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A propos de la loi Taubira

publié dans regards sur le monde le 6 mai 2013


À la suite du vote sur la loi Taubira, nous reproduisons un article de Jean Madiran paru dans “Présent” du 26 avril 2013.
La République, par le vote solennel de l’Assemblée nationale, a marqué le 23 avril son entrée dans ce qui va être son ère Taubira. Une rupture vient de s’accomplir, une rupture enfin totale et sans retour, la rupture de l’Etat républicain avec l’Ancien et le Nouveau Testament.

Ce même 23 avril, le ministre de l’Education d’Etat a confirmé la prophétie Taubira qui annonçait un « changement de civilisation ». Ayant, par la promotion de l’inversion, balayé jusqu’à la racine la morale chrétienne, l’Etat républicain s’engage dans la dictature de sa morale à lui, inventée par lui.

Bien entendu, le ministre Vincent Peillon promet que le pouvoir socialiste n’entend pas instaurer un dogmatisme d’Etat ni une morale antireligieuse, mais c’est bien ce qu’il met en œuvre : « Une morale commune à tous, dit-il, c’est justement son respect qui autorise la liberté et la coexistence des croyances individuelles et privées de chacun ».

Les religions seront donc respectées par la République en tant que « croyances individuelles et privées de chacun », pas plus. Elles ne pourront exister qu’à ce titre. Elles n’auront aucun droit dans la vie publique, aucune place dans l’éducation des enfants, confisquée par l’Etat dès l’âge de deux ans. Toute apparition d’activité religieuse en dehors de la vie privée sera déclarée hors la loi comme anti-démocratique et immorale, raciste et homophobe.

Depuis 1972, la Ve République a préparé le terrain juridique en promulguant sept lois successives, pas moins, contre le racisme, la discrimination, l’homophobie, caricatures odieuses dont la loi républicaine permet d’affubler automatiquement toute résistance à sa dictature idéologique. Telle est, bien reconnaissable, la logique de la philosophie dite des « Lumières » qui empoisonne notre vie politique depuis la Révolution française : la logique qui, de Voltaire, Rousseau, l’Encyclopédie, finit toujours par aboutir à Saint-Just, Marat et Robespierre.

L’Eglise en France est, intellectuellement, mal préparée pour faire face à un tel aboutissement. Elle se trompe sur ce qui est en train de se passer, elle le voit ainsi : « La conception de la dignité humaine qui découle en même temps de la sagesse grecque, de la révélation judéo-chrétienne et de la philosophie des Lumières n’est plus reconnue chez nous comme un bien commun culturel ni comme une référence éthique (…). C’est un profond changement… » (16 avril 2013, ouverture de l’Assemblée plénière des évêques de France.)

Ce « bien commun » éthique et culturel intégrant la « philosophie des Lumières » n’a jamais existé que dans quelques pages de Mounier ou de Maritain et dans quelques vains efforts d’une « démocratie chrétienne ». Il faudra bien qu’un jour l’Eglise de France finisse par s’en rendre compte. La philosophie des Lumières, commune à Robespierre, à Lénine et à Taubira-Hollande-Peillon, est en contradiction permanente avec le bien commun éthique et culturel hérité de l’Ancien Testament, de la sagesse grecque, du droit romain, du Nouveau Testament.

La logique de cette philosophie des Lumières est implacablement mortelle. L’Etat républicain « à la française », pour la cinquième fois, vient d’entrer dans son ultime parcours contre la nature humaine et son Créateur. Ce n’est pas le Créateur qui est promis à l’effondrement. (Jean Madiran)

(Voir l’article « Le Syllabus et la démocratie moderne » dans « regards sur le monde » du 1 mai 2013

(Sur le même sujet, Voir mon livre « La politique de Jean Paul II » aux Editions Godefroy de Bouillon. Plusieurs chapitres traitent de ces sujets : Ch Ie:r « Les idéologies du mal »; Ch. 5, « Lorsque je pense « Révolution française; Ch 6 « La liberté dans l’esprit révolutionnaire »; Ch 7 de la démocratie).

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