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22 juillet: Sainte Marie Madeleine

publié dans paroisse saint michel le 22 juillet 2012


8ème dimanche après la Pentecôte.
Sainte Marie Madeleine.
Le 22 juillet

« Il dit à cette femme : « tes péchés te sont remis »
Mais quelques temps au paravent, Saint Jean Baptiste avait présenté Jésus à ses disciples comme le Messie en disant « Voici l’Agneau de Dieu, voici Celui qui enlève le péché du monde »
Il y a donc une profonde relation entre saint Jean Baptiste et Marie Madeleine. Saint Jean Baptiste montre du doigt, à ses disciples, le Rédempteur. Marie Madeleine, dans sa prostration aux pieds de Jésus goûte déjà du fruit de la Rédemption : « tes péchés te sont remis… ta foi t’a sauvée ». Elle profite de cette rédemption
Commentons tout cela. Explicitons-le.

Qui était Jésus ?
Pour le tout-venant, il était le fils du charpentier de Nazareth, en Galilée. Il avait maintenant une trentaine d’année. Jusqu’ici rien ne l’avait particulièrement distingué. Il n’avait rien d’un philosophe. Dans les Synagogues, il commençait à se faire connaître. Il parlait souvent en paraboles…Mais qui était-il au juste ? Du fond de sa prison, Jean lui envoie deux de ses disciples pour lui poser deux questions très précises. « Etes-vous Celui qui doit venir ou bien devons-nous en attendre un autre ? »

Cette question était essentielle à l’Ancien Testament qui vivait depuis Adam et Eve de la promesse d’un Sauveur. « Etes-vous Celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » La promesse d’un Sauveur avait été faite juste après la chute d’Adam pour sauver l’humanité du désespoir et de l’éternelle damnation. Cette promesse, au fil des ans, avait été explicitée et précisée par les prophètes. On savait qu’Israël aurait une participation décisive dans sa réalisation. Un fils d’Israël se lèverait du milieu de son peuple, lui donnerait libération, victoire et domination sur ces ennemis. Il serait l’héritier des rois d’Israël, de leur race, mais son Règne, à lui, n’aurait pas de fin.

Au temps de Jésus, les choses étaient compliquées. Israël avait perdu son indépendance. Rome occupait le territoire. Chose qui, toujours, occasionne collaboration, infiltration des mœurs ennemis ou résistance à l’occupant. Il en sera toujours ainsi. En Israël aussi. Les Pharisiens se voulaient étrangers à toutes compromissions par une extrême fidélité à la Loi et attachés à leur indépendance politique. Ils voulaient rester purs, au nom de la Loi, purs de toutes contaminations avec l’étranger, inflexibles dans le service divins. Et pour cela, ils étaient les fervents de la Loi. Ils représentaient donc dans la nation une force de réaction, de résistance par la pureté. Ils étaient « purs et durs ». Ils étaient respectés, plutôt craints. Ils personnifiaient l’espérance d’une libération.

A l’extrême de ce courant qui prêchait la résistance, les grands, les princes de Prêtres, riches, politiciens, tous étaient opportunistes…On le verra bien lors du procès de Jésus…Ils furent capables de prononcer cette phrase : « Nous n’avons d’autre roi que César ».

Jésus avait en « horreur » tout ce monde. En quelques mois, il s’était mis tout ce monde à dos. Il ne respectait que la puissance occupante : Rome. Hérode n’était qu’un « renard », les Pharisiens, des « hypocrites », « une race de vipères, « sépulcres blanchis ». Jésus s’est opposé à tous de toutes ses forces et a placé sa revendication sur un plan purement spirituel, plus haut que les ambitions temporelles. « Mon royaume n’est pas de ce monde ».

« Etes-vous celui qui doit venir ou devons nous en attendre un autre » ? La question était une mise en demeure solennelle. La réponse fut non moins solennelle. « Allez, dit-il, annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les infirmes marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangélisés » Et résumant d’un mot ce qui allait être le drame de toute sa vie, il ajoutait : « Heureux qui ne sera pas scandalisé à mon sujet. » Là, Jésus s’appliquait, à lui, un texte d’Isaïe très connu de tous, faisant du Messie un thaumaturge. La prendre à son compte en la réalisant, bien sûr, s’était se proclamer soi-même Messie et Christ. « Dieu lui-même viendra, était-il dit en Isaïe, et vous sauvera. Alors les yeux des aveugles s’ouvriront à la lumière ; les oreilles des sourds résonneront à la parole ; l’infirme bondira comme le chevreuil ; et la langue des muets Sera déliée ». C’était clair.

Alors Saint Jean, au milieu de ses disciples, affirma de Jésus,: « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde ». C’est Lui le Sauveur. Jean Baptiste pouvait se retirer. Il tomba sous le coup de la haine d’Hérodiade. Saint Jean Baptiste arrive à la fin de l’Ancien Testament parce qu’il peut montrer du doigt le Messie, raison de l’Ancien Testament. Marie Madeleine est tout au début du Nouveau Testament. Elle va bénéficier, elle, de ce salut apporté par le Christ.

Un Pharisien, nommé Simon invite le Christ à prendre chez lui un repas. Le Christ accepte cette invitation et, à la manière antique, prit place à table à demi couché sur un lit ou une natte. La politesse est de se déchausser avant de prendre place. Les convives ont donc les pieds nus. En apprenant que Jésus est dans cette maison, Marie Madeleine prit un vase de parfum et accourt. Ce vase était beau, en albâtre, réservé à un parfum de grand prix. La voici magnifiquement vêtue. Elle ne voit que son Maître, à la place d’honneur. Et avec une humilité solennelle, vient s’agenouiller derrière le Christ, à ses pieds.
Prosternée aux pieds, elle les couvre de baisers. Tout à coup, elle éclate en sanglots. Elle brise le vase et répand le parfum sur les pieds du Christ et ses larmes se mêlent à cette onction. Dénouant sa chevelure, elle la répand et essuie les pieds du Seigneur avec ses cheveux. A sa manière et dans son style incomparable, sans un mot, elle vient de reprendre le témoignage de Jean, là où il l’avait laissé : « Voici l’Agneau de Dieu, qui efface le péché du monde ». Elle rend un hommage digne de Lui : le plus public, le plus heureux, le plus silencieux et le plus éloquent qui soit.

Mais l’hommage aussi le plus scandaleux qui soit pour un Pharisien. Le maître de maison regarde cette scène et dit en lui-même : « Celui-ci, si c’était vraiment un prophète, il saurait bien qui est cette femme qui le touche et que c’est une pécheresse »

La vérité est que cette femme par son attitude posait une question. Cette question, le Pharisien, fermé dans son scepticisme , ne pouvait la résoudre. Il ne pouvait la comprendre.
Les Pharisiens, nous l’avons dit tout à l’heure, se déclaraient les défenseurs de la Loi, une défense strict. Or la Loi interdisait des contacts avec des femmes de mauvaise vie. C’était le cas. Or cette femme touchait le Christ et qui plus est, bien loin de l’écarter avec horreur, se laisse toucher par elle. Automatiquement un tel contact le rendait impur, indigne d’offrir à Dieu le sacrifice et la prière…C’était tellement fort pour le Pharisien, qu’il préféra penser que Jésus ne savait qui était cette femme.
Evidemment le Christ connaissait les pensées du Pharisien. Ce contact n’avait aucune importance pour Lui, le Christ, le Sauveur. Mais bien plutôt « par ce contact ce n’est pas moi qui sera souillé, c’est elle qui sera purifiée. Parce que je suis la source de toute pureté. La preuve en est que je remets à cette femme ses péchés. Vous, Simon, vous ne savez qui je suis. Tandis que cette pécheresse, elle, a deviné qui je suis et que je suis « l’Agneau qui efface les péchés du monde ». Regardez là : je suis entré dans votre maison et vous ne m’avez pas lavé les pieds ; celle-ci au contraire a lavé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux….Celle-ci a oint mes pieds de parfum. C’est pourquoi je vous le dis beaucoup de péchés lui sont pardonnés parce qu’elle a beaucoup aimé. Celui auquel on a moins à pardonner, aime moins. Et c’est désormais sur l’amour que vous serez tous jugés. Non sur la Loi, mais sur l’amour de charité.
Et se tournant vers cette femme : « vos péchés sont pardonnés », dit-il.

Ceux qui étaient avec lui à table commencèrent de dire entre eux : « Pour qui se prend-il donc, celui-ci, qu’il ose même pardonner les péchés ? » Mais Lui, qui ne les écoutait pas, dit à cette femme : « Votre foi vous a sauvée. Allez en paix »

Cette scène est admirable, peut-être unique dans l’histoire des hommes. C’est un amour de charité qui s’exprime dans les gestes de cette femme. Elle ne voit que Lui, elle n’entend que Lui, elle ne s’occupe que de Lui et accomplit en public à son égard cet hommage d’amour. Et Jésus reçoit dans une simplicité royale ce merveilleux hommage.

Marie Madeleine se met à la place du maître de maison et rend au Christ les devoirs de l’hospitalité, de la vraie confession de foi. Le témoigne que Dieu est venu parmi les hommes, non pour les justes, mais pour les pécheurs, pour leur salut. Jésus n’est vraiment reçu parmi les siens que par des larmes de repentir, les précieux parfums de la foi. Il est venu pour convertir les pécheurs que nous sommes mais il ne les convertit qu’en se faisant aimer.
Voilà ce que cette femme nous apprend. J’aime son Evangile. Il sera prêché par toute la terre, dira un jour Jésus.
« Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du Monde ».
Saint Jean Baptiste l’a confessé.
Marie Madeleine en vit. Qu’il en soit ainsi pour nous tous.

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