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De la joie chrétienne

publié dans paroisse saint michel le 15 février 2013


Premier dimanche de Carême
De la joie chrétienne

« En ce premier dimanche de Carême, l’Eglise propose de nouveau à notre méditation le merveilleux exemple de saint Paul pour que nous imitions ses vertus.

Saint Paul, dans le passage de cette épître aux Corinthiens, nous fait connaître son âme, son ardeur, sa « constance » dans les épreuves, sa « patience », sa « bonté» dans les relations sociales, sa « franchise, sa droiture », « une charité sans feinte » dans la vie publique, sa « passion » pour la paroles de vérité, son « habileté » dans l’Apostolat, dans la polémique, dans la défense de la Vérité, tantôt attaquant, tantôt défendant sans se soucier des honneurs ou des humiliations, dégagé totalement de sa propre personne , de son « moi », des préoccupations de sa réputation, sans considérer le « quand-dira-t-on », il est « libre ». Il va son chemin droitement sans se préoccuper des uns et des autres et des jugements si divers que l’on peut porter sur lui. J’en arrive, enfin à la qualité qui me plait, en lui, suprêmement : il va son chemin toujours joyeux, « « semper autem gaudentes ».
« Semper gaudentes ».

C’est certainement la disposition fondamentale de son âme : la joie. « Toujours joyeux ». Parcourez ses épîtres, il ne cesse de parler de la joie, d’appeler ses disciples à la joie.

Action de grâces et joie sont comme les deux principes de la spiritualité de Saint Paul.
Aux Corinthiens, il écrit : «Je surabonde de joie au milieu de toutes mes tribulations ». Aussi leur demande-t-il « d’être eux aussi dans la joie ».

Et lorsqu’il parle avec enthousiasme des fruits de l’Esprit Saint, il n’omet pas de citer la joie : « Les fruits de l’Esprit sont la charité, la joie, la paix, la patience, la mansuétude, la bonté, la fidélité… »

Ne sentez-vous pas aussi jaillir la joie dans cette acclamation en l’honneur de notre Dieu et Seigneur Jésus-Christ : « Béni soit Dieu le Père de NSJC qu’il nous a bénis dans le Christ de toutes sortes de bénédictions spirituelles ».

Et encore aux Philippiens, il fait toujours éclater sa joie : « Paul et Timothée, serviteurs du Christ-Jésus, à tous les Saints dans le Christ qui sont à Philippes…Je rends grâce à mon Dieu toutes les fois que je me souviens de vous et dans toutes mes prières pour vous tous, c’est avec joie que je lui adresse ma prière à cause de votre concours unanime pour le progrès de l’Evangile ». Aux mêmes Philippiens, il dit sa joie de voir « le Christ annoncé ». Il leur parle de « sa joie dans la foi ». Il les exhorte à la sainteté, à l’unité, à l’amour de Dieu, surtout à l’humilité les encourageant à imiter l’humilité du Christ « pour qu’ils rendent sa joie parfaite ». Il leur envoie Epaphrodite, son frère, le compagnon de ses travaux et de ses combats pour que ils soient « dans la joie ». Et sa conclusion est pleine de joie : « C’est pourquoi, mes chers et bien aimés frères, ma joie et ma couronne, tenez fermes dans le Seigneur, mes bien-aimés ».Et son exhortation finale : « Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps. Je le répète, réjouissez-vous ».

Voyez encore son adresse et sa salutation aux Colosssiens : le joie, toujours la joie et l’action de grâce. : « C’est pourquoi…nous ne cessons de prier Dieu pour vous et de demander que vous ayez la pleine connaissance de sa volonté…pour marcher d’une manière digne du Seigneur…faisant des progrès dans la connaissance de Dieu… fortifiés… par sa puissance glorieuse, pour tout supporter avec patience et avec joie rendant grâces à Dieu le Père qui nous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière ».

Aux Théssaloniciens, nous trouvons toujours la même joie exprimée : « Quelles actions de grâces en effet nous pouvons rendre à Dieu à votre sujet pour toute la joie que nous éprouvons à cause de vous devant Dieu ». Et en conclusion, nous avons une exhortation à la joie : « Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses. Soyez toujours joyeux ».
Voilà quelques passages des Epîtres de Saint Paul où il nous parle de sa joie. « Il faut être joyeux dans le Seigneur ». C’est là une disposition foncière de l’âme de Saint Paul. C’est là l’attitude normale du chrétien.

Et je dois dire que c’est la note de l’église de Rolleboise : la joie. J’en faisais la remarque dimanche dernier. « Vraiment cette communauté est joyeuse » et je m’en réjouissais profondément en rendant grâce à Dieu.

L’Eglise veut entretenir cette joie dans l’âme des fidèles. C’est une note de l’Evangile.

Et c’est pourquoi, Saint Bernard, dans son commentaire du « Cantique des cantiques » nous donne la raison théologique de cette joie toute surnaturelle.
C’est tout son magnifique chapitre XI de son commentaire du Cantique des cantiques », intitulé « de la rédemption du genre humain ».

En effet Saint Bernard parle lui-aussi de la joie, « du bonheur de louer Dieu » qui est « l’état des habitants du Ciel». L’Ecriture dit bien : « Heureux ceux qui habitent ta demeure ».

C’est un désir clairement exprimé par Saint Bernard. C’est même la première phrase de ce chapitre : « Je l’ai dit à la fin de mon dernier sermon, et je veux le répéter aujourd’hui : je désire vous voir tous participer à cette grâce qui permet à la piété de s’élever à la louange des bienfaits divins et aux joies de la gratitude ».Il demande à ses disciples de se « détourner parfois du souvenir pénible » de leurs péchés pour « suivre l’itinéraire moins ardu où la mémoire apaisée n’évoque plus que les bienfaits divins ». Il le conseille expressément : « Quitte parfois la tristesse », conséquence de tes péchés « pour te réjouir dans la mémoire, dans le souvenir des bienfaits divins ».. « Sans doute, dit-il, il est bon de s’affliger de ses péchés mais à condition que ce ne soit pas à tous les instants de la vie. Il faut faire alterner, avec ce souvenir, la mémoire plus heureuse des bontés de Dieu. Car la tristesse continuelle endurcit le cœur et risque de le jeter au mortel désespoir… ».
Et « le juste, dit Saint Bernard, après avoir subi dans ses propres voies l’accablement de la contrition, trouve le bonheur dans les voies de la loi divine ». Et alors, on arrive à ce passage sublime où Saint Bernard demande, à l’exemple du juste : « Ayez de vous-même une conscience humiliée, mais de Dieu une connaissance joyeuse, heureuse », « de Dieu, ayez une connaissance heureuse ».

Ainsi la source de la joie est Dieu. Si on pose à Saint Bernard cette question : mais où trouver cette joie ? Il vous répondra : vous trouverez cette joie en Dieu, dans la méditation des bienfaits divins, dans la méditation de sa générosité, dans son amour, dans sa bonté. C’est-à-dire que Dieu est tel qu’il engendre dans une âme la joie. Dieu, son mystère, son plan salvifique maintenant connu, sa charité goûté, son salut aimé, son Christ contemplé, la Vierge Marie, son Eglise et ses sacrements… tout engendre dans une âme, la joie.

Retenez bien cette phrase de Saint Bernard : « Ayez de vous-même une conscience humiliée, mais de Dieu une connaissance heureuse ». Cette phrase peut faire tout le thème de votre Carême. « C’est une chose facile, d’avoir de Dieu une connaissance heureuse, à qui pratique la fréquente et même la continuelle remémoration de la générosité divine ». « Gardez la mémoire des bienfaits du Seigneur et des merveilles qu’il nous a révélées et surtout « que l’œuvre de notre Rédemption ne quitte jamais »votre mémoire.

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