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Syrie : « A côté de la guerre sur le terrain, se déroule une guerre médiatique

publié dans flash infos le 20 juillet 2012


Syrie : « A côté de la guerre sur le terrain, se déroule une guerre médiatique »

Mgr Mario Zenari, nonce apostolique à Damas (Syrie).

Dans un entretien accordé à l´agence de presse catholique AsiaNews le 7 juin, Mgr Giuseppe Nazzaro, vicaire apostolique d´Alep, condamne sans ambages le massacre commis à Mazraat al-Qbeir et Maarzaf, dans la banlieue de Hama. L´évêque italien en poste à Alep, ville du Nord-Ouest du pays, cite également le massacre de Houla le 26 mai dernier, et dénonce une véritable campagne pour détruire la Syrie : « Les Nations Unies (ONU) ont un devoir moral de vérifier les circonstances autant que les auteurs de ces crimes, et ce qui est derrière ces odieux massacres ». L´acharnement contre le régime de Bachar al-Assad alimente la spirale de la violence et empêche que la population et le gouvernement trouvent la possibilité d´une ouverture graduelle vers la démocratie et les réformes, déclarait-il.

L´évêque catholique relève que le peuple syrien qui subit les actions sanglantes d´extrémistes islamiques infiltrés dans le pays, n´a pas de voix pour s’exprimer dans les médias et reste de ce fait toujours plus isolé. « L´ONU et les pays occidentaux, déclare-t-il, ne se rendent pas compte qu´avec leurs sanctions et leur appui aux rebelles, ils font plus de victimes que n´en fait le régime ». « Ceux qui désirent détruire Assad – le Qatar et l´Arabie Saoudite, ainsi que les autres Etats du Golfe – dirigent leur propre pays avec une main de fer sans aucun respect pour les droits de l´homme et la liberté religieuse. Pourquoi, jusqu´à aujourd´hui, personne n´a jamais condamné les violences contre les chiites au Bahreïn ou les arrestations et les condamnations infligées aux migrants de confession chrétienne en Arabie Saoudite et au Koweït ? »

Le 4 mai, Mgr Nazzaro dénonçait également la présence d’agitateurs libyens et turcs au milieu des étudiants d’Alep provoquant l’assaut de l’armée syrienne contre l’Université de cette ville. Il affirmait que les militants islamistes étrangers tentent depuis des mois de soulever les universitaires d’Alep, dans le but de susciter la violence dans cette ville qui est la seule encore épargnée par les affrontements entre le régime et les rebelles.

L’agence Fides précisait le 15 juin que ses sources confirment la présence de groupes radicaux islamistes salafistes qui « entendent combattre une guerre de religion ». Ces gens considèrent les chrétiens comme des renégats, confisquent leurs biens, pratiquent des exécutions sommaires et sont prêts à déclencher une guerre confessionnelle. De même, ajoute Fides le 26 juin, l’armée régulière aurait frappé Houla, du fait des nombreux militants salafistes et des terroristes qui avaient incendié l’hôpital national de la ville, provoquant un grand nombre de victimes et se servant ensuite des civils comme boucliers humains.

La Syrie vit une « lente descente aux enfers », déclarait le 12 juin Mgr Mario Zenari, nonce apostolique à Damas. Le risque que court le pays est une explosion de haine entre les factions opposées qui va durer des décennies, expliquait le représentant du Saint-Siège à l’agence de presse catholique AsiaNews, à Rome. Les nouvelles des massacres, tortures et violences sont répercutées par les médias du monde entier, soulignait-il, avec le risque d’une « instrumentalisation par les deux parties en conflit ».
 La communauté internationale et l’ONU doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour défendre ces victimes innocentes, exploitées tant par le régime que par les rebelles. Malheureusement, ajoutait-il, « à côté de la guerre sur le terrain, se déroule une guerre médiatique où l’on ne sait plus qui croire ».

Pour Mgr Zenari, « la communauté internationale et les pays chrétiens ne doivent pas isoler la Syrie. Soutenir l’affrontement entre le régime et les rebelles est dangereux et contre-productif ».

Le 21 juin, Mgr Antoine Audo, archevêque d’Alep, précisait à l’agence I.media : « De l’extérieur, l’Occident a toujours le souci des guerres de religion. Il n’y a rien contre les chrétiens en tant que tels, comme on voudrait nous le faire croire. Non, il peut y avoir des éléments extrémistes, mais le problème de la Syrie est un problème confessionnel, entre une majorité musulmane et une minorité musulmane qui s’affrontent. Néanmoins, quand il y a des situations de violence, d’anarchie, ce sont toujours les minorités chrétiennes qui en paient le prix. Car elles n’ont pas de milices et ne veulent pas être armées ». (Sources : apic/asianews/fides/imedia – DICI n°258 du 20/07/12)

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