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La foi de l’Eglise

publié dans paroisse saint michel le 3 novembre 2012


L’Année de la foi.
La foi de l’Église

Le pape a été, mercredi dernier, particulièrement bref dans son discours sur l’année de la foi, place saint Pierre. Il faisait, parait-il mauvais temps. Est-ce la raison de la brièveté de son discours ? Une quinzaine de lignes. Je ne sais. Quoi qu’il en soit, il aborda le sujet de « la foi de l’Eglise », c’est-à-dire, de son « contenu »
Après nous avoir expliqué, mercredi dernier, « ce qu’est la foi », il nous parle, cette fois, du « contenu de la foi ». La foi nous a-t-il dit est un assentiment de notre intelligence et de notre cœur aux mystères de Dieu et cet assentiment fait naître en notre âme, joie et espérance certaine. La foi engendre une vraie « conversion » dit-il aujourd’hui. C’est pourquoi elle est, sous ce rapport, un acte éminemment personnel : « l’acte de foi est un acte profondément personnel, qui marque un changement de direction, une conversion ». Autre le païen, autre l’athée, autre le croyant en Dieu. Toutefois « cet acte n’est pas le produit de ma réflexion solitaire ». A Dieu ne plaise ! Ce serait moderniste ! « La foi m’est donnée par Dieu à travers une communauté croyante qui est l’Église. Croire est un acte ecclésial. La foi de l’Église précède, engendre et nourrit la foi personnelle. Personne ne peut dire avoir Dieu pour Père, s’il n’a pas l’Église pour Mère, disait saint Cyprien. Dès ses origines, l’Église est le lieu de la foi et de sa transmission, le lieu où le baptisé est immergé dans le Mystère pascal du Christ qui l’introduit dans la communion avec la Trinité et avec les autres frères et sœurs dans la foi ».
La foi du baptisé doit plonger ses racines, sa « confession » dans la Tradition, poursuit le pape. Il dit une chose très importante: « La Tradition de l’Église garantit aux baptisés de tous les âges que le contenu de leur foi est le message originel du Christ annoncé par les Apôtres ».
En effet quel est le contenu de la foi ? Quelle est la foi de l’Eglise qui nourrit et précède mon acte de foi personnel? Où trouver ce contenu certain de la foi ? Ou trouver le vrai message du Christ, « le message originel du Christ », dit le Pape? A priori, nous devrions répondre dans l’enseignement des Apôtres. Mais où trouvez avec certitude le vrai message des Apôtres ? Où trouvez cette Tradition de l’Eglise qui fonde ma foi ? Le pape n’aborde pas toutes ces questions, mais elles sont au cœur de sa réflexion et de sa phrase : « La Tradition de l’Église garantit aux baptisés de tous les âges que le contenu de leur foi est le message originel du Christ annoncé par les Apôtres ».
Si le pape ne répond pas à toutes ces questions, nous trouverons la réponse de nos questions chez Tertullien, et son ouvrage fameux qui s’intitule « de praescriptione haereticorum », Je répondrai que je trouve le contenu de la foi dans les églises apostolique et tout particulièrement dans l’Eglise de Rome fondée par Pierre, le Vicaire du Christ. Voilà la Tradition dont parle le pape, la tradition romaine.
Voici tout d’abord la règle ou le symbole de notre foi, dans la formulation que je trouve chez Tertullien.
« Nous croyons qu’il n’y a qu’un seul Dieu, auteur du monde qu’il a tiré du néant par son Verbe engendré avant toutes les créatures. Nous croyons que ce Verbe, qui est son fils, est apparu plusieurs fois aux patriarches sous le nom de dieu, qu’il a toujours parlé par les prophètes; qu’il est descendu, par l’opération de l’Esprit de Dieu le Père, dans le sein de la Vierge Marie, où il s’est fait chair; qu’il est né d’elle; que c’est notre Seigneur Jésus-Christ qui a prêché la loi nouvelle et la promesse nouvelle du royaume des cieux. Nous croyons qu’il a fait plusieurs miracles; qu’il a été crucifié; qu’il est ressuscité le troisième jour après sa mort; qu’il est monté aux cieux, où il est assis à la droite de son Père; qu’il a envoyé à sa place la vertu du Saint-Esprit, pour conduire ceux qui croient; enfin qu’il viendra avec un grand appareil, pour mettre les saints en possession de la vie éternelle et de la béatitude céleste, et pour condamner les méchants au feu éternel, après les avoir ressuscites les uns et les autres en. leur rendant leur chair ».
Disons clairement que « la foi réside dans le symbole », le Credo.

Très bien !

Mais « à qui appartient la foi, de qui elle est émanée, par qui, quand et à qui a été donnée la doctrine qui fait les Chrétiens? Il faut, bien sûr, tourner nos regards vers NSJC

Jésus-Christ lui-même, tandis qu’il était sur la terre, soit dans ses discours au peuple, soit dans ses instructions particulières à ses disciples, a enseigné ce qu’il était, ce qu’il avait été, la volonté de son Père dont il était chargé, et ce qu’il exigeait des hommes. Parmi ses disciples, il en choisit douze disciples pour l’accompagner, et pour devenir dans la suite les docteurs des nations. L’un d’entre eux ayant été retranché de ce nombre, il commanda aux onze autres, lorsqu’il retourna à son Père après sa résurrection, d’aller enseigner toutes les nations, et de les baptiser au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Aussitôt après, les Apôtres (ce nom signifie Envoyés) ayant choisi Matthias, sur qui tomba le sort, pour remplacer le traître Judas, et ayant reçu avec le Saint-Esprit qui leur avait été promis, le don des langues et des miracles, ils prêchèrent la foi en Jésus-Christ, et ils établirent des Eglises d’abord dans la Judée; ensuite s’étant partagé l’univers, ils annoncèrent la même foi et la même doctrine aux nations, et fondèrent des Eglises dans les villes. C’est de ces Eglises que les autres ont emprunté la semence de la doctrine, et qu’elles l’empruntent encore tous les jours à mesure qu’elles se forment. Par cette raison, on les compte aussi parmi les Eglises apostoliques, dont elles sont les filles. Tout se rapporte nécessairement à son origine: c’est pourquoi tant et de si nombreuses Eglises sont censées la même Eglise, la première de toutes, fondée par les Apôtres, et la mère de toutes les autres: toutes sont apostoliques, toutes ensemble ne font qu’une seule Eglise par la communication de la paix, la dénomination de frères et les liens de l’hospitalité qui unissent tous les fidèles. Et rien autre chose ne protège ces liens, que la même tradition d’une même foi »

Et de cette constatation, Tertullien tire ce qu’il appelle une « prescription » : « Voici comme nous tirons de là un argument de prescription ».

« Si notre Seigneur Jésus-Christ a envoyé ses Apôtres pour prêcher, il ne faut donc pas recevoir d’autres prédicateurs que ceux qu’il a établis, parce que personne ne connaît le Père que le Fils et ceux à qui le Fils l’a révélé, et parce que le Fils ne l’a révélé qu’aux Apôtres, envoyés pour prêcher ce qu’il leur a révélé. Mais qu’ont prêché lés Apôtres, c’est-à-dire, que leur a révélé Jésus-Christ? Je prétends, fondé sur la même prescription, qu’on ne peut le savoir que par les Eglises que les Apôtres ont fondées, et qu’ils ont instruites de vive voix, et ensuite par leurs lettres. Si cela est, il est incontestable que toute doctrine qui s’accorde avec la doctrine de ces Églises apostoliques et mères, aussi anciennes que la foi, est la véritable, puisque c’est celle que les Eglises ont reçue des Apôtres, les Apôtres de Jésus-Christ, Jésus-Christ de Dieu: et que toute autre doctrine, par conséquent, ne peut être que fausse, puisqu’elle est opposée à la vérité des Eglises, des Apôtres, de Jésus-Christ et de Dieu ».

Il ne nous reste qu’à démontrer que notre doctrine dont nous avons présenté plus haut le symbole, vient des Apôtres, et que, par une conséquence nécessaire, toutes les autres sont fausses. Nous communiquons avec les Eglises apostoliques, parce que notre doctrine ne diffère en rien de la leur: voilà notre démonstration. C’est bien le Credo des Apôtres qui me révèle l’enseignement de NSJC.

Voilà ce que dit équivalemment Benoît XVI lorsqu’il dit de son trône pontifical : « La Tradition de l’Église garantit aux baptisés de tous les âges que le contenu de leur foi est le message originel du Christ annoncé par les Apôtres ». Et c’est pourquoi on peut dire, avec le Pape, que « Malgré ses faiblesses et ses limites, le chrétien qui se laisse guider et former par la foi de l’Église devient comme une fenêtre ouverte qui reçoit la lumière divine et la transmet au monde ». Et s’il en est ainsi on comprend que le pape puisse appelle chaque chrétien a « s’engager à communiquer la foi, non pas en son propre nom, mais toujours sur la base de l’unique foi de la famille de Dieu, de l’Église ». Et c’est pourquoi je veux rester fidèles à ce « canon romain », que je récite tous les jours, en sa formulation latine et romaine car, comme le dit le saint Concile de Trente « il est composé, en effet, des paroles mêmes du Seigneur, des traditions des Apôtres et des pieuses instructions des saints pontifes » (Ch. 4 Con. de Trente). Rien ne m’en fera dévier. Et certainement pas la réforme de Paul VI. Elle doit, du reste, disparaître de l’Eglise. Alors la paix ecclésiale règnera ! N’est-ce pas, du reste, ce qui inspirait saint Pie V dans sa restauration liturgique suite au Concile de Trente et qu’il exprimait dans sa Bulle Quo primum tempore. Il disait : « qu’il n’y ait dans l’Église de Dieu qu’un seul rite pour célébrer la Messe ». Ca aussi, c’est la Tradition.

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