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De la sainte Eucharistie

publié dans paroisse saint michel le 2 avril 2011


Quatrième dimanche de Carême.

De la sainte Eucharistie

Vous me permettrez, ce dimanche, de m’arrêter à la prière de la postcommunion :

« Donnez-nous, s’il vous plaît, ô Dieu de miséricorde, de traiter avec un respect sincère vos choses saintes dont nous sommes sans cesse nourris et de nous en approcher toujours avec esprit de foi ».

Il est évident que l’Eglise ici fait une claire allusion à la sainte Eucharistie que nous allons recevoir. Elle est pour nous cette « chose sainte » dont parle l’oraison. Elle est ce « pain » qui nous nourrit sans cesse et auprès de laquelle nous nous approchons toujours avec un « respect sincère » et « un esprit de foi ». Elle est la raison de notre recueillement admirable lors de la sainte Messe. Ce qui fait mon admiration.

Mais pourquoi cette oraison ? Pourquoi l’Eglise nous fait-elle penser ici, en ce dimanche, à la sainte Eucharistie ?

Pas uniquement parce que nous recevrons le Corps du Christ à la sainte Table. Mais parce que nous avons, dans l’Evangile, le récit de la multiplication des pains et que ce récit de la multiplication des pains nous annonce le miracle de la sainte Eucharistie. C’est ainsi que l’Eglise l’a toujours compris. Le Christ nourrit, grâce à cette multiplication des pains, une foule innombrable, de plus de « 5000 hommes ». Mais bientôt également, devant les disciples réunis autour de Lui, au Cénacle, en ce jeudi saint que nous allons bientôt fêter, Jésus ne fera plus une simple multiplication des pains, Il changera le pain en son Corps, le vin en son Sang. Il multiplia ces cinq pains de l’enfant en des milliers de pains pour nourrir les corps de cette multitude qui le suivait affamée, comme, un jour, à Cana, en cette fête de mariage, il changea l’eau en vin, le vin venant à manquer. Tous ces miracles sont annonciateurs du miracle de l’Eucharistie. Ils montrent, les deux premiers, la toute puissance de NSJC. C’est pourquoi, je n’ai pas plus de difficulté à croire à la multiplication des pains, à croire au changement de l’eau en vin qu à croire à la sainte Eucharistie, au changement de la substance du pain en la substance du Corps du Christ Jésus. Je sais qu’il est Dieu. Je sais qu’il est tout puissant, qu’Il est le Tout Puissant, je sais qu’Il peut tout, je sais qu’il a créé toute chose, qu’il soutient toutes choses dans l’existence, je sais que rien de ce qui est, n’existe, ne subsiste en dehors de sa toute puissance. Si donc il est capable de multiplier les pains, ce que je crois en raison de ce récit évangélique qui est inspiré de Dieu, de ce Dieu qui ne peut ni nous tromper ni se tromper, si donc il est capable de changer l’eau en vin, ce que je crois toujours en raison de la Révélation qui a pour caution rien d’autre que Dieu lui-même, je peux croire tout également au mystère de l’Eucharistie, i.e. au mystère du changement substantiel du pain en la substance du Corps de NSJC, du changement substantiel du vin en son Sang – c’est le mystère appelé mystère de la Transsubstantiation – dès lors qu’Il l’affirme Lui-même et qu’Il dit d’une manière claire et nette : « Ceci est mon Corps, Ceci est mon Sang ». Ce pain que Je tiens dans mes mains et qu’il montre à ses disciples, il le dit être son Corps. « Etre ». Il est son Corps. Ce pain est substantiellement son Corps. Il ne peut l’être en vérité sans qu’il y ait un changement substantiel du pain en son Corps. Car le pain, de soi, n’est pas son Corps. L’un est devenu l’autre par changement substantiel. La substance du pain est devenu son Corps, sa substance. Il y a une modification substantielle survenue après les paroles de la Consécration prononcées par NSJC devant ses disciples.
Et c’est parce qu’il en est ainsi, parce qu’il y a présence réelle et substantielle dans l’Eucharistie de NSJC, que je m’avance avec « respect » avec « esprit de foi » de la Sainte Table. Le respect est requis parce que je suis devant Dieu. La foi est nécessaire parce que, sans elle, je ne peux voir, sous ces apparences du pain et du vin, le Corps et le Sang de NSJC.

Souvenons-nous du bel enseignement de NSJC sur l’Eucharistie qui suit ce récit de la multiplication des pains. Les juifs, toujours très matériels et charnels sont à la recherche de Jésus après ce miracle qui, avec ses disciples, était parti de l’autre côté de la Mer, à Capharnaüm. Il avait fui craignant qu’ils veuillent le faire Roi. Les Juifs attendaient toujours un Roi, libérateur de la puissance romaine. C’était une autre Royauté que Jésus était venu fonder. Ils le retrouvèrent là, à Capharnaüm, à la Synagogue. Ils sont attirés non point par les miracles mais par ces « pains » et pour être encore « rassasiés » : « Vous me cherchez, non point parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés ».

C’est alors que les Juifs entendent ces merveilleuses paroles que je veux vous rappeler:

« Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui demeure pour la vie éternelle, et que le Fils de l’homme vous donnera. Car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué d’un sceau ».
Ils lui dirent: « Que devons-nous faire, pour faire les œuvres de Dieu? »
Jésus leur répondit: « Voici l’œuvre que Dieu demande, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé ».

Ils ont l’audace de lui dire, alors qu’ils viennent d’assister à la multiplication des pains: « Quel miracle faites-vous donc afin que nous le voyions et que nous croyions en vous? Quelles sont vos œuvres? Nos pères ont mangé la manne dans le désert, ainsi qu’il est écrit: Il leur a donné à manger le pain du ciel. »

Jésus leur répondit: « En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel; c’est mon Père qui donne le vrai pain du ciel. Car le pain de Dieu, c’est le pain qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »

Toujours très charnels dans l’interprétation des choses, ils lui dirent donc: « Seigneur, donnez-nous toujours de ce pain. ». Pensez ! « Un pain qui donne la vie au monde » ! Quelle est la mère de famille qui n’en voudrait…

Jésus leur répondit: « Je suis le pain de vie: celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif. Mais je vous l’ai dit, vous m’avez vu et vous ne croyez point ». La « foi », « l’esprit de foi », dont nous parle notre oraison, est toujours requise dans les « choses saintes » du Seigneur. L’objet de foi est toujours au-delà de la raison. Le rationaliste refuse et la foi et les objets de la foi parce qu’il refuse le dogme, l’enseignement révélé. Il ne croira jamais à la sainte Eucharistie. Le baptisé, lui, au contraire, dira : « Seigneur, je croix mais augmentez ma foi ».

Et Jésus poursuit avec ces merveilleuses paroles : « Tout ce que le Père me donne viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne le jetterai point dehors. Car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. Or, la volonté de celui qui m’a envoyé, est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. Car c’est la volonté de mon Père qui m’a envoyé, que quiconque voit le Fils et croit en
lui, ait la vie éternelle; et moi je le ressusciterai au dernier jour. »

Le dialogue avec les Juifs reste tendu. Le murmure s’installe entre eux « parce qu’il avait dit: Je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel. »Toujours très terre à terre, ils disaient: « N’est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère? Comment dit-il: Je suis descendu du ciel? »

Jésus leur répondit: « Ne murmurez point entre vous. Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire; et moi je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les Prophètes: Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement, vient à moi. Ce n’est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui est de Dieu; celui-là a vu le Père.
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. Je suis le pain de vie. – Vous le voyez : la foi en Dieu, en son Fils est gage de la vie éternelle tout comme par le pain eucharistié. « Qui mange mon Corps et boit mon sang, dira ailleurs Jésus, a la vie éternelle – Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. Voici le pain descendu du ciel, afin qu’on en mange et qu’on ne meure point. Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, pour le salut du monde. ». Il y a une identité entre le corps crucifié du Seigneur et son Corps eucharistié. Tous deux sont « pour le salut du monde » Et c’est pourquoi l’Eucharistie nous est donnée au cours de la sainte messe. Vous comprenez alors, MBCF, combien les sentiments décrits dans notre postcommunion sont justes et nécessaires : c’est avec respect qu’on doit s’approcher de la sainte Eucharistie, avec un grand « esprit de foi ». Elle est la vie éternelle.

Là-dessus, les Juifs, toujours et de plus en plus sceptiques, disputaient entre eux, disant: « Comment cet homme peut-il donner sa chair à manger? »

Malgré leur scepticisme, Jésus ne diminue en rien son discours. Il risque de les perdent. Peu importe. Il confirme ses paroles. Jésus leur dit: « En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme, et ne buvez son sang, vous n’avez point la vie en vous-mêmes. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui.
Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi. C’est là le pain qui est descendu du ciel: il n’en est point comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts; celui qui mange de ce pain vivra éternellement. »

MBCF, ces paroles de Jésus sont « esprit et vie ». Elles sont professées par Celui qui est la « Vérité et la Vie ». Et c’est ainsi qu’il faut les entendre sinon le doute peut s’infiltrer dans nos âmes comme le doute pénétra dans l’âme de certains disciples du Seigneur : « Beaucoup de ses disciples l’ayant entendu dirent: « Cette parole est dure, et qui peut l’écouter? »

Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit: « Cela vous scandalise? Et quand vous verrez le Fils de l’Homme monter où il était auparavant?… C’est l’Esprit qui vivifie; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. Mais il y en a parmi vous quelques-uns qui ne croient point. Car Jésus savait, dès le commencement, qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le trahirait ». Et il ajouta: « C’est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi si cela ne lui a été donné par mon Père. » Dès ce moment, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n’allaient plus avec lui. Jésus donc dit aux Douze: « Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller? » Simon-Pierre lui répondit: « Seigneur, à qui irions-nous? Vous avez les paroles de la vie éternelle. Et nous, nous avons cru et nous avons connu que vous êtes le Saint de Dieu. » Jésus leur répondit: « N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les Douze? Et l’un de vous est un démon. Il parlait de Judas… »

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