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iLe point de non-retour (III)

publié dans nouvelles de chrétienté le 30 juin 2011


Le point de non-retour (III)
 

L’engrais moderne à la place des Rogations

Voici le troisième article

 

Les deux articles précédents ont paru dans Présent du 25 et 27
juin.

 Dans le franchissement du point doctrinal de non-retour, qui est
l’héritage culturel, contemporain de Mai 68, que le XXe siècle a légué
à l’épiscopat français, nous en venons maintenant à la proposition 4.
Elle figure dans un « rapport doctrinal » de l’Assemblée plénière de l’épiscopat tenue du 2 au 9 novembre 1968. Ce « rapport doctrinal », comme les autres documents publiés par cette Assemblée, est doublement officiel, car leur texte définitif parut en volume avec l’avertissement suivant :

« Leur présente rédaction tient compte des principales observations formulées par les évêques au cours des discussions qui ont suivi la présentation de chaque rapport. »
Donc c’est du relu et corrigé, ce n’est pas une improvisation hâtive.

Il n’est pas aisé de concentrer en une seule phrase la substance de la
proposition 4 (cette numérotation est de nous). Il s’agit d’un esprit ravageur qui résume ainsi deux mille ans de christianisme :

« La foi chrétienne est, historiquement, instaurée sur des mentalités païennes et il ne pouvait en être autrement (…). Le plus souvent, elle n’a pu déraciner totalement le vieux fond de paganisme qu’elles possédaient comme un héritage séculaire ; dans bien des cas elle n’a été qu’un badigeon qui s’est simplement superposé à la mentalité ancestrale sans la convertir (…). Les dieux ont pris des noms de saints (…). Les sacrements ont été conçus comme des rites magiques (…), et la prière elle-même est demeurée beaucoup plus une prière de client que l’adoration du Père en esprit et en vérité. Vingt siècles de christianisme n’ont pas eu totalement raison de cette mentalité païenne inscrite dans la nature de l’homme. »

Mais ce qui est inscrit dans la nature de l’homme, c’est la loi naturelle,
ce n’est pas une mentalité païenne. Nous verrons ultérieurement synthétise
les diverses propositions du franchissement.

 Ce franchissement doctrinal du point de non-retour prend ici pour forme la promotion de l’engrais moderne à la place des Rogations. Recevez la nouvelle doctrine officielle de l’épiscopat français à partir de 1969 (et jamais rétractée depuis lors) :

« Sans doute, il faut en prendre conscience, un héritage païen [toujours la même obsession simpliste] venant du fond des âges at- il sédimenté l’âme chrétienne dès sa naissance (…) « Au scandale ou à la risée de l’homme moderne, une partie, à vrai dire de plus en plus réduite, de notre liturgie continue à demander à Dieu ce que le paysan demande à l’engrais, un salut cosmique qui fait de Dieu le suppléant de nos insuffisances. »

Et pour que l’on comprenne bien, le rapport doctrinal en remet
encore un coup : « Paul [l’Apôtre] n’a pas transigé avec les usages païens. Sans doute l’Eglise, elle, a tenté de le faire, mais avait l’excuse de ne pouvoir faire autrement. Aujourd’hui, l’avènement de la civilisation scientifico- technique lui donne une chance appréciable parce qu’elle travaille dans le même sens : le cultivateur compte plus sur les engrais que sur les Rogations pour faire lever sa moisson. »

La référence respectueuse à la « civilisation scientifico-technique »
et à « l’homme moderne » complète le tableau de ce désastre intellectuel.

 Quand l’épiscopat oppose ainsi l’engrais moderne (salutaire) aux Rogations (survivance païenne), comme si le cultivateur ne pourrait
à la fois demander à Dieu ce que pourtant il attend de l’engrais, c’est par méconnaissance du rapport entre la cause première et les causes secondes, celles-ci n’excluant pas celle-là, ni l’inverse. Ayant rejeté comme périmée la
philosophie chrétienne telle qu’elle était « au cinquième siècle ou dans
le thomisme », l’épiscopat s’est engagé une fois pour toutes dans la misère philosophique où nous le trouvons aujourd’hui.

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