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Entraide et Tradition

« Je me glorifierai volontiers de mes faiblesses, afin que la force du Christ habite en moi ».

publié dans couvent saint-paul le 26 février 2011


Dimanche de la Sexagésime
« Je me glorifierai volontiers de mes faiblesses, afin que la force du Christ habite en moi ».

« Afin que la force du Christ habite en moi ».

Mais quelle est donc cette force du Christ ? Quel est donc ce Christ en moi? Finalement qui est donc ce Christ pour qui saint Paul et tant d’autres ont donné leur vie?

Voilà la question à laquelle je voudrai aujourd’hui répondre pour les néophytes que la bonté de Dieu a conduits merveilleusement jusqu’à nous.

Le Christ ? Il fait l’objet du deuxième article du Symbole des Apôtres, de notre Credo. Il est ainsi formulé : « Je crois en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur ».

Qui est donc ce Christ ? Il est « Notre Sauveur ». C’est le grand mystère de notre sainte religion. C’est la première affirmation le concernant lors de son apparition au milieu des hommes. Souvenez-vous de l’affirmation des anges alertant les bergers de la naissance de l’enfant de la crèche : «Il y avait dans la même région des bergers qui vivaient aux champs et qui veillaient la nuit sur leur troupeau. Un ange du Seigneur parut auprès d’eux et la gloire du Seigneur les enveloppa de clarté, et ils furent saisis d’une grande crainte. Mais l’ange leur dit :  » Ne craignez point, car je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple une grande joie : il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ Seigneur. Et voici ce qui vous en sera le signe : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une crèche. Tout à coup se joignit à l’ange une troupe de la milice céleste, louant Dieu et disant : Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ».

« Un Sauveur vous est né ». Voilà une première affirmation, une révélation capitale. Voilà comment Dieu nous parle de son Fils Jésus. Il est le sauveur.

Que vient faire sur la terre « ce sauveur » ? Il vient opérer le salut. Le salut de qui ? Du genre humain. Le « vous » de la parole de l’ange ne laisse planer aucun doute : Ce sauveur est pour les bergers qui représentent ici le genre humain tout entier. « Il vous est né aujourd’hui un Sauveur ». « Aujourd’hui », c’est donc que ce salut s’opère dans le temps. Mais si ce salut qui se réalise dans le temps, dans cet « Aujourd’hui » i.e, sous Ponce Pilate, pendant que Quinrinius était gouverneur de Syrie, nous dit l’Ecriture, Dieu le Père l’a cependant résolu de toute éternité. Ce salut, il faut le savoir, est « le propos éternel de Dieu, antérieur même à la constitution du monde ». C’est dire que Dieu en a seul l’initiative. Ce salut, c’est le mystère du bon vouloir divin et cette volonté divine ne s’est réalisée, ne s’est décidée que d’après son bon plaisir. Saint Paul est formel : « C’est en lui (en le Christ) que nous avons la rédemption acquise par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce, que Dieu a répandue abondamment sur nous en toute sagesse et
intelligence, en nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le libre dessein que s’était proposé sa bonté, pour le réaliser lorsque la plénitude des temps serait accomplie, à savoir, de réunir toutes choses en Jésus-Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre ».
Ce propos sauveur, que Dieu s’est fixé de toute éternité, selon une initiative par conséquent absolument gratuite, a été caché aux siècles et aux générations passées. Saint Paul est encore très clair. Il le dit toujours dans l’épître aux Ephésiens : « (Ce mystère du Christ, i.e. ce salut) n’a pas été manifesté aux hommes dans les âges antérieurs, comme il a été révélé de nos jours par l’Esprit Saint aux saints Apôtres et aux saints prophètes de Dieu » (Eph 3 5). Il est par sa nature même, inconnaissable aux hommes aussi longtemps qu’il n’est pas manifesté.

Et c’est de ce mystère que tout néophyte doit prendre connaissance avant de recevoir le baptême. Car ce baptême reçu lui permettra de vivre de ce plan de Salut, selon ce plan de Salut qui se résume en le Christ, qui est la manifestation de la bonté de Dieu.

Ce dessein rédempteur est donc essentiellement un mystère, i.e. un secret, une connaissance réservée à Dieu seul jusqu’à ce qu’il en décide la révélation. Et, nous venons de le dire au tout début : ce n’est qu’à la plénitude des temps, à l’âge messianique, qui clôt l’histoire de l’humanité, que Dieu en a décrété l’exécution et la révélation. Saint Paul est encore formel « C’est en lui – i.e. en le Christ que nous avons la rédemption acquise par son sang, la rémission
des péchés, selon la richesse de sa grâce, que Dieu a répandue abondamment sur nous en toute sagesse et intelligence, en nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le libre dessein que s’était proposé sa bonté, pour le réaliser lorsque la plénitude des temps serait accomplie, à savoir, de réunir toutes choses en Jésus-Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre ». (Eph 1 10)

Mais quel est donc l’objet, le contenu de ce mystère ? C’est précisément le Salut, c’est-à-dire la Vie Eternelle qui commence dès ici-bas par la connaissance de la vérité et qui est comme une récompense de l’amour que l’on a pour Dieu. Et comment ne pas aimer Dieu qui a conçu pour nous, à notre avantage, un tel mystère, celui de notre Vie Eternelle, celui de notre Salut. Le contenu du mystère c’est le bonheur du ciel et l’ensemble des moyens infiniment variés de miséricorde par lesquels Dieu entend nous conduire à cette rédemption consommée. Mais parmi tous ces moyens que vous apprendrez à connaître, il y a un moyen essentiel, hors de pair, qui est au centre de tout, vers lequel tout converge, c’est le Christ Jésus. A tel enseigne que saint Paul peut résumer le mystère du Salut, au Christ même, à sa personne, à son avènement sur la terre, à son rôle salutaire. Ainsi qu’est-ce que le Christ me demandais-je au début ? J’ai répondu : Il est Sauveur. Il est donc celui qui m’ouvre le ciel. Il est ainsi en moi, « l’espérance de la gloire ». Le Christ est celui donc qui réalise, qui exécute les desseins salvifiques de Dieu. De fait, si Dieu veut sauver tous les hommes et les faire parvenir au ciel, c’est le Christ qui réalise ce plan, ce vouloir divin.

Mais ce Salut en le Christ ne se limite pas au seul peuple juif. Il est universel. Juifs et Gentils sont l’objet de ce salut. Saint Paul est formel dans son épître aux Ephésiens : les païens sont admis au même héritage que le peuple élu, à posséder les mêmes dons spirituels, à constituer avec eux un même corps, donc à participer à une même Eglise. La formule la plus complète du mystère est toujours donné par saint Paul aux Ephésiens en son chapitre 1 verset 10 : « C’est en lui que nous avons la rédemption acquise par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce, que Dieu a répandue abondamment sur nous en toute sagesse et intelligence, en nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le libre dessein que s’était proposé sa bonté, pour le réaliser lorsque la plénitude des temps serait accomplie, à savoir, de réunir toutes choses en Jésus-Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre ». Ainsi dans son dessein de salut, Dieu a-t-il décrété que le Christ Seigneur serait le centre, le lien vivant, le principe de convergence, d’harmonie et d’unité de toutes les créatures quelles qu’elles soient, terrestres, humaines et célestes.

Ainsi si vous me demandez à la fin de ce discours, ce qu’est l’Evangile des Chrétiens ? Je vous répondrais avec Saint Paul qu’il est « l’Evangile de votre Salut », qui consiste en la Vie Eternelle.

Vous reconnaîtrez, je pense, que les notions de mystère de Dieu, de salut, de Christ, d’Evangile, et même d’Eglise, de prédication et de sacerdoce coïncident parfaitement. Elles ont toute le même objet : le Christ. Le Christ est la composante du mystère, c’est l’objet même de l’Evangile, le thème essentiel de la prédication, la vérité prêchée par le sacerdoce, la vérité dont l’Eglise a la charge et la garde obligée, que le sacerdoce, dans l’Eglise, met en œuvre. Y adhérer par la foi, c’est s’insérer dans le plan de Salut et obtenir la Vie Eternelle.

Dès lors on ne saurait trop se convaincre que l’objet de la prédication du prêtre ne peut être que de prêcher Jésus-Christ, d’exposer le mystère du Salut opéré par le Christ et dans le Christ. N’attendez pas autre chose du prêtre. Il ne vous prêchera pas d’abord un ordre politique, un ordre social, il ne vous enseignera pas une doctrine syndicale, il ne fera pas avec vous une étude sociologique du monde contemporain. Il vous prêchera le Christ. Comme le dit saint Paul : « Qu’il me soit donné d’ouvrir les lèvres et de prêcher avec liberté le mystère de l’Evangile, à l’égard duquel je fais fonction d’ambassadeur »(Eph 6 18-20)

C’est dire aussi que si ce mystère fut un temps « caché » en Dieu, il est maintenant dans l’Eglise révélé au grand jour, depuis le jour de la nativité. Il est aujourd’hui divulgué, publié, mis en lumière, annoncé, manifesté. Il est venu jusqu’à nous, jusqu’à vous, mystérieusement mais essentiellement par l’Eglise, par les apôtres. Vous le recevez dans l’Eglise et par l’Eglise. Et cette révélation est le couronnement du mystère. Car le Christ et sa rédemption ne nous, ne vous sauveraient pas s’ils ne vous étiez pas annoncés. C’est par l’Eglise que vous recevez, que nous recevons la communication de ce mystère sotériologique i.e. de salut. Vous êtes instruits, tous, de ce salut par l’Eglise. L’Eglise contient en effet la révélation du Christ, de l’Evangile. Elle continue cette révélation et prolonge, dans le temps, ce salut. Elle est même le lieu permanent de cette activité salutaire. C’est elle qui, par le baptême, vous fera fils de Dieu, et vous donnera l’héritage de la gloire. Et vous devez lui en savoir gré et aimer chanter sa gloire.

Et si je voulais résumer tout ce que je viens de dire, je ne pourrais mieux faire qu’en citant l’Epître aux Ephésiens dont je vous recommande la lecture dès maintenant : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis dans le Christ de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les cieux !
C’est en lui qu’il nous a choisis dès avant la création du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui, nous ayant, dans son amour, prédestinés à être ses fils adoptifs par Jésus-Christ, selon sa libre volonté,
en faisant ainsi éclater la gloire de sa grâce, par laquelle il nous a rendus
agréables à ses yeux en son [Fils] bien-aimé. C’est en lui que nous avons la rédemption acquise par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce, que Dieu a répandue abondamment sur nous en toute sagesse et
intelligence, en nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le libre dessein que s’était proposé sa bonté, pour le réaliser lorsque la plénitude des temps serait accomplie, à savoir, de réunir toutes choses en Jésus-Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. C’est aussi en lui que nous avons été élus, ayant été prédestinés suivant la résolution de celui qui opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté, pour que nous servions à la louange de sa gloire, nous qui d’avance avons espéré dans le Christ. C’est en lui que vous-mêmes, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Evangile de votre salut, c’est en lui, que vous avez cru et que vous avez été marqués du sceau du Saint-Esprit, qui avait été promis, et qui est une arrhe de notre héritage, en attendant la pleine rédemption de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa gloire ». (Eph 1 3-14)

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