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sainte Jeanne d’Arc.

publié dans paroisse saint michel le 12 mai 2012


5ème dimanche après Pâques
Fête de sainte Jeanne d’Arc.

MBCF, nous fêtons aujourd’hui Sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France, après notre Dame, qui est la patronne principale, honorée sous le vocable de ND de l’Assomption.
Sainte Jeanna d’Arc ! Patronne secondaire, nous sommes attachés à cette sainte, à cette grande sainte. Une sainte jeune, riante et « insolente ».

Par fidélité à ses voies – « Je n’ai rien fait fors par révélation » dira-t-elle à Me Jean Beaupère, le jeudi 22 février 1431 – elle quitta son village, Domremy, ses parents et prit « vêtements d’homme » pour aller « guerroyer » en terre de France, sauver le Dauphin de périls imminents suite au monstrueux traité de Troyes, qui livrait la France à une main étrangère, la couronne d’Angleterre, et pour le conduire à Reims pour qu’il y reçoive son sacre royal.

Telle est la raison essentielle de Jeanne.

Non point que ce sacre soit nécessaire pour faire de Charles, le vrai Roi de France. – Non ! Il l’est par sa naissance – Elle le lui confirme. Il en doutait. Mais pour faire reconnaître que tout pouvoir vient de Dieu et que son Christ, vrai Roi, – Es-tu Roi ? Tu le dis, je suis Roi – est le maître de l’univers et que tout pouvoir politique quel qu’il soit lui doit soumission. C’est le sacre à Reims qui est au bout de la chevauché triomphale de Jeanne. Rien ne l’en détournera, ni les hésitations du Dauphin ni de celles de ses conseillers. Elle veut faire sacrer le Roi en la Cathédrale de Reims. Car le sacre royal manifestera l’hommage que le roi doit à la Suzeraineté du Christ-Roi. Ce sacre confessera de la manière la plus claire et la plus solennelle que le pouvoir temporel, tout pouvoir temporel et terrestre, doit soumission à la Suzeraineté du Christ, laquelle est unique et universelle. Le sacre confesse d’une manière claire que le pouvoir du roi doit se ranger sous la loi évangélique du Christ et doit être coordonné au gouvernement de Jésus-Christ et l’imprégner de son esprit. Et comme le dit très heureusement le Père Clérissac, dans son livre : « la mission de sainte Jeanne d’Arc » : « Sainte Jeanne d’Arc ne doutait nullement du droit royal du Dauphin avant de le conduire à Reims, mais elle refusait jusque là de l’appeler roi, parce que sa foi lui faisait estimer très haut le gage d’agrément divin qu’apporte le Sacre, parce que c’est de ce pacte réciproque entre le roi de France et Dieu et Jésus-Christ que datait pour elle, non pas la légitimité politique de Charles VII à laquelle il ne manquait rien, mais sa légitimité pour ainsi dire surnaturelle, l’exercice parfait de sa vice-gérance pour la terre de France au nom de Jésus-Christ. A ses yeux c’est le Sacre qui faisait du Roi, au sens féodal et chrétien, l’homme de Dieu » (p 41) Et c’est pourquoi, après le Sacre, elle ne craint pas de dire au Dauphin : « Vous serez le lieutenant du Roi des Cieux qui est roi de France ».
Nous sommes, il est vrai, aux antipodes d’une conception laïciste du pouvoir. Laïcité qui enferme, au contraire, le pouvoir temporel, tout pouvoir, dans son seul univers, refusant toute transcendance, toute dépendance. Et c’est bien la raison essentielle de la pauvreté actuelle du discours politique. La « pensée unique » est nécessaire pour gouverner. Tout pouvoir laïciste est un pouvoir, de soi, totalitaire. Et son exercice totalitaire – ou son application – dépend purement et simplement des circonstances historiques et du tempérament de celui ou de ceux qui l’exerce. Nous l’avons bien vu avec le National-socialisme et avec le communisme. Fasse le Ciel que nous le connaissions pas avec un régime socialiste. Tout totalitarisme politique s’origine dans le libéralisme politique.

Je voulais rappeler cela en raison de la crise politique que connaît notre pays.

Mais ce n’est pas de ce sujet que je voudrais vous parler aujourd’hui. Je voudrais plutôt attirer votre attention sur la Providence, sur ce que je pourrais appeler « le jeu providentiel ». Comment le Bon Dieu mène le cours des choses. Le cours de l’histoire.

Voyez ! Il choisit la petite Bernadette pour confirmer le jugement de Pie IX qui venait de définir solennellement à Rome le dogme de l’Immaculée Conception de ND. « Je suis l’Immaculée Conception » dira ND à la petite voyante. Mais quelle est cette voyante. Quelle est cette petite. C’est une petite jeune fille d’une famille très pauvre, très humble à qui il faudrait donner le sous. Mais elle est très pure, très fervente et qui  plus est  belle. Elle va à la grotte de Massabielle pour y prier et réciter, avec ses amies, le chapelet et chercher du bois pour le feu de la maisonnée. Et c’est cette « petite fille» que ND va choisir pour être sa confidente et lui révéler son mystère. « Va auprès de M le curé et tu lui diras que la Dame blanche qui t’apparaît, s’appelle: « je suis l’Immaculée Conception ». Voilà qui choisit ND pour révéler au monde le plus beau des mystères et lui rappeler qu’il faut faire « pénitence ».

Il en est de même des enfants de Fatima. Deux petites filles, un petit garçon de parents pauvres qui sont sans instruction et qui passent leurs journées à la garde des troupeaux – quelques chèvres – de leurs parents. Et c’est à eux trois que ND de Fatima confie son message : il faut que le pape, en union avec tous les évêques que compte l’Eglise, consacre la Russie au Cœur Immaculée de Marie Cette consécration faite, ce sera la conversion de la Russie. Un vrai miracle ! Et ce miracle reconnu sera la raison du développement merveilleux du culte au Cœur Immaculée de Marie de par le monde. Noble mission ! Là aussi confiée à trois petits enfants. A ce qu’il y a de plus faible, de plus fragile dans le monde. Et puis c’est à eux aussi que ND confie ce qu’on appelle le troisième secret de Fatima qui, à ce jour, n’est peut-être pas encore connu. Il devait l’être par Pie XII en 1950. Les enfants de Fatima malgré la pression tyrannique du préfet ne le livrèrent jamais sinon à l’Evêque du lieu, l’évêque de Coimbra qui le transmit au Vatican. Nous sommes en 1917.

Nous pourrions, je crois, multiplier les exemples historiques. C’est ainsi que l’humble Vierge de Nazareth qui a pour nom Marie recevra le message de l’Ange Gabriel. La plus humble des créatures. La plus belle, certainement, tant Dieu prit soin de la parer pour devenir le plus beau tabernacle de son Fils. Mais toutes ses merveilles de sainteté étaient cachées au regard du simple passant. Ainsi de Saint Joseph, humble charpentier. Il fut choisi pourtant par la Providence pour devenir l’époux de Marie et le père « putatif » du Fils de Dieu. Quel honneur ! Un simple charpentier pourtant ! Je n’ai rien contre ce métier. Tout métier est noble et beau surtout s’i l est fait avec compétence et amour…et peut être source de joie et raison d’une belle situation et d’une heureuse fortune. Mais enfin le charpentier n’est pas le métier qui met le plus en vue dans la société temporelle. Sous ce rapport, mieux vaut être président de la République. Mais ce n’est pas lui que la Providence habituellement choisit. Peut-être les rois! Ce sont les humbles, les cœurs humbles. Et de préférence, les enfants.

Ainsi de Sainte Jeanne d’Arc. C’est une enfant de 17ans, 18 ans que la Providence choisit et envoie au « pays de Lys » pour le sauver d’un péril certain et imminent, l’invasion de l’anglais.

C’est une jeune fille, qui ne sait ni lire ni écrire, qui allait parfois garder les moutons de son père dans un petit village de Lorraine, et qui avait appris « à coudre – dit-elle – panneaux de lin et à filer ». « Je ne crains femme de Rouen pour filer et coudre » répondra-t-elle à Jean Beaupère qui l’interroge sur son métier. Vers l’âge de treize ans, elle eut ses « voies » : « j’eus une voix de Dieu pour m’aider à me gouverner. Et la première fois, j’eus grand peur. Et vint cette voix environ l’heure de midi, au temps de l’été, dans le jardin de mon père… ». Lors de son procès, on lui pose la question : « quel enseignement vous donnait cette voix pour le salut de votre âme ? » Elle répond : « Elle m’enseigna à me bien conduire, à fréquenter l’église. Elle me dit qu’il était nécessaire que je vinsse en France ». Et cette voix fut prégnante : « La voix me disait de venir en France et je ne pouvais plus durer où j’étais ». Cette voix me disait encore que je livrerais le siège mis devant la cité d’Orléans. Elle me dit en outre d’aller à Robert de Baudricourt, dans la ville de Vaucouleurs et qu’il me baillerait des gens pour aller avec moi ». Elle fit remarquer à ces voix : « qu’elle était une pauvre fille qui ne savait monter à cheval ni mener la guerre ». Cependant c’est par l’obéissance à ses voix qu’elle fit toute sa chevauché. Ce sont ses voix qui lui firent reconnaître Baudricourt, puis le Dauphin. « Quand j’entrai dans la chambre du Roi, je le reconnus entre les autres par le conseil de ma voix qui me le révéla. Je lui dis que je voulais aller faire la guerre contre les anglais ». C’est cette voix qui lui donna l’assurance de la délivrance d’Orléans.

Et ainsi c’est cette fille si pareille en apparence à tant d’autres de son village, qui a tenu tête pourtant au Roi de France, à ses conseillers qui le faisaient tergiverser sur le parti à prendre pour aller à Reims ou non.

C’est cette jeune fille qui a tenu tête au roi d’Angleterre le sommant de quitter la France et tout d’abord le siège d’Orléans. Et en quels termes ! Ecoutez quelques éléments de cette lettre qu’elle adressa au roi d’Angleterre un certain mardi de la semaine sainte : « Roi d’Angleterre et vous duc de Bedfort…faites raison au Roi du ciel. Rendez à la Pucelle, qui est ici envoyée de par Dieu, le Roi du Ciel, les clefs de toutes les bonnes villes que vous avez prises et violées en France. Elle est ici venue de par Dieu pour proclamer le sang royal. Elle est toute prête à faire paix, si vous lui voulez faire raison, pourvu que France vous rendiez et payer pour l’avoir tenue…Et si ainsi ne le faites, attendez des nouvelles de la Pucelle qui vous ira voir brièvement, à vos bien grands dommages. Roi d’Angleterre, si ainsi ne le faites, je suis chef de guerre et en quelque lieu que j’atteindrai vos gens en France, je les en ferai aller, qu’ils le veuillent ou ne le veuillent pas ; et s’ils ne veulent obéir, je les ferai tous occire. Je suis ici envoyé de par Dieu, le Roi de Ciel, pour vous bouter hors de France. Et s’ils veulent obéir, je les prendrai en merci. Et n’ayez point d’autre opinion, car vous ne tiendrez point le royaume de France de Dieu, le Roi du ciel… . Mais le tiendra le Roi Charles, vrai héritier ; car Dieu, le Roi du Ciel, le veut, et cela lui est révélé par la Pucelle, et il entrera à Paris en bonne compagnie…Faites réponse si vous voulez faire paix en la cité d’Orléans ; et si ainsi ne le faites, de vos biens grands dommages qu’il vous souvienne brièvement ».

Et c’est avec la même énergie, parfois insolente,  que Jeanne parlait à ses juges, lors de ses procès. Un petit extrait de son dialogue avec Cochon. Il l’interroge sur ces voix et plus particulièrement sur sainte Catherine et sainte Marguerite.
L’évêque lui pose la question : « Par qui savez-vous que cela adviendra », le départ sous 7 ans de toutes les forces anglaises.
Jeanne : « je le sais par saintes Catherine et Marguerite ».
L’évêque : « Depuis mardi dernier passé, avez-vous parlé à saintes Catherine et Marguerite » ?
Jeanne : « Oui, mais je ne sais pas l’heure ».
L’évêque : « Quel jour » ?
Jeanne : « Hier et aujourd’hui. Il n’est jour que je ne l’entende ».
L’évêque : « Comment savez-vous que vos apparitions sont homme ou femme ? »
Jeanne : « Je le sais bien et les connais à leurs voix et parce qu’elles me l’ont révélé. Je ne sais rien que ce ne soit fait par révélation et commandement de Dieu ». …
L’évêque : « Comment parlaient-elles puisqu’elles n’avaient pas de membres ? »
Jeanne : « Je m’en rapporte à Dieu. Cette voix est belle, et douce, et humble et parle langage de France ».
L’évêque : « Sainte Marguerite parle-telle langage d’Angleterre ? »
Jeanne : « Comment parlerait-elle anglais puisqu’elle n’est pas du partie des anglais »
Un peu plus loin, elle répondra à l’évêque Cochon : « Je sais bien que mon Roi gagnera le royaume de France et cela je le sais bien comme je sais que vous êtes devant moi en juges ».

Telle est notre sainte. Une simple jeune fille, peut-être, mais d’une énergie farouche propre à la jeunesse, tout éprise de vérité et un brin insolente. Robert Brasillach écrivait d’elle : « Nous la voyons dans son habit d’homme, relevant la tête, haussant les épaules devant tant de questions saugrenues et inutiles, ardente, brulante de vie, toute prête à s’échapper, à courir dans les champs. Comme elle est belle et jeune, cette enfant qui ne sait pas ce que c’est que la prudence, qui, à chaque instant, blesse ses juges avec une témérité magnifique, et humble malgré tout avec cela, sans orgueil, ni souci d’elle-même, ne songeant qu’à Dieu, à sa mission, à son Roi. » Et tout cela avec gaité et paix de l’âme… « Nous la voyons, nous l’entendons rire de son rire clair. Qu’on l’écoute raconter comment à Troyes, où on la croyait plus ou moins sorcière, on lui envoya un prêtre pour l’exorciser. Et, comme, en approchant avec crainte, il faisait le signe de la croix et jetait de l’eau bénite, elle lui dit : « Approchez hardiment : je ne m’envolerai pas »… « A travers les pages de son procès, Jeanne nous propose, avec ce sourire, la magnifique vertu d’insolence. Une jeune insolence, une insolence d’une jeune sainte. Il n’est pas de vertu dont nous ayons plus besoin aujourd’hui. Elle est un bien précieux qu’il ne faut pas laisser perdre : le faux respect des fausses vénérations est le pire mal. Par un détour en apparence étrange, Jeanne nous apprend que l’insolence, à la base de toute reconstruction, est à la base même de la sainteté. A ce mépris des grandeurs illusoires, elle a risqué et perdu seulement sa vie : mais elle pensait qu’il est bon de risquer sa vie dans l’insolence, lorsqu’on n’aime que les vraies grandeurs ». (Robert Brasillach 28 mai 1932. Cinq cent unième anniversaire du dernier interrogatoire).

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