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La Resurrection

publié dans la doctrine catholique le 30 mars 2013


18. Année de la foi: Dimanche de la Résurrection

La Résurrection

« “ Nous vous annonçons la Bonne Nouvelle : la promesse faite à nos pères, Dieu l’a accomplie en notre faveur à nous, leurs enfants : Il a ressuscité Jésus ” (Ac 13, 32-33). La Résurrection de Jésus est la vérité culminante de notre foi dans le Christ, crue et vécue comme vérité centrale par la première communauté chrétienne, transmise comme fondamentale par la Tradition, établie par les documents du Nouveau Testament, prêchée comme partie essentielle du mystère pascal en même temps que la Croix. » (638) « “ Jésus est descendu dans les régions inférieures de la terre. Celui qui est descendu est le même que celui qui est aussi monté ” (Ep 4, 9-10). Le Symbole des apôtres confesse en un même article de foi la descente du Christ aux enfers et sa Résurrection des morts le troisième jour, parce que dans sa Pâque c’est du fond de la mort qu’il a fait jaillir la vie. » (631)


« Jésus-Christ a été enseveli », « est descendu aux enfers »

624 Dans son dessein de salut, Dieu a disposé que son Fils non seulement “ mourrait pour nos péchés ” (1 Co 15, 3) mais aussi qu’il “ goûterait la mort ”, c’est-à-dire connaîtrait l’état de mort, l’état de séparation entre son âme et son corps, durant le temps compris entre le moment où il a expiré sur la croix et le moment où il est ressuscité. Cet état du Christ mort est le mystère du sépulcre et de la descente aux enfers. C’est le mystère du Samedi Saint où le Christ déposé au tombeau manifeste le grand repos sabbatique de Dieu (cf. He 4, 7-9) après l’accomplissement (cf. Jn 19, 30) du salut des hommes qui met en paix l’univers entier (cf. Col 1, 18-20).

+ Le Christ au sépulcre dans son corps :

626 Puisque le “ Prince de la vie ” qu’on a mis à mort (Ac 3, 15) est bien le même que “ le Vivant qui est ressuscité ” (Lc 24, 5-6), il faut que la personne divine du Fils de Dieu ait continué à assumer son âme et son corps séparés entre eux par la mort : « Du fait qu’à la mort du Christ l’âme a été séparée de la chair, la personne unique ne s’est pas trouvée divisée en deux personnes ; car le corps et l’âme du Christ ont existé au même titre dès le début dans la personne du Verbe ; et dans la mort, quoique séparés l’un de l’autre, ils sont restés chacun avec la même et unique personne du Verbe. » (S. Jean Damascène, f. o. 3, 27).

627 La mort du Christ a été une vraie mort en tant qu’elle a mis fin à son existence humaine terrestre. Mais à cause de l’union que la Personne du Fils a gardée avec son Corps, il n’est pas devenu une dépouille mortelle comme les autres car “ il n’était pas possible qu’il fût retenu en son pouvoir (de la mort) ” (Ac 2, 24). C’est pourquoi “ la vertu divine a préservé le corps du Christ de la corruption ” (S. Thomas d’A., s. th. 3, 51, 3).

+ Le Christ « est descendu aux enfers » :

633 Le séjour des morts où le Christ mort est descendu, l’Écriture l’appelle les enfers, le Shéol ou l’Hadès (cf. Ph 2, 10 ; Ac 2, 24 ; Ap 1, 18 ; Ep 4, 9) parce que ceux qui s’y trouvent sont privés de la vision de Dieu (cf. Ps 6, 6 ; 88, 11-13). Tel est en effet, en attendant le Rédempteur, le cas de tous les morts, méchants ou justes (cf. Ps 89, 49 ; 1 S 28, 19 ; Ez 32, 17-32) ce qui ne veut pas dire que leur sort soit identique comme le montre Jésus dans la parabole du pauvre Lazare reçu dans “ le sein d’Abraham ” (cf. Lc 16, 22-26). “ Ce sont précisément ces âmes saintes, qui attendaient leur Libérateur dans le sein d’Abraham, que Jésus-Christ délivra lorsqu’il descendit aux enfers ” (Catech. R. 1, 6, 3). Jésus n’est pas descendu aux enfers pour y délivrer les damnés (cf. Cc. Rome de 745 : DS 587) ni pour détruire l’enfer de la damnation (cf. DS 1011 ; 1077) mais pour libérer les justes qui l’avaient précédé (cf. Cc. Tolède IV en 625 : DS 485 ; Mt 27, 52-53).

637 Le Christ mort, dans son âme unie à sa personne divine, est descendu au séjour des morts. Il a ouvert aux justes qui l’avaient précédé les portes du ciel.


Il est ressuscité le troisième jour

639 Le mystère de la résurrection du Christ est unévènement réel qui a eu des manifestations historiquement constatées comme l’atteste le Nouveau Testament. Déjà S. Paul peut écrire aux Corinthiens vers l’an 56 : “ Je vous ai donc transmis ce que j’avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés (…), qu’il a été mis au tombeau, qu’il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, qu’il est apparu à Céphas, puis aux Douze ” (1 Co 15, 3-4).

647 Événement historique constatable par le signe du tombeau vide et par la réalité des rencontres des apôtres avec le Christ ressuscité, la Résurrection n’en demeure pas moins, en ce qu’elle transcende et dépasse l’histoire, au cœur du mystère de la foi. C’est pourquoi le Christ ressuscité ne se manifeste pas au monde (cf. Jn 14, 22) mais à ses disciples, “ à ceux qui étaient montés avec lui de Galilée à Jérusalem, ceux-là mêmes qui sont maintenant ses témoins auprès du peuple ” (Ac 13, 31).

+ Les apparitions du Ressuscité :

641 Marie de Magdala et les saintes femmes (…) furent les premières messagères de la Résurrection du Christ pour les apôtres eux-mêmes. C’est à eux que Jésus apparaît ensuite, d’abord à Pierre, puis aux Douze (cf. 1 Co 15, 5). Pierre, appelé à confirmer la foi de ses frères (cf. Lc 22, 31), voit donc le Ressuscité avant eux et c’est sur son témoignage que la communauté s’écrie : “ C’est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité et il est apparu à Simon ” (Lc 24, 34. 36).

642 La foi de la première communauté des croyants est fondée sur le témoignage d’hommes concrets, connus des chrétiens et, pour la plupart, vivant encore parmi eux. Ces “ témoins de la Résurrection du Christ ” (cf. Ac 1, 22) sont avant tout Pierre et les Douze, mais pas seulement eux : Paul parle clairement de plus de cinq cents personnes auxquelles Jésus est apparu en une seule fois, en plus de Jacques et de tous les apôtres (cf. 1 Co 15, 4-8).

643 Devant ces témoignages il est impossible d’interpréter la Résurrection du Christ en dehors de l’ordre physique, et de ne pas la reconnaître comme un fait historique. Il résulte des faits que la foi des disciples a été soumise à l’épreuve radicale de la passion et de la mort en croix de leur maître annoncée par celui-ci à l’avance (cf. Lc 22, 31-32). La secousse provoquée par la passion fut si grande que les disciples (tout au moins certains d’entre eux) ne crurent pas aussitôt à la nouvelle de la résurrection. Loin de nous montrer une communauté saisie par une exaltation mystique, les Évangiles nous présentent les disciples abattus (“ le visage sombre ” : Lc 24, 17) et effrayés (cf. Jn 20, 19). C’est pourquoi ils n’ont pas cru les saintes femmes de retour du tombeau et “ leurs propos leur ont semblé du radotage ” (Lc 24, 11 ; cf. Mc 16, 11. 13).

644 Même mis devant la réalité de Jésus ressuscité, les disciples doutent encore (cf. Lc 24, 38), tellement la chose leur paraît impossible (cf. Lc 24, 39-41 ; Jn 20, 24-27). C’est pourquoi l’hypothèse selon laquelle la résurrection aurait été un “ produit ” de la foi (ou de la crédulité) des apôtres est sans consistance. Bien au contraire, leur foi dans la Résurrection est née – sous l’action de la grâce divine – de l’expérience directe de la réalité de Jésus ressuscité.

+ L’état de l’humanité ressuscitée du Christ :

645 Jésus ressuscité établit avec ses disciples des rapports directs, à travers le toucher et le partage du repas (cf. Lc 24, 29-43 ; Jn 21, 9. 13-15). Il les invite par là à reconnaître qu’il n’est pas un esprit mais surtout à constater que lecorps ressuscité avec lequel il se présente à eux est le même qui a été martyrisé et crucifié puisqu’il porte encore les traces de sa passion (cf. Lc 24, 40 ; Jn 20, 20. 27). Ce corps authentique et réel possède pourtant en même temps lespropriétés nouvelles d’un corps glorieux : il n’est plus situé dans l’espace et le temps, mais peut se rendre présent à sa guise où et quand il veut (cf. Mt 28, 9. 16-17 ; Lc 24, 15. 36 ; Jn 20, 14. 19. 26 ; 21, 4) car son humanité ne peut plus être retenue sur terre et n’appartient plus qu’au domaine divin du Père (cf. Jn 20, 17). Pour cette raison aussi Jésus ressuscité est souverainement libre d’apparaître comme il veut : sous l’apparence d’un jardinier (cf. Jn 20, 14-15) ou “ sous d’autres traits ” (Mc 16, 12) que ceux qui étaient familiers aux disciples, afin précisément de susciter leur foi (cf. Jn 20, 14. 16 ; 21, 4. 7).

646 La Résurrection du Christ ne fut pas un retour à la vie terrestre, comme ce fut le cas pour les résurrections qu’il avait accomplies avant Pâques : la fille de Jaïre, le jeune homme de Naïm, Lazare. Ces faits étaient des événements miraculeux, mais les personnes miraculées retrouvaient, par le pouvoir de Jésus, une vie terrestre “ ordinaire ”. A un certain moment, ils mourront de nouveau. La Résurrection du Christ est essentiellement différente. Dans son corps ressuscité, il passe de l’état de mort à une autre vie au-delà du temps et de l’espace.

+ Sens et portée salvifique de la Résurrection :

651 “ Si le Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vaine et vaine aussi notre foi ” (1 Co 15, 14). La Résurrection constitue avant tout la confirmation de tout ce que le Christ lui-même a fait et enseigné. Toutes les vérités, même les plus inaccessibles à l’esprit humain, trouvent leur justification si en ressuscitant le Christ a donné la preuve définitive, qu’il avait promise, de son autorité divine.

653 La vérité de la divinité de Jésus est confirmée par sa Résurrection. Il avait dit : “ Quand vous aurez élevé le Fils de l’Homme, alors vous saurez que Je Suis ” (Jn 8, 28). La Résurrection du Crucifié démontra qu’il était vraiment “ Je Suis ”, le Fils de Dieu et Dieu Lui-même.

654 Il y a un double aspect dans le mystère Pascal : par sa mort il nous libère du péché, par sa Résurrection il nousouvre l’accès à une nouvelle vie. Celle-ci est d’abord la justification qui nous remet dans la grâce de Dieu (cf. Rm 4, 25) “ afin que, comme le Christ est ressuscité des morts, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle ” (Rm 6, 4). Elle consiste en la victoire sur la mort du péché et dans la nouvelle participation à la grâce (cf. Ep 2, 4-5 ; 1 P 1, 3). Elle accomplit l’adoption filiale car les hommes deviennent frères du Christ, comme Jésus lui-même appelle ses disciples après sa Résurrection : “ Allez annoncer à mes frères ” (Mt 28, 10 ; Jn 20, 17).

Pour aller plus loin :
- Catéchisme de l’Eglise Catholique, Ire partie, 2e section, ch. 2, art. 5, § 1 : « Le Christ est descendu aux enfers » :http://www.vatican.va/archive/FRA00… et § 2 : « Le troisième jour Il est ressuscité des morts » :http://www.vatican.va/archive/FRA00…

Résolution pratique :
- « Le Christ, “ premier-né d’entre les morts ” (Col 1, 18), est le principe de notre propre résurrection, dès maintenant par lajustification de notre âme, plus tard par la vivification de notre corps. » (658) – Comment est-ce que je vis mon état d’enfant de Dieu, de ressuscité par et dans le Christ ?

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