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La loi Taubira sera validée. Mais nous avons gagné !

publié dans nouvelles de chrétienté le 22 avril 2013


La loi Taubira sera validée. Mais nous avons gagné !

par François Teutsch, Avocat

publié sur Boulevard Voltaire.

À n’en pas douter, la loi Taubira sera votée, et le recours auprès du Conseil constitutionnel sera rejeté. Tout au plus quelques mesures seront retoquées à la marge, sur la filiation. L’essentiel, c’est-à-dire l’article 1, sera validé. Et le pouvoir n’entendra rien, ne cédera sur rien.

Nous ne nourrissons pas plus d’illusions sur la détermination de l’UMP à abroger ce texte à son retour aux affaires. Si le combat de monsieur Mariton et ses amis est admirable, les propos de MM. Copé et Fillon ne sont que postures.

Malgré tout, nous avons gagné. Le paradoxe n’est qu’apparent.

Contrairement à une idée reçue, ces contestataires ne dissocient plus libéralisme moral et libéralisme économique. Ils ont longtemps pensé que la droite respectait plus l’ordre naturel de la société que la gauche. Cette idée n’est plus majoritaire. Car, hormis les aveugles, chacun voit que la droite libérale est totalement acquise au libertarisme social. Cela fait plusieurs décennies que les « tradis » l’écrivent : mais leur prose a des relents « nauséabonds »… Les bourgeois bien habillés au QI limité par leurs serre-tête Cyrillus, raillés ici ou là par certains blogueurs catholiques, savent désormais que la philosophie libérale née des Lumières est à l’origine de la destruction méthodique des fondements de la cité pour y substituer l’individualisme jouisseur du « tout, tout de suite, comme je veux et sans limite ». Cet individualisme exacerbé en 68 réunit en un grand parti libéraux et libertaires.

Le mouvement dépasse la question du mariage. Il remet en cause la société libérale avancée, dont il a saisi les conséquences effrayantes : déshumanisation, consumérisme aveugle, isolement, et à terme, misère. Entre les petits gars bien de chez nous et les ouvriers de Petroplus largués au seuil de Pôle emploi, le discours diffère, l’éducation et les réflexes sociaux divergent, mais la révolte de fond est la même, contre un système qui a fait de l’homme un bien fongible et marchand.

Cette prise de conscience ne fait pas d’eux des marxistes, ni de vagues humanistes socialisants. Elle exige une réflexion de fond et une volonté de sortir d’un système de valeurs obsolète. Les divergences d’analyse sont inévitables. Mais ce mouvement s’est nourri d’une philosophie réaliste enseignée au sein d’établissements supérieurs aux programmes solides, qui le rend capable, désormais, de parler et d’agir pour le bien commun. L’Institut de philosophie comparée, l’Institut Albert le Grand ou l’Institut catholique d’études supérieures, pour ne citer qu’eux, n’y sont pas étrangers…

De nombreux jeunes se sont exprimés sur ce sujet. La maladresse de certains propos ne dissimule pas leur pertinence. Ils ne cesseront pas leur combat avec la promulgation d’un texte stupide. Unis dans un mouvement nouveau, à l’ampleur exceptionnelle et aux conséquences inattendues, ils continueront à irriguer le débat et à secouer la société.

Qu’on le veuille ou non il faudra compter avec eux. Ils sont les cadres de demain.

Oui, nous avons gagné.

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