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« Mes frères, marchez selon l’esprit et vous n’accomplirez point les désirs de la chair »

publié dans paroisse saint michel le 1 septembre 2012


14ème dimanche après la Pentecôte.

« Mes frères, marchez selon l’esprit et vous n’accomplirez point les désirs de la chair »

Mais la liberté n’est-elle pas le fruit de l’esprit ? N’est-elle pas le fruit de l’intelligence et l’intelligence n’est-ce pas manifestation de l’esprit? Ainsi marchez selon l’esprit c’est marcher en toute liberté. Et dès lors, parce que la liberté est en liaison étroite avec l’intelligence, – elle lui est concomitante -, la liberté est la chose la plus sublime de notre nature humaine. En elle s’exprime la dignité humaine. Bafouer la liberté humaine, c’est bafouer sa dignité. C’est ainsi que pendant des décades, le régime communiste en Russie, bafouant la liberté, bafoua, du même coup, la dignité humaine. Ainsi des régimes actuels de la Chine, de la Corée du Nord et de tous les régimes inspirés de l’Islam, faisant peu de cas des libertés et vouant à la torture et à tout autre maléfice, ceux qui veulent quitter la religion islamique ou qui font profession de christianisme. Que de souffrances dans notre monde!

La liberté serait ainsi la plus belle des choses, puisque fruit de l’esprit et tout également la chose la plus maltraitée.

Mais, dans notre Occident, arrivé à une maturité remarquable, la liberté n’est point maltraitée, mais, bien au contraire, exaltée. C’est la valeur suprême, la valeur sainte, la valeur intouchable. Qui oserait y porter la plus petite limite, serait même digne de condamnation la plus extrême. Serait mis au banc de la société.

Et pourtant cette liberté, telle qu’on la conçoit dans notre monde actuel, où tout est permis, est capable de mettre en danger non seulement l’équilibre de la nature humaine, mais même sa pérennité. On peut dire, qu’en Occident, cette liberté absolue va même jusqu’à engendrer une « civilisation de mort », une civilisation stérile. Stériles, les unions de deux personnes de même sexe, stériles ceux qui s’adonnent à toutes ces activités qui étaient coutumières dans les cités de Sodome et Gomorrhe et qui ont attiré sur elles le feu du Ciel.

Force est de constater qu’en Occident, la liberté sans règle morale débouche sur la délinquance et le crime.

Aussi voudrais-je, ce dimanche encore, m’adresser à la jeunesse et lui montrer que la liberté est le fruit de la vertu pratiquée et nullement le libre choix entre le bien et le mal.

Le danger aujourd’hui réside dans le fait que la pensée qui ne raisonne qu’en terme de libertés et de droits, « les droits de l’homme », exclut totalement l’idée de péché, l’idée de mal. Ainsi puisque les unions contre nature ne portent pas atteintes à ma propre liberté, elles sont légitimes ; il faudrait les considérer comme normal puisque la liberté serait la seul norme du législateur et du moraliste. S’il en est ainsi, si la liberté est la seule norme, pourquoi se dresser contre des émissions immorales à la télévision puisque l’œuvre des producteurs de télévision ne gêne aucunement ma liberté. Je n’ai qu’à fermer le poste !

Raisonner ainsi c’est ne pas prendre en considération le fait que le mal est dynamique. Il ne reste jamais dans un cadre prédéfini. Le mal tend toujours à l’expansion : telle est la logique de son existence. Et l’apogée du développement du mal est la mort, le non-être ! « Stipendia peccati mors », nous dit saint Paul. Et le mal ne s’arrête jamais sans avoir atteint son apogée, le triomphe de l’inexistence. Par conséquent le monde qui vit selon la loi du péché et de la liberté absolue ne peut avoir d’avenir. Je suis profondément convaincu qu’une des raisons de la chute de l’Empire romain et de la dégradation de la civilisation de la Rome antique fut la dissolution des mœurs. L’absence de principes éthiques a mis fin au plus grand empire de tous les temps. La raison en est la corruption de l’homme par l’amour inconsidéré des libertés. Car des hommes corrompus ne peuvent faire fonctionner une société saine.

L’humanisme laïciste, l’humanisme libertaire, l’humanisme sans Dieu, qui a exclu Dieu au nom de la liberté de religion, sombre nécessairement dans l’égoïsme de l’homme pécheur, dans ses égoïsmes et accompli « les oeuvres de la chair ». Dès lors cet humanisme est incapable de rendre la personne humaine éthiquement autonome et libre. Il la transforme au contraire, sans le vouloir mais en le faisant cependant, en une sorte d’animal de consommation. Et les jeunes sont les premières victimes de la propagande de la théorie du tout est permis.

Ce système moral du tout est permis néglige une vertu chrétienne essentielle, celle du don. Or la famille, le travail, la patrie reposent largement sur la capacité des hommes à se donner aux autres. Et c’est pourquoi l’effondrement de cette valeur du don devant l’utilitarisme mercantile menace la cohésion sociale.

Le danger premier de notre époque est l’opposition et même l’aspect absolument contradictoire entre les libertés désirées, tout azimut et les valeurs chrétiennes traditionnelles de notre pays, les valeurs religieuses, culturelles, politiques de notre pays qui s’enracinent dans la Tradition catholique.

C’est pourquoi j’affirme que la foi, l’amour de la Tradition, est au cœur de tout redressement moral et politique de notre pays. Et pourquoi donc ? Parce que la foi n’est pas d’abord une « connaissance », elle est essentiellement « une vérité existentielle » Et c’est pourquoi la fidélité à la vérité catholique et éthique permettra seule de sauver notre pays en sauvant en même temps la liberté face à l’esclavage du péché. Croyez- moi : Il faut rompre avec cet anthropocentrisme païen et libertaire. Il faut proclamer notre foi catholique et ses principes. Car la liberté véritable n’est acquise que lorsque l’homme se délivre du pouvoir obscure des instincts et des principes mauvais qui le guettent. La liberté est au bout de l’effort, au bout de l’épée.

Or le malheur veut que le système libéral du monde moderne n’appelle pas à une libération du péché. Bien au contraire ! La notion de péché est inconnue du libéralisme. Tout est permis ! Tout est permis, si l’acte ne va pas contre la loi et n’empiète pas sur la liberté d’autrui. Pour le libéral, l’homme est affranchi de toute contrainte, le respect de l’ordre public étant sauf. L’homme libre a le droit de rejeter tout ce qui le contraint et tout ce qui représente un obstacle à l’affirmation de son « ego ». Tout relève de l’autorité de sa personne souveraine, autonome et indépendante. Qui ne comprend que tout cela est radicalement opposé au christianisme et pourrait même être qualifiée d’antichrétien. Le libéralisme est l’antéchrist.

Que faire, face à ce libéralisme qui permet au péché son expansion ?
Que faire contre cette idéologie libérale qui est utilisée comme un mécanisme d’expression et de libération de tous les désirs, qui provoque l’explosion du principe charnel, qui pose comme pierre d’angle l’égoïsme humain, qui concocte toute une législation du droit au péché ?

Que faire ?

Si vous ne voulez pas être condamné à une mort spirituelle certaine par le déchainement des passions obscures et y entrainer vos amis et votre pays;
Si vous ne voulez pas être conduits à la disparition de votre pays sur la domination prévisible de l’Islam,
il vous faut revenir au sens normatif de la tradition catholique, il vous faut revenir à l’ordre unissant loi morale et liberté de la personne.

N’oubliez pas que la volonté humaine et donc la liberté se trouve entre deux volontés, celle de Dieu et celle du diable. C’est l’homme lui-même qui décide dans quel sens il exercera sa volonté, sa liberté.

Si vous voulez vous sauver vous-même et aussi votre pays, il faut revenir à une vraie notion de la liberté. La liberté n’est pas la faculté de choisir le bien ou le mal, c’est la faculté de choisir le bien. La valeur de la liberté ne peut pas être séparée de la morale. Si la liberté est aussi la faculté de choisir le mal, cela aboutit au rejet radical du sens normatif de la Tradition, de la foi, de l’Eglise. C’est reconnaître le droit à l’individu de définir ce qui est le bien et ce qui est le mal. C’est sombrer dans l’absolutisation de l’individu. C’est donner naissance au relativisme éthique qui tôt ou tard donne naissance au totalitarisme : le tout prend la place de la partie. C’est aussi sombrer dans l’individualisme occidental où la liberté de la personne va trouver son appui dans les assemblées politiques qui adaptent la législation au goût du jour parce que déterminées par la loi du plus grand nombre. « La loi est l’expression de la volonté générale ». C’est faux. La loi est l’expression du vrai, du bon, du beau.
Si vous voulez que votre patrie demeure et vive glorieuse, souvenez-vous que la liberté et la morale sont les deux piliers de l’ordre individuel et politique. En dehors de ces deux piliers unis, c’est l’anarchie. Et là, tout meurt. Amen.

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