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La Semaine Sainte: le Jeudi Saint

publié dans paroisse saint michel le 20 avril 2011


Le Jeudi Saint

Le Plan divin du salut

 

Nous fêtons en cette Semaine Sainte le grand mystère de notre foi, qui est le mystère de notre salut dans la foi au Mystère de la Croix du Seigneur. Trois mots résonnent en notre cœur : la foi, la Croix, le salut, la foi en la Croix pour connaître le salut. Nous le confessions dans le chant de l’antienne d’entrée. La Chorale en notre nom chantait : « pour nous, il faut nous glorifier dans la Croix de NSJC en qui est notre salut, notre vie et notre résurrection ; par qui nous avons été sauvés et délivrés ». Et la Chorale poursuivait : « Afin que nous connaissions sur la terre votre dessein, parmi tous les peuples, votre salut ».

Voilà, MBCF, affirmé clairement le dessein de Dieu, le secret de Dieu. Ce secret est relatif au « salut des hommes ». La foi, la Croix, la salut.

Voilà ce que je dois prêcher sans cesse. Voilà ce que je dois vous rappeler le plus souvent possible pour que vous puissiez en vivre. Je ne suis au service de l’Eglise que pour en recevoir la connaissance, pour m’en instruire, pour vous le révéler, pour vous en appliquer toute la puissance salutaire. Il n’est peut-être pas de vérité plus importante à rappeler aujourd’hui que cela. Parce que cela – ce salut par la Croix dans la Charité du Christ – est l’essence même du christianisme. Le prêtre du Seigneur poursuit cette œuvre du Seigneur, confiée à l’Eglise. Je ne suis pas le gardien d’une civilisation terrestre aussi belle soit-elle, ni l’agent d’une révolution sociale. La transformation des mœurs ne me regarde pas au premier chef, ce n’est qu’une conséquence. Toute ma vocation de prêtre est de donner ce salut du Christ par les sacrements, par ma prédication en communiquant la foi en la Croix du Seigneur. Toute ma vocation de prêtre est d’acheminer les infidèles vers la Croix du Christ et d’y maintenir les fidèles. C’est de prêcher la Croix du Christ Et c’est en cette Croix que se réalise le dessein de Dieu, sa volonté salvifique. Voilà ma mission sacerdotale. Voilà ce que j’ai reçu de l’Eglise et par l’Eglise, du Christ : « Allez enseigner toutes les Nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du saint Esprit ». Alors vous imaginez ma joie de conférer en cette nuit de Pâques, le baptême à trois adolescents. Saint Paul est formel. Il dit lui aussi : « Notre Sauveur Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité. Car il n’y a qu’un seul Dieu, un seul médiateur aussi de Dieu et des hommes : le Christ Jésus qui s’est donné lui-même en rançon pour tous ; ce témoignage fut rendu en son temps pour lequel j’ai été établi héraut et apôtre…docteurs des Nations dans la foi et la vérité » (I Tim 2 3-7). La Croix, le sang coulant sur la Croix, son sang offert sur le bois de la Croix, voilà le prix, la rançon du slaut éternel. Voilà ce que confesse aujourd’hui ces trois adolescents.

Mais je voudrais crier au monde entier cela : Quiconque donne de cœur son adhésion à cette révélation s’unit à Dieu, est purifié de ses péchés et se sauve de la perdition. « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jn 17 3) et Jésus-Christ crucifié.

Oui, MBCF, je n’ai et ne veux avoir qu’une connaissance, celle de Jésus-Christ, celle du Christ rédempteur. Je veux en vivre et vous en faire vivre. Je veux, en ce Jeudi Saint, en contempler et la Charité et l’ humilité.

La Charité. Le Jeudi Saint, c’est le premier acte de la Passion qui commence formellement aujourd’hui. « Avant la fête de Pâque, Jésus sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, après avoir aimé les siens, qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à la fin ».

Voilà la raison de cette heure, le principe de la Rédemption : un acte immense de Charité : « Il les aima jusqu’à la fin ». Il nous aima jusqu’à la fin »i.e. jusqu’au bout, jusqu’à la consommation de l’amour. Il nous aima totalement, absolument. Il se dévoua à l’instruction des Apôtres comme une mère à ses enfants. La Passion est un immense acte de charité. La charité en est le principe. Le péché n’en est que l’occasion. C’est à l’occasion de ce péché du peuple – le péché originel et les péchés personnels – qu’éclata cette charité divine. La rédemption est l’expression de l’amour qui s’est voulu miséricordieux sous le signe du pardon. « Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour leur faire miséricorde à tous » nous dira saint Paul aux Romains (Rm 11 32). C’est en fait comme rédempteur que Dieu a voulu nous donner le Fils bien aimé qu’Il cachait en son cœur de Père. Saint Thomas affirme avec force le primat de la charité dans le mystère du Verbe incarné. Toutes les richesses de l’Incarnation et de la Rédemption sont l’œuvre de la charité. Si le Christ s’est incarné, c’est par amour ; s’il est mort ; c’est par amour. Tous ces mystères procèdent de l’immense charité de Dieu. Cette charité dépasse la science de toute créature. Elle est pour nous impossible à concevoir. C’est aussi l’acclamation de saint Paul : « Il est évidemment grand le sacrement de miséricorde manifesté dans la chair, justifié dans l’Esprit, vu par les Anges, prêché au Gentils, cru dans le monde et assumé dans la gloire » (1 Tm 3 16). « Prêché aux Gentils » ! Mais celui qui fut prêché aux Gentils, fut le Christ crucifié, ce fut le calvaire qui fut prêché. Ce fut la mort du Christ et sa résurrection parce qu’en elle se trouve le salut. Ce fut la prédication de Saint Paul aux Grecs sur la célébrreplace de l’Agora. Je ne vœux connaître rien d’autre parmi vous que Jésus et Jésus Crucifié, que Jésus rédempteur, que Jésus amour.

« Charité » ! Mais tout autant « humilité ».

Il fut au milieu d’eux comme le « serviteur souffrant et aimant ». Aucun orgueil ! Aucune prétention ! Aucune suffisance au milieu d’eux. Il ira même jusqu’à se faire le serviteur. « Jésus, sachant que le Père lui avait tout remis entre les mains, et qu’il était sorti de Dieu et qu’il retournait à Dieu, se leva de table, quitta ses vêtements, prit un grand linge dont il se ceignit, puis versa de l’eau dans un bassin et se mit en devoir de laver les pieds de ses disciples et de les essuyer avec le linge dont il était sein ». Ce fut, on le comprend, l’étonnement chez les disciples. L’Ecriture nous retient que la protestation de Pierre, mais tous eurent la même réaction : « Seigneur, c’est à moi que vous lavez les pieds ?….Jamais je ne vous laisserai me laver les pieds ». C’est en effet un service d’esclave. Il dut pourtant s’exécuter. Et Jésus de conclure : « Comprenez ce que je viens de faire ? Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien car je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, c’est que, vous aussi vous devez vous laver les pieds, les uns les autres. Je vous ai donné l’exemple afin qu’à votre tour vous fassiez ce que je vous ai fait ».

Quel exemple !

Quand donc saint Paul prétendait n’avoir qu’une science, celle de Jésus-Christ et de Jésus-Christ crucifié, humble et plein de charité, il parlait en apôtre authentique. Il apportait à tous, le salut qui s’obtient par la foi en Jésus-Christ. Il confessait : « de cette Eglise, je suis devenu le ministre, en vertu de la charge que Dieu m’a confié parmi vous d’annoncer dans sa plénitude la parole de Dieu, à savoir le mystère tenu caché aux siècles et aux générations, mais qui vient d’être révélé à ses saints, auxquels Dieu a daigné faire connaître quelle est pour les gentils la richesse et la gloire de ce mystère qui n’est autre que le Christ en vous, l’espérance de votre béatitude » (Col 1 25-27)

Oui ! MBCF, Dieu a conçu le dessein de sauver tous les hommes et il a « prédéterminé » tout un plan de réalisation et de promulgation de ce salut. Ce salut est le mystère de la charité de Dieu, du bon vouloir divin. De ce salut, il ne s’y est décidé que d’après son bon vouloir. Ce salut est donc absolument gratuit, l’effet de sa propre miséricorde. Il a été tenu caché aux générations passées. Il est inconnaissable de soi tant qu’il n’est pas révélé. C’est la propriété de Dieu seul. Et ce n’est qu’à la plénitude des temps, à l’âge messianique, qui clôt l’histoire de l’humanité, que Dieu en a décrété l’exécution et la révélation dans la charité et l’humilité du Fils, du Fils de Marie. C’est la charge de l’Eglise catholique d’en révéler la réalisation. La fonction de l’Eglise est donc essentiellement de parler de la Charité de Dieu puisque ce mystère de la Rédemption qui est à sa charge est la charité de Dieu en acte. La fonction du sacerdoce est donc de parler du salut, de la vie éternelle puisque la vie éternelle est l’objet de la Rédemption. Dès lors, retenez bien cela pour en vivre, la vie éternelle est comme la récompense de l’amour que l’on a pour Dieu en son mystère de la Croix, mystère de Charité et d’humilité. N’oublions jamais cet enseignement de saint Jean qui nous dit, que « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a envoyé son Fils unique afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle » (Jn 3 15). Je résumait au début de cette homélie, la doctrine chréteinne en trois moit : la foi, la Croix, le salut. Je peux également résumer cette doctrine, cet enseignement de l’Eglise par cette « catena aurea », cette chaîne d’or : l’amour de Dieu, l’envoi du Fils, la vie éternelle. Voilà ce qu’il faut croire pour être sauvé. Le Christ est comme la manifestation de la Charité du Père. Il en est l’épiphanie. Il la notifie. Il en exécute les desseins et en quelque sorte la résume. Et de fait, si Dieu veut sauver tous les hommes et les faire parvenir au ciel, Il le réalise dans le Christ et sa Croix. Le Christ est vraiment le sauveur de l’humanité, l’unique médiateur. Voilà la foi. Et son salut est universel. Il ne se limite pas au peuple élu. Il s’adresse à l’humanité toute entière. Tous sont appelés à bénéficier des mêmes promesses, à constituer un même corps, le corps mystique de l’Eglise. Dieu se propose de « tout réunir dans le Christ ». Le Christ est dès lors la « pierre angulaire », le centre de tout l’édifice. Voilà mes trois mots sacrés : la foi, la Croix, le salut.

J’aime cette Eglise, MBCF, qui me garde et m’entretient d’un tel secret, d’un tel mystère. J’aime cette Semaine Sainte qui me commémore ce grand mystère de la charité de Dieu. Je crois Seigneur en votre salut par la Croix du Christ Seigneur. O Crux, spes unica dira nous demain dans l’adoration de la Croix du Seigneur.

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