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Prédication en l’honneur de saint Michel, patron céleste de l’église saint Michel de Rolleboise, lors de la messe célébrée exceptionnellement le 13 septembre 2009

Prédication en l’honneur de saint Michel, patron céleste de l’église saint Michel de Rolleboise, lors de la messe célébrée exceptionnellement le 13 septembre 2009

publié dans paroisse saint michel le 17 septembre 2009


 

 

« Dieu a découvert ce qui doit arriver bientôt et il l’a signifié par son Ange à Jean son serviteur »

Telles sont les premières paroles de l’Apocalypse. Cet ange, c’est saint Michel. Et ce livre de l’Apocalypse est la révélation sur le Christ, sur son rôle, sur la Rédemption par le Sang de « l’Agneau ». Ce livre est centré sur le Christ qui est « le témoin fidèle » du Père, « le premier né d’entre les morts ». Il est « Celui qui nous aime, qui nous a lavé de nos péchés par son sang et qui nous a faits rois et prêtres de Dieu, son Père ». « Il est le premier et le dernier ». « Il est le Vivant ». « Il a été mort, mais voici qu’il est vivant ». Il dit « Je tiens les clefs de la mort et de l’enfer ». Car il est « le seul digne de prendre le livre (de vie) et d’en ouvrir les sceaux ». Il est celui qui a été « immolé » et qui a « racheté pour Dieu » par son sang « les hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation ».
A Lui, gloire, honneur, louange et force aux siècles des siècles.

Telle est la confession de l’Apocalypse, livre de Jean, affirmée par l’Ange Saint Michel..
Tel est le message essentiel de l’Eglise, le message de l’Evangile. L’Evangile, c’est le Christ et son œuvre de salut accomplie et cette œuvre salvifique s’est réalisée dans sa Passion et sa Résurrection. Elle est pour nous « l’espérance de la gloire ». L’expression est paulinienne.

« Le Christ, l’espérance de la gloire ».

Voilà pourquoi Jean Paul II parle de « l’Evangile de l’espérance »
Voilà ce que l’Eglise enseigne, a enseigné, enseignera toujours.
Voilà ce que les prêtres de l’Eglise doivent répéter sans cesse. Comme le dit Jean Paul II dans « Ecclesia in Europa », « L’Eglise se présente toujours avec la même annonce qui constitue son unique trésor. Jésus Christ est le Seigneur, en Lui et en nul autre est le salut (Act 4 12) ». La source de l’espérance pour vos familles, pour chacun d’entre nous, c’est le Christ et l’Eglise est « le chemin par lequel passe et se répand la vague de grâces surgie du cœur transpercé du Rédempteur ».

Et c’est pourquoi, grâce à la foi, jaillit de vos cœurs et de vos lèvres, familles chrétiennes, « une joyeuse confession de l’espérance » : « Toi, Seigneur ressuscité et vivant… tu es l’unique et vraie espérance de l’homme et de l’histoire ; tu es pour nous l’espérance de la gloire. En Toi et avec toi, nous accédons à la Vérité et notre vie a un sens ». Jésus-Christ est notre espérance parce que, Lui, le Verbe éternel qui est éternellement dans le sein du Père, nous a aimés au point d’assumer notre nature humaine, excepté le péché, partageant notre vie, pour nous sauver » (Jean-Paul II, Ecclesia in Europa).

La confession de cette vérité est au cœur de notre foi. « Seule cette vérité sur le Christ nous permet, dit Jean-Paul II, de pénétrer dans le mystère de l’amour de Dieu et de la communion trinitaire ».

Il ne faut pas craindre de répéter que « Jésus-Christ est notre espérance de la gloire » parce que c’est le centre de la foi chrétienne. Et c’est cette vérité qui a fait les siècles de chrétienté. Et c’est de cette foi que vous voulez vivre et dans laquelle vous voulez grandir et dans laquelle vous voulez éduquer vos enfants, votre joie. Et les temps présents vous obligent, familles chrétiennes, éducateurs catholiques, à une mâle énergie pour garder le bon cap de l’Eglise et du message angélique.

En effet le temps que nous vivons apparaît comme « une époque d’égarement », nous dit Jean-Paul II. « Beaucoup semblent désorientés, incertains, sans espérance et même de nombreux chrétiens partagent ces états d’âme ».

Pourquoi cela ?

Parce que nous « assistons à une perte de la mémoire et de l’héritage chrétien, accompagnée d’une sorte d’agnosticisme pratique et d’indifférentisme religieux qui fait que beaucoup donnent l’impression de vivre sans terreau spirituel et comme des héritiers qui ont lapidés le patrimoine qui leur a été légué par l’histoire. Ainsi voit-on des tentations de donner à la vie un visage qui exclut tout héritage religieux ».

Face à cette situation, oh combien réelle, se dressent, doivent se dresser vos familles chrétiennes qui veulent vivre du Christ, qui veulent former les enfants dans cet héritage chrétien centré sur le Christ, sur l’Eglise, sur la liturgie, liturgie elle-même toute centrée, non point sur l’assemblée, mais sur le Christ Sauveur. L’Eglise, du reste, compte sur vous. Elle vous supplie, au milieu du désordre présent, d’être vigilants, de « veiller et de prier » afin de ne pas succomber à cette tentation du désespoir contemporain.

Certes, notre pays ne manque pas de merveilleux symboles de foi chrétienne : nos églises, nos basiliques, nos collégiales de Mantes la Jolie, de Vernon, notre littérature, notre musique religieuse, le chant grégorien, notre polyphonie…Mais avec l’expansion de la sécularisation, ils risquent de devenir un pur vestige du passé, admirable, certes, qu’on visite en tourisme, à l’occasion des portes ouvertes…où que l’on écoute en concert…mais que l’on ne visite plus qu’en touristes, qui n’expriment plus la foi, notre foi…Car on n’arrive plus à intégrer, comme dans le passé, le message évangélique dans l’expérience quotidienne. Il est de plus en plus difficile de vivre la foi en Jésus-Christ dans un contexte social et culturel, dit Jean-Paul II, dans « Ecclesia in Europa » où le projet chrétien de vie est continuellement mis au défi et menacé. Il est plus facile aujourd’hui de se dire athée que croyant. On a l’impression que la non croyance va de soi tandis que la croyance a besoin d’une légitimité sociale qui n’est ni évidente ni escomptée ».

Face à cette situation se dressent vos familles. Votre rôle de père et de mère est capital. Vos familles doivent être un vrai « sanctuaire », le sanctuaire » où se transmet la vie chrétienne, où se transmet l’amour de Dieu, le respect de sa loi, le respect de sa majesté, l’amour de Jésus-Christ, « l’espérance de la gloire », de la vie éternelle par Jésus-Christ confessé. Dans « ce désert de Dieu », comme vient de le dire Benoît XVI à des évêques en visite « ad limina », sachez rappeler la nécessaire présence de Dieu en notre vie. Nous ne pouvons nous mouvoir, nous ne pouvons agir, nous ne pouvons penser sans la présence de ce Dieu « Transcendant », certes, mais tout autant « immanent » à l’intérieur de nous-même. Comment vivre sans penser une seule fois à ce Dieu trois fois Saint qui est plus intime à moi-même que moi-même. Cette pensée quotidienne de Dieu sera le fruit de votre éducation donnée en famille. Et vos enfants auront ce sens de Dieu, vivront en son intimité parce qu’ils vous auront vu prier, le soir, vous courber devant Dieu. Cet exemple les marquera à jamais. Voir un père, une mère recueillis, unis vers Dieu marque pour toujours un enfant.

N’oublions pas que de nombreux baptisés vivent comme si le Christ n’existait pas. On répète des gestes, des signes de la foi ; mais, à ces signes ne correspondent ni un véritable accueil du contenu de la foi, ni une adhésion à la personne de Jésus-Christ et à son évangile. Aux grandes certitudes de la foi s’est substitué chez beaucoup un sentiment religieux vague et qui n’engage guère, des formes variées d’agnosticisme et d’athéisme pratique se diffusent contribuant à aggraver l’écart entre la foi et la vie. Un humanisme immanentiste s’introduit parmi nos chrétiens, affaiblissant d’autant la foi.
A tel point que pourrait aujourd’hui se justifier cette phrase du Christ : « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre » (Lc 18 8), la trouvera-t-il sur notre terre de France pourtant de vielle tradition chrétienne ? « C’est une question ouverte qui indique le caractère dramatique de l’un des défis les plus graves de notre temps ».

La réponse à cette question dépend pour beaucoup de vos familles. Et vous êtes bien décidés à tout faire pour transmettre cette foi en Jésus, notre espérance.

A la racine de cette perte de la foi et de l’espérance, se trouve la tentation de faire prévaloir, dit Jean-Paul II, « une anthropologie sans Dieu et sans le Christ. Cette manière de penser a conduit à considérer l’homme comme le centre absolu de la réalité, lui faisant occuper faussement la place de Dieu. On oublie alors que ce n’est pas l’homme qui fait Dieu, mais Dieu qui fait l’homme. L’oubli de Dieu a conduit à l’abandon de l’homme. Et c’est pourquoi, dans ce contexte, il n’est pas surprenant que ce soient largement développés le nihilisme en philosophie, le relativisme en gnoséologie et en moral et l’hédonisme cynique dans la manière d’aborder la vie quotidienne ». Notre époque est celle de « l’apostasie silencieuse » de la part de l’homme comblé qui vit comme si Dieu n’existait pas.

La famille a une belle tache à accomplir, une belle mission. Voilà son rôle, un idéal d’éducation. Elle doit se dresser tout naturellement contre cette nouvelle culture ambiante qui engendre la disparition de l’espérance et favorise les formes diverses de messianisme, le bonheur de nature hédoniste procuré par le consumérisme, voire même ce bonheur imaginaire et artificiel produit par les stupéfiants qui prolifèrent.
La famille chrétienne, dans sa vérité même, s’oppose à cette nouvelle culture. Elle doit garder et donner aux enfants l’espérance chrétienne. Et elle le fait plus facilement si elles s’insèrent dans la vie paroissiale. La vie paroissiale en effet est le milieu adapté pour l’exercice réel de la vie chrétienne grâce à une liturgie sacrée, recueillie et pieuse qui donne, aux enfants, le sens de Dieu et de sa majesté. La liturgie permet de rencontrer le Seigneur, de s’ouvrir en toute confiance au Christ et de se laisser renouveler par Lui, dans la Sainte Eucharistie. Et celui qui rencontre le Seigneur dans la Liturgie connaît la Vérité, découvre la Vie, trouve la Voie qui y conduit.
Ainsi les familles, nourries de liturgie dans la vie paroissiale comprennent que « le Christ est, comme le dit toujours Jean-Paul II, « l’avenir de l’homme ». Car il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés (Act 4 12). La liturgie nous met en contact avec Jésus-Christ. Avec Lui, on sait que l’existence humaine n’est pas enfermée sur l’horizon humain, mais qu’il s’ouvre sur l’éternité. Voilà ce qu’il faut dire aux enfants. En trouvant le Christ, les enfants trouvent l’espérance qui seul offre la plénitude de sens à la vie.
Amen.

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