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Un texte majeur dans « Lettre à nos frères prêtres » n° 54

publié dans regards sur le monde le 20 juillet 2012


EN QUELQUES MOIS, UNE RÉVOLUTION LITURGIQUE

Le 25 janvier 1964, par le Motu proprio Sacram liturgiam, Paul VI fondait le Consilium, soit le « Conseil pour mettre en œuvre la Constitution conciliaire sur la liturgie ». Le 23 mai 1968, la Congrégation des Rites promulguait trois nouvelles Prières eucharistiques. En quatre ans, donc, une révolution liturgique majeure avait été réalisée : car la liturgie romaine n’avait jusqu’alors connu qu’une seule Prière eucharistique, appelée pour cette raison « Canon », c’est-à-dire « règle ».

En quelques mois…

Ce fut un travail énorme : « Le rite de la messe fut mis en chantier il y a cinq ans exactement. Dix groupes d’études, comprenant une centaine de spécialistes de quinze nations, ont travaillé intensément et sans interruption en sessions spéciales et générales, et examiné chaque partie, chaque
formule, chaque rite au point de vue de la théologie, de la pastorale, de l’histoire, des rubriques.
Certains points sont revenus des dizaines de fois sur la table de dissection » (Annibale Bugnini, « Le nouvel Ordo missæ », Osservatore romano, édition hebdomadaire en langue française, 23 mai
1969, p. 2, col. 1).

Il ne faut pas croire, toutefois, qu’on ait travaillé à la rédaction de ces nouvelles Prières eucharistiques durant quatre années : il avait d’abord fallu mettre en place le Consilium, ce qui avait évidemment demandé un certain temps. D’autre part, entre la réalisation des Prières eucharistiques et
leur promulgation, un autre temps s’était écoulé : ces textes avaient, en effet, subi la relecture de la Congrégation des Rites, de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et du Pape lui-même ; la Prière eucharistique III avait été « testée » au Synode des évêques ; enfin, le document juridique de
promulgation avait dû être rédigé. Autrement dit, quelques mois seulement avait suffi pour élaborer des prières qui allaient être le cœur de la vie spirituelle de millions de prêtres et de fidèles.

En quelques heures…

Mais en réalité, c’est une erreur de croire que cette révolution fondamentale a été réalisée en quelques mois : c’est en jours qu’il faut compter, peut-être même en heures.

Nous ne disposons pas, à l’heure actuelle, de documents fiables sur l’élaboration de la Prière eucharistique III, même s’il n’existe aucune raison particulière d’estimer qu’elle a été rédigée dans des conditions différentes des deux autres. En revanche, nous possédons des témoignages convergents
et bien informés sur la genèse des Prières eucharistiques II et IV, et ils sont particulièrement déconcertants, voire effrayants, par ce qu’ils nous font connaître de l’atmosphère d’improvisation brouillonne dans laquelle elles furent préparées.

Nous publions ci-après ces récits.

Hâte, systématisme et bricolage
Ce qu’on peut dire à partir de ces attestations, et plus généralement en parcourant l’ouvrage fondamental du maître d’œuvre de la réforme liturgique, Mgr Annibale Bugnini (La riforma liturgica (1948-1975), Edizioni liturgiche, 1983), c’est d’abord que cette réforme s’est faite avec une hâte
extrême : en quelques mois, en quelques années, l’édifice complet de la liturgie romaine, lentement élaboré en vingt siècles de tradition, a connu une refonte complète et radicale.

C’est ensuite que cette réforme s’est accomplie selon un schéma préétabli, « à travers des livres émanant d’experts et consistant essentiellement en programmes rituels » (Joseph Gélineau, « Tradition, création, culture », Concilium 182, février 1983, p. 25). La réforme liturgique est le
fruit d’un étonnant systématisme, tout à fait différent de la riche et libre variété de la vie.
Enfin, cette réforme a consisté principalement en un bricolage des rites, un assemblage de pièces et de morceaux, prenant un texte ici, un geste là, une attitude ailleurs, et « mixant » le tout allégrement, avec le résultat de n’aboutir qu’à un patchwork sans unité organique. ¦

COMPOSITION DE LA PRIÈRE EUCHARISTIQUE II

Concernant la composition de la Prière eucharistique II, la plus courte et (pour cette raison ?) la plus utilisée, nous possédons le témoignage très autorisé d’un de ses auteurs, le père Bouyer.

Le père Bouyer, théologien et liturgiste

Le père Louis Bouyer (1913-2004), de l’Oratoire, est un théologien et liturgiste parmi les plus connus et les plus estimés de notre temps. Sa bibliographie ne compte pas moins de quarante volumes, dont une dizaine consacrés à la seule liturgie, publiés par les éditeurs les plus sérieux : Cerf,
Desclée, Aubier-Montaigne, Seuil, CLD, Flammarion, OEIL, Criterion, etc.
Le père Bouyer a rempli des missions ecclésiastiques de la première importance. Il a été consulteur de la commission préconciliaire des études et des séminaires (La Documentation catholique, 19 février 1961, col. 273). Il a été consulteur du Consilium ad exsequendam constitutionem de sacra
liturgia (Annibale Bugnini, La riforma liturgica (1948-1975), Edizioni liturgiche, 1983, p. 910). Il a notamment participé à la commission du Consilium pour la réforme de la messe, invité spécialement par Mgr Joseph Wagner, président de cette commission (Bernard Botte, « La liturgie de
Vatican II », La Libre Belgique, 25 août 1976 ; article reproduit intégralement in Didier Bonneterre, Le mouvement liturgique, Fideliter, 1980, p. 143-147). Il a été nommé membre de la commission
préparatoire conjointe anglicano-catholique (La Documentation catholique, 4 décembre 1966, col. 2107). Il a été nommé par Paul VI parmi les trente premiers membres de la Commission théologique internationale dès la création de celle-ci (La Documentation catholique, 18 mai 1969, p. 495). Il est devenu membre de la commission mixte catholique-orthodoxe pour le dialogue théologique (La Documentation catholique, 16 décembre 1979, p. 1062), etc.

Les Mémoires (inédits) du père Bouyer

Dans les dernières années de sa vie, le père Bouyer a rédigé des Mémoires. Cet ouvrage, près de huit ans après sa mort, reste encore inédit, comme l’explique la fiche Wikipédia consacrée à son auteur : « Enfin, il a écrit ses Mémoires, dont le tapuscrit a été abondamment diffusé (en photocopies)
auprès de ses amis (qui en ont mis de brefs extraits sur internet), et dont la parution est encore attendue avec impatience, car il révèle des choses intéressantes sur des sujets sensibles de la période
post-conciliaire ».
Cet ouvrage de 148 pages A4 (qui se trouve entre nos mains, dans sa version intégrale) est effectivement captivant, et pas seulement pour les années du Concile et du post-Concile : ce que raconte le père Bouyer de sa jeunesse, en particulier, passionnera les amateurs du « vieux Paris ». On s’étonne donc qu’un éditeur n’ait pas encore eu le courage de publier ce travail. En même temps, on le comprend un peu, car la verve étincelante (mais souvent piquante) du père Bouyer n’hésite pas à déboulonner certaines « statues du Commandeur » de l’Église du dernier demi-siècle.
On est facilement pris d’un fou rire à la lecture de ces portraits d’une comique férocité, servie par une efficace langue française. C’est de ce texte que nous extrayons les récits suivants.

Premières impressions sur le Consilium

« Spécialement appelé à la sous-commission [du « Consilium pour la réforme des livres liturgiques », dont il a commencé à parler] chargée du Missel, je fus pétrifié, en y arrivant, quand je découvris les projets d’une sous-commission préparatoire, inspirée principalement par dom Cipriano
Vagaggini, de l’abbaye de Bruges, et l’excellent prélat Wagner, de Trêves : croyant par là obvier à la mode venue de Hollande, des eucharisties improvisées, dans une totale méconnaissance de la tradition liturgique remontant aux origines chrétiennes. Je n’arrive pas à comprendre par quelle aberration ces excellentes gens, assez bons historiens et esprits généralement raisonnables, avaient pu suggérer un découpage et un remembrement, également déconcertants, du Canon romain et d’autres
projets se disant “inspirés” d’Hippolyte de Rome, mais guère moins farfelus. J’étais pour ma part prêt à démissionner sur le champ et à m’en retourner chez moi. Mais dom Botte me convainquit de rester, ne fût-ce que pour obtenir quelque moindre mal » (Mémoires (inédits], p. 130).
Dom Botte, rappelons-le pour comprendre la suite, était l’auteur érudit d’un ouvrage publié en 1963 et intitulé modestement : La Tradition apostolique de saint Hippolyte, essai de reconstitution.

Quelques jugements sur des points de la réforme du Missel

« En fin de compte, le Canon romain fut à peu près respecté et nous arrivâmes à produire trois Prières eucharistiques qui, en dépit d’intercessions passablement verbeuses, récupéraient des pièces
d’une grande antiquité et d’une richesse théologique et euchologique hors de pair, sorties d’usage depuis la disparition des anciens rites gallicans. Je pense à l’anamnèse de la troisième Prière eucharistique, et aussi à ce qu’on put sauver d’un essai assez réussi d’adaptation au schéma romain d’une
série de l’antique prière dite de saint Jacques, grâce à un travail du père Gélineau, pas souvent si bien inspiré. « Mais que dire, alors qu’on nous parlait de simplifier la liturgie et de la ramener aux modèles
primitifs, de cet “actus pœnitentialis” inspiré par le père Jungmann (excellent historien du Missel romain… mais qui, de sa vie, n’avait jamais célébré une messe solennelle !). Le pire fut un invraisemblable
offertoire, de style Action catholique sentimentalo-ouvriériste, œuvre de l’abbé Cellier, qui manipula par des arguments à sa portée le méprisable Bugnini, de façon à faire passer son produit en dépit d’une opposition presque unanime » (Mémoires (inédits], p. 130).

L’incroyable élaboration de la Prière eucharistique II

Après cette savoureuse « mise en bouche », voici maintenant le témoignage précis et circonstancié du père Bouyer concernant l’élaboration de la Prière eucharistique II, fondée sur Hippolyte. « On aura une idée des conditions déplorables dans lesquelles cette réforme à la sauvette fut expédiée,
quand j’aurai dit comment se trouva ficelée la seconde Prière eucharistique. Entre des fanatiques archéologisant à tort et à travers, qui auraient voulu bannir de la Prière eucharistique le Sanctus et les intercessions, en prenant telle quelle l’eucharistie d’Hippolyte, et d’autres, qui se fichaient pas mal de sa prétendue Tradition apostolique, mais qui voulaient simplement une messe bâclée, dom Botte et moi nous fûmes chargés de rapetasser son texte, de manière à y introduire ces éléments, certainement plus anciens, pour le lendemain !  Par chance, je découvris, dans un écrit sinon d’Hippolyte lui-même, assurément dans son style, une heureuse formule sur le Saint-Esprit qui pouvait faire une transition, du style Vere Sanctus, vers la brève épiclèse. Botte, pour sa part, fabriqua une intercession plus digne de Paul Reboux et de son A la manière de que de sa propre science. Mais je ne puis relire cette invraisemblable composition sans repenser à la terrasse du bistro du Transtevère où nous dûmes fignoler notre pensum, pour être
en mesure de nous présenter avec lui à la Porte de Bronze à l’heure fixée par nos régents ! » (Mémoires (inédits], pp. 130-131).

Retour sur la réforme du Missel, et jugement d’ensemble

« Le seul élément non critiquable dans ce nouveau Missel fut l’enrichissement apporté surtout par la résurrection d’un bon nombre de préfaces magnifiques reprises aux anciens sacramentaires et
l’extension des lectures bibliques (encore que, sur ce dernier point, on allât trop vite pour produire quelque chose d’entièrement satisfaisant). (…)
« Après tout cela, il ne faut pas trop s’étonner si, par ses invraisemblables faiblesses, l’avorton que nous produisîmes [à savoir le nouveau Missel] devait susciter la risée ou l’indignation… au point de faire oublier nombre d’éléments excellents qu’il n’en charrie pas moins, et qu’il serait
dommage que la révision qui s’imposera tôt ou tard ne sauvât pas au moins, comme des perles égarées… » (Mémoires (inédits], p. 131). ¦

COMPOSITION DE LA PRIÈRE EUCHARISTIQUE IV

Concernant la composition de la Prière eucharistique IV, nous avons la chance de disposer des témoignages convergents de quatre acteurs de premier plan dans le dossier.

Quatre témoins particulièrement fiables

Mgr Annibale Bugnini était, nous le savons, la cheville ouvrière du Consilium qui a élaboré la nouvelle liturgie. Concernant les trois autres, voilà ce qu’écrit dom Botte moins de dix ans après les faits : « La réforme de la messe a été confiée à une commission dont le président était Mgr Joseph
Wagner (…). Membres : (…) Dom Jean Vaggagini OSB, à l’époque professeur au Collège bénédiction Saint-Anselme à Rome. (…) Mgr Pierre Jounel, professeur à l’Institut supérieur de liturgie de Paris. (…) En outre, le président, Mgr Wagner, avait tenu à inviter à titre personnel deux hommes
connus pour leur attachement à la tradition, le père Louis Bouyer et moi-même » (Bernard Botte, « La liturgie de Vatican II », La Libre Belgique, 25 août 1976 ; article reproduit intégralement in Didier Bonneterre, Le mouvement liturgique, Fideliter, 1980, pp. 143-144).

Les témoignages sur l’élaboration de la Prière eucharistique IV

« Nous avions proposé [pour la quatrième Prière eucharistique] l’anaphore de saint Basile, utilisée dans le rite d’Alexandrie. Mais elle fut écartée par la Commission des évêques, à cause de la place de l’invocation au Saint-Esprit, trop éloignée des paroles du Seigneur. Nous avons alors pris pour base une formule inspiré par plusieurs anaphores orientales qui, dans la prière d’action de grâce, détaillait les étapes du salut. Cette prière a été composée par dom Jean [en réalité Cyprien] Vaggagini » (Bernard Botte, « La liturgie de Vatican II », La Libre Belgique, 25 août 1976 ; article reproduit intégralement in Didier Bonneterre, Le mouvement liturgique, Fideliter, 1980, p. 149).

« Devant cette difficulté pratique pour l’adoption [de l’anaphore de saint Basile], durant la session des relatores [donc entre le 15 avril 1967, date du vote de rejet de l’anaphore de saint Basile, et le 19 avril, clôture de la session], par un travail de forcat, fut préparée la quatrième Prière eucharistique, dans le style des anaphores orientales » (Annibale Bugnini, La riforma liturgica (1948-1975), Edizioni liturgiche, 1983, p. 169).

« La quatrième [Prière eucharistique] a été élaborée en une nuit par une petite équipe autour du père Gélineau » (Pierre Jounel, membre de la commission de révision de l’Ordo missæ au sein du
Consilium, « Le Missel de Paul VI fête ses trente ans », La Croix, 28 avril 1999).
« Je pense à (…) ce qu’on put sauver d’un essai assez réussi d’adaptation au schéma romain d’une série de formules de l’antique prière dite de saint Jacques, grâce à un travail du père Gélineau, pas souvent si bien inspiré » (Louis Bouyer, Mémoires [inédits], p. 130).

Vingt jours pour improviser une Prière eucharistique

Si nous reconstruisons ce qu’affirment ces acteurs de la réforme, les mieux informés qu’il se puisse imaginer, nous pouvons donc dire ceci. La Prière eucharistique IV devait être primitivement l’anaphore de saint Basile. Les arguments « pour » et « contre » étaient nombreux (cf. Bugnini,
pp. 451-453). Finalement, le 15 avril 1967, à une voix de majorité, cette solution fut refusée. En une nuit, ou bien en quelques jours (il faut peut-être faire une part à l’exagération rhétorique chez Pierre Jounel), le père Gélineau et une petite équipe rédigèrent un schéma de Prière eucharistique
à partir de la liturgie de saint Jacques. Ce texte, probablement révisé par dom Vagaggini, fut finalement accepté par la plenaria des cardinaux en avril 1967, et présenté au Pape le 3 mai 1967
(cf. Bugnini, p. 453).
Autrement dit, il s’est passé moins de vingt jours entre le rejet de l’anaphore de saint Basile et la fabrication complète et définitive de la Prière eucharistique IV telle que nous la connaissons. ¦

Moins de vingt-quatre heures pour la Prière eucharistique II, une nuit ou peut-être quelques jours pour la Prière eucharistique IV : voici donc les délais qui furent accordés pour remplacer l’œuvre des grands contemplatifs, des génies spirituels que furent saint Léon, saint Gélase, saint Grégoire le
Grand, etc. On ne peut qu’être déconcerté, et même effrayé, devant une telle insouciance en une matière si grave et sacrée. Et le qualificatif d’avorton appliqué par le père Bouyer au résultat de cette réforme insensée, s’il paraît sévère, ne semble pas moins cruellement juste et justifié.

L’échec d’une liturgie « fabriquée »

Par ailleurs si, malgré cette hâte extravagante, une telle somme de travaux et de compétences n’a pas abouti à un résultat satisfaisant, c’est aussi que le vrai problème est de savoir si « une liturgie vraiment signifiante pour l’homme d’aujourd’hui peut venir de bureaux nationaux et internationaux
composés essentiellement d’ecclésiastiques et de spécialistes » (Robert Gantoy, « Deux réactions à propos d’une analyse du vocabulaire liturgique », Communautés et liturgies 5, septembre-octobre 1975, p. 413). Pourtant, « une bonne liturgie ne se crée pas en un coup. Les liturgies du passé se sont engendrées organiquement les unes les autres » (Adrian Hastings, « Le christianisme occidental et la confrontation des autres cultures », La Maison Dieu 179, 3e trim. 1989, p. 40).

C’est là « un aspect de la réforme liturgique qu’il aurait peut-être fallu critiquer davantage : un souci probablement trop poussé de rationaliser les structures liturgiques. Quels que soient les mérites du père Jungmann, les liturgistes du Consilium l’ont, je pense, trop suivi dans cette direction »
(Pierre-Marie Gy, « Bulletin de liturgie », Revue des sciences philosophiques et théologiques 2, avril 1985, p. 319). « L’établissement de nouveaux rites ou rituels a parfois été conduit à partir de modèles dont on surestimait la valeur structurale et universelle ou bien de présupposés théologiques ou doctrinaux non pleinement élaborés. Qu’on songe à l’importance du livre de J. A. Jungmann, Des lois de la célébration liturgique, juste en la plupart de ses intuitions, mais qui a donné lieu à beaucoup d’extrapolations » (Dominique Dye, « Statut et fonctionnement du rituel dans la pastorale
liturgique en France après Vatican II », La Maison Dieu 125, 1er trim. 1976, p. 141).
Ainsi, « la réforme liturgique fut sérieuse, compétente, cohérente, mais n’a pas échappé à la froideur des liturgies issues, non de la prière même, mais de commissions spécialisées. Celles-ci eurent parfois la main lourde pour décaper signes et traditions » (René Laurentin, « Vatican II : acquis et
déviations », Le Figaro, 23-24 novembre 1985, p. 10).

Une liturgie meilleure que celle que vingt siècles ont formée ?

D’ailleurs, « aussi longtemps que le prurit de nouveautés, comme c’est le cas chez nous en ce moment, y restera en fonction directe de l’ignorance ou de la méconnaissance de la tradition catholique, on devra s’y défier a priori de toutes les suggestions soit de substituer, soit même simplement
d’alterner facultativement à l’usage du Canon romain n’importe quelle prière composée de chic par des fantaisistes futuristes ou des archéologistes obsédés par leurs marottes » (Louis Bouyer, « Que vont devenir les rites sacrés ? », Vie spirituelle 521, novembre 1965, p. 542). Et donc, « il était sans espoir de produire rien qui valût beaucoup plus que ce que l’on produirait [à savoir la nouvelle liturgie], quand on prétendait refaire de fond en comble, en quelques mois, toute une liturgie qu’il avait fallu vingt siècles pour élaborer peu à peu » (Louis Bouyer, Mémoires [inédits], p. 130).
Il faut d’ailleurs bien l’avouer, « une bonne dose d’illusion et de mégalomanie est nécessaire pour se croire humblement capable de forger une liturgie meilleure que celle que vingt siècles de tradition chrétienne ont lentement formée » (Guy Oury, « Les limites nécessaires de la créativité en
liturgie », Notitiæ 131-132, juin-juillet 1977, p. 352, article repris de Esprit et Vie-L’Ami du clergé du 28 avril 1977). ¦

Texte publié dana la Porte Latine

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