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Paroisse saint Michel : le Sacerdoce, la messe et la vie éternelle, semaine du 28 au 4 juillet 2009

Paroisse saint Michel : le Sacerdoce, la messe et la vie éternelle, semaine du 28 au 4 juillet 2009

publié dans paroisse saint michel le 28 juin 2009


Prédication pour le 4ème dimanche après la Pentecôte
En cette année sacerdotale

Le Sacerdoce, la messe et la vie éternelle

MBCF,
Nous voilà avec une belle messe. L’Epître et l’Evangile sont riches. Ils s’appellent mutuellement. Ils se complètent. L’épître nous parle de la vie éternelle : « J’estime que les souffrances du temps présent, nous dit saint Paul, n’ont pas de proportion avec la gloire à venir qui sera manifestée en nous ». La gloire à venir, c’est la vie éternelle. C’est la félicité si pleine et si complète du Ciel. L’évangile, lui, nous parle de la pèche miraculeuse. Et l’évangéliste de conclure ce récit : « Et Jésus dit à Simon : ne craint pas désormais ce sont des hommes que tu prendras. Et ayant ramené les barques à terre ; ils quittèrent tout et le suivirent ». Voilà décrite la vocation de l’Eglise, la vocation sacerdotale. « Ils quittèrent tout et le suivirent » pour annoncer aux hommes le message évangélique. Ce message évangélique, c’est essentiellement la vie éternelle.

Ainsi ces deux textes réunis, en ce dimanche, nous permettent de comprendre que l’objet essentielle de la prédication sacerdotale doit être la vie éternelle résumée en ce texte de saint Paul : « J’estime que les souffrances du temps présent n’ont pas de proportion avec la gloire à venir qui sera manifesté en nous ».

C’est pourquoi les prêtres ne doivent perdre aucune occasion, nous dit le catéchisme du Concile de Trente, de rappeler aux fidèles les magnifiques récompenses de la vie éternelle.

Ce doit être l’objet de leur prédication. Mais c’est aussi l’objet essentiel de la messe à laquelle vous assistez tous les dimanches et que le prêtre célèbre avec joie et foi.

La messe est l’acte essentiel du prêtre. « Faites ceci en mémoire de moi », nous a dit Jésus. Aussi n’est-il pas étonnant de voir la plus grande partie des textes de la messe ordonnés à la vie éternelle, vers la gloire, vers le salut éternel. A cette lumière, on peut dire que la messe tridentine, – son offertoire, son Canon,- a une finalité nettement eschatologique et sotériologique.

Regardez les textes de l’Offertoire.

La première prière de l’Offertoire, le « suscipe sancte pater ». « Recevez Père Saint, Dieu tout puissant et éternel, cette hostie sans tache que je vous offre…afin qu’elle profite à mon salut et à celui des fidèles pour la vie éternelle ».

Dès le début de l’Offertoire, ma prière ordonne mon esprit vers le salut, vers la pensée de la vie éternelle. La finalité de l’Offrande de cette Hostie est le salut, la vie éternelle, la vie éternelle étant le fruit du salut, du sacrifice, de l’oblation de l’hostie.

Et demander, dans la 2ème prière de l’Offrande, que nous puissions participer à la « divinité de Celui qui a daigné revêtir notre humanité, Jésus-Christ », « c’est tout également parler de la vie éternelle », cette divinisation étant la raison de notre participation à la vie bienheureuse du Ciel. « Da nobis per huius aquae et vini mysterium, eius divinitatis esse consortes qui humanitatis nostrae fieri dignatus est particeps, Jésus Christus Filius tuus Dominus noster ».

C’est bien aussi « le calice du salut » que nous offrons. Ainsi s’exprime la troisième prière de l’Offertoire. « Offerimus tibi calicem salutaris »… « que ce calice serve donc à notre propre salut, à la vie éternelle »..

Et la prière du Lavabo tient bien notre attention sur les « hauteurs » d’où nous pouvons, comme Moïse sur le Mont Nabo, entrevoir la « terre promise », le Ciel. « Je lave mes mains parmi les innocents. Je suis sans cesse auprès de votre autel, O Seigneur, pour faire retentir vos louanges et raconter toutes vos merveilles. Seigneur, j’aime la splendeur de votre demeure et le lieu où habite votre gloire ». « Domine, dilexi decorem domus tuae et locum habitationis gloriae tuae ».

J’exprime ainsi la finalité transcendantale de l’existence humaine, la finalité divine de toute existence humaine…Et c’est parce que le monde moderne, toutes tendances confondues, n’en veut plus qu’il sombre dans le terrestre, dans « l’iniquité » et qu’il a les « âmes chargées de sang », plus que jamais. « O Seigneur, ne perdez pas mon âme avec celles des pécheurs, ni ma vie quand vous prenez celle des hommes de sang ». « Seigneur, sauvez moi, prenez pitié de moi ». « Redime me ». Quelle belle supplique conclusive de l’Offertoire ! C’est celle du salut espéré de la toute puissante miséricorde de Dieu.

Et cette supplique on la retrouve dans la prière à la Trinité Sainte : que cette offrande serve aussi à « notre salut » : « Ut illis proficiat ad honorem, nobis autem ad salutem » ; supplique que nous retrouvons ultimement dans l’ « Orate frates ». Vous répondez au prêtre : « Que ce sacrifice serve à son honneur et à sa gloire mais aussi à notre utilité et à celle de toute l’Eglise. « Ad utilitatem quoque nostram, totius que Ecclesiae suae sanctae ».

Mais les belles prières de l’Offertoire à peine terminées, voilà que débute la Préface. Cette Préface qui est une introduction merveilleuse à la grande prière, celle du Canon. Elle ordonne tous nos cœurs vers la cour céleste puisque nous osons mêler nos chants du « Sanctus » à celui des Anges et des Archanges…- C’est la seule concélébration que j’aime – unis adorant leur Seigneur et Maître ». « Sanctus, Sanctus Sanctus Dominus Deus Sabaoth. Pleni sunt coeli et terra gloria tua. Hosanna in excelsis ». Voilà le chant de la gloire. Voilà le chant de la cour céleste. Si, avec piété, nous le chantons, n’est-il pas vrai que notre cœur est au Ciel ! qu’il espère le Ciel et c’est cette espérance qui est la raison de notre joie.

Alors que vous poursuivez joyeusement ce chant céleste, ce chant des anges, le prêtre entonne la prière du Canon.

Là aussi nous constatons la même insistance sur la vie éternelle, le salut. Voilà ce qui est présent à notre intelligence : le Ciel, MBCF, le Ciel qu’il faut aimer.

Le Ciel, sa gloire ! C’est ce que nous demandons en conclusion de la troisième prière du Canon, celle du « Memento », du « Souvenez-vous » : « Souvenez vous de ceux pour qui nous offrons ce sacrifice…et qui vous l’offrent eux-mêmes pour eux-mêmes et pour tous les leurs pour la rédemption de leurs âmes, pour leur salut et leur conservation ». « per redemptione animarum suarum, pro spe salutis et incolumitatis suae ». La messe a vraiment une finalité expiatrice.

Alors arrive le merveilleux « Hanc igitur oblationem ». La sonnette de l’enfant de chœur attire votre attention. Un plus grand silence se fait encore. Vous venez à peine de finir le « sanctus » tout agités de la joie…le prêtre met ses maints jointes sur l’hostie et le calice, comme jadis le grand prêtre sur « la victime expiatrice », cette victime portant symboliquement tous les péchés du peuple d’Israël. Le prêtre accompagne son geste de ces paroles significatives : « Ainsi donc Seigneur, cette offrande de vos sujets et de votre famille, acceptez la, nous vous en supplions, comme une juste expiation. Fixez nos jours, Seigneur, dans votre paix ». En latin nous avons le verbe « disponas » de « disponere » qui veut dire : « ranger, arranger, établir, placer, disposer, régler. Mais la « paix » ici en question c’est la paix du Ciel. L’obtenir, c’est le vœu le plus cher de notre cœur, de nos soupirs.

« Atque ab aeterna damnatione nos eripe ». « Délivrez nous de la damnation éternelle ». Autrement dit « ouvrez nous tout grand votre ciel. « et in electorum tuorum jubeas grege numerari » « et admettez nous au nombre de vos élus ». « Numerari », je préfère traduire « comptez nous »…C’est l’œuvre du Bon Pasteur qui, le soir, à la rentrée au bercail compte ses brebis pou voir qu’elles sont toutes là…Autrement, il part à la recherche de la brebis perdu.

Ce « Hanc igitur » est peut-être la plus belle des prières du Canon. Je comprends que vous soyez dans le silence, dans l’adoration, dans une supplique silencieuse et intense.

Supplique silencieuse qui prépare merveilleusement la transsubstantiation mystérieuse et miraculeuse du pain au Corps du Christ et du vin au Sang du Christ. C’est la présence réelle du corps et du sang du Christ Rédempteur.

Alors je me souviens de l’enseignement de NSJC en saint Jean au chapitre 6 : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement et le pain que je donnerai, c’est ma chair, livrée pour le salut du monde…En vérité en vérité, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’avez point la vie en vous-même. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle.. .Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui…Celui qui me mange, vivra aussi par moi ». Lorsque je porte les yeux sur l’hostie blanche consacrée et élevée pour l’offrande à son Père et pour notre adoration, c’est la vie éternelle, dans la foi, que je contemple…tant il est vrai que « l’Eucharistie est un gage pour la vie éternelle ». Le prêtre le dira un peu plus loin. Tant il est vrai que le « Eucharistie est le « pain du Ciel ». « Panem coelestem accipiam » dira le prêtre aussi avant la communion.

Et cette foi en la vie éternelle dans la contemplation et l’acceptation du mystère eucharistique m’est explicitée encore dans la formule de la consécration du vin : « Ceci est le calice de mon sang, le sang de la nouvelle et éternelle alliance, mystère de foi, qui sera répandu pour vous et pour un grand nombre – pro vobis et pro multis – en rémission des péchés ». Cette « nouvelle et éternelle alliance a pour terme le Ciel comme l’alliance de Dieu avec Moïse avait pour terme la Terre promise ». Le but, la raison de ce Sang qui scelle l’Alliance nouvelle c’est la rémission des péchés. C’est l’aspect sotériologique du mystère du Sang du Christ.

Et cet aspect théologal de l’Alliance scellée dans le Sang du Christ est encore explicité dans la prière qui suit : « Nous vous offrons à votre Majesté, l’Hostie pure, sans tache, le pain sacré de la vie éternelle et le calice de l’éternel salut » « Panem sanctum vitae aeternae et calicem salutis perpetuae ».

Et c’est alors que nous nous souvenons de nos morts, « de ceux qui nous ont précédés, marqués du sceau de la foi et qui dorment du sommeil de la paix…Et alors le Canon va nous préciser un peu les délices du Ciel. C’est le lieu du « rafraîchissement », de la « lumière » et de la « paix ». Trois termes sublimes qui caractérisent le Ciel et qui permet de comprendre que nous pussions supplier le Dieu de bonté d’avoir part, à notre tour, à cet « héritage » céleste et être un jour au milieu de la société des Saints, des Apôtres, et des saints Martyrs. Mais supplions ce grand don de la clémence de Dieu et de sa miséricorde infinie. Nous ne pouvons compter sur nos propres mérites.

Le Ciel, voilà MBCF, l’objet de la prédication du prêtre. Cette prédication du Ciel est au cœur de l’acte essentiel du prêtre : l’offrande du saint Sacrifice de la Messe.

Et l’on comprend très bien combien avait raison le saint Curé d’Ars de parler sans cesse du Ciel : « Il nous disait fréquemment des paroles comme celles-ci, rapporte Guillaume Villier qui avait 19 ans à l’arrivée dans Ars de M Vianney : O mes chers paroissiens tachons d’aller au Paradis ! Là nous verrons Dieu. Que nous serrons heureux ! Nous irons tous en procession, si la paroisse devient sage et votre curé sera en tête ». « Il faut bien que nous allions au ciel, disait-il, encore. Quel chagrin si quelqu’un de vous étaient de l’autre côté ».

Et avec le Catéchisme du Concile de Trente je me permets de vous rappeler que « le moyen le plus sûr de l’acquérir (le ciel) c’est de s’armer de la Foi et de la Charité, de persévérer dans la prière et dans la pratique si salutaire des sacrements et enfin de remplir envers le prochain tous les devoirs de la charité. C’est le moyen assuré d’obtenir de la miséricorde de Dieu qui a préparé cette gloire bienheureuse à ceux qui l’aiment, l’accomplissement de cette prophétie d’Isaïe : « Mon peuple habitera dans une paix délicieuse : il sera tranquille sous ses tentes, et jouira du repos au milieu de l’abondance. »

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