de baptiser, le mérite et la sagesse n’ont aucune action comme ils l’ont », si grande « dans l’acte d’enseigner. Et en signe de cela le Seigneur Lui-même ne baptisa pas, mais ses disciples, comme il est dit dans saint Jean (Jn 4 2).
Mais cela n’exclut pas pour autant que les évêques puissent baptiser ; car ce que peut la puissance inférieure, la puissance supérieure le peut aussi. Et aussi bien, l’Apôtre, au même endroit (14 16), dit qu’il en a baptisé quelques uns.

Il faut faire remarquer au passage l’importance de la prédication pour saint Thomas. Pour lui c’est l’œuvre par excellence « du mérite et de la sagesse », de la science et de la vertu. Et le père Pègues OP, de conclure : « le mérite et la sagesse, la science et la vertu, voilà donc les deux choses qui seules peuvent donner à la parole de celui qui enseigne, dans l’ordre de la doctrine sacrée, sa pleine et entière efficacité sur les âmes »

§2- du ministre du baptême qu’est le prêtre.

Voici ce que dit le catéchisme du Concile de Trente : « Quant aux Prêtres, la doctrine des Pères et l’usage constant de l’Eglise attestent qu’ils exercent cette Fonction en vertu d’un droit qui leur est tellement propre, qu’ils peuvent baptiser même en présence de l’Evêque. Et de fait, puisqu’ils étaient établis pour consacrer l’Eucharistie qui est (1 Cor 10 27) le Sacrement de la paix et de l’unité, il était tout naturel qu’ils reçussent en même temps le pouvoir de faire tout ce qui est nécessaire pour mettre les hommes en participation de cette paix et de cette unité ».
On ne peut passer trop vite sur point de doctrine tellement il est important, surtout aujourd’hui où l’on perd le sens du sacerdoce.
Le prêtre tire son droit de ministre du baptême de sa fonction eucharistique, de son ordination à la Sainte Eucharistie. C’est tout à fait ce qu’enseigne saint Thomas d’Aquin dans le corps de l’article 2 de la question 67.

Les prêtres sont consacrés à cette fin : « pour qu’ils produisent le sacrement du Corps du Christ » ou l’Eucharistie. Mais « l’Eucharistie est le sacrement de l’unité de l’Eglise » qui est le Corps mystique du Christ comme l’indique cette parole de saint Paul : « Bien que plusieurs, nous ne formons qu’un pain et un corps, nous tous qui participons à un seul pain et à une seule coupe (1 Cor 10 17). Or par le baptême, un sujet devient participant de l’unité de l’Eglise » : il est incorporé au corps mystique du Christ ; il fait partie du corps de l’Eglise ; il en est un membre ; et « aussi bien il reçoit le droit d’approcher de la table du Seigneur. Il suit de là que comme il appartient au prêtre de consacrer l’Eucharistie, à qui le sacerdoce est principalement ordonné, de même il appartient à l’office propre du prêtre de baptiser. On voit, en effet, qu’il appartient au même de produire le tout et de disposer la partie dans le tout ».

C’est merveilleux et c’est bien l’argument que retient le catéchisme pour justifier l’affirmation que le prêtre est le ministre ordinaire et de droit du saint baptême. Il tire ce pouvoir de son ordination à la sainte Eucharistie. Retenez ce principe thomiste : « Il appartient au même de produire le tout et de disposer la partie dans le tout ».

Et le catéchisme ne manque pas de rappeler toutefois que « si quelques Pères ont pu dire que les Prêtres n’avaient pas le droit de baptiser sans la permission de l’Evêque, cela doit s’entendre seulement du Baptême que l’on avait coutume d’administrer plus solennellement à certains jours de l’année ».

§3- le diacre, ministre extraordinaire du baptême.

« La seconde classe est celle des diacres. Mais ils ne peuvent baptiser qu’avec le consentement de l’Evêque, ou du Prêtre ».
C’est la doctrine commune des Pères de l’Eglise. C’est la Tradition de l’Eglise : « De nombreux textes des Pères ne laissent aucun doute sur ce point ». Et la raison théologique donnée par saint Thomas, est que le diacre selon le sens du mot n’est que « ministre » ou mieux « serviteur ». IL ne peut être que ministre délégué.

§4 – Tous les humains, hommes ou femmes, même les derniers du peuple et de quelque religion qu’ils soient peuvent administrer le baptême

C’est la troisième catégorie de personnes. Mais faut-il que l’on soit dans un cas de nécessité, un cas d’urgence, en péril de mort, par exemple. La raison en est que le baptême étant nécessaire au salut éternel d’un chacun, la Providence n’a pas voulu refuser à personne le pouvoir d’administrer le sacrement de baptême, comme elle a choisi et institué pour matière de ce sacrement, nous l’avons vu, l’eau que l’on trouve partout.
Voilà ce que dit exactement le catéchisme : « c’est là pour nous une belle occasion d’admirer la Bonté parfaite et l’infinie Sagesse de notre Dieu. Parce que le Baptême est nécessaire à tous, Il a choisi et institué pour matière de ce Sacrement l’eau, que l’on trouve partout, et en même temps II n’a voulu refuser à personne le pouvoir de l’administrer. Seulement, comme nous l’avons déjà dit, tous n’ont pas le droit de le conférer avec les cérémonies établies par l’Eglise ; non que ces rites et ces cérémonies soient quelque chose de plus auguste que le Sacrement lui-même, mais parce qu’elles sont moins nécessaires ».

C’est également l’argument de saint Thomas dans l’article 3 de la question 67 où il se pose la question : « si un laïque peut baptiser ?

Saint Thomas déclare qu’il appartient à la miséricorde de Celui qui veut le salut de tous les hommes (1 Tim 2 4) que dans les choses nécessaires au salut, l’homme trouve facilement le remède. Or, parmi tous les autres sacrements, celui qui est de la plus grande nécessité est le baptême, régénérant l’homme dans la vie spirituelle : car pour les enfants, il n’est point d’autre moyen de venir à leur secours et, pour les adultes, ils ne peuvent point autrement que par le baptême, obtenir la pleine rémission quant à la coulpe et quant à la peine du péché. « Afin donc que l’homme, au sujet d’un remède si nécessaire ne fut point en défaut, il a été institué d’une part que la matière du baptême fît commune, à savoir l’eau que chacun peut avoir ; et aussi que le ministre du baptême soit n’importe qui, même s’il n’est point ordonné de peur que l’homme, par défaut de baptême, ne souffre le dommage de son salut ».

Parce que le baptême est nécessaire au salut et que le Bon Dieu, dans sa miséricorde, veut le salut de tous, il fallait en faciliter la collation par tous les moyens : en trouvant une matière facile : l’eau qui se trouve partout et en donnant à tous la faculté de conférer le baptême en cas de nécessité.

Vous retiendrez au passage que saint Thomas affirme la nécessité pour les enfants de recevoir le baptême : « pueris aliter subveniri non potest » ; Nous y reviendrons plus tard.

Précision importante: peu importe que le laïque, en question, soit catholique ou non, peu importe sa religion.

Le catéchisme de Trente est très clair : « Juifs, infidèles, hérétiques, quand la nécessité l’exige, tous peuvent baptiser, pourvu qu’ils aient l’intention de faire ce que fait l’Eglise, en administrant ce Sacrement ».

Le catéchisme recourt, comme le fait saint Thomas, à l’autorité des Pères de l’Eglises et de papes. Saint Thomas, dans l’article 5, cite d’abord le pape Nicolas Ier. Il répond à la consultation des Bulgares : « Vous dites qu’il y en a beaucoup, dans votre patrie, qui ont été baptisés par quelqu’un dont vous ne savez pas s’il était chrétien ou païen. Ceux-là, s’ils ont été baptisés au nom de la Trinité, ne doivent pas être rébaptisés. Mais si la forme de l’Eglise n’avait pas été observée, le sacrement de baptême n’est pas conféré ». Et c’est ainsi qu’il faut entendre ce que Grégoire III écrit à l’évêque Boniface : « ceux que vous affirmez avoir été baptisés par des païens, n’ayant point gardé la forme de l’Eglise dans la collation de ce baptême, nous ordonnons qu’ils soient de nouveau baptisés, au nom de la Trinité ».
Le catéchisme du Concile de Trente peut, lui, invoquer, l’autorité du Concile de Trente : « Mais la sainte Assemblée de Trente vient au surplus de prononcer l’anathème contre tous ceux qui oseraient soutenir que le Baptême donné par les hérétiques au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, avec l’intention de faire ce que fait l’Eglise, n’est pas un Baptême valide et véritable ». C’est le canon 4 sur le sacrement de baptême de la 7ème session du Concile de Trente.

La raison en est toujours la même : la nécessité du baptême pour l’obtention du salut. Dieu qui est bon, en a facilité la collation : il suffit de l’eau. Il suffit d’un ministre quelconque : « n’importe quel homme suffit ». « Il suit de là que, même un non baptisé peut baptiser en cas de nécessité. C’est ainsi que deux non baptisés peuvent se baptiser l’un l’autre ».

« Seulement, comme nous l’avons déjà dit, tous n’ont pas le droit de le conférer avec les cérémonies établies par l’Eglise ; non que ces rites et ces cérémonies soient quelque chose de plus auguste que le Sacrement lui-même, mais parce qu’elles sont moins nécessaires ».
Mais en ce domaine, il y a une hiérarchie à respecter, nous dit le catéchisme s’inspirant encore de saint Thomas : « Au reste, s’il est permis à tous de baptiser, les Fidèles ne doivent point s’imaginer pour cela que les convenances n’obligent pas à établir un certain ordre parmi les divers Ministres de ce Sacrement. Une femme, par exemple, ne doit pas se permettre d’administrer le Baptême, s’il y a un homme présent ; ni un Laïque, s’il y a un Clerc ; ni un Clerc s’il y a un Prêtre. Cependant les sages-femmes qui sont accoutumées à baptiser ne sont nullement répréhensibles, si dans certains cas, et en présence d’un homme qui ne sait pas conférer ce Sacrement, elles se chargent elles-mêmes de cette fonction, qui dans d’autres circonstances semble convenir beaucoup mieux à l’homme ».
Et pourquoi ? Saint Thomas nous en donne la raison dans l’article 3 où il se pose la question : « si une femme peut baptiser ? » Il répond que oui. En effet c’est le Christ qui baptise au titre de cause principale, selon ce que dit saint Jean : « Celui sur qui tu verras l’esprit descendre et demeurer, c’est celui-là qui baptise » (Jn 1 33) D’autre part, il est dit aux Colossiens que dans le Christ il n’est point d’homme ni de femme » (Col 3 11). Par conséquent de même que l’homme laïc peut baptiser, comme ministre du Christ, pareillement aussi la femme le peut. Toutefois, parce que l’homme est la tête de la femme et la tête de l’homme le Christ (Cor 11 3), la femme ne doit pas baptiser, s’il y a suffisance d’hommes ; comme, aussi le laïque, en présence du clerc ; ni le clerc inférieur en présence du prêtre : celui-ci cependant peut baptiser, même en présence de l’Evêque, parce que l’acte de baptiser appartient à l’office du prêtre ».

Comme on le voit à la fin de cette étude, dans ce Paragraphe 3, le catéchisme du Concile de Trente, comme, du reste saint Thomas dans la Somme, établissent non seulement les ministres du baptême mais également leur hiérarchie puisqu’ il a plusieurs catégories de ministres. L’étude est bien menée.

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